Tous les matins, François Bon constate que que son Netvibes est désespérément vide, ce qui implique que les blogueurs publient de moins en moins. Je n’aurais pas pu faire le même constat vu que je ne consulte pratiquement jamais mon agrégateur, préférant dérouler le fil de ma pensée, la suivre de lien en lien, sans aucun passage obligé (et donc, je ne vais que là ou mes pas me mènent, ils ne peuvent me montrer les vides, les manques, les béances…).

Est-ce de ma faute, et de la faute de tous ceux qui m’imitent, si la blogosphère s’assèche ? Ce serait un peu simpliste comme analyse. Mais, au moins, on peut s’entendre sur ce constat d’un assèchement. Je me faisais déjà cette remarque en 2007. La tendance se confirme.

Alors, on peut se poser quelques questions. Y a-t-il moins de lecteurs ? Ou y’a-t-il toujours eu peu de lecteurs ? Est-ce qu’ils se concentrent sur les blogs qui restent ?

Personnellement, quand je regarde mes statistiques, je ne vois pas beaucoup de différences. Quand en 2006 ou 2007 je parlais beaucoup de politique, j’avais 30 000 visiteurs uniques par mois, aujourd’hui j’en ai 15 000 pour peu que je publie régulièrement, contrainte que je ne m’impose pas (et si je fais un pas de côté vers le people je remonte en flèche). Il me suffirait d’imiter les médias pour décupler l’audience. Constat : elle ne s’est pas évaporée, même si elle a cessé de gonfler d’elle-même, par un simple phénomène d’entraînement.

Je ne crois donc pas qu’il y ait moins de lecteurs, qu’ils aient tous fui vers les réseaux sociaux ou les pure players. Si la blogosphère s’assèche, c’est de l’intérieur, en partie à cause de ses acteurs.

  1. Même si le lectorat ne diminue pas, il n’a jamais été innombrable, pas plus vaste que ces 3 % de lecteurs de livres. Le gâteau à se partager n’est pas infini, ce qui peut décourager la plupart de ceux qui aspirent à une forme reconnaissance.
  2. La reconnaissance justement. À l’âge d’or de la blogosphère, tout le monde s’intéressait aux blogueurs, nous avions une reconnaissance médiatique, reconnaissance qui s’est accrochée aux vieux blogueurs fossilisés qui d’ailleurs, au fond, ne bloguaient que pour promouvoir leur business « à côté ».
  3. Un business qui ne s’est jamais incarné dans les blogs eux-mêmes, pas plus que dans les médias pure player d’ailleurs. Rue89 est condamné à faire de formation et du développement pour vivre. Un peu comme tous les écrivains qui accumulent les petits boulots. Pour les blogueurs, c’est pire. Ils ressemblent plutôt aux poètes qui paient pour imprimer leurs opuscules et qui courent les festivals pour écouler leur camelote. Y’a de quoi décourager les plus valeureux.
  4. Que font les survivants ? Pour la plupart, ils chroniquent ce que les autres disent (quand ils ne traduisent pas des articles américains, parfois sans le dire). Franchement quel intérêt. Certains comme Seb Musset, Agnès Maillard, Vivin ont un talent évident. Mais les autres se contentent de déborder de rage. On peut un jour communier avec vous, mais la même rage nous habite et savoir que vous êtes enragés ne nous fait pas avancer, au contraire, on se fige sur la colère et on s’enferme et on boucle… perte de temps… puisque les médias ne sont déjà que commentaires de commentaires.
  5. La rage se tourne vers l’extérieur plutôt que vers ceux qui tentent de construire à l’intérieur… ainsi le réseau de liens perd en densité. Par liens, j’entends ces liens de qualité, pas de simples liens hypertextes, ces liens qui s’accompagnent de conversations croisées, d’articles qui répondent à d’autres articles, en une vaste œuvre collective.
  6. Je ne dis pas que ce projet n’existe plus. Zoupic comme Galuel nous démontrent le contraire. C’est eux qu’il faut prendre en exemple par les pleurnichards antisarkozystes ou les adorateurs de la gauche décadente ou même les cassandres qui nous annoncent sans cesse une crise plus terrible sans au fond rien proposer de novateur. En France des gens pensent, simplement ils ne pensent pas là où on les attends… là où on les attend, personne ne pense, mais il serait dangereux, comme beaucoup de gens le font, d’en déduire qu’il n’existe pas de penseurs contemporains.

En résumé, la blogosphère s’assèche par manque de motivation des blogueurs, par manque de récompenses, par une trop grande attirance pour les médias traditionnels, par le refus d’être auteur et de s’engager dans la création d’une œuvre originale, ce qui implique un lent processus de maturation et d’inévitables traversées du désert. Au final, il n’y a aucune raison pour qu’il y ait plus de blogueurs que d’écrivains ou que de poètes. La blogosphère n’est pas la noosphère, mais une de ses composantes. Ne durent que les blogueurs qui ont la vocation et un projet qui les travaille au plus profond (j’oublie ceux qui durent pour que dure leur business… les lire ne m’a jamais intéressé).

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39 comments

  1. C’est twitter qui a tué les blogs

  2. Twitter a au mieux tué les commentaires… moi il m’envoie plus de visiteurs que google et facebook… donc il ne m’a pas tué, au contraire.

  3. Bonjour,

    Tout dépend ce qu’on considère comme un blog : une plateforme de publication d’avis personnels, rédigés sous le coup de l’émotion du moment, une plateforme d’échanges d’idées rédigées sous forme d’articles, une plateforme officiant de tremplin pour le référencement, un moyen de gagner un peu d’argent avec les liens sponsorisés, etc…

    Vous semblez opter pour la 2ème définition “(…) qui ont la vocation et un projet qui les travaille au plus profond”

    Je suis assez d’accord, même si pour cette part de blogueurs j’ai l’impression que l’outil n’est pas adapté : beaucoup d’internautes ne se donnent pas la peine de lire jusqu’au bout et se font simplement le relais d’une info. Cela signifie pour autant qu’ils sont d’accord avec tout le contenu du billet ? Qu’en pensent-ils, au fond ?

    Je ne pense pas que les blogs meurent, mais plutôt que beaucoup de blogueurs se fatiguent (impression de se répéter, sentiment de devoir s’expliquer ou se justifier sans cesse sans pouvoir identifier les interlocuteurs) ou plus simplement, se lassent (devant le fait de voir que beaucoup “reprennent” leurs idées en essayant de se les approprier – citation des sources, etc – , ou passent à autre chose).

  4. JR says:

    C’est la première fois que je viens, comme me l’a dit le script php à mon arrivée et si je mets un commentaire dès ma première visite c’est pour faire contrepoids aux 10 tweeteries qui viennent encombrer l’espace. On ne lit plus, on dit aux autres qu’on a lu, à travers des url aussi réduites que le sont les temps que l’on consacre à la lecture.
    Vous parlez de 3% de lecteurs de livres. Combien sont les surfeurs fébriles qui prennent le temps après avoir perdu ce temps sur face*book…
    Il n’y a pas que des colères dans les blogs, je ne penses pas, mais avons nous encore le temps, l’espace, les moyens de la reconnaissance dans un univers de l’immédiat, du buz l’éclair?
    J’ai pour ma part un blog exigeant, où j’estime faire un travail de journaliste (contrôle des sources, citations des auteurs de photos), consciencieux. Un regard quotidien sur le monde, pas seulement réduit à l’hexagone, mais qui parle de nous aussi.
    Le tout sous une maquette que j’ai développé moi même…
    Bref.
    Moralité ? je plafonne à 100 personnes par jour.
    Je ne me plains pas, je n’en pleure plus, je n’attends pas de reconnaissance de masse. Je dirais juste en conclusion, que la meilleure comparaison avec la poésie, vient de cette forme douce qui cherche les mots justes pour s’adresser à la bonne personne de la bonne manière, et qui dans un monde du spectacle, de l’abondance, du bruit multiple, a parfois plus de mal à se faire entendre.
    Mais, dans un univers où une chanteuse obscène et peroxydée bat tous les records d’audience, je préfère chuchoter à quelques oreilles.
    La grande chance de l’internet, au delà des batailles économiques (et d’audience) qui s’y déroulent est de permettre encore, l’expression de tous pour quelques sous, ou pour rien !

  5. @JR Tu décris le travail patient auquel les plus exigeants doivent se livrer.

  6. cskrea says:

    RT @c2binteractive: Les blogs meurent, vive nos blogs http://blog.tcrouzet.com/2010/05/20/blogs-meurent/

  7. Iza says:

    JR, ça me plait ce que j’ai vu et lu.

    Je trouve ça parfait comme démarche. Les fameux liens de qualité peuvent s’épanouir avec 100 lecteurs… 4 ou 5 liens de qualité peuvent remplir tout l’espace même.

  8. Suzanne says:

    Est-ce que le blog personnel fourre-tout meurt aussi ? Je n’en ai pas l’impression. Il y en a toujours une myriade, ils fonctionnent par petits cercles d’afficionados qui se déplacent et s’interfèrent lentement. J’ai souvent l’impression que la blogosphère est toute petite, qu’on retombe toujours sur les même dès lors qu’on cherche du bon blog qui ne pète pas plus haut que son clic, mais qui soit bien écrit, plaisant à lire, à parcourir, à consulter.

    Vous dites vrai pour les blogs “opinion politique”, “militants”, “engagés”, les commentateurs d’actualité qui s’entrepoussent pour être le premier à débattre de ce qu’il ont lu dans le journal ou entendu à la radio. Peut on leur reprocher de n’être qu’un écho, un bruit de casseroles ? Non, si c’est une façon de papoter, de déblatérer, de chahuter… Mais bon, si on se prend pour un journaliste, pour un éditorialiste, avec la pose qui va avec…

  9. Henri A says:

    A Jr :
    “où j’estime faire un travail de journaliste (contrôle des sources, citations des auteurs de photos), consciencieux”
    Mais qu’est-ce que c’est que cette manie de prendre le journalisme au sérieux ?
    Il suffirait de virer une bonne fois pour toute “de journaliste” pour que la phrase soit correcte et donc exprime correctement les faits.

  10. N_Curious says:

    RT @crouzet: Les blogs meurent, vive nos blogs http://bit.ly/adMoBE

  11. JR says:

    @ henri : ce peut être aussi une manie de se proclamer penseur en empêchant comme vous le faites les autres de répondre sur votre espace de pensée sur lequel vous recueillez pourtant l’adresse de vos visiteurs (http://henrialberti.blogspot.com/)
    naguère le journaliste rapportait chaque jour des faits, honnêtement… c’est à cela que je me réfère
    cordialement

  12. Henri A says:

    JR:
    Contrairement à ce que l’on pourrait croire à première vue, mon commentaire se voulait cordial et quelque part respectueux et admiratif.
    En enlevant “de journaliste” cela donne :
    “où j’estime faire un travail (contrôle des sources, citations des auteurs de photos), consciencieux”
    D’après l’œil que j’ai jeté, je suis d’accord avec la phrase.

    Pour ce qui est de mon psudo-blog, c’est ma boite à coucou. Promotion de trois auteurs avec leur texte et rien d’autre, une liste géante de liens, un truc musical et cette fenêtre avec l’adresse ip pour faire chier. Il y a mieux pour s’auto proclamer penseur.

  13. Iza says:

    Hé !!!!! salut Henri ! contente de te croiser ici… en attendant de te croiser vraiment 😉

  14. narvic says:

    En consultant mon propre agrégateur, je n’ai pas le même sentiment que François Bon. Le nombre de billets de blogs reste relativement constant, pourtant le nombre de blogs que je suis ne cesse d’augmenter (j’en ajoute toujours au fil de ma navigation et de recommandations diverses, par delicious, twitter…).

    Il n’y a pas de paradoxe là-dedans : beaucoup des blogueurs que je suivais, enthousiastes et productifs au début, ont ralenti puis cessé d’émettre au bout d’un moment. Et de nouveaux arrivent…

    Si on ne pratique pas ce renouvèlement, en repérant et en encourageant les nouveaux blogueurs, on s’enferme dans une bulle qui finit par s’essouffler.

    Tu l’as écrit il y a peu, Thierry, “la blogosphère ça se construit”, et la tâche est sans fin.

    Je sens pourtant quand même une certaine lassitude en ce moment, car la fuite des commentaires vers les réseaux sociaux est un peu décourageante pour certains, tout comme la récupération du “phénomène blog” dans les sites de médias commerciaux.

    Il manque à la blogosphère en ce moment cet outil de structuration qu’étaient les backlinks et les commentaires.

    Réintroduire les tweets en queue des commentaires n’est qu’un pis aller, il faudrait quelque chose de plus puissant que ça.

    Installer sur son blog un module qui signale automatiquement les dernières publications des “blogs amis”, c’est déjà beaucoup mieux. Ça peut s’étendre et se structurer…

    A titre d’exemple, j’ai mis un module de ce genre sur mon blog (et même créé un annuaire dynamique qui syndique en continu près de 200 sources actuellement : http://novovision.fr/?-La-fenetre-ailleurs-sur-le-web-)

  15. Comme je le dis en intro, je note pas la diminution… les choses intéressantes à lire restent surabondantes… c’est plutôt comme tu tentes de le faire un outils de fédération décentralisé qu’il nous faut tout en résistant fermement à l’encapsulation dans d’autres médias.

    Faut qu’on y réfléchisse…

  16. zoupic says:

    Merci pour le lien et la citation, ça fait toujours plaisir.

    Pour ma part, le blog n’est pas une fin en soi, c’est un atelier vivant, c’est ce qui remplace mon cahier de brouillon, mes notes.. J’écris à ciel ouvert. Parfois c’est mon répondeur online, l’endroit où l’on peut trouver des news de ce que je fais. Parfois c’est juste le sum-up d’une semaine de twitts.

    Ce qui m’impressionne c’est le rapport entre écriture/lecteurs/commentateurs. Ici c’est assez impressionnant de voir le nombre de twitts et RT mentionnant l’article face au petit nombre de commentaires, ou au petit nombre de commentateurs, et il y a souvent ici un débat argumenté pour continuer la conversation.

    A l’heure où je comprends que le changement se fait par chacun d’entre nous, où je commence à préférer les formats barcamp à celui de conférence, je me rends compte que si on représentait en réel les interventions d’un article de ce blog, il y aurait Thierry sur une scène, les quelques commentateurs que nous sommes dans les premiers rangs, et tous les lecteurs dans le public, en train de suivre silencieusement, éventuellement en relayant et partageant les infos pour attirer plus de monde.

    Nous sommes dans la majorité des cas revenus sur un format avec un ou plusieurs acteurs et un grand nombre de spectateurs silencieux.

    Donc le bloggueur qui attend quelque chose de l’audience peut-être déçu.
    Au fond il reste la motivation, la source d’inspiration qui représente le moteur qui maintient la propulsion régulière de billets uniques et originaux.

  17. L’intérêt du blog pour moi c’est d’être en même temps un barcamp et une œuvre. Je me prétends écrivain, ce que j’écris est sensé se tenir, se suivre, créer un ensemble cohérent (c’est pourquoi j’ai une colonne brèves pour les messages de services). Il peut y avoir le barcamp seul (ça m’intéresse pas), l’œuvre seule (c’est un truc du passé), puis l’œuvre en train de se faire… je me place là, entre deux.

  18. Gularu says:

    Depuis le temps que des “experts” annoncent la fin des blogs… on a le temps de se retourner 5 ou 6 fois dans notre tombe. Ça fait du papier pour se torcher le cul ce genre de papier et c’est déjà pas mal…

    Amitié blogoresque.

  19. Voilà l’imbécile type qui passe et lâche sa merde sans avoir lu le papier… et, s’il l’a lu, n’a rien compris… pourquoi commente-t-il alors, sans doute pour le lien vers son propre blog qu’il n’a pas oublié de préciser.

    Andouille : si je pensais que le blog était mort, j’aurais cessé de bloguer.

  20. zoupic says:

    c’est joliment dit: entre le barcamp et l’oeuvre.

    Parfois c’est plus perso, ça sort purement de l’écrivain, et le public est invité à voyager à l’intérieur de l’oeuvre, à la découvrir, on entre chez l’écrivain.
    Parfois c’est plus collectif et ça se trouve à mi-chemin entre les participants, dans un espace plus ouvert plus collaboratif, l’écrivain ouvre alors son atelier et prête ses outils.

  21. RT @marcvasseur: RT @crouzet: Les blogs meurent, vive nos blogs http://bit.ly/adMoBE

  22. Denis says:

    Et de ce point de vue, les blogueurs (par la nécessité de se maintenir dans le classement Wikio ?) vont puiser leurs source d’inspiration chez leurs “confrères”. Au final, la lecture des blogs des top 100 du classement Wikio nous donne la sensation d’une panne d’inspiration générale et d’authenticité.

    Les réseaux sociaux auront surtout permis la diffusion des sources des blogueurs au plus grand nombre. La blogosphère en a perdu toute singularité.

    Notre impératif est d’aller là où on ne nous attend pas.

    Denis
    Voie Militante
    1800 visites/jour au mois d’avril 2010

  23. RT @Bibliomancienne: "Les blogs meurent, vive nos blogs" http://j.mp/c7WdA3

  24. Ravi d’apprendre que BiBi fait partie de ces bloggeurs qui n’ont pas d’intérêt pour vous ( puisque pas cité comme ayant un “talent évident”) et que donc, il ne serait visiblement qu’un bloggeur… “débordant de rage”.

    Ravi aussi que vous vous souciez des “gens qui pensent” mais qui “ne pensent pas là où on les attend”. Rigolo lorsque vous vous attarderez sur l’intitulé de mon Blog… “PENSEZ BiBi”

    Je suis bloggeur depuis deux ans et je n’ai jamais couru après les liens pour les liens (ce slogan : “des liens bordels !” est une plaisanterie d’un goût très douteux prise hélas au sérieux par pas mal de bloggeurs).

    Après deux ans de blogs et 650 articles ( je n’écris pas des billets mais des articles dont je peux revendiquer chaque mot et chaque virgule) j’ai augmenté mon lectorat pour atteindre 12000 lecteurs par mois. Et ce, sans l’appui des blogs au Top Ten. Je me suis d’ailleurs beaucoup fâché avec certains Influents en répondant – meilleure des attitudes – par de simples haussements d’épaules…

    Mon enthousiasme demeure donc intact.

    Faire du plagiat, reprendre d’autres articles et les singer ? Très peu pour moi : Pensez BiBi veut dire “Pensez singulièrement” “Pensez par vous-même”.

    Je suis bien entendu fier (voire plein d’orgueil) que mon lectorat augmente sans que je sois amené à faire le trottoir des Lèche-Bottes.

    Pour ma part, je n’ai pas de ce que vous appelez “manque de motivation”, encore moins de “manque de récompenses” (?)

    Je revendique d’être débordant de rage (de vivre) dans ma Vie-hors-blog… sachant qu’en écriture, il vaut mieux une concentration extrême dans le regard qu’on porte sur le Monde qu’une rage de même acabit.

    J’ai des lecteurs et des lectrices qui en valent dix mille. Et c’est un Miracle, une Jouissance.

    Je sais que mes prises de position n’auront jamais jamais une grande audience et que je suis “condamné” à errer dans les marges de l’Info, dans les ornières de la reconnaissance. BiBi n’a pas (trop) besoin de la caution de ses lecteurs pour faire ce qu’il a à faire.

    Un jour, en réponse à un de mes com’, vous aviez parlé de votre tenue de blog comme d’une quête. Je vous rejoins partiellement sauf que j’écris “par ailleurs” et que – pour moi – ce n’est pas le blog qui est synonyme de Quête.
    La Quête est infinie, elle est plutôt dans cet étrange alliage de la Vie et de l’Ecriture. Et si les blogs meurent, la Vie, elle, nous trouvera pour qu’on trouve autre chose…

  25. 🙂

    Que j’écrive ici ou ailleurs… ou quoi que je fasse… c’est la même quête.

    Il faut donc que je m’excuse de ne pas avoir cité tout le monde et d’avoir pris des exemples? C’est ça?

    Quand à cette histoire de liens (de qualité), elle est fondamentale pour moi, d’une importance capitale pour défendre notre liberté ici et ailleurs.

  26. Les blogs meurent, vive nos blogs: http://bit.ly/bLrnkb

  27. J'aime bien cet article… RT @afrosapiens: @Lenaellesmile http://bit.ly/arClp3

  28. BiBi voulait juste te rappeler 1. qu’il ne se voyait pas dans la catégorie de “ceux [les autres] qui débordent de rage” et 2. qu’il n’a pas (trop) besoin d’applaudimètre pour mettre en ligne ses articles.

    Je reviens sur cette “rage qui déborde”.
    C’est une chose, une question importante pour moi : la rage ne suffit pas à écrire.
    Dans la vie, elle est la bienvenue cette rage de vivre mais elle ne coïncide pas naturellement, mécaniquement avec la rage d’écrire.

    C’est là toute l’épreuve problématique de l’ajustement de la Vie et de l’écriture.Et que faisons-nous d’autre qu’écrire ?

    Le passage de la vie rageuse à l’écriture est une épreuve faite d’hésitations, de moments de jouissance ( plus que de plaisir) de vertiges, d’ensoleillement – une quête aux rochers “escarpés” comme l’écrit Eric Mainville, loin de la désinvolture, de la futilité (jamais systématiques mais nécessaire parfois pourquoi pas mais… parfois, hein ?)

    C’est peut-etre cette gravité d’écrire ( gravité qui n’est pas synonyme de lourdeur) qui manque à beaucoup de blogs ? Car l’époque est au Fun, à la légèreté très légère, au répétitif jusqu’à l’écoeurement du ” Oh mais… bon … mais c’est pas grave”

    BiBi est très mauvais lecteur de blogs puisqu’il a été élevé à la Presse-Papier et aux bouquins poussiéreux . Donc, son avis juste une impression… Peut-etre devrais-je faire un effort pour en trouver des bons ? La preuve, je viens ici te lire 🙂

  29. Comme l’a relevé Narvic, beaucoup de blogueurs ne sont pas fatigués, et quand certains se fatiguent, d’autres arrivent… et puis ceux qui ont la vocation continueront, quoi qu’il arrive, comme certains écrivains continuent quoi qu’il arrive, reconnaissance ou pas.

    La vocation pour moi s’accompagne d’une réflexion de fond, donc d’une quête, de quelque chose à creuser, à mettre à jour… le blog en perpétuel rebond sur l’actualité sans colonne vertébrale propre, une façon de voir le monde par exemple, n’a pour moi aucun intérêt (et il me semble que la plupart des blogs entrent dans cette catégorie).

    Tu es plutôt de ceux qui se tiennent droit… cet exercice est exigent, il n’a que faire de l’audience. Voilà pourquoi si elle faiblissait ce ne serait pas un mal pour la blogosphère, puisqu’elle découragerait uniquement ceux qui s’intéressent à elle.

  30. En même temps, c’est une douce ( et dangereuse) illusion de croire parfait (ou de le vouloir parfait) le champ de la blogosphère.
    Il faut de tout pour faire un Monde et finalement… heureusement que des blogs légèrement ou lourdement futiles existent. Quant à les consulter, c’est une autre affaire ! ( pas la mienne)

  31. Bonjour,

    Je ne suis pas un “vrai” blogueur… La tentation est grande parfois de publier des réactions à l’actualité, politique ou littéraire, mais la flemmardise est encore plus grande… Il faudrait publier régulièrement pour garder un lectorat…

    Et que dire d’intelligent qui ne soit déjà sur d’autres blogs ou dans la presse ? A quoi bon m’accouder au zinc d’internet pour énoncer mes sentences sur le monde ?

    Alors je fais des blogs, lents, rarement remis à jour, souvent tournés vers la fiction… Et j’attends de voir ce qui se passe… Très peu de visites et encore moins de commentaires… C’est pas très grave…

    http://leblogdemonpremierroman.blogspot.com/2009/10/la-couverture.html

    http://iliadeafricaine.blogspot.com/2010/04/prologue.html

    http://unbalconasaofilipe.blogspot.com/2009/10/pourquoi-ce-blog.html

  32. Les blogs meurent, vive nos blogs http://bit.ly/cx1k0w

  33. MOUHOUBI says:

    Les blogs meurent, vive nos blogs http://bit.ly/cx1k0w /cc @feedly

  34. Cyroul says:

    Un constat hélas partagé. L’ère du blog-roi est mort, l’ère du micro-blogging (et de l’info sans conséquence) commence.

    Mais faut-il se plaindre si il ne reste plus que ceux qui aiment ça et qui ont la volonté de continuer à s’exprimer par passion, plaisir et conviction ?

    Le vrai problème est qu’il ne va bientôt rester que les blogs commerciaux dûment autorisés par la loi (car l’interdiction des blogs personnels anonymes arrive…). Et ça c’est beaucoup plus inquiétant.

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