Il m’arrive de sortir de chez moi. Ayerdhal m’a connecté avec Joëlle Wintrebert, la papesse de SF française, qui m’a donné rendez-vous à Montpellier à l’occasion d’une conférence organisée par Olivier Legendre le spécialiste SF de la libraire Sauramps. Je me retrouve avec entre les mains Retour sur l’Horizon, une anthologie de science-fiction dirigée par Serge Lehman.

Dans Le peuple des connecteurs, j’ai célébré les auteurs dit de SF comme les écrivains plus importants du vingtième siècle. Je me cite (seconde édition qu’il faudra que je diffuse un jour).

« Après que Kafka l’eut franchie, la frontière de l’invraisemblable est restée sans police, sans douane, ouverte à jamais, écrit Kundera. Ce fut un grand moment dans l’histoire du roman […]. » D’une certaine manière, les auteurs de science-fiction ont tenté de retrouver le réel au-delà de l’invraisemblable, ils ont essayé de retomber sur leurs pieds et, pour mieux se tenir debout, ont adopté les règles romanesques forgées au xixe siècle. De ce fait, leurs œuvres n’ont pas joué un grand rôle dans l’histoire de la littérature, en tout cas de cette littérature définie par Kundera, mais elles n’en ont pas moins marqué l’imaginaire des connecteurs, propageant leur influence jusqu’au soubassement de notre monde.

« Je les considère [les auteurs de SF] comme des penseurs, dit Marvin Minsky, l’un des plus éminents spécialistes de l’intelligence artificielle. Ils essaient de mesurer les conséquences et les applications de la technologie le plus finement possible. Dans quelques siècles, Isaac Asimov et Fred Pohl seront peut-être considérés comme les plus importants philosophes du xxe siècle, et les philosophes professionnels seront pratiquement oubliés, parce qu’ils sont superficiels et dans l’erreur, et que leurs idées ne sont pas très fécondes. »

« Des romans comme Les Misérables ou La Case de l’oncle Tom furent à l’origine de révolutions sociales mais, jusqu’à la publication du Neuromancien, aucun texte n’avait déclenché une révolution technologique, aucune esthétique n’avait engendré des artefacts, écrit Mark Pesce. » Cet ancien jeune génie de l’informatique était le mieux placé pour oser une telle affirmation. Après avoir lu Gibson, il inventa le VRML , langage de modélisation de réalités virtuelles qui matérialisait la vision d’un cyberspace tridimensionnel. À cette occasion, il démontra comment la culture underground issue de la science-fiction et du punk-rock était en train de prendre le dessus sur la vieille culture issue des Lumières. Après avoir remplacé la méthode cartésienne par l’intuition aidée de la simulation, nous avons compris la nécessité d’introduire du hasard au cœur même des programmes informatiques. Au final, nous avons conclu que le hasard jouait aussi un rôle capital dans notre propre intelligence. Ainsi le hacker n’est pas qu’un hors-la-loi, c’est aussi un fou de technologie qui sait que de l’effervescence propre à tout bouillonnement culturel peut jaillir de la nouveauté. Envoyer des virus sur Internet revient à augmenter la température sous la marmite. Le hacker, ce générateur de chaos dans le monde hiérarchisé et centralisé – dorénavant représenté par les grandes corporations – est le véritable novateur de notre temps.

L’anthologie Retour sur l’Horizon débute par une préface de Serge Lehman où je retrouve ces idées, cette volonté d’élever la SF au rang de la littérature. Serge propose une définition de la SF qui ne surprendra peut-être que ceux qui n’en lisent pas : le lieu littéraire qui fait de la métaphysique son sujet et qui renonce à la métaphore.

Exemple. Quand un auteur de SF parle d’un homme qui marche mécaniquement, c’est souvent parce qu’il a des jambes robotisées et non pas parce qu’il marche machinalement. Selon Serge, l’auteur de SF écrit ce qui est et non pas quelque chose qui doit nous faire penser à ce qui serait.

Mais toute définition ne peut qu’être incomplète tout en éjectant une bonne part des choses qu’elle voudrait embrasser. Définir la SF n’est-ce pas une façon de la marginaliser, de la maintenir encore hors du flux global de la littérature ? Il me paraît plus productif de relier les textes entre eux et de montrer comment ils prévalent là où on ne le soupçonne pas, un peu comme un bruit de fond cosmique qui aurait imprégné l’ensemble de notre culture.

Je critique Serge mais la tentation de catégoriser est toujours forte. En le lisant, j’ai pensé à une autre définition ségrégationniste : un auteur de SF refuserait le triangle infernal du désir mimétique défini par Renée Girard dans Mensonge romantique et vérité romanesque.

« Le sujet éprouve donc pour ce modèle un sentiment déchirant formé par l’union de ces deux contraintes que sont la vénération la plus soumise et la rancune la plus intense. C’est là le sentiment que nous appelons haine. Seul l’être qui nous empêche de satisfaire un désir qu’il nous a lui-même suggéré est vraiment objet de la haine. Celui qui hait se hait d’abord lui-même en raison de l’admiration secrète que recèle sa haine. Afin de cacher aux autres, et de se cacher à lui-même, cette admiration éperdue, il ne veut plus voir qu’un obstacle dans son médiateur. »

Sans doute que beaucoup de romans de SF reposent sur cette structure triangulaire mais j’en vois beaucoup qui s’en échappent. La trame est souvent directe. Aller détruire un anneau pour sauver le monde. Il n’y pas d’arrière-pensée, juste le désir de bâtir des mondes possibles.

Un texte de SF est toujours pour moi une simulation. On fait tourner un univers pour voir comment il évolue. On s’intéresse avant tout à ce qui interconnecte les êtres, on ne se place pas tant en eux qu’entre eux (et pour le coup on dit bye-bye au vingtième siècle).

Les auteurs de SF font de la politique. Et ceux qui plongent dans cet entre les gens prendront de plus en plus d’importance en même temps que leurs simulations rejoindront peut-être la réalité des hommes. Le jour où nous vivront avec des androïdes, Asimov sera plus littéraire que Proust.

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44 comments

  1. RT @crouzet C'est quoi la science-fiction http://bit.ly/73EoEE

  2. Bonjour,

    Je suis vraiment très en accord avec les points que tu soulèves, mais je ne peux pas te laisser parler de Hackers de cette façon, même si tes intentions sont bonnes au final, sans te faire parvenir quelques liens vers des ouvrages qui je pense sont assez important pour comprendre la vrai nature des Hackers. En espérant que cela te soit utile si tu ne les connaissait pas déjà.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_manifeste_hacker
    http://www.erwanhome.org/web/hacker.php
    http://www.volle.com/lectures/citations/hackersethic.htm

  3. Je lis trop de choses et si j’ai été quasi droguée à la SF, j’ai arrêté depuis une bonne trentaine d’années : j’ai commencé jeune. J’avais acheté les deux premiers tomes de foundation, en anglais, un samedi et je suis partie comme un bip bip pour aller acheter le 3e avant que la librairie ferme, terrifiée à l’idée de devoir attendre jusqu’au lundi. Bon je vais ptet m’y remettre, doit y avoir de la nouveauté.

  4. ownicrew says:

    #OwniCrew C’est quoi la SF ? http://bit.ly/7bbNyn

  5. J says:

    Houba.

    Essaie l’Age de diamant de Neal Stephenson.

  6. @Damien Un petit search sur un blog ça peut aider avant de jouer au prof.

    Et qu’est-ce que je dis de choquant sur les hackers (sinon c’est juste des phrases couper dans un livre un peu plus long).

  7. trx314 says:

    RT @crouzet C'est quoi la science-fiction http://bit.ly/73EoEE (via @mathemagie )

  8. C'est quoi la SF ?: Il m'arrive de sortir de chez moi. Ayerdhal m'a connecté avec Joëlle Wintrebert, la papesse d… http://bit.ly/8lhAnd

  9. 0rw3ll says:

    RT: @betapolitique: C'est quoi la SF ?. http://bit.ly/8lhAnd

  10. nicolas760 says:

    "C'est quoi la SF ? Il m'arrive de sortir de chez moi. Ayerdhal m'a connecté avec Joëlle Wintrebert" http://bit.ly/8lhAnd /@betapolitique

  11. RT @crouzet C'est quoi la science-fiction http://bit.ly/73EoEE

  12. le coucou says:

    Encore un auteur-blogueur qui s’intéresse à la SF avec pertinence. C’est un plaisir pas si fréquent. Je n’en lis plus autant qu’autrefois, mais j’en ai lu assez pour partager ta vision.

  13. daniel rené villermet says:

    des forêts rasées

  14. steph says:

    Ah la SF !
    Je suis tombé dedans quand j’étais petit… et à présent j’en écris. Je viens de terminer mon premier roman.
    N’en déplaise aux classiques, c’est un grand genre littéraire.
    Et écrire un roman de SF est un exercice plus hardu qu’il n’y parait.

  15. RT @cgenin C'est quoi la science-fiction http://bit.ly/73EoEE -> pour ceux qui ignorent Serge Lehman et sa vision réjouissante de la SF

  16. Iza says:

    Tiens en parlant D’Ayerdhal et de SF, voilà un texte qu’il écrit en décembre, justement au sujet de “retour sur l’horizon”, je ne sais pas si tu l’avais lu.

    Et en parlant de cet extrait du “Peuple ..” je me demande si je ne t’ai pas contacté surtout à cause de ça ;-)))

    “J’ai des bouffées chroniques de haine ordinaire.
    Ma haine d’aujourd’hui renvoie à celle de Pierre Desproges, en date du 19 février 1986, qui s’intitule Criticon et que je vous engage, critiques et chroniqueurs de tous les égouts et sans couleur, à relire ou à réécouter d’urgence… pardon, à lire ou à écouter, tant il me paraît improbable qu’on puisse poser sans honte les étrons dont certains parmi vous sont coutumiers en ayant connaissance de la bile légitime de celui qui, un jour, s’est fait le chantre de tous les artistes humiliés, souillés, dénigrés, dépouillés, avilis par vos ordures méningées et autres vomissures gluantes de votre prose dysentérique.
    Hier, une amie, écrivain elle aussi mais de ceux que vous ne critiquez jamais que par contumace puisqu’elle est nègre jusqu’au bout des glorioles usurpées à qui elle vend sa plume pour qu’ils galopent en tête des gondoles que vous alimentez de vos admirations serviles pour les mondaines, les mondains et tous ceux qui les sautent. Une amie, disais-je, m’a suggéré de jeter un œil à l’un de ces exploits littéraires dont seuls les chroniqueurs littéraires ont l’audace. L’exploit s’est perpétré à l’encontre d’une anthologie de science fiction qui n’en sortira pas grandie et à propos de laquelle le chroniqueur écrit deux-points ouvrez les yeux mais fermez les narines :
    « Outre l’habituel constat rebattu d’une littérature censément prospective ayant de plus en plus de mal à “produire du futur” dans un monde toujours plus fou et chaotique, on constatera, sur le versant hexagonal de celle-ci tout du moins, une forte propension au naturalisme, à l’examen et la description de la nature et des sentiments, dans ses quinze textes explorant, au delà du folklore SF (robots, intelligence artificielle, horizon de la singularité, voyage dans l’espace, rencontre du 3ème type…), les thèmes intemporels de la survie, de la mort et de l’amour en des temps… plus ou moins proches. Suivant les préceptes d’écrivains ayant aujourd’hui quasiment atteint le statut d’auteurs de littérature générale, tel William Gibson ou Philip K. Dick, la science-fiction, est plus que jamais investi par le réel. »
    Bravo, abrutissime andouille. Des deux mains fermées : bravo. Dire en si peu de mots, bien que tu eusses pu t’abstenir de la parenthèse (folklore suffisait à réduire le genre à ta plus vile expression) et t’épargner les guillemets qui font redondance avec le mépris de l’expression qu’ils encadrent, fate certes mais ignare, car nous ne produisons pas plus de futur, crétin, que nous ne prétendons l’inventer. Dire en si peu de mots, donc, combien la science fiction est une sous-culture mal dégrossie qui jargonne de faux problèmes en explorations futiles, bravo.
    Bravo aussi de rendre hommage aux auteurs méritants qui s’élèvent enfin vers le nirvana spirituel en s’adonnant aux poncifs littéraires sans lesquels il n’y aurait pas de philosophie terrestre ni de zigounette dans le pilou-pilou. Les thèmes intemporels de la survie, de la mort et de l’amour, leur Dieu, où vas-tu chercher tout ça ? Dans toutes les fictions ? Ah ben oui. C’est écrit en filigrane partout, quelque part entre l’examen et la description de la nature et des sentiments, c’est comme qui dirait le ferment de toute œuvre romanesque. Et c’est ça qui différencie l’auteur hexagonal de littérature censément prospective de ses homologues humains ? Mazette ! Cela valait la peine d’être souligné.
    Rassure-moi quand même : il n’y a pas que ça ?
    Eh bien non, ces auteurs-ci sont, de surcroît, plus que jamais investis dans le réel.
    C’est vrai que ça change ! Nous sommes tous tellement à côté de nos pompes et de la plaque réunies. Il était temps, petit navire, que quelques-uns parmi nous atterrissent à la surface d’un monde plat. Car c’est ça le réel, lugubre demeuré, un monde plat jusqu’à ce qu’on lui dise le contraire, et encore lui faudra-t-il des siècles avant de l’admettre sans comprendre.
    Bravo, te dis-je. Bravo finalement pour cette perle ineffable, que je mettrai tout de même en mots mais qui ne me fait pas rire : des écrivains de SF atteignant presque le statut d’auteurs de littérature générale. La calomnie eût été parfaite si tu avais écrit : des auteurs de SF atteignant presque le statut d’écrivain.
    Mais qui es-tu, scribouillard approximatif, pour estimer que le labeur d’un auteur de SF est moins méritant que celui d’un autre ? Qui es-tu, plumitif étroit, pour dénigrer le plaisir et la culture de ses lecteurs ? Qui es-tu, pisse-copie hautain, pour hiérarchiser l’art romanesque dans le sens du poil académique ?
    Il faut infiniment plus d’idées, de recherche, de réflexion, de rigueur, de travail pour accoucher d’un ouvrage de science fiction que pour avorter d’une parodie de réalité.
    Pauvre censeur de talent, tu sais ce qu’il te dit Philip K Dick ?”

    “Lugubre demeuré” !! je l’adore !

  17. J’avais pas lu. Comme je me suis retrouvé avec ce livre par hasard, j’ai écrit ce qui me passait par la tête.

    Yal a envoyé une bonne torpille… pour une fois j’ai été plus cool, peut-être parce que je me sens tout simplement pas concerné par cette tentative de définition un peu castratrice… et juste énervé par cet auto-enfermement dont la SF a souvent souffert… alors la sauver en l’enfermant encore plus c’est pas la meilleure tactique.

  18. steph says:

    Il existe un contraste saisissant entre la SF littéraire et la SF cinématographique et les deux sont intimement liés puisque la seconde, dans la plupart des cas (exception notable : Star wars ou Alien), s’inspire de la première… Dire que la SF est enfermée, c’est aller un peu vite en besogne.

    De Star wars à Avatar, en passant par Minority Report, Je suis une légende, District 9, Numéro 9 (animation), les séries SF comme Battlestar Galactica, stargate ou V 2009… ces dix dernières années la SF a souvent été au sommet du box office.
    Toutes ces séries et ces films puisent largement dans la littérature SF (au point que cette dernière semble être une source inépuisable de scénarios) et beaucoup rencontrent un large succès en salles.

    La SF est castrée par les critiques littéraires ou cinématographiques qui la regardent depuis toujours comme un sous-genre et qui, la plupart du temps, estiment qu’une oeuvre de SF qui visent à divertir par ses effets spéciaux et de spectaculaire combats au sabre laser ne méritent pas leur crédit (parce que ça fait trop “enfantin”, “puéril” ? Savent-ils voir au-delà des effets spéciaux ?).
    Ceux-là même qui encensent les bouses “burlesques” ou “ces comédies débiles sexuellement connotées” à la française qui n’ont rien à envier aux bouses des films d’action made in hollywood.

    Rares sont les auteurs français qui écrivent de la bonne SF, qui ont le bagage intellectuel et qui ont la culture (il y en a). Encore plus rares sont les critiques qui possèdent une once de culture SF.
    Le problème de la SF est, à mon avis, typiquement franco-français.

  19. marsupilamima says:

    il y a jacques baudou quand même qui en parle bien: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Baudou

  20. Zi says:

    “Le problème de la SF est, à mon avis, typiquement franco-français.”

    Ce problème dépasse largement celui de la SF, et concerne l’ensemble de la création culturelle française (sciences humaines, musique, littérature, cinéma…).
    C’est celui d’une culture française devenue quasiment stérile sauf à ses marges, recroquevillée sur son passé, et dont la critique AOC est aux mains de pseudo magisters de la pensée fossilisés du genre Finkielkraut.

    Nous sommes devenus un pays qui vit la culture comme un devoir de mémoire, un pays de vieux cons.

  21. le coucou says:

    @steph, il vaudrait mieux rompre un jour ce lien entre SF cinématographique et SF littéraire, source de malentendus répétés. La SF est suffisamment vaste et assez ancienne (même hexagonale) pour avoir alimenté l’imaginaire de tous les scénaristes. S’il y a des films SF superbes et même davantage, je n’ai jamais rien vu de véritablement neuf au cinéma, qu’un lecteur n’ait jamais rencontré. Je veux dire qu’il est dommageable à cette littérature d’être trop facilement ramenée à sa représentation, elle y perd sans doute des lecteurs, alors qu’elle est infiniment plus riche.

  22. steph says:

    “Nous sommes devenus un pays qui vit la culture comme un devoir de mémoire, un pays de vieux cons”

    Il existe de l’innovation dans notre pays, des auteurs qui pondent des bonnes histoires (par exemple, l’auteur de ce blog), des artistes qui osent, des gens qui inventent…

    Le véritable soucis, c’est le prisme avec lequel on observe la société française dans son ensemble, et sa capacité à se renouveler. C’est un prisme décalé, on entend toujours les mêmes rengaines, tellement assénées, ressassées dans les médias, partout, qu’elles en deviennent “des vérités trompeuses”, de celles qui ignorent la réalité et qui se pavanent devant le miroir médiatique.
    Dans tous les pays il y a des vieux cons, la différence c’est qu’en France on leur donne une importance qu’ils n’ont pas ailleurs. C’est là le problème.
    Tout le monde écoute Finkielkraut parce qu’il est invité partout, sur tous les plateaux, dans les journaux etc… La place laissée à ces “pensées fossilisées” est trop importante et on les laisse “philosopher” sur des sujets que parfois, ils ne connaissent même pas (A-t-il seulement une fois dans sa vie utilisé google ou même mis les mains sur un clavier ?)

    La comédie française, par exemple, peine (échoue ?) à se renouveler parce que prise, enlisée dans un système pris en main par des gens (certes talentueux) qui ont fait leur carrière comme acteur et qui sont aujourd’hui au sommet (producteur ou autres) sans pour autant s’ouvrir à d’autres horizons. On voit toujours les mêmes depuis la fin des années 70. La soi disant “nouvelle vague” n’aura été qu’un frêle feu de paille.
    Symptôme le plus révélateur : la génération des fils ou filles de.. qui reprennent le flambeau de leurs parents.
    Certains ont le talent nécessaire pour insuffler de la nouveauté, les autres ne font que suivre un chemin balisé sans prendre de risques.

    Les anciens (ainsi que les vieux cons) lâchent difficilement une position durement acquise au détriment du renouvellement des idées et des générations (même phénomène en politique : pendant 30 ans, c’est toujours les mêmes qui gouvernent).

    @coucou
    Partiellement d’accord. La SF est d’une richesse exceptionnelle depuis, depuis… des lustres (Rabelais, Cyrano….)
    Par contre, les lecteurs peuvent faire le chemin inverse : d’une œuvre cinématographique vers le livre, vers les autres auteurs… Peut-être plus facilement.
    Après avoir vu au cinéma le seigneur des anneaux, on peut être très tenté d’en lire l’œuvre et aller vers d’autres auteurs.
    Je ne suis pas certain qu’il faille rompre ce lien.

  23. la Cie française a du mal à se renouveler, certes, mais moi quand je vais à la comédie française, j’aime bien voir de la comédie française, beaux décors, beaux costumes et du classique. C’est un des seuls théâtres qui en a encore non seulement les moyens mais l’expérience en particulier des ateliers de costumes et de décors. De la création dans le théâtre public, y en a souvent et bcp, avec les aléas qui vont avec. Allez à Gennevilliers, à Aubervilliers, à Nanterre, à Montreuil…. et en province. Et aussi dans les lieux plus petits moins subventionnés et malins, créatifs et intéressants.

  24. Henri A says:

    J’ai remarqué un truc.
    Quelque soit le sujet abordé sur ce blog ( et beaucoup d’autres ), on en arrive très souvent pour ne pas dire toujours, à cet unique constat : “c’est la faute aux médias”.

  25. Gouv SF 0 says:

    “la SF a souvent été au sommet du box office”

    Et puis quand on voit nos hommes politiques, comment ne pas penser que les Zombies sont au pouvoir.

    Copé, Bachelot, Besson, … c’est de la SF totale.

    Dans un monde réel ça n’arriverait pas.

  26. Le Post versus TF1 ? says:

    “Tiens thierry, ça devrait t’intéresser

    http://owni.fr/2010/01/16/revolutionner-la-presse-la-google-newsroom/

    @ Zi

    Je cite un extrait :

    “les articles print sont très souvent inadaptés au web et au mobile (par exemple, au Monde.fr, les articles des journalistes papier font 30% de la production, mais moins de 15% du trafic)”

    Benoit Raphael, que je cite ici dans l’article sourcé, est dans une dérive complète à la TF1 :

    il n’y a plus que l’audience qui compte pour lui, c’est devenu la seule valeur.

    Sur Le Post, il y a quelques articles intéressants, mais ils ne passent jamais en Une.

    La Une est une pourriture absolue.

    Alors Benoit Raphael comme avenir des médias, ça fait peur, très peur.

    C’est le niveau zéro du contenu, le mépris du peuple, l’exploitation de la merde à audience maximale,

    les concours de vidéos de chats mignons et les faits divers de rats crevés jusqu’à la nausée.

    Même TF1 est digne en comparaison.

    C’est 100 fois plus nul que TF1, la Une du Post.

    Les mecs du Web qui copinent avec ça n’ont aucun droit de prétendre incarner mieux que les vieux médias.

    C’est de la collaboration intellectuelle avec la déchéance maximale.

    ——

    A côté des principes éditoriaux de Benoit Raphael, Martin Bouygues c’est Proust.

  27. Le Post et le Nofollow says:

    En plus Le Post pratique le “nofollow” systématique.

    Alors que Benoît Raphael ferme un peu sa gueule…

    Il est dans une logique de captation d’audience autour de la merde,

    et en utilisant le “nofollow” il n’est même pas capable de jouer le jeu du Web, il triche et il vole.

  28. Zi says:

    exactement marsupilama et in extenso steph : “la Cie française a du mal à se renouveler, certes, mais moi quand je vais à la comédie française, j’aime bien voir de la comédie française, beaux décors, beaux costumes et du classique”

    Le devoir de mémoire…
    On va à la comédie français comme on va visiter un musée : regarder le passé.
    Rien à voir avec la culture vivante, con-temporaine.
    Or c’est elle qui donne le La de la vitalité d’un peuple.
    Nous sommes un peuple pour le moment fossilisé, les créateurs de tout genre sont à la marge (cf steph), les vieux cons et les gardiens de musée sont à l’honneur.

    Qu’ils crèvent sous leur poussière, nous avons besoin de respirer à nouveau 🙂

  29. steph says:

    “c’est la faute aux médias”
    C’est pas pour rien que “ces médias” sont, à l’heure du net, en train d’exploser.
    Journaux, papier, radio, télévision… toute cette architecture subit les coups de butoir d’une évolution rampante, de changements de comportements et de mode de consommation.
    C’est pour ça qu’on constate la guerre blogueurs vs journalistes, téléchargements libres vs industrie musicale, télévision/cinéma vs youtube/dailymotion/megaupload et compagnie, édition traditionnelle vs édition numérique, que l’on voit des docus sur les médias stigmatiser “le monde internet” (pornographie, pédophilie -vos enfants sont en danger sur le net-, spoliation des droits d’auteurs, vol d’identité, trafic de numéros de cartes bleues…).
    C’est une guerre totale entre deux systèmes et tous les coups sont permis ( de l’échange de noms d’oiseaux -« la plus grande saloperie qu’aient jamais inventée les hommes » dixit un vieux con, à la “taxe google”….).

    Lorsque Google aura remplacé TF1, la messe sera dite.

  30. Zi says:

    @le post
    Le post, comme slate, sont des machins sans grand intérêt par rapport à ce qui m’intéresse : la manière dont les nouveaux circuits d’information vont participer à réinventer notre société.

    Par leurs choix éditoriaux et la “qualité du staff”, ces deux machins sont des fossiles numérisés, rien d’autre.

    Rien, même eux et leurs finances, n’empêcheront Internet de bousculer l’establishment.

  31. Zi says:

    @steph
    L’important à mon avis n’est pas de savoir si google remplacera tf1, mais de savoir ce que la destruction de tf1 (et des autres acteurs et institutions qui s’expriment dans le cadre de cette logique) aura permis comme émergences de modèles économiques et politiques alternatifs.

    J’aime Google pour ça, qui contribue lui aussi à rendre certaines choses possibles.

  32. Le perroquet d’Eve Angeli a fugué de sa cage says:

    L’écroûlement des vieilles structures médiatiques n’apporte aucun progrès en lui-même, si on débouche sur des principes encore plus populistes.

    L’obsession de Benoit Raphael dans son article : “comment être numéro 1 en audience”.

    Baisser les coûts de production et fourguer ça à la masse comme on gave les oies.

    Politique éditoriale de basse-cour neo-industrielle, maquillée de modernité 2.0

    Benoit Raphael me fait penser aux marchands d’armes : jamais un souci de ce qui est détruit dans la société par ses principes uniquement financiers.

    Il aligne des chiffres et des logiques productivistes.

    Et il ne voit pas le problème : “je fournis au peuple la merde qu’il demande : en baissant la qualité on augmente l’audience.”

    Il pourrait vendre des mines anti-personnel, il est taillé pour ça.

    A la Une du Post :

    “COCO!
    Le perroquet d’Eve Angeli a fugué de sa cage!
    Mais rassurez-vous, le volatile a été retrouvé.”

    Si l’avenir du journal le Monde c’est ça… Le peuple va vraiment s’émanciper des vieilles aliénations médiatiques, c’est fou.

  33. Iza says:

    Yal a l’art de savoir se faire des amis, comme toi…

    Ceci dit, il ne s’adressait pas dans sa diatribe à Serge Lehman, mais à un certain Maxence http://livres.fluctuat.net/blog/41375-denoel-lunes-d-encre-10-ans-d-une-collection-100-ans-de-science-fiction.html

    Il a publié sur sa page Facebook ce texte que Serge Lehman qualifie lui même de “lyrique”.

    Bref. Il semble qu’il y ait pas mal de remous dans la SF http://moonmotel.fr/post/2009/11/03/La-fin-de-l-underground… le tout tournant vraisemblablement autour de ce que tu pointes.

    Serge Lehman a-t-il effectivement tendu le baton ? ta lecture de la préface semble l’indiquer. Je ne suis pas assez acérée dans ma lecture en ce qui me concerne.

    Mais je suis sensible à ce que tu écris et ce qu’écrit Yal. Et je suis trop fan de Serge Lehman pour vraiment avoir du recul. “Nulle part à Liverion” est une nouvelle de Serge Lehman (publiée dans une anthologie … d’Ayerdhal) dont j’ai produit l’adaptation, et FAUST est une série dont je ne me suis jamais remise.

    Alors j’ai un peu de mal à voir ce qui pourrait servir … ce qui me parait si précieux dans le genre… mais je plussoie le fait que ce travail me semble… majeur, et incontournable.

  34. Zi says:

    tu sais iza, je m’excuse de m’adresser à toi du bas de mon ignominie (niiiiie), mais je crois qu’il faut se rendre à l’évidence : ce malentendu sur la SF, c’est la faute aux media 🙂 🙂

    ps. j’espère que tu le désenvoutement de ton gars cause son deuxième prénom s’est bien passé ; sinon, il y a toujours la solution de croire qu’un deuxième prénom n’a pas grande influence sur la vie d’une personne.

  35. Zi says:

    Triple il est à deux doigts de rejoindre besencenot l’homme au regard de braise, je le sens chaud anticapitaliste antialiénation antispoliation.

  36. Benoit Raphaël et Kubrick says:

    “rejoindre besencenot”

    Besancenot est lui-même obsédé par l’argent, réclamant sans cesse des augmentations de salaires.

    Je me situe plutôt entre les alters mondialistes décroissants et les aristocrates anticapitalistes et antigrégaires, pour qui la valeur ce n’est pas le pouvoir d’achat ou l’audience.

    Benoit Raphaël, c’est le mec qui explique à Kubrick que “Barry Lyndon” est structurellement beaucoup trop coûteux et pas rentable, et qu’en produisant le pétomane sur scène on gagne plus d’argent : ça attire le public et le coût de production est faible.

    Et ce mec qui est à la tête du pétomane du Web, Le Post, passe pour un philosophe du nouveau monde.

    Je cherche les Kubrick du 2.0

  37. Oh, ce n’est pas choquant pour la plupart des gens j’imagine. Les médias servent du Hacker à toutes les sauces de nos jours.

    Mais c’est surtout la phrase “Envoyer des virus sur Internet revient à augmenter la température sous la marmite.” qui m’a fait réagir. Ce genre de comportement relève plus du Script kiddie comme on les appelait à une époque, que du Hacker il me semble.

    Mais tu pourras peut être le confirmer, les Hackers sont par nature créatif, sous des formes diverses et variées, certes, mais je doute qu’ils s’abaissent à des jeux puérils comme envoyer des virus sur le net pour faire bouillir la marmite.

    Ensuite, tu continues avec “Le Hacker, ce générateur de chaos…” J’aimerais bien avoir quelques exemples à ce sujet si tu en as sous le coude. Encore une fois, semer le chaos, cela relève plus du travail des Crackers, dont l’activité consiste à pénétrer des systèmes, trouver le serial des logiciels et briser les protections.

    Rien à voir avec une quelconque activité créatrice. Et franchement, donner comme seul exemple la conception de virus pour qualifier le travail des hackers et leur implications dans notre société, je trouve ça assez pauvre…

    Je veux bien que le texte soit plus long, mais un tel amalgame n’a pas l’air de te choquer toi, alors que tu as écris tant de post sur le sujet. Pourquoi ça ? Est ce que tu considères que la frontière n’est pas si nette, ou qu’elle ne mérite pas d’être relevée ?

    Et.. après avoir fais une recherche sur ton blog, sans vouloir jouer les profs, je ne trouve aucun article parlant de cracker. On dirait que tu n’as même jamais abordé cette notion.

    Mais peut être que je me trompe ? En tout cas, rien ne me ferais plus plaisir que de lire un jour un article sur ton blog qui traite de cette distinction que les médias ont trop souvent tendance à ignorer.

  38. Le hacker est aussi un résistant est quand la réalité, le pouvoir, le système… peu importe le nom déconne… le hacker peut contre-attaquer. Pour moi le hacker est aussi un activiste politique. Envoyer un virus pour détruire l’activité commerciale d’une entreprise qui affame des gens dans un pays du tiers-monde par exemple ne serait pas en soi choquant pour moi. Idem pour mettre à mal nos banquiers qui se gavent sur notre dos. Tout dépends de la où on place le mal.

  39. Daylon says:

    Bonjour à tous,

    Je vais très rapidement squizzer une partie du débat (les genres sont toujours ostracisés -vrai-), pour en aborder une autre:

    Alors, la science-fiction française aujourd’hui.
    J’aurai beau jeu de la juger, comme ça, à l’emporte pièce, mais me sentant malgré tout concerné, je me permets d’intervenir ici.
    Disclaimer: si je suis partisan de la démarche de Serge Lehman, cela ne signifie pas forcément que je suis d’accord à 100% avec lui. Beaucoup de malentendus sont partis de la suppositions où tous ses partisans marchaient forcément comme un seul homme à sa suite.
    (en attendant, Lehman est l’un des rares si ce n’est le seul intellectuel issu de la sf à user d’une démarche pertinente)

    Déjà, les media. Oui, les media sont régulièrement montré du doigt à partir du moment où l’on évoque un sujet culturel. Mais les media ne peuvent pas tout savoir, tout relayer et vu l’état dans lequel se trouve le journalisme aujourd’hui, on ne peut pas non plus beaucoup en attendre.
    Le mieux serait encore de reprendre le schéma à l’envers: ce qui est assimilé par la culture-au-sens-large doit être populaire; pour être populaire, l’objet culturel doit être reconnu par toute la cohorte des leaders d’opinions (agglutinés en pelures d’oignons compactes autour de leur sensibilité respective); pour ça, il faut que l’objet culturel génère un enthousiasme parmi un nombre critique de ces mêmes leaders d’opinions (les plus proches de notre objet culturel)…
    Et pour ça, il faut encore que notre objet culturel soit accepté malgré sa différence, il doit être digéré, traité, repris, copié, plagié, remixé. Et Rome ne s’est pas faite en un jour.

    Donc: le problème pourrait être placé au niveau des media mais je pense que ce problème ci dans ce cas là a été “réglé”.
    Ok, le terme “sf” garde encore un goût de mauvaise piquette dans la bouche des lettrés (ou pseudos) (ou assimilés) (ou prétendus tels). On vous parlera plus facilement d’anticipation, on mettra l’accent sur le social. Honnêtement, ça ne me choque pas. Ce n’est pas grave. Notre bel objet culturel termine sa course là où il le faut et de la manière la moins pire possible.
    Cette histoire de media, c’était certainement vrai il y a 10 ans (selon Lehman), je pense que le vrai problème maintenant est issu de l’intérieur même du genre.

    Aujourd’hui, soyons clairs: nous avons de la friture sur la ligne. Je ne déconne pas. Et de là à oser soupçonner des kilotonnes de mauvaise foi parmi ce que nous appellerons désormais les Défenseurs de la SF, il n’y a qu’un pas que j’ai déjà franchi (merci d’ailleurs à Iza d’ailleurs pour le lien).
    Nos Défenseurs de la SF ont tout de suite crié à l’assassinat du genre, puis ont clamé immortalité, avant d’accuser à nouveau d’autres (qualifiés de “Fossoyeurs de la SF”) de déclarer à qui pouvaient les entendre la mort du genre (ce qui n’a jamais été fait, les papiers sont en ligne, vous pouvez vérifier).
    Les forums tournent depuis, disons, deux mois, à coup de discussions stériles bouffies de contradictions, de pseudo-argumentations (avec toute l’artillerie de l’argument d’autorité, la citation in extenso, etc.)

    Où on sommes-nous alors?
    Nulle part, je le crains. On ne peut pas être juge et partie à la fois, mais c’est aussi agréable que de recevoir une poignée de glaçons dans la culotte que de voir toute la population pleurant sur le “ghetto de la sf” et “à quel point elle devrait être reconnue” et qu’elle “englobe la littérature” (oui, rien de moins), cette population, chercher à écraser toute voix un tout petit peu dissonante; tout ce qui cherche à poser des questions à la sf. À lui demander des comptes.
    Nous sommes (les “Fossoyeurs de la SF” ou “Adversaires de la SF”) cois devant la réaction de rejet générée. Elle était prévisible, mais elle dépasse carrément nos espérances. Elle nous ferait rire si elle ne faisait pas tant honte au genre. Je veux dire: les voir se chamailler autour de la question de savoir s’il faut ou non mettre un tiret entre science et fiction, ça vous pose tout de suite un décor. Et je passe les centaines de pages de bruit blanc autour de la métaphysique.
    À défaut de convaincre qui que ce soit, nous continuons d’aimer une certaine SF et l’espérons plus ouverte, pourquoi pas; peut-être un jour plus épanouie, capable d’accepter que son appareil littéraire s’éparpille au quatre vent, mute, essaime et s’imprègne de tout autre objet culturel pouvant passer à sa portée. Ça ne coûte rien d’espérer, hein.

    Pour conclure, je permets de compléter mon post avec deux articles complémentaires:
    http://insecte-nuisible.com/contre-la-science-fiction/
    http://systar.hautetfort.com/archive/2009/11/02/la-troisieme-depossession.html

    Je vous laisse faire votre propre avis.

    Daylon

  40. Merci pour ces éclaircissements, et je te rejoints en effet sur l’idée que le Hacker est aussi un activiste politique, quelle que soit sa façon d’agir. Mais je pense qu’il était important de soulever la question.

    Autre question qui n’a rien à voir, comme tu parles du seigneux des anneaux, moi j’ai plutôt tendance à le classer dans la Fantasy que dans la SF.

    Est ce que tu penses que les deux genres tendent à aborder des aspects politiques, avec cette notion de simulation et on regarde comme ça se passe ? Qu’en est t’il du Fantastique ?

  41. Daylon says:

    (milles excuses pour la quantité astronomique de coquilles dans mon précédent post)

  42. steph says:

    A la base, la SF, il faut en écrire.
    Il existe un déficit en auteurs de SF.
    Si pour une perle (genre Dune, Asimov, Hypérion, Neuromancien…) il faut 100 bouses ; il apparait clairement qu’aujourd’hui la production ne permet pas l’émergence de bons auteurs et des bonnes idées.

    Il existe également un transvasement vers la Fantasy, plus à la mode, et plus “facile” d’accès (tant en écriture qu’en lecture) or dans science-fiction, il y a science.
    La science et la technologie passionnent, mais peu en maitrisent les aspects, peu possèdent un bagage suffisant (peu d’ingénieurs, médecins, scientifiques et chercheurs sortent de nos écoles…) et beaucoup estiment qu’il devient difficile d’écrire de la SF du fait de la prégnance de la science dans le genre. Et qui dit Sciences, dit aussi un travail préparatoire de fond (recherches importantes sur le sujet, investigations, lectures d’ouvrages et de magazines spécialisés, etc..) ce qui réclame un investissement de temps qui peut être conséquent.

    Quand on regarde bien, le gros du bataillon des auteurs US de SF possèdent un bagage universitaire en sciences.

    En suite, pour le cas français, il n’existe pas prix national avec une bonne visibilité récompensant les meilleurs ouvrages (équivalent des prix Hugo et Nebula). En France, les prix littéraires se limitent au Goncourt et Fémina, point. Pour la SF on peut citer le Grand Prix de l’Imaginaire, mais il est très peu visible.

    Ensuite, côté création, le système est complètement atomisé, en une myriades d’appels à textes, de concours, de fanzines (qui disparaissent parfois aussi vite qu’ils naissent), une jungle avec ses codes, ses règles, ses règlements de comptes entre éditeurs / auteurs et compagnie. Il est difficile, pour les jeunes auteurs, de savoir comment tout cela tourne.
    Ceci avec internet, il y a des tentatives de “recentrage” et des initiatives tout à fait intéressantes pour les jeunes auteurs (collectif d’entre-aide et de bétâ-lecteurs).

    Pour pousser la production vers la quantité (qui est nécessaire pour aboutir à un standard de qualité) il faut de nombreux ouvrages, des œuvres (plus ou moins bonne) un peu le rôle tenu un moment par la collection Fleuve Noir.
    (Format pocket, pas cher) On y trouvait des récit franchement pas à la hauteur, mais des idées, beaucoup d’idées.

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