Le 13 septembre, j’ai proposé de créer un commando éditorial pour éditer un texte d’une quarantaine de pages que je venais d’écrire pour l’occasion. Le lendemain, l’équipe était sur pied et commençait à travailler. Notre but : prouver qu’on peut éditer des textes d’une manière nouvelle tout en démontrant l’absurdité du prix unique.

Où en sommes-nous ? Le texte a terminé son parcourt du combattant. Dans une première phase, il a été critiqué, démonté, je l’ai remonté, retravaillant la fin, puis le début. Les correcteurs l’ont ensuite repeigné en plusieurs passages jusqu’à ce que plus rien ne les accroche, sauf quelques lézardes auxquelles je tiens. Nous avons effectué un travail dont peu d’éditeurs traditionnels peuvent se payer le luxe, sans que cela ne présume de qualité du résultat. Vous en jugerez bientôt.

Mon titre de travail, La chasse aux riches, ne satisfait personne et sur notre groupe de discussion nous avons confronté nos idées, hésitant un moment sur Au Panthéon des pauvres, avant d’arrêter La thune dans le caniveau proposé par Jean-Francois Gayrard de numeriklivres.

En parallèle, Lény avait travaillé l’illustration de couverture. Hier, a débuté le montage proprement dit, dont deux versions illustrent ce billet. Je me suis alors souvenu du test que j’effectuais quand j’étais rédacteur en chef. Nous prenions nos couvertures et nous les placions dans les kiosques pour les comparer à la concurrence et voir si elles se démarquaient. Aujourd’hui, rien de plus simple pour un livre. Il suffit d’aller sur Amazon, de capturer une planche de couvertures et d’y coller les siennes. Nous devons encore travailler mais nous progressons.

Il nous reste à boucler cette étape de packaging, maquetter le texte, écrire une quatrième de couverture et adopter une stratégie de propulsion. Nous glissons peu à peu vers la phase commerciale, avec cette ambition de proposer le texte sur une multitude de plateformes, chaque fois à un prix qui garantit à l’équipe éditoriale un revenu constant (et qui donc implique un prix de vente variable).

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28 comments

  1. L’expérience inédite, un point http://goo.gl/fb/FpiP3 #dialogue #édition #expi #une #workshop

  2. RT @crouzet: L’expérience inédite http://bit.ly/a9A6gK #ebook

  3. ownicrew says:

    #OwniCrew L’expérience inédite, un point http://bit.ly/dqvPvG

  4. PhilCyLaw says:

    RT @crouzet: L’expérience inédite http://bit.ly/a9A6gK #ebook

  5. Texte finalisé, la couverture est en discussion. Affaire à suivre… http://fb.me/uNNiqAo7

  6. Yann Kastell says:

    L’expérience inédite, de Thierry @Crouzet progresse ! http://bit.ly/9coqma

  7. RT @crouzet: L’expérience inédite continue http://bit.ly/a9A6gK #ebook

  8. RT @nicolasancion: RT @crouzet: L’expérience inédite continue http://bit.ly/a9A6gK #ebook

  9. eBouquin says:

    N'aime pas le titre ni la couv et pourtant texte intéressant. RT @crouzet: L’expérience inédite continue http://bit.ly/a9A6gK

  10. A vous lire et imaginer comme cela swingue ou surfe, on se dit que Lautréamont et d’autres figures fantomatiques de l’écrit auraient gagné à connaître les technologies actuelles, vraiment. Quelque part, ça fait quand même peur tout ça, sachez-le !

  11. Peur? Tu devrais expliquer un peu plus.

  12. Serge Meunier says:

    Entre le classicisme qui ponçait les choses ou attendait qu’elles soient patinées et l’excès de vitesse à quoi fait tendre notre “contemporanéité”, il y a un grand-écart et j’ai peur que le sens finisse par se perdre par des interstices.
    Il se perd déjà pour nombre d’entre nous dans les pratiques concrètes de vie quotidienne (concrètement, pas mal de parents se foutent de leur enfants, pas mal de couples démarrent sur le mode bancal au point que cela saute aux yeux) et j’espère que le sens ne va pas faire défaut là où, justement, nous sommes en droit d’espèrer qu’il soit présent, vibrant certes mais vivant : l’écrit. En fait, je suis un tantinet réfractaire au laboratoire…

  13. Clément says:

    Pas emballé par le titre ni la couverture. C’est un projet et un texte qui, à mon avis, vaudraient mieux.

    Un peu sceptique sur cette dernière phase de packaging (couv + titre etc.). Pour l’éditorial, je suppose que vous vous êtes bien amusé. 😉

  14. @serge Balzac, Dumas et bien d’autres ont travailler dans une urgence bien plus grande que la nôtre à devoir boucler leurs textes pour les journaux. On est moins dans la vitesse qu’eux en fait.

    Et il ne s’agit pas d’un laboratoire, juste d’un travail éditorial, selon de vieilles méthodes éprouvées (c’est cadre qui change, c’est tout).

    @Clement Comme je le disais à Nicolas Ancion sur Twitter, ma nature me pousse vers le Pulp et le flash côté design. Pour le titre, lis le texte et propose vite quelque chose de mieux 🙂

  15. Serge Meunier says:

    @ Thierry Crouzet
    Reçu : que l’urgence soit finalement dans le geste – considéré comme l’apparence ou le chemin que prennent les choses – et pas une tyrannie de la technologie ou d’une mode, c’est tout ce qui compte. Ce que nous attendons au rendez-vous est bien qu’il subsiste quelque part la trace de nos émotions et nos pensées, que cela soit miroir pour nous et peut-être passage pour d’autres, n’est-ce pas ? Merci et bien à vous, Serge

  16. Heureusement qu’il y a des gens qui expérimentent pendant que d’autres passent leur temps à théoriser et à se lamenter sur le passé. Je ne vois pas où se trouve la tyrannie de la technologie dans ce que nous faisons. Au contraire, je trouve que cette technologie permet à plusieurs être humains de travailler en semble. Franchement, je ne comprends pas votre propos Serge, quelque peu fataliste. Toutes les grandes réalisations dans ce bas monde ont vu le jour dans un laboratoire.

  17. 000 says:

    “”qu’il y a des gens qui expérimentent pendant que d’autres passent leur temps à théoriser”

    Oui enfin il ne faut pas confondre les expériences marketing,
    et l’innovation en matière d’écriture.

    On a besoin de Gutenberg, mais Gutenberg a aussi besoin de grands écrivains pour que son invention ait du sens et ne serve pas qu’à imprimer le catalogue de la Redoute.

    Pour le moment on voit beaucoup de gadgets marketing renouvelant le mode de diffusion, mais on est loin de nous présenter un écrit qui est en lui-même révolutionnaire, porteur d’un langage nouveau et puissant, ou représentant une somme d’une finesse de perception inédite.

    C’est encore et toujours la révolution du contenu qui n’a pas eu lieu sur Internet.

    On a de nouveaux modes de diffusion, mais pas d’écrit révolutionnaire qui marque le siècle nouveau, comme ont pu faire le Voyage ou la Recherche.

    Cela fait des années que les groupes de musique s’auto-produisent et s’auto-diffusent sur MySpace, cela n’a rien de révolutionnaire que les écrivains s’y mettent à leur tour.

    Sur MySpace on a vu des millions de groupes pourris, on verra maintenant des millions d’auteurs pourris sur Ipad.

    Qu’on nous présente un bon livre, et pas “le premier livre diffusé de telle ou telle façon”.

  18. Serge Meunier says:

    Ailes haut les amis

    Par laboratoire, je parle d’un type d’écriture ne finissant par intéresser qu’un cercle restreint, souvent composé de l’auteur et d’universitaires se perdant en méandres. Du laboratoire vu ainsi il ne demeure souvent rien. Si je prends exemple sur le contemporain en arts plastiques ou en théâtre, nous avons dû subir cette dernière décennie du vide au sens strict du mot – vide dont je suis tenté de penser qu’il était produit par des faiseurs relayés par des ordonnateurs de l’art… snobs !

    Pour en revenir à la littérature, il ne faut pas que nous allions vers le tableau blanc peint en blanc et c’est juste ça que je pointais par l’idée du sens qui s’en irait par des interstices. J’ai peut-être frappé fort là où il n’y avait pas lieu de la faire. Je ne suis pas un passéiste attaché à la forme classique mais juste inquiet comme “000” que la forme prenne le pas sur le fond, y compris dans la “chose écrite”.

    Il reste me semble-t-il sur nos étagères, virtuelles ou pas, des Kafka, Cervantes et Camus, et chacun peut continuer la liste comme bon lui semblera selon le fil d’intuitions, coups de cœeur, émotions littéraires et sociétales.
    Ce fil vibre en nous car il est une corde… sensible !

    Je dois ici préciser que je suis “fermé” à la création collective : celle-ci, en design ou organisation de moments, en esquisses de projets techniques ou montage de soirée (je parle bien de l’organisation et pas le fait de venir se faire dorloter) est délicate…

    En création textuelle je crains que, dès que l’on dépasse une personne, on engendre du poncif, si ce n’est celui d’aujourd’hui celui de demain.

    De là, si j’ai blessé quelqu’un non au sens de la critique des idées mais de sa personne, que la personne m’en excuse…

    Serge

  19. Dans ce cas précis, il s’agit de tout sauf d’une oeuvre collective, mais bien d’un travail d’édition comme il l’a été effectué depuis toujours avec la plupart des écrivains publiés de leur vivant (le texte je l’ai écrit seul).

    J’ai dit ce que je pensais sur les oeuvres collectives (et leur impossibilité) dans la stratégie du cyborg. J’ai en revanche bien expliqué comment un auteur pouvait voir son cerveau augmenté, et comment cela avait toujours été le cas.

  20. Nessy says:

    Au lendemain du jugement de Kerviel, j’avoue avoir bien hâte de lire ce texte et bravo à l’inspirateur Emile !

  21. Serge Meunier says:

    @Thierry
    Effectivement, j’avais mal lu et il s’agit bien d’un texte que vous avez écrit seul ; ma réserve se resserre donc sur le fait de publier en un temps record. Est-il indiscret de vous demander si le texte avait été abordé lui aussi dans cet esprit ?..
    Serge

  22. Mais c’est pas un temps record. Le texte est terminé depuis plus d’un mois. Quand j’écris un billet sur le blog, je le publie presque toujours aussitôt. Là on peut dire que c’est record.

    Encore une fois il ne s’agit pas d’aller vite.

    Le texte lui-même je l’ai écrit en 4 jours, pour 48 000 signes. Rien d’extraordinaire. Kerouak a écrit on the road en 10 jours. Faulkner a fait de même avec Sanctuary.

    C’est peut-être le processus d’édition qui en un mois sera relativement rapide, et encore (on va bien plus vite dans la presse).

    L’intérêt de l’expérience c’est le processus d’édition coopératif et rien d’autre et notre volonté de casser le dogme du prix unique.

  23. Serge Meunier says:

    @ Thierry
    Sans diatribe stérile bien sûr, 10 feuillets/jour c’est le fruit d’un esprit bouillonnant comme vous semblez l’être à parcourir le blog. Non que je me permette de vous juger, j’ai essayé de lire ce texte et ne le trouve pas sur le Net : béotien suis-je ?
    Serge

  24. Ce texte n’est pas encore disponible puisque son édition n’est pas terminée!!!

  25. Serge Meunier says:

    Suis bêtOtien…
    @un prochain échange et merci !
    Serge Meunier

  26. Nous on devrait gagner 80€. En appliquant la même tactique! 🙂 Tu devrais faire un article 😉 pour faire buzzer La tune dans le caniveau.

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