Quelques réflexions au sujet du journalisme qui m’ont traversé en lisant des articles autour de cette affaire de spoliation des blogueurs par l’État.

Petite précision pour ceux qui l’ignorent : j’ai moi aussi été journaliste, même rédacteur en chef d’une belle machine de guerre, j’ai eu une carte de presse jusqu’en 1996. J’ai aussi lu que j’étais un entrepreneur-blogueur. Je ne suis qu’un artisan-blogueur, je n’ai jamais employé personne d’autre que moi-même.

Actualité

Un postulat s’est imposé : nous avons besoin de suivre l’actualité pour vivre, la démocratie ne peut exister qu’à ce prix, la presse est une nécessité sociale… Comme si des sociétés n’avaient pas existé sans la presse qui est une invention toute récente. Les jeux vidéo me paraissent aussi vitaux aujourd’hui. Même plus. Je ne parle pas du football.

Journaliste

Quelqu’un qui écrit quelque chose que n’importe quel autre journaliste aurait pu écrire. Recevoir une alerte, passer trois coups de fils, pondre quatre lignes qui tiennent debout, c’est un métier quasi mécanique et qui ne demande pas de talent particulier.

Auteur

Quelqu’un qui est le seul à pouvoir écrire ce qu’il a écrit. Il peut dire des énormités mais il les dit à sa façon. À travers le temps, on ne se souvient jamais de tous les auteurs mais, quand on se souvient, c’est d’un auteur.

Indépendance

C’est une chimère. Dans un monde massivement interdépendant, nous dépendons tous de beaucoup d’acteurs. État, employeur, clients, amis, lecteurs, annonceurs… Tout au plus peut-on choisir ses dépendances, essayer de se prémunir de certaines. L’indépendance absolue est inaccessible contrairement à une certaine transparence et honnêteté. Ça vaut pour la presse comme pour les blogueurs comme pour les écrivains et même les théoriciens des comptoirs.

Rémunération

Selon la définition officielle seraient journalistes ceux qui tirent l’essentiel de leurs revenus de leur travail de journaliste. Cette tautologie ne nous avance guère. En quoi le fait d’être rémunéré pour faire quelque chose nous qualifie comme capable de faire cette chose ? Devons-nous détruire les œuvres des artistes qui n’ont jamais gagné d’argent ? Il m’arrive d’acheter des bons et des mauvais gâteaux. Le pâtissier est chaque fois rémunéré. Il m’arrive aussi parfois de préparer des gâteaux qui régalent gratuitement mes amis. Mais je ne suis pas pâtissier. Ce que je suis n’a aucune importance. Seul compte ce que je fais.

Paradoxe

Les journalistes professionnels sont rétribués. Mais gagnent-ils vraiment de l’argent ? Leurs entreprises sont souvent déficitaires. Alors si revenus-salairesDiscrimination

Quand l’État aide la presse, il permet aux salaires des journalistes de passer artificiellement dans le vert. Il favorise ainsi ces gens qui perdent de l’argent par rapport aux blogueurs qui n’en perdent pas. Il engendre de la concurrence déloyale. Des inégalités.

Avec l’argent, les journalistes ne vont pas mieux écrire mais leurs entreprises vont mieux réussir à nous piquer des lecteurs (tu parles d’une innovation… ils vont nous créer des usines à contenus).

Le traitement de l’information n’y gagnera rien. Par ailleurs, ceux qui reçoivent de l’argent de l’État reçoivent un bon point. Aux yeux du public, ils apparaissent plus respectables, plus dignes de confiance. Cela pousse d’autant les blogueurs dans la contestation, dans la radicalisation.

Politique

Les choses deviennent préoccupantes quand les entreprises de presse acceptent les subsides de l’État. En acceptant, elles cautionnent la discrimination. Elles l’auraient fait avec n’importe quel parti au pouvoir. Ce n’est pas une question de gauche et de droite. Ces deux bords se confondent par rapport à ce qui me préoccupe et par rapport aux questions de fond quant à notre avenir.

Accepter les subventions, c’est reconnaître la nécessité d’une société segmentée. Par exemple, les bénéficiaires d’un côté, les laissés pour compte d’un autre. Voulez-vous une société de classes ou une société de flux, une société continue ?

C’est pour moi la question centrale à laquelle répondent, peut-être involontairement, ceux qui acceptent et ceux qui refusent. Il n’est pas étonnant que ceux qui ont l’ADN internet dans la peau refusent.

Internet est un monde de décentralisation, de dé-segmentation. Nous ouvrons grandes les portes. Si nous voulons vivre dans ce monde, il faut en accepter les nouvelles règles. Tenter d’importer les anciennes, c’est perdre son temps. Repousser l’échéance néfaste.

Interventionnisme

Toute tentative de segmentation est une attaque contre Internet. Je ne suis pas contre les aides de l’État mais, sur Internet en tout cas, elles doivent favoriser l’écosystème, c’est-à-dire sa fluidité. Aider la presse n’est pas la solution. Par exemple, il faut favoriser le développement de la fibre optique ou faciliter la vie des micro-entreprises web. Les mesures doivent bénéficier à tous. Elles doivent démultiplier nos moyens d’action. L’innovation surgit là où on ne l’attend pas. On n’innove pas sur dossier mais en se frottant au quotidien avec la réalité.

Centralisation

On centralise pour assouvir le désir de pouvoir. Disons que les entreprises fonctionnent suivant un autre principe : elles hiérarchisent pour faire des économies d’échelles et accroître l’efficacité. Mais pourquoi hiérarchiser quand un homme seul peut faire aussi bien qu’une entreprise. C’est le cas du blogueur freelance par rapport au journaliste rémunéré. En conséquence, l’entreprise de presse n’a plus aucun sens, sinon à adopter une structure familiale et artisanale. Le grand groupe de presse est une particularité du vingtième siècle.

Aujourd’hui Jon Krakauer part seul en Afghanistan et en ramène un grand livre de journaliste… ce qu’aucun média traditionnel n’est capable de faire. À lire : Where Men Win Glory.

Informer

Le postulat selon lequel nous devons suivre l’actualité implique un corollaire : nous devons être informés, on doit nous informer. C’est encore cela qu’ont en tête les journalistes. Ils veulent notre bien. Ils veulent pousser vers nous l’information.

Non. Nous ne le voulons plus. Nous n’avons plus besoin de ce service. Nous voulons nous informer, quand nous le voulons, comme nous le voulons, où nous le voulons. Ce n’est plus vous qui décidez ce que nous lisons mais nous seuls. Nous ne sommes plus obligés de tourner toutes les pages de vos canards et de subir vos inepties.

S’informer est un besoin vital. Même les chasseurs-cueilleurs s’informaient : du temps, de l’état du terrain, de la position du gibier… Être informé en revanche équivaut à être endoctriné. Non, merci.

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41 comments

  1. DjiaThink! says:

    Belle analyse, je m’éfforce d’expliquer la “rémunération” en vain à des amis, je crois que vous l’avez mieux fait que moi. Les journaliste ce prennent trop souvent pour des auteurs rémunérés…

  2. “Comme si des sociétés n’avaient pas existé sans la presse qui est une invention toute récente. Les jeux vidéo me paraissent aussi vitaux aujourd’hui. Même plus. Je ne parle pas du football.”

    On peut vouloir avoir raison contre tout, mais si pour vous les jeux vidéo sont aussi vitaux que la presse, alors j’arrête de vous lire, désolé. Et certes, des sociétés ont existé sans la presse, si c’est votre choix, ce n’est pas le mien. Que ça vous plaise ou non, je préfère une société où la presse avec tous ces défauts existe, plutôt qu’une société sans presse.

    Quant à l’Internet que vous déifiez, je m’étonne que vous n’essayez pas de voir qui est derrière lui, qui construit ses artères et ses noeuds et qui les subventionne. Il ne faut pas là non plus être naïf…

  3. Encore faut-il que les blogueurs se différencient. Et c’est pas gagné. Trop de blogueurs font du journalisme du type édito ou chronique. Pr moi, c’est facile, je blogue sur le théâtre et il n’y a pratiquement plus rien dans la presse et très peu de blogs. Ps bcp de lecteurs non plus mais j’ai pas de quéquette. Mais j’aimerais faire sur mon blog de la vidéo et du son, j’ai un peu appris, or cela demande trop de temps et de matos. Je ne fonctionne pas au coup de fil ou à la dépêche : le théâtre, faut y aller ts les soirs, filmer et enregistrer, c’est presque impossible avec les moyens du bord (autorisations, trois caméras, etc). Ts les blogueurs ou presque sont dans ce cas, le blog, c’est du texte, on n’utilise pas ttes les possibilités, ts les possibles. Cela me chiffonne. Par ailleurs, des écrivains comme Sebald ont apporté aussi un énorme changement entre histoire, journalisme, écriture, image.

  4. @parisbanlieue Ils sont très forts ces journalistes. Ils réussissent à faire croire qu’ils sont indispensables, alors qu’ils travaillent dans des entreprises comme les autres… Total aussi te dit qu’il est indispensable et que sans lui et ses méthodes le monde serait invivable.

    Nous avons besoin d’informations, oui, mais pas de la presse qui n’est qu’une forme de business autour de l’information.

    Mais entretenir la confusion à ce sujet c’est vital pour le business de la presse qui n’est que du business. Faut arrêter de croire que la presse veut notre bien.

    Pour le net : Il y a des gens qui défendent la neutralité du web… suit le débat chez eux, je vais pas le refaire ici.

  5. @marsupilamima Ce que tu fais est exemplaire. Je parle de toi dans un autre billet que je publierai plus tard aujourd’hui.

  6. Dicedi says:

    On peut être blogueur et pas journaliste
    On peut être journaliste et pas blogueur
    On peut être journaliste et blogueur

    On peut s’improviser blogueur en rencontrant plus ou moins de succès.
    Mais on ne devient pas journaliste par hasard.

    Oui, tout le monde peut informer. Tout le monde peut dire tout et n’importe quoi. Mais, quand il n’y aura plus de journalistes, on s’en mordra (peut-être) les doigts.

    Quant à la question de l’argent, je peux dire que le métier de journaliste est de plus en plus mal payé. Bizarre: ça ne décourage pas les aspirants journalistes toujours plus nombreux à se présenter aux concours.

  7. On devient pas journaliste par hasard… justement 90% des journalistes n’ont jamais fait d’école de journalisme.

  8. @thierry: waouh, j’en reviens pas!!!

  9. Iza says:

    Il me semble que ce qui est défendu quand les uns et les autres parlent de la sacro sainte “liberté de la presse” ou autres conception élevées du journalisme c’est en fait :

    1 l’accès de tous à l’information. Effectivement, il faut pour agir comprendre le monde et ce qui s’y passe. Donc les informations, les données brutes doivent être connues. Auparavant, ce préalable demandait beaucoup de temps et d’énergie. l’internet permet de faciliter cette phase. Reste les “investigations” plus difficile à mener pour des quidams, qui me semblent faire partie du métier “noble” défendu par certains.

    2 Les infos brutes ne valent rien. Il faut leur donner du sens. Soit nous avons les moyens de les analyser, soit quelqu’un nous propose son analyse, et on voit ce qu’on en pense. Là, on voit bien que c’est le merdier. Puisque effectivement, des quidams peuvent produire de l’analyse à forte valeur ajoutée.

    Et après ?

    Je suis comme toi, recupérer une alerte, recouper par trois merdes et rédiger un pauvre paragraphe … ce n’est pas ça que j’appelle du journalisme. Si c’est ça, ça ne vaut rien.

    En revanche, j’ai connu des journalistes qui effectuaient de vraies investigations, et des analyses courageuses, pertinentes … De nature à changer le monde.

    Si je comprends ton propos, ces derniers sont des auteurs, qu’ils aient une carte de presse ou non, tandis que les autres ne le sont pas.

    Ce n’est pas pour autant que cette activité là, ce journalisme là doive disparaître. Surtout pas.
    Ce n’est pas pour autant que ce travail ne peut pas être magnifiquement fait par des gens qui ne sont pas journalistes, des blogueurs tiens…

    Encore une fois, battons nous pour le sens, pas sur les mots, les chapelles ou les représentations.

    Maintenant, les moyens. En effet, avoir les moyens de partir enquêter sur le terrain plusieurs mois, plusieurs semaines avant de rédiger un article n’est pas à la portée de n’importe qui. Mais l’argent de l’Etat ira t-il vers ce type d’effort ? sans doute que non en effet…

  10. Dicedi says:

    Statistiques de l’observatoire de la presse: En 2008, 14,8% des journalistes sont passés par l’une des douze écoles reconnues de journalisme. Le nombre de journalistes formés dans l’une de ces écoles a augmenté. Ils représentaient 12,2% de l’ensemble de la profession en 2000.

    Oui, effectivement, tous les journalistes n’ont pas fait d’école reconnue. Mais pour beaucoup de nouveaux entrants, ça devient malheureusement presque une obligation. En effet, les grands médias comme on les appelle (lol), passent souvent des conventions de stages exclusives avec ces fameuses écoles.

    Je ne pense pas qu’on puisse se passer du métier de journaliste. MAIS je pense aussi qu’on ne pourra pas se passer d’une profonde remise en cause de son rôle et de sa manière de travailler.

  11. 000 says:

    Il est clair qu’il y a une overdose d’informations inutiles.

    On n’a pas besoin de savoir qu’un train a déraillé, ou même que Séguin est mort.

    Apprendre qu’un train a déraillé n’est pas plus intelligent que de jouer aux osselets comme Héraclite.

    Les journalistes ont faussé la hiérarchie de l’importance.

    Et ça se retrouve sur le Net, dans le néo-journalisme citoyen :

    il est affligeant de constater la hiérarchie de l’importance sur Le Post. C’est vraiment la merde et l’actu poubelle qui passe en Une.

    Tout ce qui n’est pas dans l’actu du jour n’a pas droit à l’existence.

    Ce type de journalisme scotché à l’instant est le plus grand pourrisseur de l’intelligence humaine des temps modernes.

    On drogue les gens à perdre une heure par jour avec des trains qui déraillent.

  12. 000 says:

    Ajoutons le côté complètement arbitraire :

    Qu’un car scolaire ait un accident avec 15 morts, on en parle en Une.

    Pourquoi parler d’un accident qui fait 15 morts d’un coup, et ne pas parler des 15 accidents de voitures qui ont tué le même jour ?

    En quoi est-ce utile au public d’apprendre cet accident de car, alors qu’il reste dans l’ignorance des autres accidents de voitures ?

    Ce journalisme spectacle n’est d’aucune utilité.

    On envoie une équipe au bout de la France pour tourner trois images du car accidenté, c’est ridicule.

    Ensuite le ministre est forcé de se déplacer pour répondre à la pression médiatique…

    Au lieu de travailler, il fait le singe à côté du car.

    Il ferait mieux de jouer aux osselets, ce serait du pareil au même.

  13. J says:

    qu’en pensent narvic, a.martin, h.guillaud, crouzic?

  14. zoupic says:

    J’aime beaucoup le raisonnement. Je reconnais la le titre accrocheur, mais il me fait tiquer.
    Le blogueur comme le journaliste créent de la valeur.
    Celle du journaliste était sponsorisée par la pub et par l’Etat, aujourd’hui elle est maintenue en vie par l’Etat (en grossissant un peu le bazar).
    Le blogueur peut être sponsorisé par la pub, par un système de rétribution de don, ou ne pas avoir de monétisation (=0€)

    Ils créent tous les deux de la valeur mais n’en reçoivent pas le même retour.

    La grande différence est dans les dépenses. Le bloguer reste limité lorsqu’il s’agit d’investir plus (matériel, déplacements etc..) alors que le journaliste, regroupé sous forme d’entreprises déficitaires a un budget plus conséquent.
    La critique que l’on peut faire est qu’évidemment les investissements qui sont faits pour maintenir la presse des journalistes en vie est réalisée par l’Etat, les politiques et les amis des politiques, ce qui fait que ça ne couvre généralement que leurs intérêts ou ce qui permet de garder le cap droit sur l’iceberg.

    Nous sommes en train de détruire les organisations qui ne sont plus rentables pour passer un par un la barrière du numérique, et nous individuer. Une fois de l’autre côté, nous avons une grande liberté et interdépendance en ne suivant que notre ligne directrice, mais nous aurons besoin de nous réunir, de nous regrouper pour des projets que nous ne pouvons faire seuls.
    Un projet est une réunion temporaire de gens libres et interdépendants.

    Pour avoir des blogueurs indépendants et une presse non alimentée/tenue en laisse par l’Etat, les publicitaires et les grands groupes, il faut l’alimenter.
    Citoyens, il va falloir faire des choix. Choix de temps, d’attention et de rétribution de la valeur.

  15. Rien à redire 🙂 C’est une remise en cause du capitalisme d’entreprise qu’il s’agit. Et c’est en coopérant que nous pouvons créer des choses plus grande… et c’est ce que nous faisons en créant la blogosphère d’ailleurs.

  16. J says:

    désolé zoupic, je n’étais pas à ce que je faisais quand j’ai écrit crouzic -:)

    deux trucs fondamentaux dans ce que tu dis à mon avis :
    1. l’idée de regroupements dans le cadre de projets ; ce truc de convergence des énergies dispersées rejoint celui qu’on rencontre de manière générale dans la Société civile.
    2. l’idée de “Citoyens, il va falloir faire des choix” ; à laquelle je rajouterai celle-ci : ”politiques de qualité (exit donc certains…), il va falloir faire des choix : encadrer les citoyens par des choix faits pour eux ou leur donner les cadres légaux pour qu’ils soient poussés à choisir” ; ce qui au passage rejoint exactement la problématique musique et films en ligne, pas un hasard d’ailleurs.

  17. zoupic says:

    crouzic c’est un mix de crouzet et zoupic, j’avais pas capté que c’était moi en fait..

    1. oui, sauf que notre union doit être une convergence temporelle d’hommes libres et interdépendants pour un projet. Une fois la mission accomplie, chacun se recentre. Le projet commun ne doit pas prendre 100% du temps auquel cas tu perds ton interdépendance pour être dépendant d’un seul projet.

    Dans l’entreprise, ça dure, ça reste, on se spécialise, on remplit une mission à un poste, dans une case. C’est l’individu qui vient se greffer à une structure. L’individu dépend alors de la structure et quand celle ci est menacée l’individu essaye de sauver la structure au lieu de se sauver, de se recentrer sur lui.
    L’entreprise est rigide, peu adaptable, en perpétuel changement, et elle répond à une hiérarchie, chaîne de commandement.
    Dans la gestion de projet il y a certes un responsable de projet, mais il n’est que le guide qui emmène la troupe en montagne, pas le chef.

    Si les individus sont libres et interdépendants, leurs intérêts convergent pour aller ensemble, sans hiérarchie décisionnelle ou d’ordre. Une fois la mission, le projet fini, ils se reséparent.

    2. les politiques d’aujourd’hui sont en haut de cette tour qui s’écroulent et ont en plus la responsabilité de tous ceux qui n’en veulent plus. La france de TF1 donne sa responsabilité aux politiques. Très bien pour eux.
    La politique en tour changera aussi, pour redevenir comme le net un gigantesque réseau sans point dominant (twin towers), mais juste des monticules.

    Pour comprendre l’évolution, la métaphore de l’eau est parfaite. Internet est un tsunami/ raz de marée.
    Avant on concentrait l’eau (le pouvoir) à la verticale dans des tours, aujourd’hui elle se répartit à l’horizontale et couvre bien plus de surface. A chacun de prendre ses responsabilités, de s’individuer, se centrer sur qui il est, et d’aller chercher sa place. L’eau viendra à lui naturellement s’il sait creuser une petite rigole.

    Bienvenue dans le Flux.

  18. D’où l’importance des TAZ sur laquelle je reviens au cours de mon livre.

  19. J says:

    intéressant.
    on peut se demander si le modèle d’organisation d’entreprise en projets et tasks forces que tu évoques sans le nommer est transposable à un modèle d’organisation sociale plus complexe, comme une nation par exemple.

    en tous cas tu sembles acquis aux fluxinets.
    fais gaffe -:) car dans le fond il n’y aurait pas grande différence si ce n’est au niveau des zolies images modélisatrices entre une société aux pouvoirs verticalisés provenant d’en haut et une société aux pouvoirs sous forme de bassins d’attraction émergeants d’un réseau.

    addon Taz pour tc : le Taz à mon avis ne saurait être un modèle d’organisation pérenne pour une société, il me semble par contre très efficace dans des moments où il faut hacktiver des changements de fond.

  20. Endy says:

    Je ne comprends pas tout à fait ce que les jeux vidéo (et encore moins le football) ont à voir avec la choucroute. Jouer est également un besoin, certes, et les jeux vidéo permettent de jouer et de rassembler des joueurs d’une façon inédite (ce qu’ils doivent plus à leur caractère dématérialisé et en réseau que véritablement à leur nature de jeu “vidéo” c’est à dire sur écran, d’ailleurs), mais quel rapport avec le journalisme, l’information et la démocratie ?

    Sinon, je suis tout à fait d’accord sur le caractère non indispensable de l’industrie de la presse, mais j’ai quand même l’impression que le journalisme apporte quelque chose de au monde dont il serait dommage de se priver. Seulement, je n’arrive pas à savoir quoi. Qu’est ce que le journalisme en 2010 ? D’après l’article et les commentaires : cela n’implique pas d’avoir fait une école de journalisme, ni de travailler pour l’industrie de la presse (encore moins d’être rémunéré par elle). Ce n’est pas simplement consacrer du temps et de l’attention à transmettre des informations, sinon la moitié des bloggeurs, des piliers de bars et des concierges sont journalistes. Quand Jon Krakauer part seul en Afghanistan et en ramène un grand livre de journaliste, c’est effectivement bien comme auteur qu’il sera retenu, mais ce faisant il réalise quand même, à mes yeux, une activité de journalisme.

    Je ne crois pas non plus en une société centralisée et/ou divisée en rôles sociaux et professionnels rigides, donc à mes yeux, l’essence du journalisme réside forcément dans une certain savoir-faire et/ou dans une certaine approche de la notion d’information (une certaine posture au sein du flux et face à lui ?). Je ne saurais pas définir laquelle exactement, mais j’ai l’impression un peu confuse que c’est quelque chose qui est en pleine mutation mais qui est précieux. Quelqu’un y voit plus clair que moi ?

  21. Les jeux vidéo et le football… c’était de l’ironie.

    Et le problème tu le résumes bien : personne n’y voit clair alors beaucoup de gens tentent de s’accrocher à ce qu’ils croyaient clair.

  22. greg says:

    Tu attaques sévère là mais l’analyse me fait sourire 🙂

  23. BlogonetFeed says:

    Un blogueur gagne plus qu'un journaliste http://bit.ly/8SHC9V

  24. Un blogueur gagne plus qu’un journaliste http://bit.ly/62PEcp

  25. RT @faidit: Un blogueur gagne plus qu’un journaliste http://bit.ly/62PEcp

  26. heteroclite says:

    excellent le paragraphe rémunération !

  27. Bien qu’étant d’accord avec plusieurs points de cet article, et par ailleurs attentif à ta prose, je ressens un certain malaise.

    Des généralités incendiaires sur la presse écrite.
    A ma connaissance toute la presse écrite n’est pas subventionnée et toute presse subventionnée n’est pas obligatoirement inféodée à l’état. Même si la subvention dilue le libre arbitre de certains.
    J’ai la volonté ferme de savoir et d’apprendre ce qui se passe autour de moi et aussi à l’autre bout de la galaxie (pour l’instant ;)) afin d’appréhender ce monde complexe.
    Et pour cela j’ai besoin du journaliste.
    A la base de tout billet de blog aujourd’hui il y a un ou plusieurs journalistes qui ont soufflé son sujet au blogueur. Et si ce n’est pas le cas, je suis encore plus méfiant que d’habitude. Une carte de presse n’est pas une assurance sur l’objectivité mais l’absence de carte non plus.
    Quant à Jon Krakauer, je ne vois pas très bien ce qu’il fait là, n’étant ni journaliste ni blogueur, ce qui n’enlève rien à son oeuvre.
    Enfin, je précise que si j’ai pris la parole ici, c’est déjà une preuve de respect de ma part, sinon je ne serais pas aussi soucieux de ton objectivité 😉
    Cordialement,
    René
    @infogere

  28. @René Krakauer il est quoi s’il est pas journaliste ? Tu l’as vraiment lu. Into The wild commence par un article. Into thin air est écrit après un reportage. Eger dream est une compil d’articles publiés dans Outdors magazine… C’est moi qui suis approximatif 😉

    Et ce billet il y a quels journalistes à la base… et 99% des billets publiés ici il y a quels journalistes à la base ? Tu vas m’expliquer.

    Toute la presse écrite est subventionnée justement, ne serait-ce que par les avantages fiscaux, postaux… et nous sommes en train de découvrir à quel point elle est subventionnée directement :

    http://www.samsa.fr/2010/01/07/presse-en-ligne-qui-touche-les-subventions/

  29. Un blogueur gagne plus qu'un journaliste: Quelques réflexions au sujet du journalisme qui m'ont traversé en lisant… http://bit.ly/7KQlpr

  30. RT Un blogueur gagne plus qu'un journaliste http://bit.ly/7KQlpr

  31. news channel says:

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  32. RT @FabienSoyez: Un blogueur gagne plus qu’un journaliste http://z.pe/KZR via @jmgall

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