L’anomie, c’est l’absence de loi. L’anarchie, c’est l’absence de gouvernement. Je ne défends aucun de ces deux systèmes, mais l’auto-organisation, tout au moins dans les situations complexes : climat, pauvreté, économie…

On me dit souvent que l’auto-organisation est une utopie qui ne sera jamais appliquée. Voyons les choses de manière pragmatique. Le modèle pyramidal nous démontre jour après jour son incapacité à régler les problèmes complexes (mais peut-être que je me trompe). Il faut envisager d’autres approches. Je n’en vois pas d’autre que l’auto-organisation. Alors soit elle est impropre et nous sommes condamnés à un nouvel âge noir, soit il faut peut-être explorer cette piste. Mais attention l’auto-organisation ne se produit pas spontanément. C’est une technologie sociale.

La nécessité de la loi

Dans tous les systèmes auto-organisés, humains ou non, les agents respectent des lois, lois dont la fécondité détermine la vitalité du système. Elles constituent le code commun, le point de convergence social, la perspective numérique comme l’appelle Olivier Auber.

Tout le monde se doit de respecter ce code tout comme notre code de lois ordinaire. Il n’y a pas techniquement de différence. Avec son système juridique, notre société est déjà prête pour l’auto-organisation et de nombreuses lois s’appuient sur elle, l’interdiction de fumer sur les lieux publics par exemple.

D’une manière générale, nous auto-appliquons la plupart des lois. Souvent non par peur de la police, mais par conviction.

La nécessité du gouvernement

Si nous aboutissons à des lois fécondes, nous pouvons les inscrire dans un livre de lois. Nous pouvons mettre en place une autorité pour les faire respecter.

C’est un peu ce qui s’est produit avec Wikipedia. Le site a commencé sous le régime de l’anomie et de l’anarchie avant peu à peu de se doter de lois et d’une gouvernance. Il n’en reste pas moins auto-organisé.

Comment ce système évoluera-t-il ? Nous verrons bien. Il versera peut-être dans le pyramidal. Et alors ? Ce n’est pas grave. Pendant un certain temps, il aura fonctionné suivant des principes qui lui auront permis de se développer sur un rythme interdit aux systèmes pyramidaux.

S’il se fige, d’autres initiatives pourront démarrer et rivaliser avec lui. S’il résiste, c’est qu’aucune ne sera capable de profiter de la complexité.

Comment se décide le code commun

Autant se demander comment se décide une loi. Il n’y a pas une méthode qui vaut pour toutes les lois. On peut même dire que chaque loi a une histoire, presque toutes découlent de lois antérieures et peu apparaissent soudainement dans le paysage.

Dans notre modèle démocratique, s’appuyant sur cette histoire, les députés et surtout le gouvernement établissent les lois. Une petite poignée de personnes décide le code.

Pour l’auto-organisation, on ne peut pas décider a priori si un code sera fécond ou non. Il faut expérimenter. Pour pouvoir expérimenter, en l’absence de loi officielle, il faut que des volontaires acceptent de suivre un code expérimental.

En général, ils discutent ce code afin de l’accepter. Ils ne peuvent expérimenter que leur code (on ne peut pas le leur imposer puisque c’est eux qui le valident mutuellement).

Si ce code fonctionne, il y a maintenant deux possibilités. Le gouvernement l’impose à tous. Cela implique que chacun en quelque sorte charge le nouveau code, espèce d’upgrade général.

Ce top-down est pour le moins dangereux, car rien ne prouve qu’un code qui marche dans un groupe marchera à l’échelle globale. Le bootstrapping paraît alors plus sage. Le code se propage de proche en proche (par une distribution P2P plutôt que centralisée). Si le code se propage à toute la société, il peut être normalisé, inscrit dans les tables de la loi.

Dans les deux méthodes, on a chaque fois au départ un petit groupe de gens qui décident d’un nouveau code. Dans le cas pyramidal, ils l’imposent à tous. Dans le cas auto-organisation, ils le mettent l’épreuve et le laissent s’imposer de lui-même.

Une méthode n’est pas plus ou moins dangereuse qu’une autre. Une fois généralisée, une loi peut au bout de quelque temps s’avérer catastrophique dans les deux cas. Si l’auto-organisation passe par un bootstrapping, on a peut-être un peu plus de temps pour accompagner le mouvement.

Faut-il préserver le code ?

Une fois qu’un code marche, des communautés ne vont pas s’en satisfaire et vont expérimenter des variantes dans le cadre légitime de la loi. Certaines de ces variantes pourront se propager et devenir dominantes. Le code est vivant.

Une minorité aura en revanche du mal à changer l’ensemble du code de la société par un coup de force. Il faudrait que chacun des agents le télécharge. Pourquoi le feraient-ils si ce nouveau code ne les satisfait pas ou les désavantage ? Ils pourraient se laisser abuser. Peut-être… mais, là encore, si la méthode par bootstrapping est adoptée, on a quelques soupapes de sécurité.

Notez que Wikipedia est une plateforme centralisée qui gère l’auto-organisation. Ce type d’auro-organisation est depuis toujours sous une emprise pyramidale (un peu comme la circulation routière). En revanche, notre grammaire, résulte d’une auto-organisation que personne ne dirige (les textes de lois étant écrits a posteriori pour entériner les pratiques).

Exemple pratique

La monnaie est aujourd’hui gérée par la minorité des banquiers. C’est eux qui soufflent les lois aux gouvernements. C’est eux qui tirent les ficelles et imposent le code commun, un code qui s’applique top-down. Ils ne cessent de tirer la couverture à eux, ils se moquent que des milliards d’hommes vivent dans la misère.

Sur le modèle du revenu de vie, on pourrait aboutir à une gestion monétaire auto-organisée. On expérimente, avec le soutien de l’État ou d’une fondation, on ajuste les règles, on propage peu à peu le code tout en le faisant évoluer en tout point.

En quoi ce système serait-il plus dangereux s’il se propageait que le système actuel ? Pourrait-il être pire ? Est-ce seulement possible ? Nous avons une chance non négligeable qu’il nous procure des avantages. Reposant sur l’auto-organisation, il convient à la complexité. Il est évolutif. Il ne se propage que s’il fait ses preuves. Il est résilient puisqu’il est difficile de l’altérer globalement.

Un amoureux de la démocratie représentative sera sans doute gêné par ce système. Personne ne contrôle le code puisqu’il est distribué. Personne ne le décide sinon au tout début. Personne en particulier ne le réforme. Personne ne préside à son évolution.

Alors certes l’évolution peut nous mener dans des directions imprévues. Mais l’évolution d’un système pyramidal est-elle prévisible ? Pas vraiment. Les crises se produisent, les gens crèvent de faim… Déjà nous ne contrôlons rien. Et si certains contrôlent, ils contrôlent à leurs seules fins. Ce contrôle n’a donc aucune légitimité.

Nous devons accepter de lâcher prise. Plus personne ne contrôlera, mais tout le monde contrôlera. La société se contrôlera en tant que totalité. Rien n’empêchera de nouvelles initiatives de naître, de se propager, peut-être de devenir la nouvelle norme.

PS : J’ai l’impression d’avoir écrit cent fois ce billet, j’y reviens sans cesse, essayant d’attaquer le même sujet toujours par de nouvelles faces, dans l’espoir que chacune aidera des personnes différentes à comprendre.

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29 comments

  1. Magnifique, mais il reste à coder, et c'est du taff… RT @OlivierAuber @crouzet: Techologie sociale : http://bit.ly/bNzUCl

  2. RT @OlivierAuber: RT @crouzet: Techologie sociale : solution à toutes les crises ? http://bit.ly/bNzUCl

  3. ownicrew says:

    #OwniCrew La technologie sociale http://bit.ly/cUfgHz

  4. RT @OlivierAuber: RT @crouzet: Techologie sociale : solution à toutes les crises ? http://bit.ly/bNzUCl

  5. RT @Galuel, @OlivierAuber & @crouzet: Techologie sociale : solution à toutes les crises ? http://bit.ly/bNzUCl

  6. M’est avis que la forme de lâcher prise dont tu parles est similaire à celle qu’il a fallu faire lors de la transition Moyen-Age / Renaissance en abandonnant un système de représentation hiérarchisé par des catégories symboliques et religieuses, pour le remplacer par un principe de construction géométrique : celui de la perspective.

    Nous n’aurons à l’avenir aucune prise directe sur le “code” bien que celui-ci préside à la représentation. Encore faut-il dégager les règles “légitimes” de construction de la nouvelle perspective. A mon sens c’est ce que nous sommes en train d’apprendre peu à peu collectivement en ce moment même…

    http://perspective-numerique.net/wakka.php?wiki=GeometrieEtPolitique

  7. RT @crouzet "On en est encore au stade où trop peu de gens ont compris qu'il fallait se dégager du pyramidal." Lire: http://bit.ly/bNzUCl

  8. cattleg says:

    RT @crouzet "On en est encore au stade où trop peu de gens ont compris qu'il fallait se dégager du pyramidal." Lire: http://bit.ly/bNzUCl

  9. iza says:

    Non non Thierry, tu ne l’as pas écrit cent fois. Tu as l’impression, parce que c’est implicite pour toi. Mais moi je vois une nouveauté, ou plutôt une clarification, un angle d’attaque différent.

    J, à ton tour. Qu’est ce qui est dangereux là dedans ?

    Essaie d’expliciter (ce n’est pas une provocation, c’est une invite, une vraie).

    Voilà ce que moi, j’avais identifié comme “dérangeant” dans ce que tu dis, pour répondre à la répulsion (similaire à ce que je sens chez J) ressentie par certains collègues à t’écouter (je te l’avais fait lire).

    “Je crois avoir compris maintenant où ce qui m’inspire vient frotter ce qui est sans doute constitutif de ma culture et qui me paraissait acquis : les sciences de la complexité font apparaître le concept « d’émergence ». L’avenir est imprévisible et les phénomènes sociaux comme l’innovation ou encore les crises économiques apparaissent à la suite d’interactions singulières parce que nous évoluons dans des zones par définition critiques ou instables (car c’est dans ces zones de tensions et d’équilibre que la vie est possible car elles sont les plus fertiles). Or, cette conception du monde vient heurter de plein fouet celle qui voudrait que l’homme soit impuissant face à la marche de l’histoire (et sur laquelle notre culture politique est construite ). La pensée des « connecteurs » (comme définie par Thierry Crouzet dans « le Peuple des connecteurs ») se trouverait donc plus dans la lignée de Karl Popper, pour lequel l’homme peut influencer le monde, raison pour laquelle les notions de liberté et de responsabilité deviennent centrales. Le problème est que Karl Popper est un philosophe véhiculant des idées libérales. Aie le vilain mot !. S’il est bien un monde que l’éducation populaire entend combattre, c’est celui du libéralisme, du monde marchand, qui écrase impitoyablement nos valeurs dans sa poigne d’acier !! ”

    Je soulignais ensuite la différence entre libéralisme économique et libéralisme philosophique… avec mes petits moyens.

    L’histoire de l’action collective qui revient toujours sur le tapis me parait du même acabit. Friction culturelle.

    Donc je repose la question à J. Franchement, si l’on enlève des présupposés à ce qui est écrit là dans le billet de Thierry, quel est le problème ? Et, si présupposés il y a, quels sont-ils à ton avis ? (à la manière dont moi, je le suppose dans l’extrait de mon texte).

  10. RT @crouzet Techologie sociale : solution à toutes les crises ? http://bit.ly/bNzUCl

  11. chapin says:

    RT @crouzet: Techologie sociale : solution à toutes les crises ? http://bit.ly/bNzUCl

  12. J says:

    Iza, je suis las.

  13. Commentaire de Béa chez Moi :
    Quand la dignité humaine, et non la rentabilité, sera à la base de nos choix de société, nous assurerons à chacun le minimum vital afin que la vie ne soit plus une course effrénée pour survivre et que, décharger de la peur du lendemain chacun puisse offrir son meilleur en tendant la main… Vivre enfin ! Alors, nous mériterons le noble titre de société évoluée, appliqués à servir la vie qu’on a tant bafouée. Quand nous aurons admis que l’amour est le lien, la peur cessera de diviser et nous serons divins ! Voilà le monde Nouveau qui n’attend pas demain, voilà le cadeau : ce qui est mien est tien ! Partageons les biens sans peur de manquer car la vie est amour et infinie bonté ! Rendez-vous dans cette espace divin qui, par la voie du cœur, est à portée de main !

    “Vivons simplement pour que d’autres puissent simplement vivre” !

  14. zoupic says:

    ACTION.

    Ca me paraît bien quand tu l’écris comme ça. Qu’est ce qu’on attend pour faire la fête?

    Qui veut jouer?
    Combien on distribue au début?
    Qu’est ce qu’on peut acheter avec?
    A qui?
    Comment?
    Zone géographique ou internet?
    Que faut-il pour télécharger ce bout de code et jouer?

    Il faut des cellules souches: des communautés, qui effectuent des échanges entre elles, qui veulent jouer et tenter un code partant d’en bas.

    Plus on avance dans la crise, plus les euros sont pompés là haut, plus la pénurie va s’installer, plus la nécessité d’un palliatif monétaire va se faire sentir.

    Tous les outils sont là, il n’y a plus qu’à bricoler et tester. Multiplier les expériences et voir ce qui marche, où et pourquoi, ce qui merde, où et essayer d’expliquer pourquoi.

    au boulot.

  15. Tu as raison… il faut essayer d’organiser quelque chose… ça sert plus à rien de théoriser.

  16. 000 says:

    “il faut essayer d’organiser quelque chose… ça sert plus à rien de théoriser”

    ça dépend de quoi on parle.

    Sortir de la dépendance consumériste, du mimétisme publicitaire : “je veux ce produit parce qu’il fera crever d’envie mon voisin”, “si je n’ai pas ce produit on ne me considérera pas, je dois m’endetter et travailler plus pour l’acheter, c’est vital…”

    je ne vois pas en quoi cela dépend d’une “organisation pratique”, d’une action.

    C’est une prise de conscience culturelle, donc ça passe par des écrits.

    On répond à des messages publicitaires qui eux-mêmes ne sont pas des actions mais du domaine de l’esprit, s’adressent à l’esprit (les fameuses minutes de cerveau humain disponibles).

    Personnellement, c’est la lecture de Nietzsche, puis de René Girard, qui m’a fait changer de vie, qui m’a sorti du cycle social grégaire : métro-boulot-consommation-dodo.

    Les livres sont dans ce domaine beaucoup plus efficaces que les mille actions des agités politiques qui se croient importants parce qu’ils “se bougent”, et “organisent” des trucs.

    Dans le domaine culturel, un écrit c’est une action.

  17. Iza says:

    “C’est une prise de conscience culturelle, donc ça passe par des écrits.

    On répond à des messages publicitaires qui eux-mêmes ne sont pas des actions mais du domaine de l’esprit, s’adressent à l’esprit (les fameuses minutes de cerveau humain disponibles).

    Personnellement, c’est la lecture de Nietzsche, puis de René Girard, qui m’a fait changer de vie, qui m’a sorti du cycle social grégaire : métro-boulot-consommation-dodo.

    Les livres sont dans ce domaine beaucoup plus efficaces que les mille actions des agités politiques qui se croient importants parce qu’ils “se bougent”, et “organisent” des trucs.

    Dans le domaine culturel, un écrit c’est une action.”

    Mais non chou. C’est parce que toi, l’écrit te parle, si je puis dire. ça va peut être marcher pour moi, ou d’autres, mais pas pour tous.

    L’expérience de la lecture te parle. Il faut varier les expériences, pour que d’autres vivent ce que tu as vécu (la prise de conscience).

    La prise de conscience culturelle ne passe pas que par des écrits. Un truc que j’ai expérimenté par exemple (je met entre parenthèses le lien avec le spectacle vivant, je ne parle que de ce que ça produit dans un groupe en dehors de tout argument “artistique”) : le théâtre forum. Précisément sur le consumérisme. Etonnant.

    par exemple ici. Le groupe a proposé une situation, ils la montrent aux autres, ça créé le débat. Caricatural au départ, puis de moins en moins etc … purement culturel, et assis sur une “expérience” engageant le corps.
    http://www.dailymotion.com/video/x3kuop_tf2311_creation

    J : ah oui ? ben zut, c’est pourtant là que c’est intéressant non ?

    Bon, moi je joue, bien sur. J’ai plein d’idées, et suis motivée (entre deux cartons ;-))

  18. zoupic says:

    Un peu des deux. Des textes pour ouvrir la conscience, des messages, des images, de l’art, de la diffusion d’un autre possible.
    Et après quand on arrive au bout du chemin pavé, typiquement pour les monnaies libres, il faut défricher et tester.

    Conceptualiser, parler, envisager les monnaies libres, c’est génial, mais au bout d’un moment, rien de mieux qu’une bonne vieille expérience, la matière, le concret.

    Donc les deux mon capitaine, selon l’audimat et la cible. Je pense que l’idéal est un bon mix des deux, où l’on teste en avançant tout en ouvrant le dialogue pour profiter de l’oeil extérieur des commentateurs. Ce qu’a fait Thierry pour l’alternative nomade.

    Je cherche à mettre la même chose en place avec plusieurs groupes sur l’expérience de la monnaie complémentaire: avancer avec un groupe et comme une aventure apprenante, diffuser, communiquer sur les difficultés et solutions rencontrées au fur et à mesure, les partager avec les autres groupes et voir ce qui marche et pourquoi.

  19. esperance says:

    Bonjour Thierry,

    Le fixateur des lois est rendue possible suite à l’expérience faite de l’auto-organisation de ces lois par la multitude. Toutefois, il y a deux difficultés:

    1) le problème est l’appropriation des états des lois selon le modèle pyramidal pour des questions d’intérêts et de positionnements stratégiques.

    2) Et, une autre difficulté provient de ceux qui détournent les lois comme les diverses mafias à travers notre monde qui font tout pour ne pas les respecter pour des raisons mercantiles.

    Ce sont deux forces antagonistes ont comme intérêts communs de s’affranchir de l’auto-organisation comme mode de fonctionnement pour notre humanité.
    Ainsi, l’efficacité d’un modèle d’auto-organisation peut être mise à mal à cause des deux difficultés citées ci-dessus.

    A+

  20. zoupic says:

    esperance > bien vu.

    Les deux sont des acteurs qui essayent de tirer la couette vers eux et de concentrer ou d’accumuler les pouvoirs. Alors que les premiers s’acharnent derrière ces lois pour faire régner le supposé ordre, les seconds s’acharnent contre ces lois pour faire régner le désordre. Dans l’auto-gestion, cela implique une responsabilisation locale et une taille critique au-delà de laquelle je ne me sens plus concerné ou je me sens trop petit pour sentir la différence, dépendant du type de loi.

    Si je mets un feu rouge, et que l’état de loi est présent, tout le monde le respecte. Si je mets un feu rouge sans justice, ça implique que chacun s’auto-conforme à le respecter car c’est ainsi que ça marche. Si je ne mets pas de feu rouge, chacun gère comme il peut comme il veut pour ne pas avoir d’accident avec les autres.

    Dans un monde de plus en plus complexe il faut quelques grandes lois globales qui s’appliquent à tous, puisque nous avons touché les limites de notre Terre, et beaucoup de lois locales, ou d’auto-organisation. Comme la loi de la gravité en quelque sorte: sur Terre, nous y obéissons tous, mais à des niveaux variant légèrement selon l’altitude.

  21. @Espérance Ce que tu décris est déjà à l’œuvre et depuis toujours. Adopter de nouveaux modes d’organisation ne règlera pas tous les problèmes, ne changera pas la nature humaine, on peut juste espérer avoir quelques bénéfices dans quelques directions et ce ne sera pas si mal.

  22. J says:

    @iza vite fait par courtoisie.

    “J : ah oui ? ben zut, c’est pourtant là que c’est intéressant non ?”

    Non…

    Tu sais iza, il y a comme un traumatisme quand on passe des énoncés et des généralités séduisantes aux formalisations rigoureuses ou aux études rationnelles de cas.

    Bons cartons et bonnes réflexions à toi, et fais attention aux néobabas car ils sont gentils et en apparence veulent le bien de tous et de chacun, mais ils sont dangereux pour cette raison même -:)

  23. Absolument genial comme article! vraiment tres bien vu.

    Perso, je pense que l’auto-organisation fonctionne tres bien a petite echelle. La realite pour ce qui est d’appliquer ce concept a un pays comme les Etats-Unis ou meme la France par exemple, c’est que c’est beaucoup plus complique.

    Je me suis beaucoup pose la question a Cuba quand j’y suis allee. J’y ai vu le communisme en action, et qui, dans une certaine mesure fonctionnait vraiment. J’y ai vu un peuple qui partage, qui donne au mot “collectif” son sens, dont le fonctionnement en est l’incarnation, et j’ai ete tres etonnee de ne pas voir plus de corruption. Ce serait tres facile de ne jamais payer dans le bus a Cuba par exemple en disant au conducteur que vous rembourserez la prochaine fois. Il vous croira parce que dans l’esprit des gens la-bas, le fait que vous serez honnete avec le systeme coule de source. C’est absolument incroyable.

    La societe a Cuba etait aussi la societe, de toutes celles que j’ai pu observer au cours de ma voyage, qui connaissait le moins la segregation. Il y a des cubains a la peau foncee, moins foncee, et il n’y a pas de difference du tout socialement. Mais c’est un autre debat.

    Tout cela pour dire que la regulation est vraiment plus qu’essentielle des qu’on a affaire a un certain nombre ou a quelque chose de global. C’est comme ca. Mais il ne faut pas non plus sous-estime le potentiel de l’auto-regulation qui est reel. Regardez Internet qui, en theorie, aurait pu engendrer beaucoup plus de psychopathes, meurtriers ou de serial-killers. Mais relativement parlant, il y a tres peu de crimes commis a cause d’une mise en relation par internet.

    Cela rejoint ce que vous dites: “D’une manière générale, nous auto-appliquons la plupart des lois. Souvent non par peur de la police, mais par conviction.”

    On le fait beaucoup inconsciemment je pense. Je suis quelqu’un qui croit beaucoup en l’instinct. Je pense qu’il nous reste tout de meme, a nous pauvres humains, un instinct qui nous pousse au respect. J’aime y croire car cela me rend optimiste.

  24. PS: moi aussi j’ai l’impression d’ecrire souvent les memes billets et de radoter (relativement) sur certaines questions. C’est parce qu’on est passionne par ces questions 😉

  25. C’est une erreur classique de croire que l’auto-organisation ne peut marcher qu’à petite échelle alors que c’est justement le cas du modèle pyramidal qui se heurte à une barrière de complexité (que justement l’auto-organisation peut nous aider à franchir).

    Je vois pas trop le rapport avec le communisme !!! C’est un modèle pyramidal par excellence.

  26. je faisais le parallele sur le theme de l’auto-regulation

    parce que quand tu vois les gens a Cuba, ils respectent le systeme. C’est un systeme dictatorial bien sur, mais cela ne veut pas dire que pour les petites choses du quotidien il ne serait pas excessivement facile pour tout le monde de gruger. Or ils ont trop de respect pour gruger

  27. J says:

    “C’est une erreur classique de croire que l’auto-organisation ne peut marcher qu’à petite échelle alors que c’est justement le cas du modèle pyramidal qui se heurte à une barrière de complexité”

    C’est une erreur classique de croire que l’auto-organisation peut marcher à grande échelle alors que c’est justement le passage à la grande échelle qui vient tuer les vertus de l’autoorganisation à petite échelle.

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