Partout sur le Net et ailleurs, on parle de l’avenir de la presse, de comment créer des nouveaux journaux viables, de nouveaux médias, de comment mieux informer… au nom de l’avenir de la démocratie. Mais nous sommes déjà gavés de news, toutes presque aussi inutiles les unes que les autres. Nous sommes shootés aux nouvelles, nous sommes de pitoyables infovores qui attendent leur prochaine injection avec avidité.

Savez-vous au moins ce qui se passe dans votre cerveau ? Chaque fois qu’une nouvelle bipe dans votre radar sensitif, elle active les zones primitivement destinées à monter la garde. Une news qui s’affiche, c’est comme si un lion vous attaquait. Vous imaginez le résultat. Quoi que vous fassiez, vous arrêtez, vous ne pensez qu’à sauver votre peau.

Un infovore ne peut se concentrer durablement. Il ne peut être créatif. Un journaliste qui ne veut rien rater, qui ne doit rien rater, ne peut être créatif. Pourquoi croyez-vous que la presse soit pour l’essentiel insipide ? Elle est l’œuvre de toxicomanes.

Les entrepreneurs qui ne rêvent que d’empires médiatiques sont aussi effrayants que les narcotrafiquants de Medellin. Ces shootés bon chic bon genre sont incapables d’aligner deux idées novatrices. Ils sombrent dans la démence obsessionnelle. Faire. Faire. Mais pourquoi ? Ils n’ont pas la moindre idée neuve, pas la moindre capacité à la porter longtemps pour construire quelque chose qui changerait nos vies. Ce sont des malades.

Ils ne s’intéressent qu’au pouvoir, ils ne songent qu’à pactiser avec lui, à la recherche de sensations hallucinogènes toujours plus puissantes. Les drogues douces mènent aux drogues dures il paraît, de l’information au pouvoir il n’y a qu’un pas. La surinformation ne peut conduire qu’à la dictature, la surinformation est le nouvel asservissement de l’homme.

Nous avons abattu les églises pour leur substituer un opium plus terrible. Avec son apparence émancipatrice, il semble inoffensif… méfions-nous. La perversion se cache là où on ne l’attend pas. Inquiétons-nous de celui qui parle sans cesse de perversion, qui a un goût excessif pour le morbide et le catastrophisme… n’est-il pas un peu coupable de tout ce qui se passe dans le monde ?

En 2008, les gens consommaient trois fois plus d’informations [entendons machins produits par les médias] qu’en 1960. Ils sont aussi trois fois plus déprimés, trois fois plus inquiets… et trois fois plus pauvres (pour sûr si on mesure la pauvreté comme l’écart entre les pauvres et les riches).

L’inférence est facile, mais elle peut se soutenir. La dépendance aux news prive l’humanité de l’usage de son cerveau supérieur. Une immense capacité créative se voit avalée par les églises médiatiques. Leurs prêches attirent plus de monde qu’aucune messe du dimanche matin… et elles n’ont pas la même vertu sociale. Elles enferment chacun dans sa bulle de terreur, dans ce désir panique d’échapper aux lions qui surgissent sans cesse comme des morts de faims.

Alors quand les potentats ordonnent, les infovores obéissent. Ils n’ont pas le temps de réfléchir. Ils sont pris dans un stress, une overdose d’adrénaline instillée seconde après seconde pour faire taire toutes les capacités réflexives. Nous avons vu dans l’information un moyen de nous émanciper, elle est devenue une chaîne qui nous asservit. Ne parle-t-on pas de chaîne TV ? Il n’y a pas de hasard sémantique.

Le flot du temps réel informationnel détruira la démocratie, et au-delà le rêve des Lumières. Il nous mène à une humanité décérébrée. Ne perdons pas une seconde. Coupons-nous tant qu’il est encore temps. Tournons-nous vers les créateurs qui œuvrent dans les dernières îles de quiétude, sur le Net et ailleurs. Mais n’attendons pas que les informateurs professionnels, et leurs épigones miséreux amateurs, nous en révèlent l’existence. Je n’ouvre qu’une piste, à vous d’en suivre tous les écheveaux. À partir de là, un nouveau monde se révèlera.

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47 comments

  1. Martin Lessard says:

    Je comprends la décision d’être provocateur (ça nous empêche de penser en rond) mais ne peut-on pas voir la presse essentiellement comme un vecteur de transparence dans la société moderne (la corruption a besoin du silence)?

    L’accès à l’information (qui ne signifie pas être scotché à l’info) offre une égalité des chances pour tous…

    Le flot de l’info temps réel ne serait qu’une catastrophe si on tente de vouloir tout consommer. Comme la rivière; on peut y étancher sa soif sans s’y noyer.

    À travers son propre réseau sociale personnelle, le filtre sociale, il y a moyen d’irriguer son champ, pour poursuivre sur la même métaphore, sans tout inonder.

    Il y a certes une nouvelle façon de lire et relier nos lectures hypertextuelles qui dépasse largement la vision bête des empires médiatiques (consommer l’information), mais à la base il nous faut de l’eau au moulin ( toujours pour rester dans la métaphore aquatique) pour moudre notre farine – si on considère nos connaissances comme du pain à faire lever…;-)

  2. Tu situes une frontière autour du sens donné au mot information. C’est tout le problème.

    Information 1 = machin diffusé par les média
    Information 2 = données patiemment recueillies, recoupées, analysées, prolongées…

    Les média peuvent diffuser des informations de type 1 et 2. Faut voir la proportion 🙂

    Quand 1 surpasse 2, il y a danger.
    Comme 1 est addictif, 1 entraîne 1 et 1.

  3. Ju says:

    Ne pourrait-on pas jsute se dire que la presse est juste le “canal” le “tuyau” dans lequel passe l’info du journalsite au lecteur ?
    après, être plus original dnas les angles proposés relève aussi du modèle économique. Quand tu as juste 5 journalsites à la rédac en locale, tu ne peux pas te permettre d’en bloquer un sur une enquête parce qu’il y a des pages à remplir et que tu as besoin de cette personne à la rédac.
    quand tu n’as pas le temps pour faire du terrain, rencotrer du monde,etc… ben forcément, les infos ne tombent pas du ciel. et le niveau de rémunération tend petit à petit à se faire fonctionnariser le métier de journaliste, du moins ceux qui bossent à plein temps dans les canards. Mais je ne vais pas reprendre en détail ce que j’écrivais il y a quelques jours sur le blog de Gabale pour le décrire.
    Enfin, le “tout info” tout le temps, c’est aussi inhérent à une génération. La génération zapping, la génération divorce, la génération kleenex… on zappe, on change, on jette, au final on consomme de l’info comme on consomme tout court : sans recul ni analyse.
    je suis d’accord avec vous sur ce point, c’est très triste.

  4. L'armée des 23 singes says:

    “Quoi que vous fassiez, vous arrêtez, vous ne pensez qu’à sauver votre peau.”

    C’est justement le secret des news, ce qui rend accro.
    Elles divertissement du vide métaphysique.

    Quand on ne croit plus à rien, il n’y a plus que l’événement, en tant que tel, détaché de tout fond, qui excite et rappelle à la vie.

    Henri A parlera longuement de ce qu’a dit son copain Heidegger sur l’Ereignis, la fascination de l’événement, ce qui sur-git.

    La métaphysique de l’événement.

    L’événement est le nouveau veau d’or, l’idole.

    Les nains de Beckett : “que quelque chose se passe !”

    Peu d’hommes sont capables d’affronter le vide métaphysique sans drogues.

    C’est clair que voir 60 millions de Français parler d’Anelka ou de l’élimination des 23 singes de l’équipe de France, comme d’une tragédie, donne l’impression d’une société de grands malades.

  5. [Enikao] says:

    Un scénario à la “idiocracy” n’est pas envisageable, mais il est vrai que l’aspect hypnotique des news est dangereux et grisant à la fois. Je le sais bien pour le payer assez cher. Ceci étant je suis dans une situation particulière, mais il me semble que la nausée arrive rapidement et détourne la plupart des gens des news quand la surdose intervient.
    Car trois fois plus d’information produite ne signifie pas nécessairement multiplication de la consommation : on sait bien qu’il y a un morcellement de l’attention. TF1, qui a longtemps eu une position ultra-dominante et était un cas unique en Europe, peut pleurer ses 40% d’audience, elle ne les retrouvera plus.

  6. Excellent ! Commençons déjà par jeter la télécommande aux orties – après la coupe du monde – et, concentrons-nous sur les contenus de qualité, qui viennent presque tous du web. 🙂

  7. Marketing de la news versus création says:

    “les contenus de qualité, qui viennent presque tous du web.”

    Absolument faux.

    Au mieux, on en trouve, diffusés par le Web.

    Mais 95% du contenu de qualité N’EST PAS produit par le Web.

    Le contenu de qualité a un coût, et une économie de la gratuité comme le Web n’arrive pas à produire du contenu de qualité.

    Il ne faut pas opposer les médias institutionnels au Web :

    il faut opposer le marketing de la news, à la création.

    Et le marketing de la news se retrouve aussi bien sur des millions de blogs à la con, sur Twitter, et sur Facebook.

    La création, à l’inverse, est très rare sur le Web, car elle nécessite un investissement coûteux. Au mieux le Web diffuse une création pompée ailleurs.

  8. @Marketingdelanewsversuscréation Désolé, mais je persiste vraiment à penser cela. 😉

  9. narvic says:

    Bon je sais, faut taper fort pour enfoncer le clou. 😉

    Certes, le flux permanent d’info en temps réel est aliénant, il empêche de prendre du recul, donc de réfléchir. Bref, il ne permet pas de comprendre. C’est de l’information d’alerte qui n’a de valeur que si on la complète par une information d’une autre nature (documentation, analyse, etc.). C’est un abrutissement.

    (j’ai déjà écrit quelques trucs sur le sujet. 😉 http://novovision.fr/?Paysage-de-l-information-apres-la)

    C’est en revanche un peu rapide, à mon avis, d’analyser son développement envahissant comme le résultat de la mise en place d’un nouvel instrument de domination. C’est plutôt (ou aussi) un marché qui répond à une demande.

    On peut faire la même analyse avec le marché de la drogue, où s’opposent depuis longtemps les analyses en terme d’offre ou de demande : l’offre crée la demande, ou bien l’inverse ?

    On lutte contre le problème en attaquent l’offre (répression du trafic, avec les armes policières et judiciaires, voire militaires. cf USA-Colombie), ou bien on traite la demande (approche médico-sociale et éducative) ?

    Je crois plutôt que c’est un phénomène complexe. Offre et demande fonctionnent en interaction, elles interagissent l’une sur l’autre, ce qui conforte le développement du phénomène et rend très difficile de l’enrayer.

    Il y a une demande pour cette information d’alerte permanente, car elle rassure une population angoissée. Il y a une offre qui exploite cette demande et tente même de l’accentuer.

    Dans ce genre de phénomènes qui s’auto-renforce, on ne peut pas traiter le problème uniquement au niveau individuel et comportemental, en appelant l’individu à une prise de conscience et à une modification de son comportement. Ça ne suffira pas. Il faut agir, en même temps !, à modifier la structure de l’offre.

    Sinon, on en reste aux pubs anti-tabac, qui se résument à tenter de nous convaincre que “fumer cémal”, ce que tout le monde sait déjà, et les fumeurs bien mieux que les autres ! Et pourtant ils fument toujours…

  10. Marketing de la news versus création says:

    “Désolé, mais je persiste vraiment à penser cela”

    Vous pouvez aussi penser que 2 et 2 font 5.

    Votre horizon doit être limité à des sujets très restreints : commentaires de l’actualité politique etc.

    Dans la plupart des domaines, le Web NE PRODUIT PAS ce qui est le plus qualifié et intéressant.

    Que ce soit en science, dans la recherche scientifique, en littérature, dans la création audiovisuelle, la musique, le cinéma, etc, le contenu le plus qualifié n’est pas produit par le Web.

  11. Ju says:

    les contenus de qualité viendraient du web ??? j’en connais un qui n’a jamais jeté un oeil au Post !
    hihi !

  12. contenu du Web says:

    Il y a aussi beaucoup de gens qui confondent ce qu’ils trouvent sur le Web, et ce qui est produit par le Web.

    Si l’on enlève de YouTube tout ce qui vient des chaînes de télévision et du cinéma,
    il reste les chats mignons filmés avec un téléphone …

    Pour Wikipedia, c’est à 90% du contenu qui vient des médias ou des institutions.

  13. Henri A says:

    “Ne parle-t-on pas de chaîne TV ? Il n’y a pas de hasard sémantique.”
    C’est vrai, je n’y avais jamais pensé. Quel est le rapport entre chaine ( cadena en espagnol ) et la télévision ?
    Si quelqu’un a un début d’explication…

  14. Chaine TV says:

    Sur le mot Chaîne :

    “À l’origine, l’expression « chaîne » fait référence à l’ensemble des émetteurs qui permettaient de transmettre simultanément le même programme”.

    –> En somme, “chaîne” désigne … un ensemble de propulseurs reliés entre eux pour diffuser au loin une info.

  15. Chaine TV says:

    Chaîne est ici synonyme de réseau connecté, et non d’entrave.

  16. BBC says:

    “Ne parle-t-on pas de chaîne TV ? Il n’y a pas de hasard sémantique.”

    Il faut arrêter d’assimiler TV et News jetables.

    Hier, je regardais sur France 4 un fabuleux documentaire britannique sur les fonds marins.

    Cette seule émission TV avait plus de valeur que l’ensemble des articles de narvic depuis deux ans radotant sur l’avenir du journalisme.

    La TV produit de très bonnes émissions, notamment tous les documentaires scientifiques de la BBC, sur la nature, les animaux, l’histoire, la science, etc.

    C’est d’un autre niveau que les Tweets de versac sur Twitter.

    TV n’est pas synonyme de News jetables. De plus en plus, c’est le Web qui produit des news jetables.

  17. La véritable chose qu’il faudrait discuter c’est l’effet narcotique des news. Il faut creuser les mécanismes cérébraux.

    Et si tel est le cas, tous ces gens des médias, ne sont que des dealers. Alors arrêtons de les prendre au sérieux. Remettons les les news à leur juste place. Et comparons cette industrie à n’importe qu’elle industrie de l’addiction.

  18. karl says:

    Débat à la con dans les commentaires de celui qui la plus grosse… qualité.

    Le Web produit des contenus de qualité, le Web produit des contenus pauvres. Le monde de l’imprimé produit des contenus de qualité, le monde de l’imprimé produit des contenus pauvres.

    Tout dépend ou/et ce que l’on lit et apprend à lire. Il y a également des domaines où le contenu de qualité n’est produit *que* sur le Web, car c’est structurel. Exemple, les contenus autour de la technologie Web, les normes, les tutoriels.

    Prenons maintenant les « informations » c’est à dire ce qui est produit par un organe politique ou économique pour informer les gens d’une certaine actualité. Là encore, il y a de tout dans tous les domaines. La majorité de ce qui est consommé (pas produit) dans les pays industrialisés est contrôlé par de grands groupes dont l’objectif est la rentabilité de la nouvelle. La nouvelle est uniquement une commodité afin de pouvoir amener la vente d’espaces publicitaires. Il a fallu d’abord informer, puis ensuite il a fallu trouver les moyens de financement pour informer, et maintenant nous cherchons quelles sont les nouvelles qui vont générer du revenu pour maintenir la nouvelle structure qui s’est créée. C’est vrai dans tous les domaines. (Web, télé, journaux).

    Il n’est pas nécessaire de tuer la presse (papier ou Web), elle disparaitra d’elle même par la création de nouveaux terrains, tout aussi médiocres et de qualité. 🙂

    (Bon qu’est-ce que je vais manger ce midi. C’est plus intéressant.)

  19. BlogonetFeed says:

    Tuons la presse pour nous libérer http://bit.ly/91JM2C

  20. [COMU] Tuons la presse pour nous libérer http://ow.ly/20UAC

  21. Jean Robin says:

    Nul besoin de tuer la presse selon moi, vu qu’elle est en train de mourir. Plus important est de proposer une alternative viable économiquement et sur le fond en terme d’information, c’est le défi que ma petite équipe de départ et moi nous sommes lancés, et voilà le résultat : http://www.enquete-debat.fr
    Comme j’ai lu le Peuple des connecteurs votre avis sur ce média m’intéresse, même s’il ne s’agit encore que d’un embryon.
    A noter que pour l’instant personne n’en parle parmi les blogs qui se penchent sur l’évolution du journalisme avec internet : owni, narvic, electronlibre, etc. font la sourde oreille. Vous savez pourquoi ?

  22. Henri A says:

    Pour prendre une analogie récurrente musicale, je dirais que produire quelque chose à la télévisions, radios, journaux, etc…me font penser au violon ou au saxo. C’est à dire, des instruments peu abordable pour un débutant.
    Le web me ferait penser au piano ou à une cymbale, instruments extrêmement abordables pour tout ce qui a des membres ( voire, même pas, on peut mettre un coup de boule à une cymbale ).
    Maintenant, tout dépend de l’utilisateur :
    Débutant, amateur travailleur non doué, amateur doué mais faignasse, amateur doué et travailleur, et le talent X extrême du type : on reconnait X à la première mesure.
    ( Ceci étant valable et de façon égale avec le violon, saxo, piano, cymbale contrairement à l’idée reçue qu’il serait plus classe et difficile de jouer correctement du violon que de la cymbale – professionnels de la profession dans les médias vs amateur éclairé webesque ).

  23. @Jean Robin C’est à eux qu’il faut demander… 🙂

    Moi je consomme si peu de news que je vois mal comment je pourrais un jour m’impliquer dans une enquête participative. Je préfère les oeuvres qui viennent du cerveau… et qui alors aussi peuvent être participatives (avec pas mal de restrictions comme je l’explique dans mon essai sur les cyborgs), mais c’est une autre histoire.

    En tout cas votre site est fort propre…

  24. Jean Robin says:

    @Thierry
    Merci, je prends ça pour un compliment 😉
    Pour les sites cités, je m’en vais leur demander directement en effet, peut-être sont-ils plus réactifs quand on leur envoie un commentaire.
    D’ailleurs je voulais vous demander : notre modèle économique, avec des privilèges comme le fait de pouvoir commenter pour des abonnés payants, ça vous paraît comment ?

  25. L’information est une drogue trop gratuite aujourd’hui pour que les gens payent. Il se fiche d’où vient la came. Il leur suffit de leur dose. J’ai peu d’espoir pour le payant dans le domaine. Je crois plus au don a posteriori. Mais je me trompe peut-être (ça serait mieux pour beaucoup de gens).

  26. News du net says:

    @ Jean Robin

    Henri A est un grand fan de Roger Holeindre (juste un peu moins que de Heidegger, son chouchou).

    Recommandez-lui votre site, il va aimer vos amis :

    http://www.enquete-debat.fr/archives/debat-sur-de-gaulle-paul-marie-couteaux-et-roger-holeindre/

    ça me rappelle Radio Courtoisie.

    Amitiés à la Maison de Bourbon !

  27. Trop c'est trop says:

    Roger Holeindre, vice-président du FN, sur le site de Jean Robin :

    “Je ne comprends pas pourquoi depuis quinze jours, tous les jours, le Maréchal Pétain est attaqué. Trop c’est trop !”

    Heureusement qu’il y a le Net pour réhabiliter le Maréchal Pétain, c’était urgent, n’est-ce pas Henri ?

    Depuis 15 jours, même Charlie a du mal à dormir. Tous les soirs elle s’endort avec angoisse en se disant :

    “va-t-on encore attaquer le maréchal Pétain demain ? Trop c’est trop !”

  28. Jean Robin says:

    @Newsdunet
    Merci pour votre commentaire. Apparemment vous n’avez pas regardé le débat dans sa totalité, c’est bien dommage car vous auriez au moins vu le passage où Roger Holeindre contredit Jean-Marie Le Pen sur “l’occupation allemande pas particulièrement inhumaine”. Comme je ne suis pas vache je vous mets cet extrait ici : http://www.enquete-debat.fr/archives/extrait-du-debat-entre-paul-marie-couteaux-et-roger-holeindre/
    Par ailleurs Roger Holeindre est largement critiquable mais sur son engagement dans la France libre à 15 ans, je ne pense pas qu’il le soit. Ce sont des personnalités comme Vergès, critiquables pour ce qu’ils ont fait après la 2è guerre, mais pas pendant, enfin, ce n’est que mon avis.
    Si vous les préférez de gauche, nous avons aussi invité un ancien FFI, Louis Dalmas, qui à 90 ans est resté trotskyste, et qui est par ailleurs un des auteurs de ma maison d’édition. Juste pour la précision bien sûr. Son débat sur les USA avec une conservatrice sera bientôt diffusée, stay tuned 😉

  29. Radio C says:

    @ Jean Robin

    Je faisais un peu d’ironie.

    J’ai beaucoup écouté Radio Courtoisie au début des années 90, à l’époque où le Net n’existait pas :

    Radio Courtoisie proposait des émissions culturelles de qualité, par exemple avec Philippe de Saint-Robert, Jean Ferré, etc.

    C’était une petite société amusante à suivre.

    Il fallait se battre pour capter les émissions radio, en tournant l’antenne dans tous les sens…

    Cela paraît si loin, cette époque, déjà.

    Mais j’ai fait du chemin depuis, et en réécoutant aujourd’hui cela me paraît aussi surréaliste et enfermé qu’un salon Verdurin.

    Ils parlent aujourd’hui comme il y a 15 ans, cela fait bizarre. Ils vivent en dehors du temps, avec une idée immuable de la France et des valeurs.

  30. Jean Robin says:

    No problemo.
    En tout cas merci à l’hôte de ce blog pour la conversation, nous avons mis les commentaires payants car cela représente un coût pour les modérer, et nous voulons éviter les trolls en tous genres, enfin nous voulons privilégier les messages de nos abonnés. De toute façon je pense que les gens s’abonneront d’abord pour nous soutenir, et obtiendront en plus des privilèges comme celui-là. Nous verrons bien, pour l’instant nous n’avons aucun commentaire car notre module d’abonnement est en panne (ça commence bien) donc personne ne peut s’abonner !

  31. Web qualitatif payant says:

    A propos d’abonnement d’ailleurs, Radio Courtoisie était l’exemple d’une Radio qui était parvenue à se financer, uniquement avec les cotisations de ses auditeurs, alors que toutes les autres radios étaient gratuites, et cela pendant des années.

    Jean Ferré disait souvent qu’on lui avait prédit l’échec, il avait tenu bon, et avait gagné.

    C’est possible si l’on fonctionne avec une niche assez clivée pour ne pas trouver sa matière gratuitement ailleurs.

    La radio de Ferré rassemblait des monarchistes, des frontistes, des traditionalistes, des gaullistes vieille France, et quelques libéraux : le challenge pour lui était de résister aux attaques de division, montant les auditeurs les uns contre les autres.
    Son talent a été de maintenir la cohésion entre des chapelles potentiellement violentes entre elles.

    Personnellement, je pourrais payer un abonnement mensuel pour un site Web qui proposerait un contenu vraiment intéressant, en littérature et en cinéma.

    Un Web payant de qualité ne me paraît pas impossible.

  32. Jean Robin says:

    Ce que vous dites de Radio Courtoisie est vrai. Nous misons sur le même pari : un média suffisamment engagé pour mériter le soutien d’une partie des lecteurs. Notre engagement est la liberté d’expression, l’enquête, le débat, entrepreneuriat, le journalisme indépendant et utilisant les spécificités médiatiques d’internet, etc. Je pense qu’il existe autant de niches que d’entrepreneurs voulant créer un nouveau média à leur image. Après les gens suivent ou pas, et c’est ça qui fait le tri. Courtoisie est en train de mourir car ils n’ont pas su renouveler leur clientèle ni leur discours, comme vous dites. Mais leur exemple est intéressant en terme de benchmarking. Il y en a bien d’autres, dans un autre genre oumma.com ou al-kanz.org vivent des soutiens militants musulmans, fdesouche des soutiens militants nationalistes, ripostelaique.com des soutiens militants laïcs, etc. Je ne vois pas d’autres modèle économique pour les médias sur Internet, mais 99% du contenu doit être gratuit pour que ça marche, c’est notre cas. Je ne crois pas aux modèles avec un paywall, Murdoch, Plenel et Schneidermann vont s’y casser les dents à mon sens. Il m’a semblé avoir compris que Thierry Crouzet partageait ce sentiment…

  33. Oui je crois que seuls les fans payeront. Mais il ne peut y avoir de fan de Plenel 🙂 Pour avoir des fans, il faut radicaliser sa démarche.

  34. Radio C says:

    “Il m’a semblé avoir compris que Thierry Crouzet partageait ce sentiment…”

    Oui il croit au modèle contenu ouvert + dons volontaires, et pas au modèle fermé façon Médiapart.

    “car ils n’ont pas su renouveler”

    Je crois surtout que la mort de Jean Ferré a laissé un grand vide.

    Politique à part, c’était un homme intéressant, d’une grande culture, forçant le respect, il s’était entièrement dévoué à sa radio, ne prenant jamais de vacances, ne cherchant aucun enrichissement personnel.

    Après sa mort il y a eu une guerre de succession, un éclatement entre courants et personnalités…

    La personnalité du leader est primordiale pour susciter des dons volontaires.

    La bonne idée de Ferré c’était aussi de confier à des patrons d’émission des courants différents. Chacun avait ses invités récurrents.

    Pour parler le langage Crouzet, la radio n’était pas pyramidale, elle n’avait pas qu’une seule note imposée.

    Ce n’était pas qu’une simple diversité de contenu, comme un magazine qui accueillerait des articles pluralistes.

    C’était plus que cela : la chaleur humaine d’un patron d’émission chaque fois très ancré dans son courant et une histoire, qui générait son propre réseau de sympathies.

    Chacun était tout de suite identifiable et portait tout un monde politique et culturel bien spécifique.

    La folie célinienne (et attachante dans son délire) de Serge de Beketch,

    le légitimisme courtois de Daniel Hamiche,

    Philippe de Saint-Robert qui parlait du cher Montherlant, parfois avec Matzneff…

    le Général Gallois,

    l’abbé Laurens et son cher Bossuet…

    … c’est sûr que c’était autre chose que les clowneries même pas drôles de Stéphane Guillon, comme RDV quotidien.

  35. Guillaume says:

    et nous qui vous suivons attendons chaque semaine vos nouvelles rédactions. le temps nous manque lorsque nous en gagnons!

  36. Pour répondre à Martin Lessard, la presse n’a strictement rien à voir avec la démocratie. La presse ne défend pas la démocratie, mais le sensationnalisme. Pendant plus de 100 ans, la première véritable démocratie du monde occidental, les États-Unis, n’a pas eu besoin de la presse pour défendre la démocratie. La presse n’existait pas encore sous sa forme moderne.

    C’est un discours éculé prononcé par les journalistes eux-mêmes de dire que la presse défend la démocratie. Un grand journal, avant de défendre la démocratie et de nous éviter la grande noirceur, nous présente les meurtres, les incendies, les accidents, les sports, les vedettes et les cogitations de nos politiciens. Une fois que tous ces sujets sont épuisés, l”éditeur glisse quelques lignes à propos de la démocratie jouxtant une pub pour des téléphones portables.

    La platonisation serait maintenant de croire que le journalisme citoyen prendra la relève pour défendre la démocratie.

    Depuis 1 an je n’écoute plus la télé ni la radio et je ne lis aucun journal. Suis-je pour autant déconnecté de la réalité ? Loin de là. Je n’ai jamais autant été connecté à la réalité, car je ne vois plus le monde au travers du filtre déformant des médias.

  37. Je suis loin d’être convaincu que la population dans son entier est informavore : les comportements schizophrènes de quelques-uns d’entre nous (qui baignons dedans) ne font pas une généralité, pas plus qu’ils ne sont les précurseurs d’une transformation globale. Il n’y a aucune raison que mon boucher ne devienne informavore demain.

    Notre comportement est un prisme déformant. Certes, plusieurs scientifiques pointent le fait que nous serions dépendants à la nouveauté, comme l’explique le neurologue Irving Biederman, qui parle d’addiction à la nouveauté, mais je ne suis pas sûr qu’on puisse employer de pareils termes. Les psychologues ont tendance de plus en plus à ne parler de dépendance que pour évoquer des produits qui ont une action sur l’organisme (en se défiant de qualifier ainsi des activités qui ont un impact psychique). Oui, on est content quand on apprend quelque chose de nouveau et ça déclanche des réactions chimiques de satisfaction… Est-ce que cela en fait une addiction est-ce que c’est spécifique à “l’info” brute… ? Rien n’est moins sûr.

    Je suis loin d’être sûr que la presse soit l’oeuvre de toxicomanes. Beaucoup de journalistes et de stagiaires, qui font la presse au quotidien, sont loin d’être des toxicos de l’info (au contraire, hélas). Je ne suis pas sûr non plus que quelqu’un qui soit (disons) obnubilé par un sujet, ne puisse ou ne sache pas se concentrer (durablement) : je ne vois pas le rapport entre connaître un sujet et la concentration. Je ne suis pas sûr qu’une personne (mettons blogueur ou journaliste, cela n’a pas d’importance : enfin, pour ma part, je ne vois pas de différence fondamentale autre qu’un statut) qui ne rate rien ne soit pas créative pour autant. Au contraire, la meilleure presse, les meilleurs blogs sont souvent spécialisés et l’oeuvre de toxicos ;-).

    Je pense qu’on consomme beaucoup d’information, mais que très peu est produite par les médias (et certainement de moins en moins). Et qu’il est tout de même facile de tisser une fausse relation (sans démonstration) entre l’augmentation de l’information, la déprime et la pauvreté (on voudrait bien qu’elle soit aussi flagrante que tu nous la présente, mais tu ne la démontre pas).

    Je suis également inquiet sur le temps réel, mais de là à dire qu’il va nous décérébrer, il y a tout de même quelques pas que je ne franchirais pas (pas sûr que ce soit la cause principale d’ailleurs).

    J’ai tendance à prendre tout ces discours sur les conséquences cognitives du net, de notre consommation d’information, du multitâche… avec beaucoup beaucoup beaucoup de pincettes. Les scientifiques sont loin d’être des hommes sans préjugés ou parti-pris. Et dans le domaine des neurosciences, c’est encore plus vrai ou visible qu’ailleurs. L’article du New York Times que tu pointes est de ce point de vue là, assez orienté. Ce n’est pas le seul (le livre de Nicholas Carr a l’air pas mal dans son genre). Pour ma part, j’ai tendance à constater qu’on a beaucoup de mal à savoir ce qu’est la concentration et comment on en mesure ses multiples aspects et plus encore ses effets. De même on met plein de choses différentes derrière le mot flux ou info…

    Parfois, les démarches trop radicales… 😉

  38. J’ai la prétention d’écrire et la forme alors importe au moins autant que le fond… la provocation, la dérision, le cynisme… autant d’instrument qu’un auteur se doit d’utiliser. Me les reprocher c’est passer à côté de ce que je cherche à faire – la vérité m’importe peu – seule la transformation m’intéresse. Je ne suis pas politiquement correct, et cet article est de ceux que j’aime écrire. JE NE SUIS PAS JOURNALISTE. Je ne veux pas informer mais aller semer des graines bizarres dans la tête des lecteurs.

  39. Nessy Lupino says:

    RT @jeanloub: RT @crouzet: Tuons la presse pour nous libérer http://bit.ly/d4LlUa – tous solidaires

  40. loloster says:

    « Ne parle-t-on pas de _chaîne_ TV ? Il n’y a pas de hasard sémantique. » http://u.nu/3kkbc (via @nessyduloch @jeanloub @crouzet)

  41. Tuons la presse pour nous libérer http://is.gd/d0WRa

  42. Tuons la presse pour nous libérer http://j.mp/9kMnEc

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