Les enseignants sont-ils encore de gauche ?

Trois informations viennent de se caramboler dans ma tête. Paul Ariès prône l’économie du don et n’offre pas ses livres en version gratuite. À Ouessant, Ayerdhal nous a dit que la plupart des auteurs étaient des fonctionnaires, surtout des profs. J’ai enfin lu cet interview magnifique de Götz Werner au sujet du dividende universel. Je me suis alors mis à bouillonner.

Si l’on se dit de gauche, si l’on milite pour l’égalité, pour une meilleure répartition des richesses, on doit logiquement être favorable au dividende universel, ce revenu qui nous permettrait à tous d’assumer nos besoins élémentaires et de ne plus travailler que pour faire ce que nous aimons.

Si, par un heureux hasard, nous disposons d’un tel revenu, n’est-ce pas l’occasion, plutôt que de chercher à gagner plus, de cultiver notre jardin secret. Ainsi de nombreux fonctionnaires, surtout les profs qui ont pas mal de temps libre, écrivent. Alors je me suis dit que comme ils n’avaient pas absolument besoin des revenus de ces livres pour survivre, ils seraient logique que, tout en continuant à les vendre, ils les offrent aussi gratuitement en téléchargement. Ils permettraient à ceux qui gagnent peu de ne pas avoir à travailler plus pour se payer un peu de culture.

Combien de profs écrivains, qui ont une totale sécurité financière, offrent-ils leurs textes gratuitement ? Si tous ceux qui parmi eux se disent de gauche agissaient de la sorte, ce serait une révolution dans le monde de l’édition en même temps qu’une révolution politique.

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30 comments

  1. Les enseignants sont-ils encore de gauche ? J'ai la preuve que non! http://bit.ly/9cLJQY

  2. ownicrew says:

    #OwniCrew Les enseignants sont-ils encore de gauche ? http://bit.ly/chg9PM

  3. "Combien de profs écrivains, qui ont une totale sécurité financière, offrent-ils leurs textes gratuitement ?" http://j.mp/aiJN3X

  4. Les enseignants sont-ils encore de gauche ? #creativecommons http://icio.us/nfawnf

  5. Arnaud M. says:

    Les enseignants sont-ils encore de gauche ?: Com­bien de profs écri­vains, qui ont une totale sécu­rité finan­cièr… http://bit.ly/9rjfYi

  6. AzNuance says:

    Vous avez déjà été prof ? Un prof n’a que très peu de temps libre. Il y a une marge entre la théorie (les vacances) et la pratique (prépa de cours, cas sociaux à traiter, courir d’un lycée à l’autre). Je trouve assez léger de taper sur le dos des profs pour démontrer l’inadéquation entre l’idée de gauche et la pratique.
    Vous me direz que vous parlez peut-être de profs de fac. Dans ce cas il conviendrait de le préciser dans votre billet. Mais même dans ce cas, si un prof a beaucoup de temps libre il n’est pas prof mais fonctionnaire planqué. Et je ne crois vraiment pas que cette catégorie représente la majorité. Un prof aime ce qu’il fait même blasé même découragé et il n’a généralement que très peu de temps libre.
    Et non, je ne suis pas prof.

  7. L'Abeille says:

    … c’est sans compter que le rêve de la plupart, c’est de vivre de leur activité d’écriture !

  8. RT @crouzet Les enseignants sont-ils encore de gauche ? J'ai la preuve que non! http://bit.ly/9cLJQY

  9. leup sensei says:

    RT @br1o: "Combien de profs écrivains, qui ont une totale sécurité financière, offrent-ils leurs textes gratuitement ?" http://j.mp/aiJN3X

  10. Je me borne à constater. Si les profs n’avaient pas plus de temps que les autres citoyens, ils n’écriraient pas plus de livres qu’eux! Ce n’est pas une question d’éducation, il existe en France beaucoup d’autres gens au moins aussi éduqués que les profs.

    Répondez plutôt à ma question. Le temps n’est guère important dans mon argument. Les profs sont sécurisés financièrement, ils sont souvent de gauche, mais ils offrent pas leurs textes en téléchargement gratuit… pour moi il y a un bug. C’est tout.

  11. Arnaud says:

    Comme vous le dites dans les commentaires d’un précédent billet, l’auteur est libre de choisir le support sur lequel il publie, pourquoi pas les profs?

    Car : un prof n’est pas forcément de gauche (c’est mal connaître la “population” prof)et il ne milite pas forcément pour une meilleure répartition des richesses etc.

    bref j’ai l’impression que vous partez d’un énorme préjugé, d’une caricature ou pire de votre imagination de ce qu’est un prof pour le rattacher à une obligation : celui de publier sur tel support.

    ” ils les offrent aussi gra­tui­te­ment en télé­char­ge­ment. Ils per­met­traient à ceux qui gagnent peu de ne pas avoir à tra­vailler plus pour se payer un peu de culture.”
    Les profs d’université ont souvent leurs livres dans les rayons des bibliothèques universitaires. Et, beaucoup de livres sont disponibles gratuitement dans les bibliothèques publiques.
    Je ne crois pas forcément qu’une mise en ligne gratuite d’un livre changera grand chose dans le nombre de lecteur d’un livre (sauf pour un livre déjà best-seller de type Marc Levy, Harry Potter & consort).

  12. 000 says:

    “”Les profs sont sécu ri sés finan ciè re ment”

    En toute une vie de travail, un prof n’a pas la possibilité de mettre autant de côté que ce que t’ont permis, tes ventes de livres informatiques, puis tes revenus publicitaires de BonWeb.

    Un prof est rarement sécurisé financièrement. Il a la garantie de l’emploi, mais s’il a une famille, son salaire ne couvre pas grand chose. A peine un petit loyer. Pas question de pouvoir financer des études pour les enfants, par exemple, ou des soins dentaires coûteux. Pas question d’aller loin en vacances, surtout avec les enfants. Pas de ski l’hiver en famille. Le camping l’été.
    Un ennui avec la voiture, et c’est difficile à remplacer financièrement.

    Quand quelqu’un travaille quelques années dans le marketing, il peut mettre un pactole de côté, ce qui lui donne une sécurité financière très au-dessus de ce que gagne un prof.

    Un prof gagne 500 000 euro en 30 ans de travail. Cela représente moins d’un an de revenus de Bonweb à la grande époque du site.

    Une situation précaire dans le privé peut rapporter autant en quelques années, que le revenu d’un prof en toute une vie.

    La sécurité financière n’est pas forcément dans le revenu fixe garanti par l’Etat, quand ce revenu est faible et ne permet pas grand chose.

  13. Henri A says:

    Les derniers commentaires, 000 en premier, oublient un détail ( ou font une confusion ). Ils considèrent le métier de prof “actuellement” comme étant le même depuis 30 ans. Le pouvoir d’achat d’un prof n’est plus le même aujourd’hui comparé à celui qu’il était il y a ne serait-ce que 10 ans ( la grosse baisse comme beaucoup de métiers d’ailleurs ). Tout le monde ou presque en chie de plus en plus, et il n’est pas question de stigmatiser des fonctionnaires comme le font ces misérables journalistes des médias, mais les évidences ne peuvent s’écartés d’un revers de la main ( sécurité de l’emploi et vacances ). Expliquer, ne pas stigmatiser ( quoi que ce soit ), mais sans exagérations d’un coté comme de l’autre.

  14. Les revenus de bonweb n’étaient pas mes revenus! 🙂

    J’ai écrit ce billet dans la perspective du dividende universel… Si j’ai un dividende qui me permet de vivre, je me fiche de faire payer ou non mes livres… Je ne parle pas de vivre luxueusement, de vivre.

    En plus, donner c’est livre d’un côté, n’empêche pas de de les vendre ailleurs. Et il faut arrêter de dire que les livre sont gratuits dans les bibliothèque (le sauteurs sont payés).

    Et pusi ce billet était une suggestion pour les profs de gauche (je n’ai jamais dit que tous les prof étaient de gauche il me semble).

  15. Arnaud says:

    Le titre est pourtant assez précis et suggère que les profs sont de gauche ou étaient avec le mot “encore” :

    “Les enseignants sont-ils encore de gauche ?”

    Certes, le contenu du billet est nuancé mais si peu … et le titre est bien englobant

    “Et il faut arrê ter de dire que les livre sont gra tuits dans les biblio thèque (le sau teurs sont payés).”

    Ils le sont gratuits pour l’usager, le même que vous évoquez qui doit se payer un ordinateur pour consulter un livre numérique gratuit.

    “mais les évidences ne peuvent s’écartés d’un revers de la main ( sécu rité de l’emploi et vacances ). Expli quer, ne pas stig ma ti ser ( quoi que ce soit ), mais sans exa gé ra tions d’un coté comme de l’autre.”
    Remplacez le mot évidence par préjugés, non?
    Sécurité de l’emploi : toute relative, car certes si on peut garder facilement son emploi, dans quelles conditions? avec quels moyens? la reconversion d’un prof est-elle réellement possible? Vacances : toute relative aussi, ce n’est pas parce que les étudiants/bambins sont en vacances que les profs le sont.
    Si on voulait vraiment avoir un avis construit le sujet, encore faudrait-il faire l’étude de cette population par un certains nombre de variable et ne pas se contenter d’évidence qui ressemble plus à des lieux communs voire des préjugés.

  16. Henri A says:

    A Arnaud le sémiologiste :
    “Rem­pla­cez le mot évidence par pré­ju­gés, non?”
    Non. Chez moi une évidence est un fait brut.

    “Sécu­rité de l’emploi : toute rela­tive, car certes si on peut gar­der faci­le­ment son emploi, dans quelles condi­tions? avec quels moyens? la recon­ver­sion d’un prof est-elle réel­le­ment pos­sible? Vacances : toute rela­tive aussi, ce n’est pas parce que les étudiants/bambins sont en vacances que les profs le sont.”
    Donc, si je comprends bien, les profs ont la sécurité de l’emploi mais ce sont les conditions de travail qui sont minables. Quel est le rapport avec la sécurité de l’emploi ?
    Et les vacances sont comparables j’imagine, avec les cinq semaines par an plus quelques jours fériés dans d’autres métiers.

    L’éducation est une ou la chose la plus importante qui soit et il y aurait beaucoup de choses à dire sur les conditions lamentables existantes. Je ne suis pas prof mais mon entourage ( famille, amis )en est rempli. Il est stupide de mentir, biaiser, sur deux misérables paramètres alors que ces mêmes paramètres et tout les autres sont si faciles à défendre.

  17. Jean-Hugues Villacampa says:

    Une fois de plus la question de fond de Thierry reste sans réponse…
    Une fois de plus, un débat stérile et hors sujet pollue la question principale.
    Pour en revenir aux questions personnelmles et à l’argent, Thierry fait justement partie des personnes qui qualité de vie atteinte (et on voit que vous n’avez pas vu sa voiture…) octroie justement du temps à l’expérience sans but lucratif (et si ça lui en rapporte un jour tant mieux…).
    Reformulons. Pourquoi JK Rowling ne met pas Harry Potter en ligne gratos ?

  18. Arnaud says:

    “Non. Chez moi une évidence est un fait brut.”
    Un fait brut, vous voulez dire une donnée brute (non peut être même pas en fait…). Un fait brut…. il faut vraiment cherche ce que c’est.

    Pour la sécurité de l’emploi : vous octroyez ma remarque de la reconversion. Enfin bref, je crois qu’il est impossible d’avoir un débat de fond avec vous au vu de l’ouverture caricaturale de votre propos. A bon entendeur, salut.

    “Une fois de plus, un débat sté rile et hors sujet pol lue la ques tion prin ci pale.
    Pour en reve nir aux ques tions per son nelmles et à l’argent, Thierry fait jus te ment par tie des per­sonnes qui qua lité de vie atteinte ”
    Je ne crois pas qu’il est question justement de la vie personnelle de Monsieur Crouzet mais de dividende universelle et de sa mise en perspective sur les métiers de l’enseignement. Vous décriez un hors-sujet pour re-rentrer dedans.

  19. @Jean-Hugues. Tu as raison, elle est dans la même situation que les profs (moi suis pas sûr d’être aussi sécure vu ce que je gagne aujourd’hui :-)), elle devrait elle aussi donner ces textes. Mais je suis pas sûr que politiquement elle partage des idées progressistes 🙂

    On devrait avoir un théorème : tu te pleins des inégalités, tu es écrivains, tu as assez d’argent pour vivre ad vitam, tu offres aussi tes textes gratuitement.

  20. 000 says:

    “”moi suis pas sûr d’être aussi sécure”

    Tu as déjà gagné plus qu’un prof dans toute sa vie.
    Donc tu pourrais ne plus rien gagner jusqu’à ta mort.

    (Beaucoup de profs ne peuvent pas se payer une belle maison dans le midi. Beaucoup ne sont pas propriétaires et payent un loyer jusqu’à la fin de leur vie.)

    Il y a d’autres professions sur lesquelles taper, que les profs.

    Tapons sur les parasites des agences de pub.

    Il faudrait pendre un publicitaire chaque semaine, pour l’honneur. Entre deux traders et autres métiers parasitaires qui pourrissent la société.

    Prof n’est pas un métier parasitaire (même s’il y a de mauvais profs, et beaucoup de routiniers sans imagination).

    C’est devenu rare dans la société de consommation.

  21. J’ai tapé sur les profs! Je ne vois pas où. J’ai juste dit que c’est eux qui écrivaient le plus de livres (donc c’est qu’ils ont un peu de temps pour ça, plus que les autres en tout cas) et qu’ils étaient payés par ailleurs (j’ai pas dit qu’ils roulaient sur l’or), donc qu’ils pourraient faire un pas vers la libération de la culture (surtout s’ils se prétendent progressistes comme c’est souvent le cas — tu va voir le pourcentage de gréviste mardi). Je ne leur ai pas dit d’abandonner tous les revenus de leurs livres. L’expérience du Bélial prouve que donner gratuitement ne plombe pas tous les revenus.

  22. 000 says:

    “”J’ai tapé sur les profs! Je ne vois pas où”

    Tu demandes la gratuité d’écriture aux profs, alors qu’ils ont plus que les autres droit à un complément de revenu.

    Leur sécurité financière n’en est pas une : leur faible salaire ne permettant pas beaucoup de choses élémentaires.

    Qu’un prof espère se faire un petit revenu supplémentaire par la vente de livres, c’est légitime.

    Même un revenu supplémentaire de 500 euro par an, pour un prof, ça compte.
    J’ai connu des profs, et je peux te dire qu’ils courent souvent après 500 euro par an, qui leur manquent.

    L’argent doit aller aux métiers utiles et légitimes : l’enseignement, l’écriture, l’art… Tout ce qui ne pollue pas et enrichit l’esprit.

    Tant qu’une maison n’est pas gratuite, qu’un maçon ou un plombier fait payer son travail, l’écriture n’a pas de raison d’être gratuite.

  23. Bernard says:

    Et si, Ubu et Orbi, il n’était pas question de phynance ? Pour être de gauche, les enseignants qui écrivent & entendent publier ce qu’ils écrivent ne sont pas pour autant des crétins, ils savent pertinemment que cela ne leur rapportera rien en droit d’auteur. Mais ils savent tout aussi sûrement qu’une édition gratuite ne leur rapportera pas ce après quoi ils rament, ce qui fait tout le prix de leur entreprise : la validation symbolique. Ne devient auteur, écrivain aux yeux de tous & du monde dans lequel ils vivent, dans lequel nous vivons, que celui-là & celui-là seul qui franchit les fourches caudines de l’édition payante. A l’instar de la possession d’un cheval, jadis nécessaire pour entrer dans la chevalerie, la possession d’un prix de vente blasonné sur son texte, si minime soit-il, est la condition nécessaire pour entrer & demeurer dans l’aristocratie des auteurs. Ce ne sont pas les trois ordres qui font les adoubements qui me diront le contraire. Autrefois Clergé, Noblesse d’épée, Noblesse de robe, ici & maintenant Pairs (auteurs/éditeurs), Critique (media), Vente (distributeurs), les a-t-on jamais vu considérer, ces autorités — tout occupés qu’elles sont à leurs féroces querelles de préséance, à savoir qui & en premier est vraiment, voire seul, légitime pour adouber un auteur, vilipendant ou encensant ci ou là les batards du roi & autres arrivistes, pardon, les best seller, vilipendant ou encensant ci ou là les hobereaux de province, pardon, les écrivains de Haute Littérature à tirage confidentiel — les a-t-on jamais vu considérer, ces trois autorités, et ne serait-ce que d’un œil, les innombrables quichotte qui peuplent, pour s’en tenir à l’en ligne, les Calaméo, Issuu, & autres asiles d’illuminés du Verbe & de Soi ? L’un de ces hidalgo du gratuit a-t-il jamais été invité en pompe et nom propre à un colloque, séminaire, séance de dédicace ? A-t-il jamais reçu bourse, séjour, villa, prix ? Les réticences de nombres auteurs papier devant le numérique ne tiendraient-elles pas à une crainte, suprême infâmie, de déchoir de leur statut d’auteur (numérique=gratuit) ? Le Grand Duc François Bon, aussi sensible à ces questions d’étiquette que son mémorialiste chéri, mais autrement moins buté & plus imaginatif, a consacré de nombreuses pages exploratoires en son Tiers-Livre à cette matière sensible (Le bouffon que je suis a la paresse de guider par la main jusqu’à ces pages, qu’il lui faudrait retrouver. Il laisse à l’entrée : http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique28).
    Chapeau bas en tout cas, ou plat-à-barbe, au Quichotte puissance mille de cette auberge-ci pour, une nouvelle fois, avec sa franchise hors du commun, son ingénuité, propulser dans le plat des moulins à vent.

  24. Je vais aller déjeuner en me marrant… mais ça y est des auteurs purement numériques sont maintenant invités en résidence, à des colloques aussi… ça progresse.

  25. Propulsion says:

    Je partage cette remarque sur Paul Ariès et certains enseignants, je vous mène au sujet suivant qui participe du débat ouvert par le billet de Thierry Crouset.

    http://passerellesud.org/Bernard-Legros-l-enseignement-face.html

    Ici on s’adresse aux enseignants, bien sûr, aux désobéissants, mais aussi et surtout, aux égaréEs du consumérisme à intéresser aux causes du désordre globale…

    Une conférence en ligne à écouter sur Passerellesud.org, média libre d’ici et d’ailleurs, émergence médiatique des communs…

    Bien à vous

  26. Jean-Louis says:

    Je n’ai envie ni d’enterrer ni de défendre les profs, mais le débat me semble mal posé. S’il y a beaucoup d’écrivains de science-fiction qui sont profs ou qui enseignent, c’est peut-être parce que ça leur permet souvent de donner bel et bien leurs oeuvres littéraires, vu ce que ça paie, d’être auteur de sf dans de nombreux cas… Eux ne sont pratiquement pas payés pour ce qu’ils écrivent, mais les livres ne sont pas gratuits. Cherchez l’erreur… La réponse, c’est que la libraire veut être payée, et le livreur, et le distributeur, et l’imprimeuse, et le fabricant de papiers et cartonnages, et le bûcheron, et l’éditeur, etc.

    Oui, me dira-t-on, mais l’auteur n’a qu’à distribuer son livre gratuitement en-ligne, dans ce cas. Il ne gagnera pas plus d’argent (et pas beaucoup moins), mais il aura la satisfaction de savoir que le livre est disponible gratuitement.

    L’argument est recevable. Par contre, si l’auteur est d’une certaine génération, il n’aura peut-être pas l’impression d’avoir publié un livre et aura un certain mal à croire qu’un livre acquis gratuitement pour s’ajouter aux centaines ou plus déjà présents sur un e-book ou un disque dur aura autant de chances d’être lu qu’un livre payé quelques euros ou dollars chèrement gagnés… Et si l’auteur qui est enseignant ou fonctionnaire est prêt à trimer à l’oeil, il ne l’est sans doute pas à vivre dans l’incertitude quant au sort de sa prose.

    Sinon, quelques commentaires sociologiques:

    – j’avais pour voisin de palier un prof qui était locataire — mais qui se préparait une très belle retraite au vert…

    – quelqu’un qui a une voiture a nettement plus que le minimum…

    – si les enseignants écrivent autant, c’est peut-être parce que la nature de leur emploi les incline à choisir un tel passe-temps; les membres d’autres corps de métier auront des loisirs semblables, mais qu’ils passeront à jardiner, voyager, pêcher, bricoler, etc.

  27. Je posais une question, juste. Et je crois qu’on peut donner et vendre en même temps. je vais bientôt essayer d’en faire la démonstration, on verra bien si ça marche ou pas. 😉

  28. Prof pas de gauche says:

    Je ne suis pas fan du titre de cet article car il suppose qu’il y aurait une certaine “normalité” à ce que les profs soient de gauche. En tant que prof, pas du tout de gauche, je me prends ici à surfer sur la vague de l’indignation (légère et anodine) face à l’amalgame et à la généralisation.
    J’étais déjà de droite avant de devenir prof.
    Pourtant, mes quelques productions sont gratuites, pour mes étudiants en tout cas. Cependant, si je devais valoriser mon temps libre par l’écriture plutôt que par l’activité complémentaire qui est la mienne (et qui rapporte), dans la mesure où il ne s’agirait pas de cours à dispenser directement à mes étudiants, je trouverais parfaitement incongru qu’on estime pouvoir en revendiquer l’accès gratuit. Tout travail ne mérite-t-il pas salaire, qu’on soit de droite ou de gauche?

  29. Alors tu devrais vite me signer un chèque parce que cet article et tous ceux que je publie sur ce blog m’ont demandé du travail. 🙂

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