Iran Riot Freedom Isfahan Darafsh in Twitter (flickr.com/photos/34018668@N04/3648178346/)
Iran Riot Freedom Isfahan Darafsh in Twitter (flickr.com/photos/[email protected]/3648178346/)

De nos jours, aux États-Unis. Pour avoir participé à un viol collectif, 7 mois de prison1. Pour un braquage à main armée, 18 mois. Pour l’enregistrement vidéo d’un film dans une salle, 24 mois2. Pendant que de plus en plus de gens dénigrent Internet, prétendent qu’il n’a aucune influence politique et sociale, les tribunaux dispensent des peines disproportionnées pour des délits survenus sur Internet. Dans le même temps, les gouvernements votent des lois pour réduire la liberté des internautes. N’est-ce pas paradoxal ?

Si Internet n’avait aucune importance, pourquoi faudrait-il légiférer à son sujet ? Pourquoi faudrait-il pénaliser des activités qui ne mettent en danger la vie de personne ? Pourquoi même faudrait-il en parler ? Mais si on en parle autant, n’est-ce pas que quelque chose couve ? Peut-être pas quelque chose qui a été prévu, mais quelque chose d’encore innommable.

Le viol, le braquage à main armé, le crime… n’effraient pas les structures de pouvoir. Elles les ont intégrés et même abondamment pratiqués au cours de l’histoire. Le piratage d’un film constitue, en revanche, une menace plus subversive. Il s’agit de manipuler l’information, de la transférer par des canaux alternatifs, des canaux qui échappent aux structures de pouvoir. Elles n’ont pas l’intention de se laisser contourner.

Alors Internet n’a aucun impact sociétal ? Par leurs réactions musclées, les gens de pouvoir me paraissent plus lucides que l’intelligentsia techno-sceptique.

Books

Dans son numéro de mars-avril, la revue Books titre en cover Internet contre la démocratie ? Bien sûr pour égratigner Internet. Je vais y revenir. Mais ne trouvez-vous pas étrange que ces revues papier qui peinent à cause d’Internet ne cessent de dénigrer Internet ?

Comment les prendre au sérieux ? Si Internet change un tant soit peu la société, leur modèle ne tient pas. Comment voulez-vous que ces journalistes soient objectifs ? Le rédacteur-en-chef de Books avoue d’ailleurs dans son édito que sa revue est loin de l’équilibre.

J’imagine ce qu’il pense : « Que ce serait bien si Internet pouvait se dégonfler, si on pouvait en revenir à l’ancienne économie du papier. Alors essayons d’entretenir cette idée d’un Internet malsain pour entretenir cette autre idée que les informations de qualité ne se trouvent que sur le papier. » Ce point de vue traverse le dossier de Books.

Vous allez peut-être vous demander si les défenseurs d’Internet sont eux-mêmes objectifs ? Si Internet se développe, nous gagnons par ricochet du prestige. D’un autre côté, nous aussi, surtout ceux qui comme moi vivent de l’écriture, nous ne gagnons rien à ce développement, il ne nous paie pas plus que les journalistes des magazines qui agonisent (et même moins). Si nous nous engageons pour Internet, c’est parce que nous croyons qu’il ouvre de nouvelles possibilités historiques. Nous le faisons, en tout cas je le fais, par militantisme.

Oui, nous sommes des militants, nous ne sommes donc pas objectifs, mais nous ne nous contentons pas du monde que nous observons. Nous voulons le transformer, l’orienter dans la mesure de nos moyens dans une direction qui nous paraît plus agréable (je reste vague au sujet de cet agréable pour laisser la place à une pluralité d’agréables).

La technique du Lone Wolf

Lors de cette brillante conférence, Alain Chouet nous explique qu’Al Qaïda est morte entre 2002 et 2004 :

Ce n’est pas avec un tel dispositif [une cinquantaine de terroristes vivant en conditions précaires dans des lieux reculés et avec peu de moyens de communication] qu’on peut animer à l’échelle planétaire un réseau coordonné de violence politique.

Preuve : aucun des terroristes de Londres, Madrid, Casablanca, Bali, Bombay… n’ont eu de contact avec l’organisation. Chouet nous présente tout d’abord la vision traditionnelle de ce qu’est une structure politique hiérarchisée. Pour agir à l’échelle globale, elle a besoin de liens fonctionnels. Il faut que des gens se parlent et se rencontrent et se commandent les uns les autres. Si ces critères ne sont pas remplis, la structure n’existe pas, Al Qaïda n’existe pas.

Chouet montre toutefois qu’une autre forme d’organisation existe, un réseau de gens isolés, les loups solitaires qui se revendiquent d’Al Qaïda. Maintenant que l’information circule, n’importe quel terroriste peut se dire d’Al Qaïda s’il se sent proche des valeurs d’Al Qaïda. Il n’a pas besoin adhérer au parti pour être membre du parti.

Pour Chouet, on ne combat pas une structure en réseau avec des armées hiérarchisées. On ne fait ainsi que créer des dommages collatéraux qui ont pour effet d’engendrer de nouveaux terroristes. Pour s’attaquer au réseau, il faut une approche en réseau. Exemple : proposer en tout point du territoire une éducation et une vie digne aux hommes et aux femmes qui pourraient devenir membres du réseau.

Tous ceux qui critiquent Internet et même tous ceux qui théorisent à tort et à travers à son sujet devraient écouter et réécouter cette conférence d’Alain Chouet. Trop souvent, ils pensent hiérarchies et oublient que le Web a été construit par des loups solitaires (à commencer par Tim Berners-Lee qui a travaillé en perruque au CERN). Pour créer un site Web, nous n’avons rien à demander à personne.

Inversement, si des gens veulent utiliser internet pour s’attaquer à des structures centralisées, ils ont tout intérêt à adopter une stratégie en réseau (à moins d’être de force égale ou supérieure à leurs ennemis centralisés).

Le cyberoptimisme

En introduction du dossier de Books, Olivier Postel-Vinay veut en finir avec le cyberoptimisme. C’est un peut comme s’il écrivait qu’il fallait en finir avec l’église catholique, l’anarchisme ou le capitalisme. Le cyberoptimisme, c’est l’engagement militant que j’évoquais.

Il ne s’agit pas d’en finir mais de faire que cet optimisme se concrétise et transforme la société, cette société pas toujours belle à voir. Sans optimisme, elle risque de se gâter davantage. Et puis optimisme rime-t-il avec irréalisme ? Je ne vois pas de lien de cause à effet.

Et puis quand on écrit dans un canard qui se prétend sérieux et qu’on fait parler des gens comme Berners-Lee, on les cite. Où le père du Web a-t-il dit qu’Internet pouvait jouer un rôle sur le plan démocratique ?

[Berners-Lee] se persuada très tôt du rôle positif, voire révolutionnaire, que ce nouvel instrument pourrait jouer sur le plan de la démocratie, écrit Postel-Vinay. Avec le Web, Internet offrait désormais à tout un chacun la possibilité de s’exprimer immédiatement dans la sphère publique et d’y laisser une trace visible par tous, dans le monde entier. Bien avant l’apparition de Google et autres Twitter, l’outil affichait un énorme potentiel de rénovation civique.

Que de confusions. Internet tantôt un instrument, tantôt un outil, pourquoi pas un media. Internet est bien plus que tout cela : un écosystème où l’ont peut entre autre, créer des outils. Il ne faut pas confondre le Web et les services Web comme Google ou Twitter. Cette confusion peut avoir des conséquences aussi dramatiques que de prendre Al Qaïda pour une structure hiérarchique et l’affronter comme telle.

Le Web est une structure décentralisée, en grande partie auto-organisée. Google, Twitter, Facebook… sont des entreprises centralisées, structurées sur le même modèle que les gouvernements les plus autocratiques de la planète. Comment imaginer que des citoyens pourraient faire la révolution en recourant à ces services ? Il faut être un cyberdumb comme Clay Shirky pour le croire. Alors doit-on dénigrer Internet à cause d’un seul imbécile avec pignon sur rue outre atlantique ?

La partie politique du dossier de Books ne s’appuie que sur les théories de Shirky critiquées par Evgueni Morozov. C’est surréaliste. Shirky vit dans le monde des capital-risqueurs américains. Vous vous attendez à une quelconque vision politique novatrice venant d’un tel bonhomme ?

Comment quelqu’un nourri à la dictature de l’argent pourrait penser la révolution politique ? Il ne le peut pas. Pour lui la révolution ne peut passer que par les services cotés en bourse. On n’abat pas la dictature avec des outils dictatoriaux sinon pour établir une nouvelle dictature.

Il faut arrêter de prendre Shirky en exemple et de généraliser ses idées à tous les penseurs du Web. Surtout à Berners-Lee qui n’a jamais fait fortune. Qui s’est toujours tenu à l’écart du monde financier.

Dans Weaving the Web, il évoque le rôle de la transparence des données et de leur interfaçage (ce qu’il appelle le Web sémantique). Il a souvent depuis répété que les démocraties se devaient d’être transparentes, ce que permet le Web. Ce n’est pas quelque chose d’acquis et c’est pourquoi il faut des militants. Le Web en lui-même ne suffit pas. Sa simple existence ne change pas le monde. C’est à nous, avec lui, de changer le monde.

La volonté de puissance

En 2006, quand j’écrivais Le cinquième pouvoir, nous en étions encore à une situation ouverte. Les militants comme les activistes politiques utilisaient divers outils sociaux de petite envergure qu’ils détournaient parfois de leur cible initiale. Personne ne savait a priori d’où le vent soufflerait.

Aujourd’hui, tout le monde partout dans le monde utilise les mêmes outils, des monstres centralisés faciles à contrôler (espionner, bloquer, contraindre… il suffit de suivre les péripéties de Google en Chine). De leur côté, les partis politiques, à l’image des démocrates d’Obama durant sa campagne 2008, créent leurs propres outils pour mieux contrôler leurs militants. D’ouverte, nous sommes passés à une situation fermée. La faute en incombe à trois composantes sociales.

  1. Les engagés qui se mettent en situation de faiblesse en utilisant des outils centralisés.
  2. Les forces politiques traditionnelles, au pouvoir ou à sa poursuite, qui elles aussi mettent en place des outils centralisés pour mieux contrôler (et on peut accuser tous ceux qui les conseillent afin de s’enrichir).
  3. Les développeurs de services qui veulent eux aussi contrôler et qui poussent à la centralisation pour maximiser leurs bénéfices.

Ce n’est pas en utilisant Twitter, ou tout autre service du même type, que les citoyens renverseront la dictature ou même provoqueront des changements de fond dans une démocratie.

[…] les six derniers mois [de la révolution iranienne] peuvent être vus comme attestant l’impuissance des mouvements décentralisés face à un état autoritaire impitoyable – même quand ces mouvements sont armés d’outils de protestation moderne, écrit Morozov.

Nouvelle confusion entre bottom-up, ce mouvement qui monte de la base iranienne, et la décentralisation qui elle n’est accessible que par l’usage d’outils eux-mêmes décentralisés. La modernité politique est du côté de ces outils, pas de Twitter ou Facebook qui ne sont que du téléphone many to many à l’âge d’Internet.

Avec ces outils centralisés, on peut au mieux jouer le jeu de la démocratie représentative installée, sans jamais entrer en conflit avec les intérêts de ces forces dominantes. Impossible de les utiliser pour proposer des méthodes réellement alternatives à celles choisies par les gouvernements. Par exemple, si les monnaies libres se développent avec des outils centralisés, elles seront contrées dès qu’elles dérangeront.

  1. Un service centralisé est contrôlable car il suffit d’exercer des pressions sur sa hiérarchie.
  2. Un service centralisé est contrôlable car il dépend d’intérêts financiers. Rien de plus confortable que de céder à des tyrans en échange de revenus conséquents.
  3. Un service centralisé n’est presque jamais philanthropique.
  4. Un service centralisé dispose d’une base de données d’utilisateurs. Il ne garantit pas la confidentialité. « Sans le vouloir, les réseaux sociaux ont facilité la collecte de renseignements sur les groupes militants, écrit Morozov. » Sans le vouloir ? Non, leur raison commerciale est de recueillir des renseignements pour vendre des publicités.
  5. Un service centralisé où tout le monde se retrouve c’est comme organiser des réunions secrètes aux yeux de ses ennemis.
  6. Un service centralisé est par principe facile à infiltrer.

Cette liste des faiblesses politiques des outils comme Twitter ou Facebook pourrait s’étendre presque indéfiniment. Il faut être naïf pour songer un instant que la révolution passerait par ces outils. Le capitalisme ne peut engendrer qu’une révolution capitaliste. Une révolution pour rien : le passage d’une structure de pouvoir à une autre. Pour les asservis, pas beaucoup d’espoir à l’horizon.

Dans Le cinquième pouvoir, je parle de la nécessité de nouvelles forces de décentralisation. Aujourd’hui, les partis mais aussi les militants n’utilisent le Web que comme un média un peu plus interactif que la télévision. Pas de quoi encore changer la face du monde. C’est ailleurs que se joue la révolution sociale de fond.

Si les dictatures s’adaptent sans difficulté aux outils centralisés comme le montre Morozov, elles sont tout aussi dans l’embarras que les démocraties pour lutter contre le P2P. Cela montre la voie à un activisme politique indépendant et novateur, quels que soient les régimes politiques. Pour envisager la rénovation avec le Web, il faut adopter la logique du Web, c’est-à-dire la stratégie des loups solitaires.

  1. Usage d’outils décentralisés, notamment du P2P.
  2. Aucun serveur central de contrôle.
  3. Anonymat garanti.
  4. Force de loi auto-organisée pour éviter les dérives pédophiles, mafieuses…
  5. Économie où Internet est si vital qu’il ne peut pas être coupé ou même affaibli sans appauvrir les structures dominantes. Ce dernier point est fondamental.

À ce jour, seul le Web lui-même s’est construit en partie suivant cette approche, ainsi que les réseaux pirates et cyberlibertaires de manière plus systématique.

La démocratie P2P

Mais qu’est-ce qu’on appelle démocratie ? Quelle démocratie Internet pourrait-il favoriser ? Utilisé pour sa capacité à engendrer des monstres centralisés, il ne peut que renforcer le modèle représentatif, quitte à le faire verser vers la dictature.

Internet est potentiellement dangereux (mais qu’est-ce qui n’est pas dangereux entre nos mains ?). Il peut en revanche nous aider à construire un monde plus décentralisé, un monde où les pouvoirs seraient mieux distribués, où la coercition s’affaiblirait, où nous serions moins dépendants des structures d’autorités les plus contestables.

Exemple. Les blogueurs ont potentiellement le pouvoir de décentraliser la production de l’information et sa critique. Je dis bien potentiellement. À ce jour, le phénomène est encore marginal. Mais ne nous précipitons pas. Le Web a vingt ans. Il y a dix ans la plupart des Internautes ne savaient rien d’Internet. Nous ne pouvons pas attendre du nouvel écosystème qu’il bouleverse la donne du jour au lendemain. Ce serait catastrophique et sans doute dangereux. Que les choses avancent lentement n’est pas un mal.

Alors n’oublions pas de rêver. Mettons en place les outils adaptés à nos rêves et utilisons-les dès que nécessaire pour résister. Ne commettons pas l’imprudence de nous croire libres parce que nous disposons d’armes faciles à retourner contre nous.

Avez-vous vu un gouvernement favoriser le développement du P2P ? Certains parmi les plus progressistes le tolèrent, les autres le pénalisent. Le P2P fait peur. Voilà pourquoi un pirate inoffensif écope de 2 ans de prison. Voilà pourquoi aussi il n’y aura de révolution politique qu’à travers une démocratie P2P.

Cessons de nous demander en quoi Internet bouleverse la démocratie représentative. En rien, en tout cas en rien de plus que la télévision en son temps, il exige de nouvelles compétences et favorisent d’autres hommes, au mieux peut-être porteur d’idées plus novatrices, mais rien n’est moins sûr.

Si Internet doit bouleverser la politique, c’est en nous aidant à inventer une nouvelle forme de démocratie, une démocratie moins autoritaire, une démocratie de point à point, une démocratie de proximité globale.

Au fait, j’ai titré ce billet “Internet stimule l’imbécilité” parce que la peur d’Internet fait dire n’importe quoi à des gens qui ne savent pas ce qu’est Internet et qui recoupent des textes écrits par des intellectuels qui eux-mêmes ne connaissent pas Internet (et la régression pourrait être poussée bien loin).


(1) J’ai trouvé ces peines dans un commentaire sur Numerama. J’ai un peu fouillé pour constater que les peines pour viol aux US étaient de durée variable mais parfois de juste 128 jours de prison.

(2) Dans le même article de Numerama.

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27 comments

  1. flessard says:

    Au lieu de RT ce billet, je vous pose franchement la question: la democratie en P2P a -il un pendant dans le monde 1.0? Et si oui, qu’est ce qu’il l’empêche de s’imposer? Et s’il y a quelque chose qui l’empêche, est-ce que cette contrainte ne va-t-il pas s’activer sur le NET? Ou dit autrement: est-ce qu’on doit attendre après internet pour arriver au but que vous demandez dans cet article?

  2. Moins de centralisation implique plus de communication… on n’avait pas ça avant le net (et son ubiquité). Je crois qu’on ne peut pas faire sans la technologie sinon on aurait déjà essayé (ça s’est fait dans l’histoire, dans certaines civilisations, mais toujours à très petite échelle).

    Mais on ne doit pas attendre Internet puisqu’il est là… mais l’article de Books montre que nous avons tout à apprendre, tant de pièges à éviter…

  3. Pour avoir vécu d’assez près les attentats de Madrid et leur suites, Al Quaïda semble plutôt une nébuleuse qu’un réseau et rassemble de tout (y compris des gens assez minables), pas forcément des “loups solitaires”. l’ETA est un réseau avec une poignée de “vrais” militants et une base de jeunes désœuvrés, pas très malins donc assez faciles à manipuler et organisés par la hiérarchie.
    parenthèse :si on regarde comment s’est organisée la pacifique, humaniste, festive, journée sans immigrés du 1er mars (qui a eu moins d’échos sur le moment qu’avant, sans doute à cause de la tempête), une bonne partie des participants s’est regroupée au fil des semaines sur facebook.
    Et par ailleurs, tout cela me rappelle un peu “le réseau”, ces numéros de téléphone non attribués dont la liste se diffusait entre utilisateurs et qui permettait de communiquer gratos entre inconnus en parlant entre les sonneries….Pas de quoi non plus faire la révolution, même si ce réseau diait-on venait de la Résistance.
    ‘Internet fait peur’ , c’est un peu comme le racisme, une grosse dose d’ignorance

  4. steph says:

    plus de 90% des sujets traitant de l’internet dans la presse traditionnelle, la télévision ou la radio contiennent, au choix, les mots : pédophilie, sexe, pornographie, piratage.
    A tel point qu’on peut parler de loi de Godwin.
    A ce niveau, c’est du lavage de cerveaux.

    Une démocratie P2P passe par le cryptage, le brouillage de la communication ou au moins, la partie qui transite sur le web “public” et captée par les indexeurs de toute sorte.

    La démocratie P2P passe par l’incorporation sur le poste ou le navigateur de l’utilisateur de ses données cryptées et des outils permettant ou non le partage partiel ou l’ouverture de certaines d’entres elles.

    Sur un blog, ce n’est pas l’auteur qui devrait décider de qui à le droit de voir ou pas les commentaires, c’est celui qui a commenté qui doit décider s’il va public avec son commentaire ou s’il le réserve qu’à certaines personnes inscrites ou membres du blog (ce qui implique qu’on lui donne accès à la liste des membres).

    L’auteur d’un blog doit pouvoir décider si un article va être mis sur la place public ou pas, en bloquant le passage des indexeurs, en l’excluant d’un flux RSS ou en le diffusant de manière sélective (vers certaines personnes, vers certains médias, vers certaines sources) en fonction de la portée qu’il estime devoir être de son texte.

    L’auteur d’un blog ou d’un site doit pouvoir multiplier les sources de revenus. Des centimes d’euros venant de divers sources, divers moyens (la pub, la vente, le domaine payant, etc…) afin d’assurer son indépendance. Si l’un des sources venait à défaillir, elle ne remet pas en question le devenir de son travail.

  5. espérance says:

    Bonjour Thierry,

    Les états arrivent à piéger le P2P par l’observation de téléchargements abondants chez un tiers sur Internet, par la falsification d’un P2P auprès duquel l’internaute puise ses téléchargements et par la localisation de l’adresse IP au-près d’un fournisseur d’accès à Internet suite à cette connexion en mode P2P.

    La recherche peut prendre du temps, mais les états réussissent à mettre les moyens nécessaires pour arriver à leurs fins. Ils utilisent une autre manière d’infiltration. Aussi, la démocratie sera peut-être illusoire à l’avenir, car aujourd’hui le traçage des individus devient davantage performant jusqu’à en être totalitaire.

    L’enjeu est de savoir tout sur tout le monde dans le but de favoriser les intérêts des états. Il est à se demander:
    1)si c’est pour une meilleure transparence ce qui nous laisserait un peu de libertés ou
    2) pour un contrôle accru dans un but de domination ce qui reviendrait à créer un nouvel empire.

    Aujourd’hui, nous sommes sur le fil du rasoir sur le plan de la démocratie et de la Liberté des êtres humains. Il nous reste encore la liberté de la pensée. C’est la seule qui nous fait pas défaut pour l’instant.

    A+

  6. flessard says:

    La démocratie directe est peu pensable. Qui peut réellement gérer un réseau de 20000 personnes? On est 7 000 000 000! On aura droit a un réseau représentatif par groupe interposé comme l’est la démocratie parlementaire? On aura beau mettre des indexeurs et des aggrégateurs on aura au plus 15000 personnes qui pourra être touché par nos communications. Au delà, serions nous capable d’éviter le top-down? L’internet est un magnifique terreau de la nouvelle communication. Il est fragile…

    Donc ce que je comprend ici c’est:
    Internet + P2P = Démocratie 2.0
    (@+P2P=D2.0)

    donc déduis-je bien son corollaire? …
    Anarchie moins (sans la) Communication= (débouche sur)Totalitarisme 1.0 ?
    (A-COM=T1.0)
    (anarchie dans le sens de ”sans hiérarchie”)

    et maintenant la question qui tue: est ce que @=A?

  7. Au Canada, c’est 5 ans qu’on peut se prendre pour filmer dans une salle de cinéma. Une loi qui date de 3 ans et qui est passé l’été, 3 semaines au feuilleton et hop, c’était chose faite.

    Je devrais lire la suite de l’article…

  8. [Enikao] says:

    Sur la verticalité contre le réseau, oui.
    Sur la difficulté de maîtriser / contrôler ce qui est informel et en liens lâches, oui.
    Sur la peur infondée et injustifiée de l’outil alors que ce sont les comportements humains qui sont en jeu, oui.
    Sur Internet facteur de démocratie, je suis beaucoup plus réservé, moi aussi.
    En fait, tu abordes la vraie question : la peur… du partage. Quand les gens échangent, partagent, cela fait peur. Parce qu’ils commencent à raisonner en DIY, TBY. Pour une structure établie, quand un pôle indépendant naît, il devient compliqué de maintenir le lien de subordination.
    Il est étonnant de voir naître ou disparaître des frontières. Par exemple l’Europe abolit ses frontières internes pour renforcer celles qui sont externes. Les marchandises peuvent entrer assez simplement (moyennant quelques formalités) puis circuler, pas les gens. Un libéralisme sélectif.
    Freiner la circulation des idées et des opinions, on croit cela réservé au Nom de la Rose, hélas c’est encore vrai. Certes, le partage sans limite pose des problèmes économiques quand ce qui est partagé librement et gratuitement a par ailleurs une valeur marchande (musique, vidéo, logiciels). Mais il y a peut-être là un prétexte pour museler d’autres formes de partages.

    J’ajouterai une notion qui compte, dans ce que tu décris : la force et la temporalité des liens du réseau. Encore une fois, dans une vision statique, il y en aura toujours pour croire le réseau constitué et établi. La Création.
    Or les liens se font et se défont sans cesse, ils se renforcent ou s’affaiblissent en permanence, ils s’adaptent selon le contexte et les interactions. Darwin.

  9. « dans une sale » > très drôle

  10. RT @manhack: Aux USA, on risque 7 mois de prison pour viol, 18 pour un braquage, 24 pour le "piratage" d'un film http://j.mp/c3hvrE par @crouzet

  11. RT @manhack Aux USA, on risque 7 mois de prison pour viol, 18 pour un braquage, 24 pour le "piratage" d'un film http://j.mp/c3hvrE par @ …

  12. RT @ manhack Aux USA, on risque 7 mois de prison pour viol, 18 pour un braquage, 24 pour le "piratage" d'un film http://j.mp/c3hvrE

  13. RT @manhack Aux USA, on risque 7 mois de prison pour viol, 18 pour un braquage, 24 pour le "piratage" d'un film http://j.mp/c3hvrE par @ …

  14. Internet stimule l’imbécilité http://bit.ly/cNWiPQ

  15. Internet stimule l’imbécilité: Highlights and Sticky Notes:Chouet montre toutefois qu’une autre forme d’organisati… http://bit.ly/cYRnFg

  16. Internet stimule l’imbécilité – http://blog.tcrouzet.com/2010/03/02/internet-imbecile/ Excellent article

  17. Internet stimule l'imbécilité: Voilà pourquoi un pirate inoffensif écope de 2 ans de prison. Voilà pourquoi aussi … http://bit.ly/91xREs

  18. Jonas says:

    Je trouve votre article très pessimiste et je ne pense pas qu’il faille autant peindre en noir le tableau.
    Pour moi, Internet est déjà un nouvel espace de liberté, il sert déjà la démocratie et est déjà en train de bouleverser et transformer les structures démocratiques.
    Quelques exemples simples :
    1) la copie privée (qu’on parle d’illégalité ou pas) en P2P a favorisé dans des proportions jamais connues la diffusion de la musique, du cinéma et des oeuvres visuelles. C’est une bonne chose. La question qui se pose aujourd’hui est simplement d’éviter que cela ne pénalise les créateurs, les artistes eux mêmes.
    2) l’information : jamais aussi peu d’individus n’ont disposé d’autant d’information. Transportez-vous en 1939. De combien de sources d’informations disposait le français moyen à l’époque : deux, trois, quatre au maximum ? Comparez cette situation à aujourd’hui.
    3) les moyens d’action : les flashmob sont la meilleure illustration de ce qu’Internet peut permettre en terme d’action collective spontanée. Très bien.
    4) la démocratie : Internet a ouvert des milliers de lieux de discussion (forum, réseaux sociaux, blogs) auxquels des millions de personnes ont accès. C’est nouveau et c’est une vraie bouffée d’oxygène pour la démocratie.

    Tout cela et bien d’autres choses se sont développés presque spontanément, sans lois, avec la liberté la plus totale, et peut-être maheureusement un peu trop, sous la houlette de sociétés de droit privé américaines.
    Pour moi, Internet a déjà permis des progrès immenses dans la démocratie, le tout en à peine quelques années (comparez ça à la diffusion de l’imprimerie).
    Mais la liberté la plus totale a un pendant : on peut y trouver le bien, comme on peut y trouver le mal. Internet est un monde virtuel, un véritable univers vivant, une société numérique avec ses bonnes gens et ses mauvaises gens. C’est une société et comme toute société, il faut l’organiser, la réglementer, lui donner de l’ordre pour qu’elle puisse continuer à fonctionner le mieux possible. N’est-ce pas là l’essence des lois et de la démocratie ?
    Que les états cherchent donc à réguler l’Internet est normal. Ce n’est pas une question de contrôle (même si l’idée viendra forcément à certains), c’est une question d’ordre, de justice et de civilisation. Un monde sans règles n’est pas tenable. Si, comme moi, vous êtes contre l’ultralibéralisme, alors vous ne pouvez être que contre l’anarchie. Je ne crois pas qu’une société (ou une économie) puisse se gérer en autarcie, sans règles. Je suis désolé, je ne fais pas confiance uniquement aux forces de la nature et aux mécanismes naturels des socéiétés humaines pour arriver à un résultat parfait de démocratie.
    Aujourd’hui, ceux qui craigent Internet ont tort. Internet est là et à moins de débrancher tous les ordinateurs de la planète existera toujours. Faisons avec, réjouissons-nous en. Mais ne croyons pas non plus qu’une liberté totale ou absolue sur Internet soit une bonne chose. Un petit exemple ? J’ai une fille de neuf ans et je n’ai pas envie qu’elle tombe sur un site comme chatroulette ? Comment fais-je pour l’en empêcher ? Est-ce de la censure de ma part de vouloir le faire ou simplement l’exercice de mon autorité parentale en tant que père ? Oui, je l’avoue, j’aimerais qu’il y ait plus de réglementation concernant ce que l’on peut voir sur Internet.

    Merci de votre billet.

  19. Jonas says:

    Un autre point me parait extrêmement important. Il semblerait que certaines personnes parce qu’elles font du web depuis 10 ou 15 ans se prennent pour des experts de l’Internet. Ce n’est pas faux, mais cela n’en fait pas pour autant des experts de la démocratie ou des lois. Et surtout, il serait dommage qu’elles puissent penser être les seuls à avoir une légimité de penser l’Internet. Faites confiance aux spécialistes, mais pas trop 😉

  20. Après le dossier de Books : Internet & Démocratie http://bit.ly/b2UL8g

  21. Klimperei says:

    currently browsing Internet stimule l’imbécilité http://is.gd/cwMSl

  22. Mauve says:

    I think companies just throw things out there sometimes, knowing they will never get all of what is listed. For instance, I do networking and while looking at job ads I remember seeing one that required high level Cisco certifications as well as being able to program in Java. Usually those are two completely different disciplines and I think it would be the extremely rare candidate that was adept at both.

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