L’idéal démocratique ne s’accomplira que si nous envisageons tous les modes possibles d’organisation de la société, et non seulement le modèle pyramidal qui implique la représentation de type monarchiste. Certains secteurs de la société ont peut-être besoin de pyramidal, d’autres non. Seulement, faudrait-il accepter les autres possibilités ! Nadia vient de me faire repenser à ces questions par ses questions.

Qu’est-ce que l’auto-organisation ?

Un système est auto-organisé quand il n’a pas besoin d’un organe de contrôle central pour fonctionner (structure non pyramidale). J’ai souvent donné l’exemple des oiseaux qui volent en flotte ou des paquets TCP/IP sur le Net. On peut dire la même chose des piétons sur les grands boulevards ou dans les couloirs du métro.

Auto-organisé ne veut pas dire inorganisé, mais que l’organe de contrôle est distribué. Cet organe qui prend en général la forme d’un jeu de règles que respectent les agents, peut apparaître au cours de l’évolution, des règles étant peu à peu sélectionnées parce qu’elles offrent quelques avantages au système.

Nous-mêmes, qui résultons de ce phénomène d’auto-organisation, pouvons imaginer des règles a priori et vérifier si elles mènent à des auto-organisations. Cette approche passe par des simulations. Dans le domaine technique, on s’en tire à peu près, notamment en s’inspirant de la nature. Mais c’est plus difficile pour faire interagir des gens, ce qui implique des expériences à petites échelles avant d’imaginer les généraliser.

Nous ne faisons aujourd’hui que balbutier la politique de l’auto-organisation. On a vu quelques amorces lors des campagnes électorales aux États-Unis. Al-Qaeda est passée maître dans cet art. Quelques entreprises le pratiquent.

Mais il ne faudrait pas oublier qu’une bonne part de notre société est déjà auto-organisée de manière implicite. La plupart des choses que nous faisons durant une journée ne résultent pas d’une consigne émise par un organe de contrôle central. En fait, il est presque plus facile de parler de ce qui n’est pas auto-organisé (la plupart des entreprises, des partis politiques, des gouvernements…) que de ce qui l’est (tout le reste).

J’ai bien sûr mon exemple préféré d’auto-organisation : la circulation routière. L’organe de contrôle est totalement distribué : les signalisations éparpillées sur le territoire donnent des consignes ponctuelles, mais la plupart du temps nous sommes livrés à nous-mêmes. Rien ne nous empêche de jouer aux autotamponneuses sinon quelques règles.

La règle n’a pas toujours pour fonction de réduire la liberté. Elle peut souvent l’accroître.

Il ne faut pas chercher des exemples d’auto-organisation au grand jour. Nous sommes dans une société gouvernée par des pyramides, elles attirent la lumière. Les AMAP sont, par exemple, une façon d’auto-organiser sur le territoire un circuit alimentaire alternatif. L’auto-organisation est par principe souterraine, structurelle, fédératrice. Quand on la voit se manifester au cours d’une campagne électorale, c’est déjà sous une forme pervertie.

Note sur l’autogestion

Quand je parle de l’auto-organisation, on me renvoie souvent à l’autogestion. Pour moi l’autogestion, c’est typiquement la coopérative. Tous les employés possèdent l’outil de production, éventuellement à parts égales. Maintenant une coopérative n’est pas nécessairement auto-organisée. Elle peut adopter une structure pyramidale, ou tout au moins disposer d’un management centralisé (c’est cette nécessaire centralité de l’auto-gestion qui la démarque fortement de l’auto-organisation).

Inversement, un système auto-organisé n’est pas nécessairement égalitaire. La nature est dans une grande mesure auto-organisée et il y existe des puissants et des faibles.

Ainsi Internet, qui repose sur de nombreux mécanismes auto-organisés, n’en est pas pour autant égalitaire (il est même tout sauf égalitaire).

Dans un système auto-organisé, les agents ne sont pas plus libres que dans un système pyramidal. Le fait de ne pas voir clairement l’organe de contrôle ne signifie pas qu’on ne lui obéit pas. Parfois il est même plus facile d’éructer contre un guignol bien visible que contre des forces plus souterraines.

De la démocratie

L’organisation pyramidale ou l’auto-organisation ne sont pas en concurrence dans l’absolu. Simplement, en un âge de complexité croissante, la démocratie doit adopter des organisations capables de gérer la complexité (l’incapacité de gérer la complexité nous ferait verser vers la dictature et vers une gigantesque récession).

L’auto-organisation est alors une méthode à considérer. Elle est démocratique par définition : elle confère le pouvoir au peuple puisqu’il se retrouve distribué entre les individus. Mais chacun d’entre eux ne dispose pas d’un pouvoir équivalent.

L’auto-organisation en elle-même ne garantit ni la liberté, ni l’égalité, ni la fraternité. Pas plus que le système pyramidal d’ailleurs.

Dans la quatrième partie de mon Alternative nomade, je montre que la liberté et la fraternité sont consubstantielles. Plus nous nous lions, plus nous accroissons notre liberté, ce qui est la seule stratégie de survie dans un monde qui se complexifie.

La complexité du monde nous pousse à adopter l’auto-organisation, une auto-organisation qui maximise la liberté et la fraternité (ce qui ne serait pas le cas si la complexité n’était pas extrême). Pour le même prix, nous avons la liberté, la fraternité et la complexité… ou la catastrophe.

Reste l’égalité, l’égalité en droit bien sûr. Je ne pense pas qu’une forme d’organisation puisse intégrer en elle-même cette idée, justement parce que c’est une idée qui a émergé assez tardivement.

Imaginons de fortes inégalités. Certains liens se retrouvent déséquilibrés, des liens de type maître-esclave. Ils réduisent l’intelligence collective, donc présentent un handicap pour l’ensemble de la société. Dans un monde de plus en plus complexe, nous avons tout intérêt à lutter contre les inégalités pour ne pas nous affaiblir globalement. Le troisième pilier de la démocratie est nécessaire dans un environnement complexe.

Manager vs leader

J’ai discuté de cette nuance dans la seconde partie du Cinquième pouvoir. Pour résumer. Le manager connaît la solution. Le leader donne envie de trouver une solution et de la mettre en œuvre.

Alors oui il y aura toujours des leaders, parce que des hommes auront plus d’énergie, plus de stamina, plus de charisme… plus de facilité à créer des liens. L’égalité en droit n’empêche pas la diversité.

Mais il faut se placer dans la perspective des TAZ. Le leader d’une TAZ ne sera pas nécessairement le leader d’une autre. Les circonstances font le leader.

Nous devons mettre en place des structures souples pour que les leaders puissent émerger vite et rentrer dans le rang tout aussi vite. Faire tout le contraire de ce que nous propose la politique actuelle. Où il faut longtemps pour atteindre le sommet, ce qui ne donne aucune envie d’en redescendre.

Pouvons-nous empêcher un leader de s’accrocher ? La complexité sans cesse croissante devrait se charger de faire le ménage. Un leader qui s’accroche, qui n’est plus capable d’accompagner la complexité, devient un frein… il pénalise le système… qui fera émerger un autre leader si nécessaire.

PS : Je ne pense pas avoir dit qu’Internet était une société. Internet est un territoire où une part de notre société se développe. Si notre société a un pied sur un territoire, un pied sur un autre, elle ne peut que boiter. C’est toute la société qui ressent les claudications. C’est une autre façon de décrire le cycle 1/Information 2/Homme 3/société 4/Homme. Transformer l’information, transforme la société.

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46 comments

  1. OlivierAuber says:

    Thierry, il me semble qu’il faudrait nuancer l’idée selon laquelle l’auto-organisation s’affranchirait d’un point central.
    La question est à mon avis celle de la nature dudit point.
    Est-il physique ou bien immatériel?

    Dans le cas des êtres vivants (je pense à une colonie d’oiseaux), ce point est immatériel, c’est le fait que les oiseaux fassent partie de la même espèce et partagent les mêmes organes sensori-moteurs, etc. qui leur permet de s’auto-organiser. C’est ce que j’appelle le “code de fuite”, c’est à dire leur caractères génétiques communs, livrés aux mêmes aléas de l’environnement, à l’irruption d’autres codes…

    Il existe aussi des formes d’auto-organisation nécessitant un point central. C’est le cas des plate formes dites “sociales” de type Twitter, etc. J’appelle le point en question (le serveur central) un “point de fuite temporel” car c’est là que le groupe qui l’utilise actualise à chaque instant toutes les caractéristiques qui rétroagissent vers chacun de ses membres.

    Entre ces deux perspectives (temporelle et numérique) et leurs points de fuite respectifs, ils se développent toutes sortes d’interactions propres à la vie et la mort des organismes. Dans le cas de la société humaine (non séparable de reste de la biosphère), le problème est à mon sens d’apprendre collectivement à distinguer ces interactions de manière à en être le moins dépendant possible (prendre du recul, c’est le rôle de la mise en perspective), et à ce que nous sachions prendre soin de celles qui sont nécessaires et rejeter celles qui sont pathogènes.

  2. Je suis d’accord avec toi.

    Le point central c’est le jeu de règles, c’est le code commun qui est justement distribué entre tous et qui permet l’auto-organisation.

    C’est ce que tu appelles la perspective numérique.

  3. BlogAgency says:

    RT @reymonde: RT @crouzet: La démocratie inachevée http://bit.ly/9CzgnL

  4. El Fredo says:

    RT @marcvasseur: RT @crouzet: La démocratie inachevée http://bit.ly/9CzgnL

  5. Crouzet : la démocratie inachevée http://bit.ly/9tPZt7

  6. J says:

    2 questions pour tous :

    Comment se décide et se crée le code commun?

    Comment empêcher que certaines communautés disons plus douées n’orientent peu à peu par touches successives ce code vers leurs seuls intérêts, ce qui du supposé “système démocratique par définition” (dixit) mènerait à tout autre chose?

  7. Excellente synthèse. D'où viendra ce changement de phase qui se prépare ? La démocratie inachevé par @crouzet. http://bit.ly/bt7TRs

  8. Tu peux poser les mêmes questions pour le système actuel. Tu sais comment ça se décide une loi? Tu n’a jamais vu de lobbys les orienter… Hadopi 😉

    L’auto-organisation n’est pas censée régler tous les problèmes, mais convenir dans les situations complexes.

    D’ailleurs, un jeu de règles peut être débattu comme une loi ordinaire. Rien ne l’empêche.

    La question que tu poses est inhérente à tout système politique.

    Les jeux de règles implicites évoluent d’eux-mêmes (c’est déjà le cas) et c’est à nous d’être vigilants, les jeux décidés ne peuvent qu’être appliqués à petite échelle avant d’être généralisés, donc ils sont décidés par ceux qui acceptent de se livrer à une expérimentation. Et acceptez avant toute extension.

  9. rotative says:

    RT @olivier_n: Excellente synthèse. D'où viendra ce changement de phase qui se prépare ? La démocratie inachevé par @crouzet. http://bit.ly/bt7TRs

  10. RT @association1901: Crouzet : la démocratie inachevée http://bit.ly/9tPZt7

  11. J says:

    “Tu peux poser les mêmes questions pour le système actuel.”
    “La question que tu poses est inhérente à tout système politique.”

    Oui. Et c’est pour ça que je les pose car l’auto-organisation politique d’une société humaine est en l’état un fantasme dangereux, à mon avis bien sûr.

    L’argumentation s’appuyant sur le vol des oiseaux (régi par des règles naturelles et ”équilibratrices” auxquelles ils ne peuvent se soustraire) ou les carrefours automobiles (résolution de problème à deux options simples et exclusives je passe je ne passe pas) ne peut en aucun cas constituer un argument en faveur de l’autoorganisation appliquée à un système politique.

    Ce qui ne veut pas dire que je suis fermé à tout principe autoorganisateur dans le cadre politique, comme outil de gestion de la complexité, mais en faire le LA structurant est une folie digne… d’un anarchiste oublieux de déplaisants fondamentaux psychologiques et sociologiques 🙂

  12. OlivierAuber says:

    “l’auto-organisation politique d’une société humaine est en l’état un fantasme dangereux”

    héhé, mais c’est déjà le cas, si l’on considère que la gouvernance actuelle est une forme d’auto-organisation centrée sur quelques individus. En effet, ça peut être dangereux 😉

  13. J says:

    ?
    un peu facile et pas très pertinent en l’occurrence…

    ce n’est pas parceque X ne fonctionne pas/plus (c’est clair!) que si je dénonce X je porte avec moi à la fois la vertu et une solution qui ne soit pas pire…

    je maintiens :
    ““Tu peux poser les mêmes questions pour le système actuel.”
    “La question que tu poses est inhérente à tout système politique.”

    Oui. Et c’est pour ça que je les pose car l’auto-organisation politique d’une société humaine est en l’état un fantasme dangereux, à mon avis bien sûr.

    L’argumentation s’appuyant sur le vol des oiseaux (régi par des règles naturelles et ”équilibratrices” auxquelles ils ne peuvent se soustraire) ou les carrefours automobiles (résolution de problème à deux options simples et exclusives je passe je ne passe pas) ne peut en aucun cas constituer un argument en faveur de l’autoorganisation appliquée à un système politique.

    Ce qui ne veut pas dire que je suis fermé à tout principe autoorganisateur dans le cadre politique, comme outil de gestion de la complexité, mais en faire le LA structurant est une folie digne… d’un anarchiste oublieux de déplaisants fondamentaux psychologiques et sociologiques “

  14. Anar 0 says:

    “folie digne… d’un anarchiste”

    Quel bourgeois coincé ce J !

  15. @J arrête avec les oiseaux… c’est un exemple pour explique ce qu’est l’auto-organisation à ceux qui ne comprennent pas. Prends le trafic routier si tu veux, le trafic des piétons, prend une langue, sa grammaire… les exemples de manquent pas… dans le domaine humain.

    C’est dangereux une langue auto-organiser, une langue qui n’est pas policée par l’Académie ?

    Le système pyramidal mène à la dictature, il a les mains pleine de sang et il fait encore couler le sang… Tu veux préserver ce système ?

    et puis tu lis ce que j’écris “Certains secteurs de la société ont peut-être besoin de pyramidal, d’autres non.” Où est-ce qu’il y a de absolutisme sinon dans ta perception ?

  16. J says:

    je crois que pour saisir en quoi l’autoorganisation et l’anarchisme sont POUR ENCORE QUELQUES MILLIONS D’ANNEES des lubies pour idéalistes irresponsables ou pour des poètes un peu mous du culs genre ferré ou barbara, il faut par exemple analyser comment wikipedia a évolué DANS LE TEMPS (concept inaccessible à triple boursouflure la notion de temps, tout est tellement monovalent et absolu dans cet esprit figé autour de quelques credo).

    il ne suffit de brailler Vive l’amour et la liberté pour être autre chose qu’un danger ambulant quand on souhaite étendre ses lubies à l’ensemble d’une société au travers de principes politiques.

    oui, vive l’aaaaamour, mais n’oublions pas que les gandhi sont en minorité!

    triple boursouflure, pourquoi tu ne te mets pas à l’aquarelle et à l’autoportrait plutôt 🙂

  17. J says:

    @thierry
    cf wikipedia.

  18. Tu refuses de voir que 95% de la société est déjà auto-organisée.

    L’auto-organisation n’est pas un système libertaire (ce qu’était Wikipedia initialement) mais un système avec des règles d’interactions strictes mêmes si elles peuvent évoluer dans le temps (ce que devient Wikipedia).

    Les règles peuvent être écrites dans un livre de lois s’il le faut.
    Il peut même y avoir une police.

    Utopie c’est de croire qu’un monde complexe va pouvoir survivre sans passer par l’auto-organisation. C’est ça la folie.

    Parfois je me demande si tu as compris ce qu’était l’auto-organisation. Tu nous parle d’anarchisme mais ça n’a aucun rapport.

  19. OlivierAuber says:

    Celui qui parle d’auto-organisation, immédiatement catalogué comme anarchiste… Bon on ne va sombrer dans cette confusion, hein? On parle même auto-organisation au Collège de France, c’est dire!

    Justement, voyons la manière dont on en parle dans les milieux académiques.

    D’après ce que je ‘ai pu pu constater, c’est pratiquement toujours dans un esprit d’observation top-dowm. On regarde le comportement des agents et l’émergence des propriétés globales, etc. comme si “on” (le scientifique) ne faisait pas partie du système, comme si aussi “on” (le scientifique, pas plus que les agents) n’avait de prise sur le milieu dans lequel se produit l’interaction. Je caricature, mais ça n’est pas loin de la réalité.

    Je crois fermement pour ma part à la capacité humaine d’acquérir une culture des phénomènes collectifs, en particulier avec (et sur) les réseaux. L’enjeu, il me semble, est de réussir à distinguer les perspectives dont je parlais plus haut, d’en saisir la plus ou moins grande légitimité, et donc au final d’agir individuellement et collectivement de manière adaptée à la nature du milieu dans lequel nous sommes plongés.

  20. J says:

    Bien pratique de rejeter
    sur des amalgames supposés de la part des autres
    ses propres errances théoriques
    et son refus de juger froidement de ces belles théories
    à la lumière des limites et des risques réels
    constatées dans leurs applications.

    Il n’y a pas moins de danger
    dans les projets et les considérations théoriques
    teintées de grands élans émancipateurs
    et oubliant de prendre en compte les réalités pénibles
    que dans les situations sociales et politiques
    qu’elles dénoncent.

    Si on n’est pas sorti du 20e siècle en ayant au moins appris cela, autant y rester.

  21. Iza says:

    J’vous ai dit combien j’ai halluciné un jour de voir combien le travail ici sur la … révolution numérique et mon travail sur le terrain sur les groupes se rejoignait ??? oui, je vous l’ai dit.

    et bien, je le redis.

    Et justement, les points communs sont les suivants : manager vs leader, necessité de leadership tournant, système le plus souple possible, jeu de règles … simple et favorisant tout cela.

    Le jeu de règles pouvant être établit par le groupe, en fonction de la tâche, en fonction du défi. Cette discussion devant bien entendu intégrer une discussion sur les valeurs, le sens de l’objectif poursuivi (par ex : qu’est ce que la performance pour un groupe donné). Et tout cela peut bien sur évoluer, pourvu que tout le monde adhère.

    En gros, voilà les conclusions auxquelles les groupes arrivent après le travail que nous proposons. Ils y arrivent tous seuls. Par l’expérience et le retour sur celle ci.

    Complexe ? ben oui.

    Mais concret, J, c’est du terrain ce que je raconte, 1000 personnes, en 4 ans. 70 groupes.

    La réalité sociale pénible, je me représente la chose assez bien, et j’ai personnellement testé quelques modes d’action collective traditionnels (et respectables oh combien … mais voilà. quel résultat ? quels moyens ? ). Je continue à réclamer des moyens (centralisés) pour de l’action comme cela … mais en pure perte. Qu’est ce qui nous empèche d’essayer autre chose, parallèlement ? quel est le danger ? que des gros méchants en profitent ? Nous sommes en plein dedans. Qu’ils en profitent plus ? la routine. Chaque miette (d’autonomie, de pouvoir, d’action) que nous pouvons récupérer sera utile.

    En tous cas, j’ai envie d’y croire. Surtout ce soir tiens.

  22. J says:

    Oui et oui iza.

    Mon coup de gueule non par rapport à tout ça, mais à la conception de l’organisation politique au niveau d’une cité que propose en gros très gros sans jamais l’assumer d’ailleurs Crouzet.

    On ne peut avec les humains stabiliser des règles communes au service de l’intérêt général et empêcher l’émergence de sous systèmes cancéreux par la simple autoorganisation.
    Ceci est une masturbation intellectuelle qui prend soigneusement soin de ne pas examiner les exemples de problèmes rencontrés dans les expérimentations à choix complexes de bottomup connues (aaaaaah wikipedia et son évolution dans le temps…) pour se focaliser sur des analogies ou exemples foireux (les oiseaux, la langue, les carrefours).
    Jamais je ne soutiendrai des gens qui jouent aux apprentis sorciers sur des sujets aussi sérieux, même si le fond de l’intention est bonne : faire mieux que le merdier actuel.
    Par une sorte de simplisme dans l’appréhension du problème social et une jouissance douteuse pour les purs exercices intellectuels, la bonne intention mène à des conclusions irresponsables et qui feraient la joie si elles étaient appliquées aux pires salops qui peuplent cette terre.

    Enfin, toi au moins tu as répondu à ces 2 questions, si ce n’est au niveau d’une cité mais au moins au niveau de ton groupe :

    – Comment se décide et se crée le code commun?
    Toi, en tant que formatrice.

    – Comment empêcher que certaines communautés disons plus douées n’orientent peu à peu par touches successives ce code vers leurs seuls intérêts, ce qui du supposé “système démocratique par définition” (dixit) mènerait à tout autre chose?
    Grâce à toi, en tant que formatrice.

    Sur ce, bonne journée -:)

  23. Je me passe de ton soutien… 🙂

    Tu as compris TAZ. Y’a cancer si la structure perdure, si elle se défait sans cesse et se recompose ailleurs… tu as aucun enkystement.

    Et je te signale que j’ai répondu à tes questions… mais tu ne veux pas voir les réponses.

  24. J says:

    Le problème ce n’est pas “mon” modeste soutien, c’est celui de la multitude des “progressistes” que tes lubies radicales autoorganisatrices éloignent du simple concept d’autoorganisation et de son réel intérêt.
    🙂

    Quant à tes réponses, j’en suis désolé, mais elles n’ont pas pour moi et d’autres la rigueur nécessaire pour un sujet aussi délicat qu’un système politique concernant des millions de gens, et c’est bien le sujet de fond de tes recherches personnelles, même si tu aimes à ne plus l’admettre et à te réfugier derrière bootstrapping ou dvpt personnel.
    🙂

  25. Tu n’a jamais lu mes livres. Je ne me suis jamais adressé qu’à ceux qui voulaient se changer d’abord. C’est tout le sujet du peuple des connecteurs et même du cinquième pouvoir. Tu fabules.

  26. 000 says:

    “un système politique concernant des millions de gens, et c’est bien le sujet de fond de tes recherches personnelles”

    Tu dois trop penser au “Cinquième pouvoir”, à son incursion dans la politique, et sans en avoir lu davantage qu’un résumé dans l’Express.

    Lis “le Peuple des connecteurs”, c’est complètement centré sur le développement personnel.

    C’est le développement personnel qui change le monde, dès Le Peuple des Connecteurs.

    Le Cinquième pouvoir a lui été mal compris, dans un sens conventionnel de vieille logique politique d’équilibre des pouvoirs, contre-pouvoirs…
    Bref dans un sens assimilable par les forces traditionnelles :
    organisations,
    médias
    et “nouveaux médias” se concevant comme de nouveaux vieux médias, etc.

    Le Peuple des connecteurs est beaucoup plus anarchisant et dérangeant pour les vieilles têtes organisationnelles dans ton genre.

  27. J says:

    Et l’éternel renvoie vers les livres que le commentateur n’aurait pas lus.
    Et l’éternel ”mais non je n’ai jamais fait de considérations sur les systèmes politiques”.
    Et l’éternel ”si tu ne dis pas oui à tout ce galimatias c’est que forcément tu fais partie des gens qui ne veulent pas évoluer et jouent dans le monde du pyramidal et blah blah blah”.

    Quelle rhétorique, quelle stérilisation des échanges,
    qui ont éloigné de ce blog
    et ce qui est plus gênant
    éloigné des concepts que tu cites à tout va
    bien des gens à la recherche de nouvelles voies d’organisation sociale réellement nouvelles.

    Détail : cela devrait t’inquiéter sur la non criticabilité de ta pensée appliquée à humains & politikè tout de même d’avoir tout contre toi un mec du genre 000 🙂

    Tout cela dit sans méchanceté thierry, mais bon, tu abuses.

  28. 000 says:

    @ Jésus

    forcément tu fais partie des gens qui ne veulent pas évoluer et jouent dans le monde du pyramidal.

    Ite missa est.

  29. OlivierAuber says:

    OK J, quelles sont les pensées et/ou actions qui ont une valeur à tes yeux?

  30. 000 says:

    “quelles sont les pensées et/ou actions qui ont une valeur à tes yeux?”

    C’est ce qu’il n’est jamais arrivé à dire.

    A quoi il faut ajouter : pour quels buts ?

    A aucun moment, J ne s’est soucié, par exemple, de la question écologique, il n’en a jamais parlé ici. Ce n’est pas son souci.

    Ecarter ce problème lui permet d’écarter des solutions qu’il juge trop intégristes. (Comme font les libéraux façon Fillias).

    Son combat reste celui, limité, de la question du pouvoir, sans remise en cause des modes de vie.

  31. J says:

    Cet Olivier Auber?
    http://perspective-numerique.net/wakka.php?wiki=Home
    Intéressant.

    Aparté : triple0, tu te trompes, chaque fois que je te croise ici avec tes 2 ou 3 credo maniaques et pseudo élitistes, je pense à fond à l’écologie, la lutte contre la pollution, le recyclage, tout ça quoi 🙂

    A OAuber, c’est une longue histoire de plusieurs mois les petits accrocs avec crouzet tu sais, rien de bien méchant dans mon esprit mais il gonfle.
    Tu n’as rien compris Tu n’as pas lu mes livres Non je n’ai jamais écrit ça bien que tu l’aies lu etc, je les ai beaucoup lus ces réponses alors que les remarques de certains commentateurs me semblaient tout à fait pertinentes.
    Moi, je m’attarde un peu plus pour diverses raisons, et peut être un peu pour le plaisir de côtoyer tripleboursouflure l’ami de feu demian west ; ce n’est pas tous les jours qu’on croise pareille monstruosité 🙂

    “quelles sont les pensées et/ou actions qui ont une valeur à tes yeux?”
    Dans le contexte actuel et pour le sujet qui concernait ces billets alors, parce que sinon c’est une dissertation que je ne suis même pas certain de pouvoir écrire…
    —> tout ce qui veut le changement et qui a su éviter l’excès et l’approximation qui eux servent d’alibi aux ennemis du changement.

  32. nopib says:

    La démocratie inachevée http://minu.me/1n92 Le peuple des connecteurs

  33. 000 says:

    @ Nazareth

    Va donc lire l’excellente deuxième partie de http://blog.tcrouzet.com/alternative-nomade/

  34. Iza says:

    “- Comment se décide et se crée le code commun?
    Toi, en tant que formatrice.

    – Comment empêcher que certaines communautés disons plus douées n’orientent peu à peu par touches successives ce code vers leurs seuls intérêts, ce qui du supposé “système démocratique par définition” (dixit) mènerait à tout autre chose?
    Grâce à toi, en tant que formatrice”

    Non non non. C’est pas du tout comme ça que je travaille.

    Je t’accorde que je créé une bulle “sous le microscope” qui nécessite de garantir la sécurité des individus. Une macro règle donc en effet, un garde fou. ça répond à ton souci de sécurité.

    Mais la discussion sur le code du groupe, de ce qui est bon pour le groupe se fait entre eux. Et suppose pour que ça fonctionne de prendre conscience de quelques principes donc nous parlons souvent ici : transparence, interdépendance, responsabilité.

    Mais je ne propose pas cela, ils le découvrent. Par l’expérience, ils découvrent que c’est ce qui est le plus … respecteux de tous, le plus “juste” etc … Juste par essais erreur et en analysant (apprentissage par expérience, le cycle de Kolb).

    Une sorte de “preuve” sous cloche de ce dont nous discutons ici.

    Sur ton point deux : en effet le garde fou c’est moi, mais en dernière limite. Et : oui, les leaders naturels, les plus doués, les manipulateurs se jettent volontiers pour prendre le meilleur. Mais dans les conditions de l’expérimentation proposée, curieusement, ils sont très vite démasqués. Étonnant, non ? Alors certes, il n’y pas d’échange monétaire, et c’est très simplifié … mais tout de même.

    Enfin : je vois quelques failles dans ton raisonnement J. (un peu altéré par l’agacement, non ???).

    Au début du blog, on discutait souvent avec des libéraux très motivés (Garbun, non? c’était ça son nom, et un autre, bien pire).

    Je leur opposais souvent ce que tu dis : dans un espace sans règles aucunes, le loup dévore tranquillement les brebis.

    Mais ce n’est pas ce que dis Thierry. Lui il dit : affranchissons nous (pas “éradiquons”, pas “détruisons”) et tentons, par notre éveil, de fonctionner différemment.

    Alors certes, il y a une sorte de connivence, d’ancêtre commun avec les libéraux libertariens. Mais tu vois, d’avoir pendant des mois surmonté ma répulsion archaïque pour discuter avec eux m’a fait le plus grand bien, au cerveau. m’a permis de déconstruire mes représentations, de m’interroger vraiment sur la signification politique de telle ou telle chose.

    Globalement, je ne me sens pas vraiment plus libérale (mais peut être plus libertaire) , mais je me sens plus intelligente.

    Suis je une progressiste pervertie par Thierry ? euh … je ne me détourne pas de mon action sur le terrain, bien au contraire.

    Bref J, je vois ou tu veux en venir, mais voilà, essaye de dépasser ta répulsion et n’hésites pas à entrer dans le détail (comme je l’ai fait avec les libéraux). Tu verras, ce n’est pas si simple, c’est dérangeant, et c’est ça qui est bon. Ils ne m’ont jamais convaincue, mais ils m’ont obligée à reconnaître que je me cachais souvent derrière des arguments un poil préfabriqués. J’ai un peu tremblé de les enlever. mais ce que j’ai trouvé derrière a gagné en force, et moi en conviction et clarté. Tout bénéf. Allez zou, je repars à mes cartons.

  35. 000 says:

    “et un autre, bien pire”

    Il y avait le copain que s’était fait Charlie un soir à la république des blogs.

    Un ultra filliasien, qui veut privatiser les routes, les mers, et l’air.

  36. Le destin du monde en 3 lettres says:

    (Il fallait voir les yeux de Charlie pétiller le soir où l’agent Filliasien lui a expliqué tous les bienfaits à attendre de la privatisation de l’air.

    Elle pétillait presqu’autant que le soir où j’ai presque réussi à la convaincre de faire la campagne de Bayrou. Elle a été à un non près de dire oui. Comme quoi, le destin du monde tient à peu de chose, un oui, un non, trois lettres, comme le NEZ de Cléopâtre.)

  37. Iza says:

    Dilbert ! voilà, il s’appelait comme ça . Brrrrrr !!!!

  38. 000 says:

    C’était pas le pire Dilbert. Je pensais à un autre.

  39. J says:

    amen…

  40. Bonsoir,
    N’ayant pas ce livre et avec la certitude de radoter aux yeux de quelques uns, je rappellerai seulement l’opuscule de 36 pages de Raymond Boudon publié en février 2007 par la Fondation pour l’Innovation Politique et intitulé <>.
    En page 4,le chapitre intitulé :LE “SPECTATEUR IMPARTIAL” ET LA “VOLONTÉ GÉNÉRALE” pourrait aider à répondre à une grande partie des questions posées par lecteurs de l’ouvrage de Monsieur Thierry Crouzet.

    Bonsoir à toutes et à tous. Bien cordialement. Jacques Brillot [email protected]
    A moins que le règlement ne l’interdise, pourquoi me dissimuler?

  41. Additif : le titre du travail de Raymond Boudon est <> Avec mes ces excuses pour ce raté involontaire. Jacques Brillot

  42. La démocratie inachevée: En tout cas, c'est sûr, je suis pour une démocratie 2.0 (je parle de démocratie métalocal… http://bit.ly/9iSYkO

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