« Un livre est un tweet au ralenti, écrit Jean-Philippe Pastor sur Twitter. » Je ne sais pas trop ce qu’il a voulu dire mais il m’a inspiré une idée de plus.

J’ai eu l’idée qu’un aphorisme est un livre en puissance. Tout aphorisme qui ne saurait devenir livre ne doit pas être conservé dans un recueil d’aphorismes.

Un aphorisme est un livre compressé. Réciproquement, un livre est un aphorisme dilaté, un aphorisme au ralenti… et donc pourquoi pas un tweet au ralenti. Je dis bien pourquoi pas car tous les tweets ne sauraient devenir livre, mais il est vrai que tous les jours quelques uns agitent ma cervelle.

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43 comments

  1. ownicrew says:

    #OwniCrew Écrire, c’est twitter http://bit.ly/aLKj7C

  2. nodotzero says:

    Écrire, c’est twitter http://bit.ly/cdLz3U (via @crouzet) Caroline Sagot Duvauroux, il y a 2ans avait évoqué c mm idée av un projet twitter

  3. les adjectifs sont des aphorismes says:

    voir le commentaire d’Henri sur les aphorismes de Nietsche
    😉

  4. olivier says:

    il y a deux ans, l’ecrivain Caroline Sagot Duvauroux (editions Corti) me parlait d’un tel projet… comme quoi.
    🙂

  5. Quel genre de projet? écrire en twittant ?

  6. Henri A says:

    A Pseudo à géométrie variable :
    Je ne vois pas le rapport.
    Ce mec rentre dans ce que Thierry raconte :
    http://www.biblioconcept.com/citations/citations_de_lichtenberg.htm

  7. 000 says:

    J’aime l’aphorisme, mais j’en ferais l’opposé du livre.

    Un aphorisme, c’est une vue unique sur une chose. Un bon livre est un monde complexe.

    La capacité à construire une histoire qui tienne la route, n’est pas contenue dans l’aphorisme.

    On dit parfois d’un mauvais livre qu’il est une succession d’aphorismes, ou bien une seule idée étirée en longueur : la mayonnaise ne prend pas. Même chose pour un scénario.

    Est-ce J, ou un autre, qui a cité Proust, pour qui la littérature de notation n’avait aucune valeur ?

    Tout ce qui se réduisait à un aphorisme était pour lui l’échec de la littérature.

    C’est en tout cas l’échec de la forme de littérature qui ne peut se réduire à l’aphorisme.

    Pour ce qui est de Twitter, j’ai revu de nombreux carnets, des meilleurs auteurs :

    la plupart des meilleurs fragments ne tiennent pas, et ne peuvent pas tenir, dans 140 caractères.

    La forme courte c’est une chose. Mais 140 caractères c’est trop court. Une vue un peu complexe déborde les 140 caractères, et demande le double ou le triple.

    Barthes se moquait des maximes de La Rochefoucauld, toutes retournables parce que trop courtes pour ne pas être des idées fausses, trop simplifiées.

    Twitter est propre aux “bons mots”, c’est à dire au mensonge de la pensée.

    Les grands auteurs de fragments ont besoin de plus de 140 caractères pour écrire une vraie pensée, qui ne soit pas qu’un bon mot futile.

    Il faudrait 500 caractères, pour que Twitter soit une école de la forme courte, qui ne se limite pas à une école du “bon mot” creux.

  8. Dans un livre l’aphorisme est souvent développé, sur Twitter il reste toujours tel quel, sans être pour autant dénue de sens.

  9. 000 says:

    “citations_de_lichtenberg.htm”

    Il y a loin d’un aphorisme de Lichtenberg à un livre !

    C’est au mieux un stimulus, mais 99% du travail de créativité reste à faire,

    sauf à appeler “livre” un rectangle de feuilles de papier collées, comme le machin de versac.

  10. [Twitter] Écrire, c'est twitter http://bit.ly/cjZoU1

  11. Elwale says:

    RT @LucBernouin: [Twitter] Écrire, c'est twitter http://bit.ly/cjZoU1

  12. RT @LucBernouin: [Twitter] Écrire, c'est twitter http://bit.ly/cjZoU1

  13. Écrire, c’est twitter – http://bit.ly/duvXHi

  14. olivier says:

    Caro­line Sagot Duvau­roux est aussi poète. la contrainte des 140 mots est intéressante pour son écriture. Le commencement a déjà eu lieu quelques jours ont été ecrits. je ne peux pas encore vous en dire plus.
    le nom sur twitter a été deja reservé.
    🙂

  15. à L'homme qui connaît la recette du poulpe à la banane says:

    “je ne vois pas l’intérêt de poin­ter sur un des apho­rismes sans le contexte de tout les autres.”
    Henri A

    Et là, ça s’éclaire (le rapport) ?
    🙂

  16. Henri A says:

    Nitche est un cas à part.
    En effet chaqu’ un de ses aphorismes ont un intérêt en soi mais pas seulement.
    Wittgenstein a essayé de faire un truc dans le même genre, mais là c’est encore autre chose.
    Pendant des décennies, scolairement ainsi que les “pros” ont interprétés Nitche de cette façon ; aphorisme géniaux partant dans tout les sens.
    Depuis quelques temps, il est pris plus au sérieux. ( pas chez les littéraires )

  17. 000 says:

    ip 1 c’est encore J ? Quel cirque ici !

    Enfin, comme souvent les trucs de Twitter, c’est une fausse discussion à partir d’un bon mot, qui devient faux dès qu’on sort des 140 caractères.

    Un aphorisme c’est un aphorisme, et un livre c’est un livre.

    Le rapport de l’un à l’autre est le même que celui d’une allumette à une tour eiffel en allumettes.

    Pour faire la tour eiffel, il faut le plan de la tour eiffel, et ce n’est pas contenu dans l’allumette.

    Un livre qu’on peut réduire à un aphorisme est un mauvais livre, un livre inutile.

    L’essentiel d’un livre, c’est le chemin, et pas une idée qui tiendrait en une phrase.

    A la recherche du temps perdu ou Voyage au bout de la nuit, c’est tous les personnages, et irréductible à une phrase.

    La phrase-force est au mieux la béquille qui a déclenché l’écriture, mais l’écriture c’est ce qui a suivi, elle commence après, dans la composition, le plan, les êtres, les situations…

    ça n’empêche pas qu’on puisse aimer un recueil d’aphorismes, le bouquin de Thierry est bon. Mais c’est un recueil, pas un aphorisme dilaté.

  18. 000 says:

    “Pour faire la tour eiffel, il faut le plan de la tour eiffel”

    Et une idée force comme un aphorisme, ce n’est pas un plan.

    Le plan c’est le détail du chemin, l’ADN de la composition complète et détaillée. C’est cela qui fait le livre.

    Un livre ce n’est pas une idée, c’est une composition (même si elle s’improvise en chemin). Comme un film.

  19. 000 says:

    (On voit les merdes que produit le cinéma, quand tout est réduit au pitch, et que ce pitch est dilaté pour faire un film, sans génie de la construction, avec des dialogues creux, etc

    Le pitch, c’est encore un truc de publicitaire. Pas d’auteur.

    Le publicitaire fait des pitches, l’auteur fait des compositions.

    Twitter est une merde pour publicitaires.)

  20. Henri A says:

    “6.43 – Si le bon ou le mauvais vouloir changent le monde, ils ne peuvent changer que les frontières du monde, non les faits ; non ce qui peut être exprimé par le langage. En bref, le monde doit alors devenir par là totalement autre. Il doit pouvoir, pour ainsi dire, diminuer ou croître dans son ensemble. Le monde de l’homme heureux est un autre monde qui celui de l’homme malheureux.”
    Tractatus logico-philosophicus, Ludwig Wittgenstein

    C’est l’histoire de quoi, ça, déjà ?…

  21. Nietzsche est lui-même un aphorisme géant says:

    @Henri :
    “Nitche est un cas à part.”
    Non. Nietzsche est DEVENU un cas PARCE QUE CERTAINS L’ONT MIS à part.

    Tiens, prenons ta remarque “Wittgenstein”
    Disons que ce qui me fascine actuellement au sujet des échelles dans l’univers, c’est l’idée que, peut être, on ne découvre pas les structures de l’univers par l’observation, mais que ce sont les structures de l’observation elle-même que l’on découvre par l’univers.
    Actuellement on découvre tout un panel de nouvelles propriétés matérielles à l’échelle nano, ça n’arrête pas en ce moment !
    J’ai une grosse intuition là-dessus.Voilà tout.
    Si j’ai cette intuition sans Nietzsche, cela ne constitue pas un critère qui suffise à affirmer que c’est une mauvaise intuition.
    Comprends-tu mon objection…

    @OOO :
    Si J ce n’est pas moi, c’est peut être toi-même, et tu l’as peut être oublié.
    🙂

  22. Némésis et Persona says:

    En fait, comment pourrais-tu savoir si tu n’as pas oublié ou non que tu es J ?
    🙂

  23. 000 says:

    @ Henri CC-

    Déjà, tu cites un fragment, qui ne tient pas sur Twitter.

    Si tu tentes de mettre ce fragment de Wittgenstein sur Twitter, Twitter te dit qu’il y a 250 caractères de trop.

    Ce qui montre bien l’immense connerie de Twitter, que seuls des snobs peuvent défendre.

    Même un fragment court de Wittgenstein ne tient pas sur Twitter.

    Twitter ce n’est pas la forme courte, c’est la réduction en-deçà du stade de la pensée.

    Cela forme des ânes, qui savent seulement faire des RT et des “bons mots”.

    Une pensée courte, ce n’est pas 140 caractères, c’est au moins 300 ou 500.

    D’ailleurs, au fond, les fragments c’est plus intéressant que les aphorismes.

    L’aphorisme tient du jeu. Les maximes de La Rochefoucauld, c’est un jeu dans un salon.
    Idem pour Wilde, connivence entre snobisme, jeu et aphorisme.
    On cite ça à 17 ans.

    En tant que tel, l’aphorisme ne cherche pas la vérité, un aphorisme c’est presque toujours une connerie pour briller dans un salon.

    Le court fragment est plus intéressant.

    (L’aphorisme c’est une phrase, le fragment un paragraphe. Le fragment ne tient pas sur Twitter).

    Nietzsche, Wittgenstein, Paul Valéry, Montherlant… écrivent des fragments, plus que des aphorismes. Quand ils font de l’aphorisme ils sont souvent faibles.

    Montaigne aussi compose par fragments. Il cherche à approfondir la vérité par ajouts successifs, ce n’est pas le jeu fermé de l’aphorisme dont la “vérité” tient en une phrase.


    “C’est l’histoire de quoi, ça, déjà ?”

    Une histoire, un livre, ce n’est pas son pitch en quelques mots.

    Une histoire, c’est la façon dont un pitch est développé, c’est une composition.

    L’histoire de “A la recherche du temps perdu”, c’est au minimum quelques pages présentant la composition dramatique. Ce n’est pas “Marcel devient écrivain”.

    Tu donnes comme sujet à tous les auteurs du monde : “Marcel devient écrivain”, la plupart feront des histoires nulles.

    Le génie de Proust commence après l’idée. Dans la création des situations.

    Un pitch, ce n’est pas un livre. Le livre commence quand on compose une histoire. Pas quand on trouve une idée. L’idée c’est rien.

    On a 100 000 idées, qui ne deviennent pas des livres, parce que tout le travail d’un livre commence après l’idée, qui est la chose la plus facile et la plus vide.

    Créer des personnages qui tiennent la route, c’est beaucoup plus dur que d’avoir une bonne idée.

    Très souvent le matin, on se lève avec une idée de film ou de livre : “je vais écrire l’histoire de…”

    Si cette idée c’était l’essentiel du livre ou du film, ce serait trop facile. La difficulté commence après, l’idée de départ c’est rien du tout.

  24. un tweet au ralenti says:

    Un ralenti ne contient aucune information supplémentaire :
    c’est une décomposition de ce qui est déjà présent.

    Un tweet de 140 caractères ne contient pas les informations qui mèneront au livre.

    L’idée de ralenti n’est donc pas bonne.

    Le travail de l’écrivain, c’est d’ajouter au tweet ce qui n’est pas présent en lui.

    On ne déroule pas ce qui est présent en matrice. On ajoute ce qui n’est pas présent, ce qu’il faut chercher ailleurs : dans son expérience, dans sa documentation, dans son style, dans sa vision. Et c’est la partie la plus difficile pour l’auteur, la plus enrichissante pour le lecteur : l’essentiel commence au-delà du tweet.

  25. RT @LucBernouin: [Twitter] Écrire, c'est twitter http://bit.ly/cjZoU1

  26. à Proust, le réciteur de leçons says:

    T’y es pas du tout 000, dans ce billet Thierry poursuit ses recherches sur le pourquoi du manque d’imagination des éditeurs vis à vis des formats d’édition.

    Il se demande comment tel ou tel format acquiert le label de professionnel, et non comment on récite par coeur la construction de ce format particulier qu’est le roman. Et surtout pourquoi l’éditeur dissocie les deux (normalisation et construction); Lequel de l’éditeur ou du lecteur à le plus de pouvoir sur cette normalisation et comment ce rapport de force évolue au fil des supports.

  27. 000 says:

    “le pour­quoi du manque d’imagination des éditeurs vis à vis des formats d’édition”

    “j’ai eu l’idée”, écrit dans la solitude du carnet personnel, avant Twitter,

    est bien meilleur que “Croisade”, illisible car écrit dans le flux sur Twitter, l’écriture-gadget écrasant l’écriture-vérité.

    Twitter n’est pas un format d’écriture, c’est un format de jeu mondain.

    C’est du snobisme, on est à des millions de kilomètres de ce qu’est l’écriture.

    Les grands écrivains n’ont jamais suivi les expérimentations les plus farfelues qui amusaient les salons snobinards en manque de nouveautés.

    Twitter c’est le jeu mondain,

    à la façon des charades qui amusaient les bourgeoises dans les salons à l’époque romantique.

    Ce n’est pas ce qui traverse le temps, comme oeuvre. C’est du flux jetable. De l’excitation sur du vide.

    L’écho de surface, l’interaction permanente, donnent une vie artificielle qui évite de chercher à créer la vie dans l’écriture.

    Twitter, comme toutes les mondanités, c’est l’anti-écriture. Proust est devenu écrivain quand il a quitté le jeu mondain.

    Le génie de Céline c’est de n’avoir pas suivi la mode et les jeux de salons. On se souvient de lui, et pas des avant-gardistes de surface.

  28. Croisade est illisible pour toi… j’ai bien plus de gens qui apprécient de le lire que J’ai eu l’idée pour le moment… (la version actuelle je veux dire, pas mal réécrite d’ailleurs… dans la fameuse solitude).

  29. Henri A says:

    A on ne sait plus ip7 :

    « Comprends-tu mon objection… »
    J’espère que non parce que ça en est pas une.

    « Si j’ai cette intuition sans Nietzsche, cela ne constitue pas un critère qui suffise à affirmer que c’est une mauvaise intuition. »
    Ok, et alors ? Qui a dit que les carottes sont cuites sans Nietzsche ?

    « Disons que ce qui me fascine actuellement au sujet des échelles dans l’univers, c’est l’idée que, peut être, on ne découvre pas les structures de l’univers par l’observation, mais que ce sont les structures de l’observation elle-même que l’on découvre par l’univers.
    Actuellement on découvre tout un panel de nouvelles propriétés matérielles à l’échelle nano, ça n’arrête pas en ce moment !
    J’ai une grosse intuition là-dessus.Voilà tout. »
    Ben tu as une intuition qui à la limite peut faire peur, car en gros, la moitié des physiciens quantiques sont sur cette longueur d’onde. Mieux, le clivage existe depuis la moitié des années 30.
    Il faudrait faire gaffe quand même aux vaste intuitions pour ce genre de discipline.
    Il est impossible philosophiquement parlant de se faire une idée plus ou moins claire dans ce domaine si on n’a pas fait un choix ( croyance, opinion ) sur les définitions, l’existence et le sens à donner aux calcul de probabilités.

    « Non. Nietzsche est DEVENU un cas PARCE QUE CERTAINS L’ONT MIS à part. »
    Ok, et alors encore une fois ?
    Grosso modo, 1900 à 1930 des vastes écrivains l’ont mis à part.
    1940 à 1970 des philosophes dégénérés allemands l’ont mis à part.
    1970 à 1980 des philosophes dégénérés français l’ont mis à part.
    Depuis la fin de 1990 ce sont des scientifiques qui le mettent à part.
    2010, je l’ai mis à part.

  30. à la nano chair de poule d'Henri says:

    “Ok, et alors ? Qui a dit que les carottes sont cuites sans Nietzsche ?”
    Tu semblais le faire avec 000,en le dressant comme monocle incontournable de la logique floue et aujourd’hui tu confirmes que non. Bien. Nous sommes d’accord.

    “Il fau­drait faire gaffe quand même aux vaste intui­tions pour ce genre de dis­ci­pline.”

    Mais je fais gaffe. Je fais gaffe.
    Ce n’est pas moi, le polonais qui a accepté que l’anté pénultième président des USA ne lui accorde que 10 minutes pour lui expliquer la chose.
    😉
    Quant à faire remonter les découvertes actuelles en nano aux années 30, tu pousses un peu loin, là. Mais je t’accordes de ne pas savoir de quelle intuition il s’agit, puisque je ne l’ai pas donnée ici. Donc tu dois probablement généraliser à l’échelle atomique (les années 30, 🙂 , tu m’en diras tant, 1830 sans doute, et encore…)

  31. 000 says:

    “monocle incontournable”

    Proust et Nietzsche, dans leurs domaines, sont des entraîneurs de haut niveau.

    Ils ne sont pas incontournables, mais les autres sont encore plus contournables.

    Se passer d’eux expose au risque de croire inventer la poudre en ne faisant pas grand chose.

  32. Le retour des morts-vivants et l'avènement des vampires says:

    ” Proust et Nietzsche, dans leurs domaines, sont des entraî­neurs de haut niveau.”
    Si tu les voit comme ça,soit, ils sont ainsi pour toi. Mais qu’on cesse de les imposer comme tels à tout le monde.

    Se passer de cette sélection n’expose à rien du tout, c’est au contraire cette sélection qui va encore nous faire traîner en longueur encore pendant 3 000 ans à empêcher les autres d’avancer parce que cela ne plait pas au Mercure François !
    Tu as peur qu’on réinvente la poudre, mais toi tu réinvente tous les jours la querelle des classiques !
    Mets ta redingote et ton chapeau haute forme et défile pour conserver ce métier de charlatans qu’est la critique, si tu veux. Mais arrête de sans arrêt mettre Proust en travers d’un chemin qui ne lui appartient déjà plus !

    Pousser les gens à se réclamer d’untel ou de machin chouette alors qu’ils n’ont plus rien à y voir n’est certainement pas pour le mieux, ni pour les untels en question !

  33. 000 says:

    ” qu’on cesse de les imposer comme tels à tout le monde”

    On est plutôt dans un monde où l’on n’a plus le droit de citer les grands auteurs.

    On peut citer un footballeur, on peut citer un clown comme Guillon… tout le monde approuve ce genre de citations.

    Dès qu’on cite un grand auteur, on est accusé de pédanterie, on sort la phrase sur la culture et la confiture, etc.

    Depuis le début de l’année, la sphère médiatique ou twitterienne a davantage cité des sportifs, des politiciens, et des “comiques”, que des grands auteurs.

    Au niveau médiatique, il n’y a pratiquement que Luchini qui cite encore Nietzsche ou Paul Valéry.

    Tous les autres ont éliminé les grands auteurs de leurs références et discours.

    ce qu’on nous impose jour après jour, c’est la culture populo : on nous oblige à parler foot, sarkozy, laure manaudou nue, et Stéphane Guillon.

    Quand on parle d’autre chose que les références populos, on est suspect.

    Dictature du peuple, dans un monde formaté pour la ménagère de moins de 50 ans et les ados consommateurs.

    Citer Nietzsche, Bresson ou Proust devient un acte de résistance dans un monde qui élimine la culture autant qu’il peut.

  34. à celui qui contemple son ombre au sol au lieu de lever les yeux says:

    ” On est plu­tôt dans un monde où l’on n’a plus le droit …”
    Combien tu as d’écoles où leur citations sont encouragées,
    leurs oeuvres disséquées,
    de théâtres où leurs pièces sont jouées ?

    On est dans un monde où les livres de tes grands auteurs sont je ne sais combien de fois réédités, classifiés , empruntés, repris dans je ne sais combien de langues et de magasines littéraires !

    On est dans un monde où de jeunes auteurs n’ont plus leur place, tout simplement parce qu’on les accuse de ne pas vouloir copier les grands auteurs !

    On est dans un monde où des gens se sont suicidés après avoir lu de grands auteurs !

    On est dans un monde où l’on trouve des gens comme toi, treize à la douzaine, pour oublier que tout ça existe déjà, afin de se donner l’impression de mener une “résistance héroique” !

    On est dans un monde où tu pleures des disparus que tu aurais méprisé, pour encore d’autres grands auteurs, s’ils avaient été tes contemporains !

    On est dans un monde où tu aimes savoir que ceux que tu cites sont morts, afin de leur faire dire nimporte quoi !

    Bref, on est déjà dans ce monde que tu appelles de tous tes voeux et où tu as tous les droits !

    Et même là, tu ne parviens pas à le regarder en face, ce monde, parce que tu as peur d’arriver à y vivre !
    Parce que tu as peur de le voir sortir et s’enfuir de tes livres ! Parce qu’en fait, contrairement à tout ce que tu veux nous faire croire, tu as peur de le voir s’épanouir ailleurs que chez toi, en dehors de toi.
    Tu as peur de les oublier, tes grands auteurs.
    Tu as peur qu’on s’en souvienne à ta place !

    Tu as tout simplement peur de les partager !

  35. 000 says:

    “Combien tu as d’écoles où…”

    Tu parles de choses complètement dépassées.

    Tout cela est en passe de devenir minoritaire dans notre monde.

    Il y a une survivance de milieux culturels,
    mais dans la sphère médiatique, anciens et nouveaux médias confondus, les références culturelles sont en perdition, remplacées par le people, la politique polémique, les buzz à la noix, l’humour de bas étage, le sport.

    Le sport fait désormais bien plus souvent la Une du Monde, que les sujets culturels.

    Les sujets culturels ont une petite rubrique, le sport envahit tout.

    Dans les nouveaux médias, la politique, les sujets people et la techno dominent.

    Regarde la faible place qu’Agoravox ou Owni consacrent à la culture.

    (Pour Owni, la musique se réduit à la musique pop sur laquelle on se bouge le cul. On est au niveau zéro de la culture. On parle aux jeunes de ce qu’ils écoutent déjà, qu’ils trouvent partout autour d’eux.)

    Au lycée, les filières culturelles sont dévalorisées. On pousse les bons élèves à faire des maths ou de l’économie.

    Dans les Fnac, ce n’est pas le rayon “auteurs classiques” qui écrase tout.

    Alors ne nous fais pas le coup d’un élitisme culturel imposé à tous : il est au contraire un esprit de résistance, de plus en plus exclu de la sphère de visibilité.

  36. à celui qui fais du remplissage de formulaires lorsqu'il commente says:

    “Tu parles de choses com­plè­te­ment dépassées.”
    Faux. Et en l’occurence c’est toi qui les dévalorises.

    “Tout cela est en passe de deve­nir mino­ri­taire dans notre monde.”
    Ca c’est le programme que tu voudrais appliquer, comme précédemment dans ton comment sur les technologies de garage postées par Thierry.

    “mais dans la sphère média­tique,…”
    Si je ne peux citer une des fois où vous rabâchez que les médias ne sont pas le reflet du monde, je ne pourrais pas citer les milliers de fois où vous l’écrivez ici…

    “Regarde la faible place qu’Agoravox ou Owni consacrent à la culture.”
    Pour Agoravox ou Owni, sais pas. Peut être parce que je rencontre “LA Culture” que tu prones partout ailleurs. 🙂

    “Au lycée, les filières cultu­relles sont déva­lo­ri­sées.”
    A une certaine époque, “ta” conception du concassage culturel avait effectivement conduit à ce résultat désastreux parce qu’elle patronait les référentiels de l’enseignement. Aujourd’hui nous avons appris l’art du camouflage, les choses ont évolué différemment, justement pour échapper à votre censure. Il y a de nouveaux codes irrepérables de vous.

    “On pousse les bons élèves à faire des maths ou de l’économie.”
    Certains élitistes comme toi arrivent toujours à trouver des bons et des mauvais élèves partout…y compris dans les filières professionnelles et technologiques :-). C’était ton monde, ça.

    ” Dans les Fnac, ce n’est pas le rayon “auteurs clas­siques” qui écrase tout. ”
    On voit ici effectivement comment tes citations ont ouvert ta sensibilité au char Dassault. Si tes auteurs classiques n’ont rien pu faire pour toi, en ne cherchant pas à tout écraser sur leur passage, Je ne vos pas ce que la FNAC, un réseau de distribution commercial, pourra faire pour toi, alors qu’elle dispose bien en évidence les collections élites de tes classiques.

    “Alors ne nous fais pas le coup…”
    Encore une fois, tu vis dans le monde que tes élites ont configuré. De quoi te plains-tu, encore ?
    🙂

  37. 000 says:

    “tu vis dans le monde que tes élites ont configuré”

    Nous vivons dans le monde que les publicitaires et commerçants ont configuré, avec un seul objectif : vendre, consommer.

    Surfant sur l’appétit irréfléchi du peuple, peuple se vautrant sur tous les produits de consommation possibles.

    Ce ne sont pas “mes élites”.

    Toutes mes références culturelles, toutes “mes élites”, sont contre la société de consommation, sont contre la publicité.

    J’oppose justement les élites culturelles aux marchands et aux publicitaires qui ont détruit le monde, le polluant de A à Z, avec la complicité du peuple des consommateurs.

    TF1 a bien compris qu’il faut détruire la culture pour vendre du Coca-Cola.

    Un Nietzsche ou un Montherlant n’ont jamais prôné la société de consommation. Ils vivaient avec un tout petit nombre d’objets, prônaient la frugalité, l’absence de richesse extérieure, la concentration sur l’être, le dédain de l’avoir.

  38. Au monsieur jourdain du cinisme says:

    ” J’oppose jus­te­ment les élites cultu­relles aux mar­chands et aux publi­ci­taires… ”

    Et c’est justement là le nerf principal de leur argumentation. Ils sont forcément heureux de voir leur image grandir de cette manière.

    Ils se gargarisent d’avoir réussi à induire l’idée que, pour tout pekin, leurs slogans concurrencent tes citations sur le “marché de l’attention et de la stimulation”.

    Mieux, ils arrivent même à faire croire l’idée que tes auteurs sont les pères de leurs méthodes, tellement ton attitude au sujet de la culture rend les gens avides de références prestigieuses.

    TF1 est très heureux de faire constater aux gens que ce que tu dis est faux, qu’ils ne détruisent pas “la culture” mais qu’au contraire ils apprennent d’elle.

    “notre produit n’est pas un objet, c’est juste une fragrance, soyez untel au lieu de vous compliquer l’existence à toujours avoir plus, restez proche du naturel, portez notre parfum ”

    Et derrière, t’en a des millions qui ont été éduqués à reconnaitre ta citation derrière ce slogan ! parce qu’ils ont appris à l’école que c’était ça “LA CULTURE” !
    Et derrière eux, tu as tout un tas d’hommes politiques qui spéculent sur ce que le rayonnement de “LA CULTURE”(on peut désormais rajouter tout un tas de choses derrière)”DE NOTRE PAYS”(par exemple) peut rapporter au PNB pour diminuer le déficit budgétaire dans un monde de camps retranchés qui , tiens ! était décrit en long et en large dans tes bouquins comme étant le résultat à fuir comme la peste bubonique !

  39. 000 says:

    “parce qu’ils ont appris à l’école que c’était ça “LA CULTURE””

    Tu parles d’un peuple qui a reçu une teinture de culture à l’école, et qui n’est pas allé plus loin, donc se laisse ensuite berner par des images et des slogans.

    La culture, ça se poursuit après le collège, et c’est à ce moment qu’on apprend à décoder les manipulations.

    Nietzsche est très bon pour éduquer contre les manipulations sociales.

    Je défends l’étude individuelle des grands auteurs, et pas le système social du vernis culturel appliqué pour conforter la société bourgeoise.

  40. Je deviens champion d'haltérophilie à force de traîner des boulets says:

    […on apprend à déco­der les manipulations…]
    Et c’est bien cette perte de temps que je souligne ici de façon plus appuyée que d’habitude !
    (on voit bien que tu fais exprès de ne pas comprendre)

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