Comme François Bon, je m’étais juré de ne plus répondre aux attaques contre les ebooks auxquelles nous avons déjà répondues cent fois. Après le long commentaire de B. Majour suite à mes cinq tags, je n’ai pas tenu ma promesse. Certaines choses ont besoin d’être répétées.

En préliminaire, il me semble que ceux qui n’ont jamais lu sur liseuse ou tablette pendant au moins quelques jours, je ne sais pas si c’est le cas pour B. Majour, devraient se garder de discourir sur l’avenir du livre électronique par rapport au livre papier. Certaines choses doivent être expérimentées, parfois durant une période assez longue, pour être intimement comprises. C’est notamment vrai avec les ebooks, même si les appareils de lecture actuels peuvent en décourager plus d’un dès le prime abord.

Avancer la longévité, la résistance et autres arguments du même type pour justifier l’avenir du papier est absurde. Les tablettes d’argiles étaient plus durables que le papyrus et elles ont été abandonnées. On adopte un nouveau support quand il présente plus d’avantages qu’un ancien, pas uniquement quand il n’a que des avantages. Le papier brûle par exemple, les tablettes d’argile pas. On n’a pas écarté pour autant le papier.

Le papier est une mémoire ? Savez-vous que le papier n’a pas une durée de vie éternelle. Il se ronge de lui-même en quelques siècles. Le papier n’est pas une meilleure mémoire qu’un DVD.

Une catastrophe comme celle d’Haïti n’a aucune conséquence sur la sauvegarde des ebooks qui s’effectue dans le cloud, c’est-à-dire avec un gros degré de redondance. Si ma maison brûle, mes livres papier seront détruits, pas mes livres électroniques.

Par ailleurs, la sauvegarde locale sur mémoire flash par exemple ne nécessite aucune source d’énergie. La lecture ne nécessite qu’une énergie très faible, qu’un panneau solaire peut fournir ou une simple dynamo.

Le papier n’est pas une technologie économique. 2 milliards d’humains accèdent à Internet, bientôt le double via les mobiles qui deviennent jour après jour de meilleures liseuses. Il faudrait que tout le monde achète des livres en plus ?

Il faut arrêter de parler de l’ebook comme une technologie de riche. La lecture est une activité partagée par peu de gens. Combien sont ceux qui lisent plus de dix livres par ans ? Très peu, moins d’un million en France. La lecture a toujours été une activité élitiste. Et je crois le numérique capable d’en élargir le champ plus que de le réduire.

Argumenter sur ces points n’a aucun intérêt pour moi. Je m’intéresse aux livres numériques pour leurs avantages. Ils ouvrent de nouvelles possibilités créatives, que j’ai évoquées dans La stratégie du cyborg, et politiques comme je l’explique dès le début de L’édition interdite (à paraitre le 4 mars chez Numériklivres). Des choses justement qui nous étaient interdites deviennent possibles et ça vaut bien quelques désagréments qui ne seront que passagers.

Je crois qu’il est vrai qu’un nouveau média n’en supplante jamais un de plus ancien. Un media apporte avec lui des possibilités qui lui sont propres. La radio porte le son. La TV/cinéma porte l’image et le son. Entre recevoir un son seul et un son avec de l’image notre expérience mentale est totalement différente. De même qu’entre écouter un texte et le lire soi-même (et peu importe si on le lit sur argile, papyrus, papier ou liseuse). La diversité de ces expériences justifie la coexistence de différents médias.

Notez que la TV inclut la radio. Rien n’empêche en effet d’écouter avec l’écran éteint. Le Web est ainsi un média qui inclut la TV, la radio, le texte… et qui a la particularité de pouvoir les mixer comme les rendre séparément. Le texte se retrouve pris dans ce grand emballement multimédiatique et il n’y a aucune raison qu’il reste cantonné sur un support doté de peu de possibilités, et encombrant et cher qui plus est.

Je me résume. Arrêtez de regarder en arrière. Regardez en avant ce que nous apporte le passage à l’édition numérique. J’ai souvent l’impression d’être face à ces manifestants qui descendent dans la rue pour sauver leurs acquis et qui oublient de se battre pour en exiger de nouveaux qui quelques décennies plus tôt étaient totalement utopiques.

La possibilité pour tous de se publier de manière indépendante n’est pas un point de détail. Des millions de blogs sont ainsi publiés et ils creusent quelques sillons par où s’écoulent des flux et j’ai la prétention de croire qu’ils changent de petites choses de ça et là (les révolutions dans le monde arabe sont-elles des détails ?).

Je ne crois plus aux tours de Babel éditoriales, encore un point que je développe dans L’édition interdite et que je ne vais pas reprendre ici. Non, je n’oublie pas un détail. Ce détail est même celui qui requiert toute mon attention depuis des années. C’est à cause de ce détail, la bascule du transcendant à l’émergeant que notre époque est si passionnante à vivre, et peut-être décisive pour l’avenir de l’humanité. Nous sommes justement en train de quitter Babel.

Quand je parle de l’abondance, c’est bien sûr de celles des biens dématérialisés, cette abondance qui devrait nous détourner de plus en plus des biens matériels qui eux ne peuvent être abondants, les livres compris (voir L’alternative nomade pour la discussion en détail). C’est encore une raison de l’importance des ebooks. Ils nous engagent dans la transition entre la société de la rareté, cette société capitaliste et matérialiste, à celle de l’abondance des biens culturels, la seule société qui peut nous offrir une perspective d’avenir.

Par quels canaux circuleront les nouveaux textes qui exploitent les potentialités du numérique ? Mais par le Web. Nous lirons avec nos navigateurs. C’est ce que vous faites en cet instant.

Et si je parle souvent de textes, c’est bien pour ne pas parler de livres, pour ne pas restreindre mon imagination. Le texte est plus important que son support qui n’est qu’un artefact technologique temporaire. Si des gens veulent payer un support cher, encombrant, aux possibilités limités, victime de la censure pyramidale… libre à eux. J’espère pour notre salut politique qu’ils ne seront pas trop nombreux (et je ne vois pas comment matériellement ils pourraient l’être).

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58 comments

  1. Thierry Crouzet says:

    eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/fUcJRq

  2. Je m’intéresse aux livres numériques pour leurs avantages. Ils ouvrent de nouvelles possibilités créatives, que… http://fb.me/MgccWuEE

  3. RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/fUcJRq

  4. RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/fUcJRq

  5. RT @Silvae: RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/fUcJRq

  6. Edicool says:

    RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/fUcJRq

  7. RT @lioneldujol: [veille] eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://dlvr.it/Hg5jn

  8. RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/fUcJRq

  9. eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://goo.gl/fb/ejLxb #dialogue #édition #ebook #une

  10. Keff says:

    RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/fUcJRq

  11. RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/gjNjiO

  12. eBooks : les idées reçues ont la vie dure (Le peuple des connecteurs) http://bit.ly/hUqMZ7

  13. Je ne peux qu’abonder dans ton sens et confirme que les préjugés mènent la vie dure au livre dématérialisé. Il y a tout de même une chose que les lecteurs/consommateurs n’arrivent pas à comprendre: tout leur raisonnement est basé sur une croyance. C’est le contenu d’une oeuvre qui fait sa valeur pas l’emballage, le support. Or, toute l’économie du livre, tout le modèle économique de l’édition traditionnelle repose sur son emballage. Les produits culturels se dématérialisent et c’est une excellente chose. Je n’achète plus de CD de musique depuis 3 ans, j’achète de la musique depuis 3 ans, il y a une réelle différence. En achetant de la musique dématérialisée, je paye le juste prix pour accéder à un contenu et non plus à un contenant, je paye un droit d’accés à la création. C’est drôle, quand je paye pour aller voir une exposition dans un musée ou autre, est-ce que je repars avec l’exposition sous le bras. Non. J’ai payé un accés, un droit. Quand je paye 20€ un bouquin, la moitié de ce prix sert à financer la gestion d’un emballage qui plus, une gestion qui génère de la pollution. C’est un comble dans une société où on arrête pas de rabattre les oreilles qu’il faut consommer responsablement et durablement. Il n’y a rien de durable et de responsable dans le pillonage des livres invendus.

    Ce que le numérique nous apprend aujourd’hui et qui perturbe, c’est que nous ne payerons plus pour l’emballage autour duquel tout un modèle économique lucratif s’est organisé certainement pas à l’avantage du consommateur mais pour un droit d’accés à la création. Et plus cette création se dématérialisera (qu’elle soit visuelle, sonore ou textuelle) et plus elle se diffusera.

  14. RT @rom1v #eBooks : les idées reçues ont la vie dure – http://ur1.ca/3ccgi @crouzet

  15. RT @crouzet : eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/fUcJRq

  16. Lexemplaire says:

    RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/gjNjiO

  17. Cyril says:

    RT @Numeriklivres: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/fUcJRq > tout est dit dans ce billet à lire !

  18. RT @lioneldujol: [veille] eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://dlvr.it/Hg5jn

  19. GG says:

    La seule chose qui me chiffonne dans votre billet (je suis OK avec le reste), c’est la partie “En préliminaire, il me semble que ceux qui n’ont jamais lu sur liseuse ou tablette pendant au moins quelques jours (…) devraient se garder de discourir sur l’avenir du livre électronique par rapport au livre papier. Certaines choses doivent être expérimentées, parfois durant une période assez longue, pour être intimement comprises. ” qui sonne à mes oreilles comme une manière polie de dire “vous ne savez pas de quoi vous parlez, fermez votre gueule”. Un moyen un peu facile (et un peu antidémocratique) d’évacuer le débat, non ?

    Quelles sont de plus ces choses qui doivent être expérimentées pour qu’on puisse ne pas se garder d’en discourir ? Ah, seuls ceux qui les ont expérimentées peuvent le savoir…

  20. Quelles sont de plus ces choses qui doivent être expérimentées pour qu’on puisse ne pas se garder d’en discourir ? Ah, seuls ceux qui les ont expérimentées peuvent le savoir…

    @GG: donc, vous vous êtes du genre à débattre par exemple sur un film que vous n’avez pas vu ou un texte que vous n’avez pas lu ? Remarque, effectivement, c’est très démocratique de parler de choses que l’on ne connait. Comme beaucoup en public, vous devez vous contentez sans doute de répéter ce que vous avez lu ou entendu dans les journaux, à la télé

  21. Nessy Lupino says:

    RT @crouzet eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/fUcJRq

  22. RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/gjNjiO

  23. eBooks : les idées reçues ont la vie dure – http://bit.ly/e0m7bD bon dimanche avec @crouzet

  24. IDEE = brigitte celerier: RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/gjNjiO: http://bit.ly/fRbiTY

  25. RT @mercurekotkot eBooks : les idées reçues ont la vie dure – http://bit.ly/e0m7bD par @crouzet

  26. @GG On parle beaucoup du sexe avant d’avoir fait l’amour c’est une chose, je ne suis pas sûr qu’on en dise des choses très utiles pour ceux qui ont déjà fait l’amour (même si elles peuvent être charmantes).

    Je ne dis pas qu’il faut se taire. Sans avoir touché de liseuse, on peut discuter de mille choses, mais pas de l’expérience de lecture en disant qu’elle ne rivalisera jamais avec celle du papier.

    Je connais quelques gros lecteurs, c’est eux qui basculent en premiers vers le livre électronique. Sont-ils fous ?

    Il me semble que si on veut discuter des liseuses, il faut en faire l’expérience. Il y a même des bibliothèques qui font des prêts. Ce n’est pas le bout du monde.

  27. GG says:

    @jean-françois : je n’ai aucun problème à parler (peut-être pas à “débattre”) d’un film que je n’ai pas vu, en me basant sur ce que j’ai entendu dire et en le précisant d’emblée. J’en conclus que vous vous interdisez pour votre part de débattre de tout ce que vous n’avez pas expérimenté vous-même ? (à la question : “faut-il aider les immigrés clandestins ?”, jean-françois répond : “je ne me prononcerai pas, je ne suis pas immigré clandestin”)

    @Thierry C : “Sont-ils fous ?” Sûrement pas. Où ai-je dit qu’ils avaient tort ? J’ai même précisé que j’étais OK avec tout le reste de votre billet, je ne m’insurgeais que sur cette partie “ne parlez pas de ce que vous connaissez pas”. Et elle ne portait pas pas en l’occurrence “d’expérience de lecture” comme dans votre commentaire, mais de “discourir sur l’avenir du livre électronique par rapport au livre papier”. Cela englobe sûrement l’expérience de lecture, mais pas que. Eussiez-vous limité votre propos initial à l’expérience de lecture que je n’aurais pas pris mon clavier pour énerver ici les jean-françois. 😉

  28. Pourquoi quand je lis ce genre de commentaires, je sens une sorte de lassitude ? ça doit être parce que les gens qui ont une opinion sur tout sans savoir vraiment de quoi il parle, c’est tellement monnaie courante dans la blogosphère qu’effectivement ça finit par devenir par être lassant, ça doit être ça qui est ça…

    La lecture, qu’elle soit sur support papier ou support numérique, reste avant tout chose une expérience à vivre pour en apprécier pleinement la valeur…et puis tiens, ça sert strictement à rien de perdre son temps.

  29. eBooks : les idées reçues ont la vie dure, par Thierry Crouzet (@crouzet) http://bit.ly/eoOVuA

  30. RT @jafurtado eBooks : les idées reçues ont la vie dure, par Thierry Crouzet (@crouzet) http://bit.ly/eoOVuA

  31. RT @jafurtado: eBooks : les idées reçues ont la vie dure, par Thierry Crouzet (@crouzet) http://bit.ly/eoOVuA

  32. B. Majour says:

    Ah ben chouette, alors, me voilà en tête de billet. 🙂

    En préliminaire, il me semble que ceux qui n’ont jamais lu sur liseuse ou tablette pendant au moins quelques jours, je ne sais pas si c’est le cas pour B. Majour, devraient se garder de discourir sur l’avenir du livre électronique par rapport au livre papier.

    Comme d’autres l’ont senti, ton argumentation est un peu faible ici. En particulier dans les supposés. 🙂

    Mais je vais prendre cette assertion sous-entendue comme une question.

    Depuis quand je lis des ebooks sur mon ordinateur ?

    Je cherche :
    “Project Gutenberg, invented eBooks in 1971 and continues to inspire the creation of eBooks and related technologies today.”

    J’ai rencontré le monde du shareware au temps des premiers BBS, via les disquettes que j’achetais au DPTOOL club. J’ai récupéré mes premiers ebooks avec les premiers CDROM fourni par le même club dans le dossier Vrac… soit depuis 1990.

    2011-1990 = 21 ans.

    Donc oui, j’ai développé des habitudes de lectures sur écran, qui ne m’invitent pas à acquérir une liseuse chère, propriétaire, non ouverte à tous les formats que je possède… et pour lesquelles je n’aurais qu’un droit d’accès susceptible de disparaître chaque fois que le vendeur de la liseuse en décidera ainsi.

    Est-ce que j’ai dit que l’ebook ne marcherait, ni ne fonctionnerait dans ma primo réponse ?
    Non.

    Depuis 21 ans, je commence à le savoir que j’aime l’ebook. (enfin, il me semble)

    Bon, je relis donc le point où nous divergeons et je revois ce que j’ai dit :

    “Cependant, quand tu supposes la disparition du livre, tu te trompes.
    C’est une question de générations.
    Et de privilégiés très bien lotis en moyens de communications : des e-riches !”

    Je reprends ce que tu dis dans le tag ebook et qui a provoqué ma réponse.

    De toute façon, les livres papier disparaîtront très vite.

    avec le sous-entendu (évident pour moi) : l’ebook ne peut apparaître pleinement “qu’avec” la disparition du livre papier. (Sic !)

    Et, à la phrase suivante, tu rajoutes :
    J’entends souvent dire qu’un nouveau média n’a jamais fait disparaître un ancien média, la télévision n’ayant pas fait disparaître la radio par exemple. Mais ce n’est pas du tout ce que nous vivons.

    Ah oui ? Vraiment ?

    Où sont tes preuves ? ai-je envie de dire.

    Tu n’as pas l’impression d’être un oiseau de mauvais augure, comme pouvaient l’être ceux déclarant que le fer ne flotterait jamais, que les journaux allaient remplacer les livres, que la télévision allait écraser et la radio, et le cinéma.

    Je répète : c’est une question de générations.

    Mes grands-parents avaient une grande affection pour la radio et le livre, parce que c’était le médium de leur époque. (ils regardaient très peu la télévision, ma grand-mère maternelle jamais !)
    Mes parents, ma mère en particulier, adoraient les livres et nombre de sa génération ont une vénération pour cet objet.
    Ceux de ma génération ont baigné dans ce modèle du livre “sacré”, et dans celui de la télévision naissante et envahissante, puis de l’informatique balbutiante pour arriver au Web.

    Est-ce que, à un seul moment, un de ces médiums a disparu ?
    Non.

    Tous ces médiums vivent en concomitance.
    Sur chaque tranche de générations qui les apprécient.

    Alors déclarer dans le tag ebook que le livre va disparaître, c’est une absurdité.
    Sous-entendre – par cette affirmation – que l’ebook ne pourra prendre son essor qu’avec cette disparition, c’est une deuxième absurdité… qui s’oppose à la réalité.
    Ou au moins, à la réalité, telle que je la vis.

    Je vais juste te tendre deux perches sur le sujet.
    – Combien de personnes de ma/ta génération sont incapables de lire un ebook à l’écran ?
    – Pourquoi voit-on inscrit de plus en plus souvent en bas des emails : avez-vous besoin d’imprimer cet email ?

    D’imprimer cet email !!!

    Je recherche la production d’imprimantes dans le monde.
    “Le cabinet IDC vient de donner les chiffres des ventes d’imprimante du 1er trimestre 2010. Un grand Ouf de soulagement, il a progressé de 9,1% au premier trimestre avec près de 28,7 millions d’imprimantes vendues.”

    4,35 millions en France sur l’année 2009.

    Ça ne t’ouvre pas un gros doute sur la capacité de l’homme actuel à se passer du papier ?
    Moi, si.

    Quand je vois des amis (de ma génération) me dire qu’ils sont incapables de lire sur écran et qu’ils impriment (oui, tu lis bien “ils impriment”), je me dis que le livre papier est encore debout pour un sacré bout de temps.

    Et je le perçois de même lorsqu’on donne, aux écoliers, un manuel “papier” à lire. A écrire sur du “papier”.
    Plus encore lorsque les parents lisent un livre “papier” à leurs enfants pour qu’ils s’endorment !

    Le livre “papier” devient quelque chose de magique.
    Une magie assez inoubliable.

    J’attends cette magie et sa reproduction sur ebook.
    Quand ce sera le cas, on pourra peut-être parler de transfert du papier vers l’ebook.

    Mais parlera-t-on encore d’un ebook, ou d’un blog !

    Le blog, c’est déjà l’ebook de demain.

    On a les pieds dedans, on ne s’en aperçoit même pas.

    10 livres par an, mais combien de blogs par jour ?
    Si le “livre” a bien un sens pour mesurer la lecture des gens…

    Je commence à être “long”, donc je ne réponds pas sur la suite, ni sur le fait que tu prônes l’avenir de l’ebook lorsque les gens ne liraient que 10 livres par jour. Ce serait un non-sens complet dans ta propre démarche.
    Construire des ebooks pour une élite qui ne lit plus que dix livres par an, autant investir dans de la vidéo Youtube.

    Pour finir, à ceux qui me rabattent le préjugé de l’impact écologique des livres, je les renvoie à ceci :

    Google consommerait donc 2,1 terawattheures par an, l’équivalent de deux centrales nucléaires

    tiré de ceci :
    “La marque évite, néanmoins, de rendre des comptes sur sa consommation d’énergie. Le New York Times estimait, en 2006, que le nombre de serveurs Google était de 450 000. Si l’on inclut la consommation des serveurs de Google à la consommation mondiale de serveurs, estimée à 123 terawattheures par an, celle-ci augmente de 1,7 %, indique le rapport de Jonathan G. Koomey, qui fait autorité. Selon nos calculs, Google consommerait donc 2,1 terawattheures par an, l’équivalent de deux centrales nucléaires. Interrogé par Le Monde.fr, Erik Teetzel, chef de projet technique chez Google, a refusé de commenter cette estimation qui n’inclut pas les besoins en systèmes de refroidissement et de climatisation.”
    http://www.lemonde.fr/technologies/article/2007/06/14/les-fermes-cachees-de-google-grosses-consommatrices-d-energie_919346_651865.html

    Pour le livre, c’est une seule impression et un seul voyage AR à 99 % des parutions.
    Pour le cloud, c’est tous les jours… et cette valeur date de 2006.

    123 terawattheures par an = plus de 117 centrales nucléaires.

    Question : combien de livres peut-on produire, acheminer, vendre, sans oublier de replanter les arbres pour une valeur de 123 terawattheures annuel ? (et le taux de pollution équivalent à 117 centrales nucléaires !)

    J’aimerais qu’on me dise : pas beaucoup.

    Bien cordialement
    B. Majour (qui va réfléchir à : Des millions de blogs sont ainsi publiés et ils creusent quelques sillons par où s’écoulent des flux et j’ai la prétention de croire qu’ils changent de petites choses çà et là)

  33. eBouquin says:

    RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/gjNjiO

  34. RT @ebouquin: RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/gjNjiO

  35. Accord à 300 % >> eBooks : les idées reçues ont la vie dure > http://tinyurl.com/63excc5

  36. RT @ebouquin RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/gjNjiO

  37. Tout est dit ou presque RT @dbourrion: Accord à 300 % "eBooks : les idées reçues ont la vie dure" http://tinyurl.com/63excc5

  38. Le texte est plus important que son support qui n’est qu’un artefact technologique temporaire. http://ow.ly/44oeK

  39. RT @Netemedia: Le texte est plus important que son support qui n’est qu’un artefact technologique temporaire. http://ow.ly/44oeK

  40. Contre les idées reçues RT @netemedia @Numeriklivres : Le texte est plus important que son support http://ow.ly/44oeK

  41. RT @Netemedia Le texte est plus important que son support qui n’est qu’un artefact technologique temporaire. http://ow.ly/44oeK

  42. RT @Netemedia: Le texte est plus important que son support qui n’est qu’un artefact technologique temporaire. http://ow.ly/44oeK

  43. RT @Lectrices_City: Contre les idées reçues RT @netemedia @Numeriklivres : Le texte est plus important que son support http://ow.ly/44oeK

  44. eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/g38q5I

  45. Silvae says:

    [veille] eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://goo.gl/dTQmU

  46. eBooks : les idées reçues ont la vie dure >> http://ow.ly/44B1U

  47. RT @actudesebooks: eBooks : les idées reçues ont la vie dure >> http://ow.ly/44B1U

  48. RT @actudesebooks: eBooks : les idées reçues ont la vie dure >> http://ow.ly/44B1U

  49. davidfaurio says:

    RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/gjNjiO

  50. Appe Paper says:

    eBooks : les idées reçues ont la vie dure – Thierry Crouzet http://bit.ly/eiMXzv

  51. RT @actudesebooks: eBooks : les idées reçues ont la vie dure >> http://ow.ly/44B1U

  52. Je trouve votre débat un peu stérile, pourquoi essayer de convaincre l’autre ? Le mieux c’est d’essayer une liseuse et de voir par soi-même ce que cela donne. 😉

    Mon expérience personnelle est qu’avant, je pensais réellement que les liseuses auraient du mal à détrôner le bon vieux bouquin. J’ai acquis un iPad, il y a environ 4 mois et pour me faire une idée, j’ai acheté quelques ebooks pour lire dessus.

    Depuis, je n’ai plus acheté un seul livre papier ! Je ne lis plus que par mon iPad (app kindle). Je trouve maintenant que c’est beaucoup plus pratique à lire qu’un livre papier.

    La semaine dernière j’ai reçu un livre papier envoyé en cadeau… et bien franchement, ça m’ennuyait de le lire. Lorsque je me suis mis à tourner les pages (en papier), j’ai eu l’impression de faire un retour en arrière, vers quelque chose d’ancien, de presque dépassé. Une sensation bizarre, comme si l’on sent qu’il y a une évolution qui se produit, un grand tournant.

    J’en connais des malins qui vont rire mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti. Donc pour moi, c’est maintenant évident que le livre papier va quasi disparaitre rapidement, peut-être en moins de 20 ans. Mais je suis certain qu’il y aura toujours des amateurs de beaux livres, comme il y a des collectionneurs de vinyles. 😉

  53. B. Majour says:

    Bonjour Jean-Philippe

    Je n’essaie pas de convaincre Thierry.
    Il est grand, avec plein d’idées intéressantes.

    Je dis juste qu’il y a des gens incapables de sauter le pas technologique (et/ou monétaire), doit-on pour autant les priver de lecture (à court terme) ?

    Si Thierry me dit que le livre papier doit disparaître à l’échelle du millénaire, je serai d’accord avec lui. A l’échelle du siècle, ça reste à voir. L’espérance de vie (en occident) est à ce stade.
    Sur une décennie, non. Trop d’encrages dans les pratiques, dès le plus jeune âge.

    Si vous pensez que c’est faux, prêtez donc votre téléphone portable, Ipad, liseuse à un gamin de deux ans, et moins. 😉
    J’en sens beaucoup qui ne seront pas chauds pour tenter l’expérience.
    C’est un jouet pour grand, c’est ça ?

    Ok, je pourrais rajouter d’autres éléments contre la liseuse, tout autant que pour.

    Une balance avantages vs inconvénients peut s’équilibrer dans le temps.

    Exemple : quand une majorité de “livres” seront “publiés” au format ebook et non plus papier, les gens y viendront.

    Cependant la génération des ebooks me semble encore jeune ; pour l’instant elle ne recouvre qu’une banale copie homothétique du format papier. C’est-à-dire une reproduction de ce que nous connaissons, de ce que nous avons appris dans notre enfance. Avec un parcours linéaire, sans apports “extérieurs”.

    La forme du blog est déjà une autre approche de la lecture.

    Plusieurs voix s’élèvent : la première émet, certaines approuvent, d’autres réfutent une partie des conclusions.
    Il n’y a pas de réponses uniques sur un blog, pas une seule vérité à lire, mais des chemins de traverse, nombreux… à explorer. (enfin, sur les blogs intéressants)

    Oui, à explorer, ou expérimenter.
    Je suis d’accord. 🙂

    Bien cordialement
    B. Majour

  54. Merci beaucoup B. Majour pour vos précisions ! et je pense que vous avez de toute façon raison sur le fait que le livre ne disparaitra pas complètement. 🙂

  55. RT @crouzet: eBooks : les idées reçues ont la vie dure http://bit.ly/gjNjiO

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