Comme le rappelle Pierre Fraser, Nicolas Taleb m’avait conseillé de ne pas bloguer et de me faire rare. Je ne l’ai pas écouté, je n’ai toujours pas envie de cesser de bloguer mais je me demande si je ne devrais pas simuler la rareté en rendant de temps à autre un de mes billets payants. Il serait ainsi mécaniquement rare.

Le but de la manœuvre serait de rappeler qu’un auteur doit engranger des revenus pour continuer d’écrire tout en refusant la stratégie du freemium : « Tu donnes tes textes et tu gagnes sur autre chose. » Cette technique est applicable pour beaucoup de gens qui bloguent sauf pour les gens dont la seule activité est d’écrire.

Je conçois que l’expérience peut être désastreuse. Je risque de n’avoir aucun lecteur, ou seulement une vingtaine d’amis complaisants. D’un autre côté, payer un euro pour un article, serait pour les lecteurs le moyen de rétribuer cet article en particulier et les autres gratuits par ailleurs.

Pour moi, rendre exceptionnellement, peut-être une fois par mois, un article payant, serait une façon de dire que cet article a plus de poids que les autres, ou qu’il m’a demandé plus de temps (ce qui ne signifie pas qu’il soit meilleur que les autres). Si des lecteurs jouaient le jeu, je pourrais même payer un correcteur et produire ainsi des textes plus propres selon les critères de l’édition.

Une certitude : publier tous les jours ne crée aucune attente. Les textes arrivent comme des blagues qui ne font plus rire. Ils ne génèrent pas en eux-mêmes du trafic, à moins de traquer les mots clés à la mode du lepost.fr. Alors le blogueur peut se faire rare, il doit même se faire rare d’une manière où d’une autre. Pourquoi ne pas créer une attente sur certains billets, les billets qui seraient payants ?

Mon idée n’est pas d’adresser les billets payants à mes lecteurs réguliers, mais de faire le contraire. Les habitués lisent la plupart des billets, ils travaillent avec moi dans l’atelier. Les autres lecteurs devraient ne lire que les billets payants, ceux qui se voudraient plus généraux.

Rien n’est encore très clair. En réaction au dernier numéro de Books, j’écris en ce moment un billet qui pourrait me servir de test. Je ne sais pas si c’est un bon choix, si je ne devrais pas rendre payant des textes en rupture avec le contenu habituel du blog. Je pense à une série de nouvelles de SF que j’ai en tête. J’hésite.

Il me semble qu’il faut trouver un moyen de rester dans l’économie de l’abondance tout en ne perdant pas de vue que ce qui est rare aura toujours plus de valeur que ce qui est abondant. En plus, rien n’empêche de rendre un texte rare abondant en le faisant entrer dans le domaine public après quelques semaines.

Cette méthode pour créer de la rareté ponctuelle m’apparaît comme une alternative aux dons que demandent Paul Jorion ou Jacques-Olivier Teyssier. Jorion crée la rareté avec ses livres, au risque de laisser croire qu’il ne fait qu’y répéter ce qu’il dit sur son blog. Teyssier lui a un rôle d’utilité publique, venant se substituer à la faiblesse endémique de la presse régionale. Il apparaît logique de le financer, même si on ne le lit pas, tant sa fonction sociale est vitale. C’est Teyssier lui-même qui est rare.

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49 comments

  1. [Enikao] says:

    Créer de la rareté artificiellement pour générer l’attention, pourquoi pas. C’est un peu comme ces professeurs qui, au lieu d’élever la voix pour couvrir le brouhaha, parlent au contraire plus bas pour forcer à se taire.

    Mais des billets freemium, franchement… a moins d’avoir vraiment faim, ça n’apporte rien.

  2. Tu veux dire quoi par ta dernière phrase ?

  3. RT @crouzet Des billets rares et payants… ou comment rendre son blog payant http://bit.ly/bFSUx3

  4. Le pbe de vendre quelque chose c’est de savoir quoi et comment. La question “quoi” consiste à demander s’il vaut mieux vendre le coeur de l’offre ou des à-côtés. Vaut-il mieux vendre des billets en rupture par rapport au coeur de l’offre ou en continuité ? Les billets en continuité seront certainement mieux acceptés par tes lecteurs que des billets en rupture pour lesquels l’effort à payer sera plus difficile (ils ne savent pas ce qu’ils vont y trouver).

    La seconde question demeure celle de la diffusion : il faut être capable de diffuser sur d’autres sites que le tient seul. Pas si simple…

    Que vendre ? Sous quelle forme ?
    La question est complexe. Que vend-t-on ? quelle expérience vend-t-on ? Sincèrement, tu ne me ferais pas acheter un article en .pdf (je ne saurais pas bien quoi en faire). Il manque certainement des formes entre la gratuité du web et le papier payant. Pour ma part, ce que j’achèterais le plus facilement, c’est certainement un bouquin, un POD ou un fichier numérique, qui reprendrait le meilleur de tes papiers récents, ou qui les mettrait en perspective, en traitant un thème seulement (livre numérique, politique…).

  5. Propreté says:

    “je pourrais même payer un correcteur et produire ainsi des textes plus propres”

    Ce sera drôle de lire les billets de TC corrigés par versac 🙂

  6. @NicolasLoubet RT @WillyBraun: RT @crouzet Des billets rares et payants… ou comment rendre son blog payant http://bit.ly/bFSUx3

  7. Chrys says:

    Publier des billets rares et payants #blog #monetisation @crouzet #experience http://bit.ly/cuwGCa

  8. @Hubert

    Pour la technique, rendre des billets payants c’est simple. Pas besoin de PDF. Juste des pages à accès payant avec un plugin comme http://www.voiceoftech.com

    Tu dis que tu saurais pas quoi en faire mais rien… tu le lis. Quand tu achètes un livre tu en fais quoi sinon le lire (du feu dans la cheminée)? Quand je télécharge un film ou achète un DVD, j’en fais la même chose.

    Diffuser ailleurs ? Où est-ce aujourd’hui qu’on diffuse des articles payants ? ça se fait pas… Je vais pas aller écrire dans Le Monde tout de même 🙂 J’ai pas envie de redevenir journaliste, d’écrire comme un journaliste.

    Faire des compils ça ne marche pas. Tous ceux qui ont essayé se sont plantés il me semble. Et bloguer et publier des livres ne fait même pas bon ménage… La plupart des gens qui me lisent même sur le blog n’ont jamais ouvert un de mes livres. Ils croient que je dis exactement la même chose dans les deux supports… alors que la forme suffit à faire s’exprimer différemment.

    Bloguer ne peut-il devenir une activité en soi ? Le blog ne peut-il devenir une forme auto-suffisante ? Le Livre ne l’est plus que pour quelques stars qui font presque tous de la soupe (et je les admire… si je le pouvais, je les imiterais).

  9. 2.0 says:

    “Quand j’achète un DVD”

    Tous tes copains pirates t’expliquent que c’est fini ce monde.

    On n’a plus le droit de vendre une création culturelle.

    Tu veux être brûlé en twittosphère ?

    On ne peut gagner de l’argent qu’en vendant des réseaux sociaux bidons comme Nicolas Voisin.

    On voit le bide absolu des sites démocrates de Voisin, mais il s’en fout, tant qu’un con comme Bayrou finance son vent…

    Bienvenue dans le monde du Web, où l’arnarque rapporte, et où les créateurs crèvent de faim, condamnés à la gratuité.

  10. J’en ai mare du blog comme outil marketing… et il me semble que les créateurs doivent trouver des solutions. Si eux ne le font pas, personne ne le fera pour eux. Nous n’avons, nous, rien d’autre à vendre que nos créations. Si on donne tout gratuit, on n’a effectivement rien à bouffer.

    Je suis dans la même situation que tous les autres créateurs même si j’ai eu la chance de gagner un peu d’argent qui m’offre un peu de temps, mais pas l’éternité 🙂

    Parce qu’à force de donner, on te prend la main, puis le bras. Vendredi on m’invite à une TV câblée à Paris… je dis OK vous payez le TGV… et ça hésite. C’est terminé, je donne plus.

  11. ??f says:

    Et pourquoi pas ? > Des billets rares et payants http://bit.ly/bIxUXb via @crouzet

  12. arf says:

    Les nouvelles de SF j’achète ! 🙂

  13. En fait, Thierry nous fait la démonstration par A+B que le Web n’a absolument pas réglé le problème de la rémunération de la création. Au contraire, il en a créé plusieurs autres. Lorsque Thierry dit:

    «J’en ai mare du blog comme outil marketing… et il me semble que les créateurs doivent trouver des solutions. Si eux ne le font pas, personne ne le fera pour eux. Nous n’avons, nous, rien d’autre à vendre que nos créations. Si on donne tout gratuit, on n’a effectivement rien à bouffer.»

    il nous met en présence d’un paradoxe intéressant. L’utilisateur veut qu’on lui donne quelque chose. Il ne veut pas acheter. D’où vient cette idée naïve que sur le Web tous les contenus doivent être gratuits ?

    1. Google a des utilisateurs et Apple a des consommateurs. Google vous offre tout gratuitement: pas du contenu, mais des outils pour exploiter le contenu. Google a des utilisateurs.

    2. Apple vous vend tous ses contenus, et en plus elle vous vend les outils pour exploiter ces mêmes contenus. Apple a des clients.

    Constat: quand vous avez des utilisateurs vous donnez des outils, quand vous avez des clients vous vendez des contenus. Nous avons confondus outils pour exploiter le contenu et contenus proprement dit…

    Le blogue n’est peut-être pas, en ce sens, le bon outil pour le créateur. À développer…

  14. Thomas says:

    On peut se prendre à rêver au succès de projets comme flattr http://flattr.com … Je ne suis pas persuadé que le micro-paiement volontaire va prendre, mais j’ai envie d’y croire 🙂

  15. Google fournit des outils pour exploiter les contenus des autres. Google nous exploite ni plus ni moins. Nous sommes les nouveaux esclaves. Nous bossons gratos. Même les esclaves étaient mieux lotis puisqu’on leur donnait à manger.

  16. Le modèle d’affaire de Google est essentiellement basé sur la gratuité, et la gratuité est très payante pour Google. Cette gratuité se décline en deux temps :

    1. Google vous offre gratuitement tout ce qu’elle conçoit comme logiciels, ou bien elle vous refile gratuitement tous les logiciels des entreprises qu’elle rachète.

    2. Google utilise gratuitement tous les contenus disponibles sur le Web pour faire de l’argent sans vous verser un seul centime. Sans vos hyperliens, Google serait une coquille vide.

  17. Tout le problème est de savoir ce nous devons faire. Pas évident.

  18. Amis blogueurs, amis résistants du net, il y a peut être une autre solution que de faire payer d’éventuels articles ou “Billets” sur votre site… Et cette Révolution, elle se dénomme “Victory Télécom” :-)))

    Amitiés à toutes et à tous A+,

    Hugues 😉

    Ps – Pour en savoir plus sur ce NOUVEAU concept Révolutionnaire, je vous invite à venir le lire chez moi. Pour cela vous n’avez qu’à cliquer sur lespacearcenciel ci-dessus 😉

  19. 000 says:

    “comme flattr”

    Expérience à suivre. Le concept est intéressant.

  20. charlie says:

    “Constat: quand vous avez des utilisateurs vous donnez des outils, quand vous avez des clients vous vendez des contenus. Nous avons confondus outils pour exploiter le contenu et contenus proprement dit…”

    Non : quand vous avez des utilisateurs (Google), vous gagnez du fric en donnant des outils ET grâce au contenu produits par d’autres.
    Quand vous avez des clients (Apple), vous vendez des outils.

    Dans le second cas, rien de nouveau, je fais la même chose quand j’achète un pinceau et des couleurs.
    Dans le premier, le modèle économique est plus complexe et ne rémunère pas les créateurs de contenus.

    Ceci dit, je ne voit pas la différence entre un “consommateur” d’Apple et un “utilisateur” de Google…

  21. Blog: Des billets rares et payants http://twitts.fr/~0yh

  22. RT @pierreyvesrevaz: Blog: Des billets rares et payants http://twitts.fr/~0yh

  23. Iza says:

    Aie il me fait mal ce billet.

    Parce qu’en effet, il faut bien bouffer, et comme le dit Pierre Fraser, la question de la rémunération des créateurs n’est absolument pas réglée.

    Aie il me fait mal ce billet, il me rappelle, vous savez qui ? Mano Solo que j’aimais tant et qui n’est plus là. Je me souvient parfaitement. Mano a essayé de s’autoproduire sur le Web, il a vendu une misère en nombre d’albums … il était fumasse. (alors qu’il avait moult et moult fans.

    Et qui a permis à Mano de refaire un album dans de bonnes conditions ? Une major. Oups. gueule de bois.

    C’est 000 qui, sur ce point là, a raison. Attention, ça n’enlève rien à tout le reste, à l’esprit de l’open source tout ça tout ça…

    Il n’en reste pas moins que la question du modèle économique n’est pas reglé.

    PS : tu devrais en parler à Valentin Lacambre que j’ai rencontré à Autrans Thierry. Il a un propos plutôt intéressant. ça pourrait être pas mal

  24. Marion_LEBAUPIN says:

    En tant qu’utilisateur je ne suis absolument pas prête à payer pour lire un article à moins que le rédacteur n’ait des valeurs et des références plus que sûres.

    mes seules exceptions : la presse nationale, les écrivains, un logiciel.

    Il ne faut pas oublier que les internautes sont très volatiles. Et à moins d’être placé sur une niche et à la pointe technique de son métier (comme on le vois sur les sites juridiques, de comptabilité…)…
    Le web est tellement vaste et tant qu’il existera des blogs gratuits (et parlant des mêmes choses) ce principe court selon moi à sa perte.

    enfin ceci n’est que mon avis

  25. 000 says:

    “tant qu’il existera des blogs gratuits”

    C’est en effet le problème de la liberté, bien connu.

    Elle crée des distorsions de concurrence.

    Par exemple, la vente à perte est interdite, parce qu’elle tue les concurrents qui n’ont pas d’autres sources de revenus.

    Idem pour le droit du travail : on n’autorise pas la liberté de faire tout et n’importe quoi.

    L’idéologie de la liberté absolue sur Internet est une régression, par rapport à tout ce qu’on sait sur le développement équitable des sociétés.

    La liberté maximale profite aux forts, et tue les autres.

    Google profite au maximum d’une liberté qui tue les petits auteurs.

    Il faudra bien admettre que la liberté totale est incompatible avec la civilisation.

    L’idéologie de la liberté et de la gratuité sur Internet en fait une jungle au service des requins et au détriment d’un écosystème équitable et évolué.

  26. Le problème immédiat c’est que seul Google gagne…

  27. 000 says:

    On pourrait considérer que tous ceux qui créent du contenu gratuit pratiquent de la vente à perte,

    nuisible à l’économie de la création,

    forçant les concurrents à s’aligner sur ce modèle de gratuité.

    Créer du contenu gratuit pourrait alors être interdit, comme on interdit la vente à perte.

    Comme il y a un salaire minimum légal, il y aurait un prix minimum légal correspondant aux oeuvres de l’esprit.

  28. 000 says:

    “seul Google gagne”

    Il y a aussi ceux qui utilisent le blog comme outil marketing pour vendre des services de consultant.

    versac et Nicolas Voisin gagnent leur vie avec des services bidons, sur-vendus par leur “notoriété” de blogueurs.

    Je ne crois pas que les dizaines de milliers d’euro payés par Bayrou à Nicolas Voisin lui aient rapporté un seul électeur.

    Mais il s’est laissé impressionner par sa notoriété de blogueur, et le discours bidon sur le pouvoir d’Internet et des réseaux sociaux.

  29. Quand on n’a que le web says:

    Quand on pense que construire un réseau social bidon pour une entreprise, en trois semaines,

    rapporte plus que ce que Proust a gagné avec la Recherche du temps perdu dans toute sa vie,

    on se dit qu’on est toujours dans une société dégénérée, et qu’Internet n’est en rien une avancée de ce point de vue.

  30. Tu as raison malheureusement 🙂

  31. steph says:

    “seul Google gagne…”
    C’est un constat biaisé. Google gagne beaucoup d’argent, c’est vrai, mais dans le fond est-ce qu’il gagne ?
    Quand tu dis seul Google gagne, je crois que tu fais une réduction un peu exagérée (à mon humble opinion, qui vaut ce qu’elle vaut).

    Est-ce que les utilisateurs du web peuvent se passer de google ?
    La réponse est oui. Il existe une pléthore d’outils et de logiciels à installer sur n’importe quelle machine (messagerie, suite libre, dessin, vidéo, etc…). La plupart du temps, comme Open Office ou FF, ils sont dits “libres”, “ouverts”.

    La question est :
    Pourquoi est-ce qu’ils préfèrent utiliser les outils google plutôt que tous ces mêmes outils à installer sur sa machine dont les données ne se baladent pas à tous les vents ?

    Tu l’as dit toi-même, analytics est le meilleur service de stats user centrics sur le web. C’est un service google.
    Que perds-tu à l’utiliser ?
    Réponse : rien.
    Qu’est ce que tu y gagnes ?
    Le jour où un service plus performant verra le jour, il te suffira de changer le code en bas de page et d’ouvrir un compte chez le concurrent. Au bas mot, ça va prendre un quart d’heure.
    Tu ne perds même pas tes données parce que tu peux les exporter en CSV au préalable.
    Est-ce que Google gagne ?
    Réponse : la question est mal posée.
    Tout le monde gagne quelque chose, Google gagne juste plus d’argent que tout le monde en tant qu’infomédiaire.
    En réalité, c’est une position fragile, ça les oblige à faire la course en tête dans une éternelle fuite en avant, en développement d’outils (dont certains sont mis en service alors qu’ils ne sont pas véritablement au point).
    A cet égard la position commerciale d’Apple, bien plus modeste, est bien plus solide.

    Le contenu gratuit n’est pas de la vente (sinon il ne serait pas gratuit). Si un contenu est gratuit, c’est qu’il n’est pas vendable, point. Que la seule manière d’espérer en tirer quelque chose c’est la pub.
    Dans ce cas, soit le produit n’est pas bon, soit le vendeur est mauvais, soit l’objectif ne consiste pas à vendre sa soupe, mais de faire de l’audience.
    Internet est un média, un média qui marche doit faire de l’audience (n’est-ce pas ainsi qu’on mesure la popularité d’un blog ?). Un produit que l’on vend ne peut pas faire d’audience, la boucle est bouclée.
    Vous pouvez vendre, mais vous n’aurez pas d’audience.
    Si vous voulez faire de l’audience (ça commence à 10 000 visiteurs / jour) vous devez fournir du gratuit.
    La question de la gratuité est intimement liée à celle de l’audience, au fait qu’internet est un média, et que l’on mesure tout sur le net avec ce prisme, cette métrique du nombre de visiteurs, de pages vues, de vidéos vue, d’articles lus, etc…

    Il ressort qu’aujourd’hui, personne ne souhaite sacrifier la popularité (donc la gratuité) sur l’autel du sacro-saint équilibre commercial (je vends au prix que ça me coute + une petite marge). La popularité a donc plus de valeur que la vente, la communication a plus de poids, la forme domine le fond, le flux domine la matière…

    Alors, question :
    Comment vendre de la popularité ? (Du vent dirons certains)

    EDIT : les seuls à avoir résolu cette équation, ce sont les sites pour adultes. Ils font de l’audience et ils ont des clients payants en nombre…
    Alors, cette industrie (une des plus victime du piratage) fait du business, gagne de l’argent… Comment est-ce possible ?

  32. 000 says:

    “Que perds-tu à l’utiliser ?”

    Quand Google devient hégémonique sur le plan de la publicité en ligne, tu perds les sources de revenus qui ne passent pas par Google.

    Exemple : tu es interdit à vie d’Adsense parce qu’un jour tu as cliqué pour tester le système, ou tu n’aimes pas la présentation des pubs adsense :

    et bien, tu n’as pratiquement pas d’alternative, parce que Google a bouffé tout le marché, et les autres systèmes ne rapportent presque rien.

    Les gens qui sont interdits à vie d’Adsense devraient d’ailleurs pouvoir poursuivre Google en justice, du fait que Google a détruit les alternatives.

    De même qu’un mec banni de Facebook devrait pouvoir attaquer Facebook en justice, puisque Facebook a détruit MySpace et les blogs, et il n’y a plus d’alternative réelle pour toucher la majorité des gens en ligne.

    Ces systèmes qui bouffent la concurrence sont des dangers publics.

    Aucune société au monde devrait détenir plus de 20% d’un marché.

  33. Ces avis tranchés, c’est pénible parfois ;-)…

    http://www.voiceoftech.com ? Tu veux parler d’un simple système d’authentification par mail/motdepasse ?…

    – heu non, je ne fais pas que lire… (surtout des articles, j’essaye même (ou voudrais) faire pareil pour les livres) : je le résume, je les commente, je les bookmarks (et les signales), les diffuse, etc. Lire est la partie la moins intéressante du processus ;-).

    – Je constate comme toi qu’il n’y a pas de plateforme de diffusion d’articles payants (alors qu’il y en a de livre numériques ou POD payants). Cela ne signifie pas pour autant que pour cela il faudrait “écrire comme un journaliste” – je vois ce que tu veux dire, même si je m’y reconnais peu, et pourtant j’en suis un ;-). La forme payante n’implique pas un style : même si force est de constater, à lire partout le même style de presse que ça semble être le cas… heureusement il y a des exceptions (XXI, Courrier international…).

    – “Faire des compils ça ne marche pas. Tous ceux qui ont essayé se sont plantés il me semble”. J’aimerais bien avoir les mêmes certitudes que toi, mais je pense plutôt que les expériences en ce sens sont encore bien rares. 😉
    Et puis, ça veut dire quoi planté ? Combien de ventes, combien d’argent récolté ? Si tu veux parler chiffre, parlons chiffres : Et de ce côté là, même ceux qui se présentent comme des succès, parlent de chiffres assez faibles : http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/02/25/toc-2010-scott-sigler-le-self-made-writer/

    – “Et bloguer et publier des livres ne fait même pas bon ménage…” Pas convaincu… L’influence de ton blog serait-elle la même si tu n’avais pas publié de livres ?

    – “Bloguer ne peut-il devenir une activité en soi ? Le blog ne peut-il devenir une forme auto-suffisante ?” Pour qu’il devienne une activité en soi, il faudrait qu’il soit rémunérateur. Or le web, n’est pas une plateforme d’échange de contenu payante. Donc cela nécessite de trouver des artifices : tu peux décider demain d’avoir une partie réservée à des abonnés (modèle de niche de la lettre d’information du spécialiste, qui marche encore tout à fait bien), de faire appel aux dons, etc. Mais tu ne peux pas demander à quelque chose proposé gratuitement de se transformer en quelque chose de payant sans action particulière (revente de contenus, revente de veille, etc.).

  34. Henri A says:

    D’accord avec Hubert Guillaut, surtout vers la fin.
    Ce monde fonctionne encore avec la confusion entretenue ( propagande depuis plus d’un siècle plus des lois ) sur ces trois choses :
    La valeur
    Salaire ( rémunération )
    Argent ( monnaie )
    Considérés plus ou moins comme la même chose, alors que ces trois termes n’ont strictement rien en commun ( ou le devrait ).
    Le jour ou ces termes seront strictement dissociés avec leur solution trouvée pour chacun à part, le problème du web gratuit ou pas ne se posera pas.
    C’est comme si on essayait de faire voler une voiture avec des ailerons.

  35. @Steph Tu fais la confusion entre libre et gratuit. Mes textes sont en libres accès ce n’est pas une raison pour que des gens gagnent de l’argent avec sans m’en rétrocéder une partie. Je n’ai jamais dit que mes textes étaient gratuits pour Google.

    @Hubert Je tranche, c’est ma marque de fabrique. Je m’appelle pas Versac (parfois j’aimerais avoir sa rondeur). Pour les compils je pensais à l’expérience du Monolecte par exemple.

    Et je vais faire comme Sigler avec Croisade 🙂 J’ai commencé par donner. Me reste à proposer une version payante. Bientôt.

    Mes livres donnent de la crédibilité à mon blog (peut-être). Mais mon blog ne fait pas vendre mes livres. ça marche surtout du papier vers le blog plus que du blog vers le papier. Mais je suis sûr que pour du Thriller ça peut aller dans l’autre sens.

    @Henri Je sais bien que la solution est ailleurs… la preuve j’ai pas fait payer mon nouveau billet. Je pense tout haut. N’empêche faut trouver une solution. Le revenu de vie n’est pas encore là.

  36. [Enikao] says:

    @Thierry : “à moins d’avoir vraiment faim”, au sens de devoir en passer par la monétisation du contenu parce qu’on n’a pas d’autres sources de revenus. C’est le cas de certaines personnes.
    Mais quand on a déjà de quoi vivre, je trouve que rendre ses contenus payants en ligne n’est pas une bonne idée.
    En tout cas, je préfère partager gratuitement.

  37. J’ai pas d’autres revenus que mes textes 😉

    Je ne blogue pas en plus… je ne fais rien d’autre qu’écrire.

  38. 000 says:

    “je préfère partager gratuitement”

    Ce système conduit les hommes à créer une société où ils font des métiers débiles pour gagner leur vie.

    On crée la société de consommation, parce qu’être publicitaire rapporte plus qu’être auteur de romans.

    Qu’on détruise le revenu des publicitaires, et au lieu d’inventer des slogans débiles pour nous faire acheter du Coca, ils écriront des textes qu’on leur paiera.

    Aujourd’hui on paie, sans en avoir conscience, le mec qui invente un slogan publicitaire; mais on voudrait ne pas le payer quand il écrit un article intéressant.

  39. julien says:

    Que penserais-tu d’appliquer le principe d’amap à ton blog ?

    Disons qu’un certain nombre de lecteurs fidèles s’engagent à te lire (et à te commenter) et à te rémunérer, sur une période donnée et toi tu t’engages à écrire x articles durant cette période. Et les lecteurs obtiennent un bouquin à la fin de cette période (un an, deux ans ?).

  40. @Julien C’est une bonne idée 🙂

  41. Pacco says:

    Thierry,

    Tu touches la limite du système.

    Rare, pourquoi ?
    Payant, pourquoi ?

    La rareté doit venir de la motivation à passer plus de temps sur ses écrits, pas d’une mécanique qui s’avère être aussi du marketing.

    Les gens dont la seule activité est d’écrire doivent effectivement en vivre.
    Mais le soufflet du blog est vraiment retombé, où est l’argent où sont les lecteurs, pas sur les blogs.
    Ils sont encore, à la FNAC ou à Auchan ou devant la télé.

    Le blog n’est qu’un outils d’expérimentation, une pépinière ou peuvent naître des idées différentes et si possibles innovantes.
    C’est aussi une opportunité unique pour un auteur qui, aidé de l’échange immédiat qu’il a avec ses lecteurs, se construit au quotidien.
    Alors pourquoi faire payer ses expérimentations et son apprentissage ?

    Montre qu’il est possible de faire de l’argent en tant qu’auteur en affrontant le milieu de l’édition et en vendant des livres.
    Et continue à tenir un blog, original ET précurseur ET gratuit.
    Si tu arrives à rassembler ces deux mondes, la démonstration sera plus marquante que toutes les explications.

  42. zoupic says:

    Si je suis pas sûr de l’effet, ça se tente.

    Tout travail ne mérite pas salaire. Mais un investissement en temps, qui produit de la valeur, reconnue par les autres, mérite une rétribution.

    Il faut que
    1) ça produise de la valeur pour les autres
    2) ils soient prêts à mettre la main au porte monnaie

    A chacun de voir ce qu’il offre et ce qu’il vend.

    paul jorion fait le blog libre/donation et vend ses livres.

    Que donnes-tu, que vends-tu?
    Où attires tu avec un contenu gratuit, où vends-tu et te rémunères tu?
    Si tu donnes tout, les gens sont-ils sensibles et te rémunèrent-ils?
    As-tu assez pour payer tes coûts fixes? Comment assurer le fixe, et permettre un variable plus flexible?

    J’aime l’idée de l’amap, ça rejoint un peu les riverains ou la communauté proche qui soutient l’auteur, en quelque sorte, les actionnaires, sauf qu’ils n’ont pas leur mot à dire sur la direction stratégique ou le contenu.

    Dans une de mes réflexions sur le sujet j’essayais de faire une offre de monétisation libre: tu donnes ce que tu veux
    1) monnaie conventionnelle
    2) monnaie libre
    3) autres propositions: coup de main, service, partenariat, échange

    Je suis riche aujourd’hui de tous les contenus gratuits auxquels j’ai pu accéder. Je leur en suis reconnaissant, je n’aurai pas pu tous les payer. On a accès à beaucoup plus de choses que ce que l’on peut payer, comment garder le réflexe et le bon sens de financer et soutenir ceux qui continuent d’être gratuits dans un monde de monnaie rare? Que puis-je donner, d’autre que ma reconnaissance et du respect à tous ceux qui m’ont donné gratuitement leur contenu?

  43. maducret says:

    De passage sur ce blog, je suis interpellée et intéressée par ce débat.
    De mon expérience, de nombreux blogueurs ont conquis un public pour leurs “vrais” livres. (J’ai acheté les livres de mes blogueurs préférés pour garder une trace de leur créativité et de leur “voix” – un blog est ephémère, expérimental et temporel de mon point de vue.)
    Est-ce une exception réservée aux milieux artistiques et artisanaux (particulièrement anglophones?)

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