Qu’est-ce que cet objet ? Je parle bien de conversation. Pas de simples commentaires qui s’enchaînent en s’ignorant les uns les autres à la mode des like, une mode peu glorieuse à laquelle je m’accroche, faute de feedback constructif.

Non, je ne blogue pas pour faire ma promo. Non, je ne blogue pas pour donner mon avis comme un professeur pontifiant. Non, je ne blogue pas pour exister. Non, je ne blogue pas pour diffuser mes textes. Non, je ne blogue pas pour gagner de l’argent ou attirer des sirènes. Non, je ne blogue pas pour défendre un statut social. Non, je ne blogue pas pour me faire mousser devant une quelconque hiérarchie. Non, je ne blogue pas pour me construire un CV ou une carte de visite. Non, je ne blogue pas pour décrocher un contrat ou une embauche. Non, je ne blogue pas pour la beauté, pour l’art pour l’art, pour la littérature. Non, je ne blogue pas pour briguer un poste dans un parti politique, une mairie, une assemblée. Non, je ne blogue pas pour générer du trafic, afficher des pubs et attirer des sponsors. Je blogue pour échanger.

Si je vendais mes textes, vous me donneriez quelques euros en échange de mes mots, ce serait le degré zéro de l’interaction sociale, mais mieux que le néant du blog sans conversation. Et peut-être qu’un blog payant est mieux qu’un blog gratuit, même correctement lu, mais où ça ne discute pas.

Un blog sans conversation, c’est un journal ou un livre, rien d’autre. Pour beaucoup de gens, ce sera déjà pas mal, mais pas pour qui a pratiqué le blog durant des années, c’est-à-dire la conversation. Écrire pour être lu n’est pas glorieux, ce n’est pas neuf, c’est même le nom d’un stage auquel tous les rédacteurs en chef envoient leurs journalistes (et je n’ai pas dérogé à la tradition quand j’étais rédacteur-en-chef).

George Orwell nous a parlé de « common decency ».

Cette honnêteté ordinaire, écrit Bruce Bégout, s’exprime sous la forme d’un penchant naturel au bien et sert de critère du juste et de l’injuste, du décent et de l’indécent. Elle suppose donc, avant toute éducation éthique et pratique, une forme de moralité naturelle qui s’exprime spontanément sans faire appel à des principes moraux, religieux ou pratiques. L’homme ordinaire n’a pas besoin de se tourner vers certaines autorités pour agir moralement. Il possède en lui-même une faculté sensible d’évaluation morale qui précède toute norme conventionnelle.

J’ai l’impression que beaucoup d’internautes oublient cette common decency. Tout leur est dû. Ils ne font plus la différence entre un article de presse, financé par la publicité, et un billet de blog, simplement offert. Ils oublient que le don n’a que pour but d’ouvrir un échange sur un plan non monétaire, donc en l’occurrence social. Et ils ont l’indécence de revenir, de lire un autre billet, de prendre l’habitude de recevoir sans donner… ce mal gangrène la blogosphère tout entière.

On pourrait envisager une espèce de marché du don. Je donne d’un côté, un autre donne ailleurs, au final un équilibre s’installe. C’est la théorie. Je ne vois plus ce marché. Au contraire, l’engagement diminue. « Je me sers parce que tu veux bien me donner. Si tu ne veux pas que je te pille sans réciprocité, t’as qu’à pas publier. »

Quand je dis, « Non, je ne blogue pas pour ça. », c’est parce que beaucoup de blogueurs le font pour toutes ces raisons. Chacun ses motivations. Moi, j’ai blogué pour construire un cinquième pouvoir, une force décentralisée qui, née d’une multitude de sources, irriguerait la société (cette force pouvant être politique, esthétique, énergétique…). Mais que font la plupart des blogueurs ? Faute de provoquer chez eux des conversations, ils deviennent les commentateurs des grands médias. Ils sont devenus leurs valets. On les remercie à coup de citations, d’invitations sur les plateaux ou dans les studios. La conversation s’est déplacée. Elle s’est recentrée sur des pôles médiatiques institutionnels. Ils ont gagné la bataille du Net. Le blogueur n’est plus un nœud turgescent dans un réseau décentralisé, il est un électron en orbite autour d’un conglomérat médiatique dont l’attraction est devenue trop puissante pour qu’il espère s’en échapper.

Pas de panique. Une bataille a été perdue, mais la guerre continue. Quelques irréductibles Gaulois persévèrent. Se pose alors la question de la forme. Comment faire renaître l’engagement ? Comment refaire communauté ? Le blog n’est peut-être plus la forme adéquate. Par sa visibilité au grand jour, il se place à côté des grands médias, tout petit nain servile en bas de l’escalier, qui vocifère et qu’on amène au sommet pour amuser quelques instants le roi et sa cour. La communauté a besoin de l’intime, de la chaleur humaine, de la confiance. Elle est inconciliable avec le grand déballage permanent.

Mieux vaut donc un blog peu lu et payant qu’un blog ouvert à tous les vents avec l’illusion de rivaliser avec les médias. Ou imaginer autre chose. Des ebooks, des apps… des choses qui permettraient de publier avec l’hubris propre au blog mais sur un terrain qui serait interdit aux grands médias, centralisés par nature.

PS 1 : Billet écrit après quelques échanges mails avec un grand blogueur qui ne blogue plus.

PS 2 : Une des vertus du blog reste de pouvoir publier vite quelque chose tout en le formalisant un minimum, parce quelque lecteurs le liront. C’est une façon d’avancer dans le processus créatif, par étapes mises au propre. Mais vous voyez bien l’intérêt à ce moment d’un retour.

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51 comments

  1. Alexandre Girardot says:

    C’est intimidant pour pas mal de gens d’aller poster un commentaire sous un billet de blog, enfin je crois 😉

  2. Je sais bien… mais il faut bien comprendre que sans un minimum d’échange la forme est stérile.

    Et franchement rendre le blog payant pour recréer une intimité avec un contrat clair, c’est un peu revenir au principe du livre… et c’est peut-être pas plus mal.

  3. Alexandre Girardot says:

    Je ne sais pas. Faut dire aussi que la façon dont on doit suivre la conversation sur un blog est un peu moins vivante que sur un forum ou dans les réseaux sociaux.

  4. Je pourrais tenter d’installer un plugin de com social pour voir si ça change quelque chose… 🙂

  5. Alexandre Girardot says:

    Moi je l’ai fait sur le blog de Long Shu Publishing, pendant un temps mais personne ne voulait l’utiliser. En général, ceux qui seraient disposer à communiquer sur un blog n’aiment pas trop ces plugins sociaux et ceux qui sont sur Facebook et qui seraient susceptibles de les utiliser zappent 😀
    Autant tenter de résoudre la quadrature du cercle 😉

  6. Karima Gamrani says:

    Pourquoi la conversation serait-elle moins vivante que sur les forums ou réseaux sociaux ?
    N’avons nous pas tout bonnement délaissé le blog au profit des réseaux sociaux ?
    C’est à nous lecteur, futur blogueur ou blogueur d’apporter cette dynamique pour rendre la forme fertile.

  7. Valery says:

    C’est vrai que c’est désolant.

    J’ajouterais un autre effet pervers : sur twitter, dont je suis un grand fan, je vois tellement de commentaires, remarques, interventions qui ne sont là que pour mettre en avant celui qui commente, que souvent ma seule réaction est le silence, un silence qui rime avec décence. Il y a 5000 messages à la seconde mais globalement aucun échange.

    J’ai parfois l’impression d’assister à un gigantesque et permanent enterrement de stars, tu sais, quand les autres stars défilent non pas pour parler du défunt mais pour parler de comment le défunt les aimaient elles.

    Bref, on cherche encore le remède.

  8. Valéry says:

    PS ! Tiens d’ailleurs je m’aperçois que j’ai fait pareil en fait ahahaha. J’ai écrit sur ce que je ressens. J’aurais mieux fait de me taire tiens.

  9. De mon côté, ce que j’ai fait, c’est http://bloggingtribe.vedovini.net/ — une expérience qui pétouille un peu, mais ça rapproche clairement une petite “tribu” au sein de laquelle l’engagement augmente.

  10. @Stéphanie Oui, resserrer, aller vers l’intime, c’est à coup sûr le moyen de rétablir l’engagement. Ne plus chercher à être un média, mais juste, au mieux, un auteur… ce serait plus modeste, moins capitaliste 🙂

    @Valéry C’est pour ça que je fuis Twitter, n’y publie plus qu’en automatique avec IFTTT, sauf pour répondre à des commentaires… ce n’est qu’à ce moment que je me laisse tenter.

    @Karima Avant nous n’avions que les blogs et les forums pour discuter… aujourd’hui facebook et twitter offrent des interfaces centralisées, ce qui évite aux gens de se déplacer sur le Net… Aller sur un blog, ça devient compliqué.

  11. En fait, les espaces numériques que je fréquente ces temps qui ont le plus d’engagement, ce sont des groupes facebook (assez petits, le plus gros a environ 300 membres, de loin pas tous actifs).

  12. Chris says:

    bonjour, j’ai lu avec grand intérêt ton billet. je vois très bien ce que tu décris, mais encore faudrait-il être sûr que ce centre médiatique existe (et grandit) pour y être en marge. Mon expérience me montre que ce centre risque de disparaître au profit justement d’îlots avec je l’espère des ponts entre eux pour que l’échange reste possible d’une île à l’autre. Dans la culture française, il va falloir un peu d’éducation car polémiquer n’est pas dialoguer. Je réponds peu aux commentaires car souvent ils sont dans la dynamique de l’argument plutôt que dans celui de l’échange. C’est peutêtre un travers culturel, cependant cela freine le concept de partage, d’échange sur lesquels les nouveaux médias sociaux sont basés.
    J’utilise les réseaux et les blogs j’en ai deux, pour m’exprimer, échanger des infos, communiquer, apprendre, faire circuler les idées qui me plaisent, mais nous vivons aussi dans un monde marchand et ces mêmes outils sont efficaces pour ca aussi. L’utopie est de croire que l’on peut contrôler ce que font les gens de ces outils. je dirais même que cela pourrait être vraiment dangereux de le faire, non ?

  13. Maestitia says:

    Les internautes, ces voyeurs. Les blogueurs, ces exhibitionnistes. 🙂
    C’est vrai qu’on a aujourd’hui l’impression que l’Homme, en général, pense que tout lui est dû. Le Net, ce puits incommensurable où l’on puise tout ce dont on a besoin, sans merci, sans pardon. Et en plus, c’est gratuit ! C’est vrai que c’est facile, de surfer ici et là, de s’amuser, prendre du bon temps, s’instruire, sourire et de retourner à son quotidien, fort de tout ce que l’on a vu/lu. Mais l’autre, l’autre qui a donné n’est pas une page morte. Et lui ne perçoit pas, de l’autre côté de l’écran, ces sourires qui ont pu être esquissés, ces émotions qui ont pu faire vibrer…
    Alors, merci cet article qui m’a beaucoup parlé !

  14. On a longtemps cru que le centre se dissoudrait, c’était une des thèses du 5eme pouvoir, force est de constater qu’il y a aujourd’hui concentration… Google, Facebook, Apple… sont les nouveaux géant de la centralisation médiatique.

    Il s’agit pas de contrôler quoi que ce soit mais d’arriver à un usage “enrichissant”. Je pense que l’outil oriente les usages. Les blogs d’avant les réseaux sociaux ne sont plus les blogs d’aujourd’hui parce que les réseaux sociaux ont capturé certains usages (et d’ailleurs les blogs ont trop peu évolué depuis l’émergence ds réseaux sociaux).

  15. Woodi says:

    Et ce “grand blogueur” qui ne blogue plue ne serait-il pas Narvic ? 😉
    Dommage qu’il ait effacé ses archives…

  16. @Woodi Ha Ha 🙂

    @Maestria J’imagine bien que des gens trouvent quelque chose puisqu’ils reviennent… mais faire plaisir, c’est pas suffisant. Même les auteurs de livres, la plupart, apprécient de rencontrer les lecteurs, d’échanger avec eux… Il faut de l’échange réciproque.

  17. Karima Gamrani says:

    Il n’y a rien de plus jouissif en tant que lecteur que d’échanger avec l’auteur. On ne vient pas pour faire plaisir, chacun vient pour une chose bien précise. L’échange est là pour nous nourrir que l’on soit rédacteur ou lecteur.

  18. Paul Gueu says:

    Thierry,

    Non, je ne bloque pas… Cette anaphore m’en rappelle une autre (moi, président…)
    Mais:
    – je ne blogue pas pour faire ma promo, et en face de l’article, il y a l’image d’un de tes livres…
    – je ne blogue pas pour donner mon avis comme un professeur pontifiant, (parle-en à ton psy !)
    – je ne blogue pas pour exister (parle-en à ton psy !)
    – je ne blogue pas pour gagner de l’argent (non, mais quelques droits d’auteur sont toujours bienvenus, et puis tu reviens quand même sur l’argent à la suite de l’article)
    – je ne blogue pas pour la beauté, pour l’art pour l’art, pour la littérature… mais le soin (l’exigence, le temps…) que tu apportes à tes textes, à tes photos prouvent le contraire!)

    Alors tu dis que tu blogues pour échanger (précise : des propos, des idées, des conseils, du plaisir, de la joie, de la peine, des rires, du soutien, et des dizaines d’autres choses)
    Or, j’ai l’impression que quand tu blogues, tu pars en guerre. Et aujourd’hui, tu batailles contre les internautes, à qui tout est dû. Oublie-les, n’y pense pas.

    Tu as raison sur le fait que l’engagement diminue. Mais il diminue partout (regarde la peau de chagrin des syndicats, lieu où pourtant les “travailleurs” devraient être le plus souvent présents et défendre eux-mêmes leurs intérêts.

    Alors, continue à écrire des livres, des ebooks, des articles si cela te fait du bien, te fait plaisir. Tes écrits font réfléchir (distraient, amusent, révoltent…) quelques personnes et c’est comme cela que le feu ne s’éteint pas.

    Au fait, comment se comporte ton jardin sous la pluie? les tomates sont mures?
    Avec beaucoup d’amitié,
    Paul

  19. Oui Thierry, les marchands investissent dans les bonnes idées de départ : ebay, FB, Craiglist, AirB&B et bien d’autres… On vit dans un système capitaliste et le changement de ce côté là ne vient pas… Mais ces mêmes idées se développeraient-elles sans les investisseurs ? Ces entreprises d’aujourd’hui nous ont changés et continueront de changer nos comportements.
    Pour un changement d’économie il faudra encore un peu plus de temps ou un événement qui imposera un nouveau système économique. Celui du partage/échange serait pas mal, non ?
    En attendant, le centre pour moi est exactement là ou je me trouve. 😉

  20. @Chris Si le centre était pour tous là où ils se trouvent, le monde irait beaucoup mieux.

    Ces entreprises ont changé le Net, donc nos comportements sur le Net… est-ce profond ? J’en suis pas sûr. Est-ce que ça va dans un sens “bon”, j’en suis encore moins sûr.

    @Paul Si c’était qu’une question de plaisir, je pense que je ferais autre chose 🙂

    Que sur mon blog je fasse la promo de mes livres, ne veut pas dire que je blogue pour faire de la promo. Si c’était le cas, j’écrirai des articles pour attirer beaucoup de monde.

    Je suis pas professeur car pas rémunéré en tant que tel. Que je sois pontifiant c’est une autre question. Et c’était de l’humour.

    … Je saute quelques points.

    Et pour l’argent, faire payer l’entrée d’un blog c’est pas pour en gagner, tout les blogs seraient payants si on pouvait en gagner, mais pour faire communauté.

    Les tomates, ça va 🙂 Pour le moment!

  21. CedricA says:

    Je note dans les commentaires le propos suivant qui me semble très important: l’information, les propos des blogs sont éclatés un peu partout et c’est “difficile” de les trouver. Du coup cela explique le succès des systèmes centralisés.

    La fermeture de Google Reader est bien l’illustration que les fils RSS et les agrégateurs de sont plus, ou ne doivent plus être au yeux de Google, les outils pour atteindre les blogs et leur contenu. L’internaute doit être enfermé dans un système qui lui “push” les données (Facebook, Google+), et non plus être un acteur de ses recherches et de son cheminement.

    Et pour achever de tuer le cheminement libre, le spam généralisé sur les forums et blogs, tue les ponts qu’ils pourraient tisser. A ce stade technologique, il faut inventer autre chose.

  22. Je rejoints ta conclusion… pour le moment “mon autre chose”, c’est les epubs… il reste à inventer l’environnement pour leur donner vie.

  23. Louis Boël says:

    Les commentaires d’hier (jeudi 16 mai) me semblent se rapprocher de ma réaction à ce blog´originel de Thierry sur “l’Art, le Plaisir, l’´intérêt et le savoir-vivre de la Conversation”, à savoir: c’est très complexe car cela dépend de la somme ( ou de l’intégrale?) de tous les participants, de leurs intérêts personnels, de l’énergie qu’ils y mettent, y donnent, y prennent…
    Quelques confidences pour aider à avancer sur ce sujet que je trouve important, surtout si nous croyons à l’éclosion, là devant nous, d’un nouveau paradigme social et que nous désirons y participer, ou même l’encourager et le protéger.
    D’abord, je pense qu’il faut admettre que toutes les formes de cris, consommations gloutonnes, informations, esthétismes, échanges, conversations en tout genre, vont continuer à co-exister pendant très longtemps , même toujours. C’est la grande diversité de l’humanité, et elle fait sa richesse et sa vitalité. Face à l’incroyable foisonnement des offres sur la toile, il faut donc trouver ou organiser une manière de rencontrer rapidement et facilement les genres de personnes avec qui nous avons envie ou besoin ou plaisir d’échanger des infos ou des émotions.
    Une de ces manières est la spécialisation thématique, une autre est la sélection des participants pour leurs caractéristiques globales, c’est ce que j’appelle “ma famille élective” et elle suppose une structure “fermée” , un “club”, ou plutôt DES clubs qui ouvrent et se ferment au gré des dynamiques.
    La spécialité thématique fonctionne parfois assez bien, du moins en anglais…? Les anglophones seraient-ils plus courtois, ou plus factuels ????? En tout cas, mes meilleures expériences de conversations à la fois intéressantes et enthousiasmantes se sont développées sur Linked In dans des groupes spécialisés: anthropologie, chamanisme, … Mais là aussi on peut tomber sur un élément qui gâte la sauce (par exemple, un missionnaire évangéliste qui veut tout ramener à Jésus-Christ sous couvert de discussion “anthropologique”). Cependant la solution existait: réouvrir sous un autre thème après lui avoir gentiment demandé de ne pas venir polluer cette nouvelle conversation…

    J’ai vécu assez récemment une expérience intéressante. Je suivais une personne d’opinions bien tranchées qui m’intéressait tant pour ses sujets que pour ses approches et références. J’ai plusieurs fois tenté de l’amener à Débattre de façon contradictoire mais sans succès: le temps d’écrire un commentaire i? était déjà trois sujets plus loin, et se contentait, au mieux, d’un “j’aime” laconique. J’allais cesser de le commenter lorsqu’il commença à envoyer certains de ces messages par email à un groupe restreint de ses contacts.. J’avais bon espoir que cette approche “élective” ouvre des opportunités de “conversations”… Mais pas du tout: même voix qui crie seule dans le désert. I? s’agirait donc bien de profils personnels…. Cela devrait encourager une sélection assez stricte… Ce qui est contre mes principes mais… Peut-être mes “principes” sont-ils seulement des “rêves d’idéaliste”?

    J’aime vraiment Beaucoup la conversation lorsqu’on peut en tirer un progrès personne? à travers le plaisir d’échanger de l’empathie. Mais je dois reconnaître que ma femme et moi-même, habitués à discuter ensemble “pour arriver quelque part” avons depuis longtemps compris qu’une vraie conversation se limite à deux ou trois intervenants, maximum quatre. Jamais nous n’invitons donc plus de deux personnes à partager un repas ou une soirée. Alors… Ça nous mène où, quand il s’agit du Web?
    moi, cela me mène à vous quitter ici car j’ai décidé de commencer ma déclaration au Fisc cet après midi! Mais je m’engage à revenir dans cette conversation ce soir ! :-))

  24. C’est un beau résumé de la complexité.

    Fermeture/ouverture. Les deux sont en effet nécessaires, mais l’ouverture est souvent destructrice, trop bruyante, elle lamine et n’apporte par la sérénité nécessaire à la vraie créativité.

    J’ai pas de réponse, vraiment pas, je fuis les réseaux sociaux en ce moment. je me contente d’y réagir quand je suis interpellé. C’est une façon de réduire le bruit.

    Le Net nous a donné l’espoir que nous pourrions créer des conversation plus ample qu’autour d’une table. C’était peut-être une illusion, mais nous avons connu ici dans le temps des débats à plusieurs dizaines qui étaient vifs et stimulants. Mais ça demande une grande disponibilité, un enthousiasme, un espoir… depuis longtemps retombé.

  25. Louis Boël says:

    Ouverture/ Fermeture: Thierry, nous sommes nombreux à être passés au travers de cette “déception” (naïfs idéalistes que nous fûmes, sommes et resterons, j’y tiens!) à propos “des réseaux sociaux” (n’y aurait-il pas un peu de “Cicéronnade” dans notre propension à utiliser cette expression quand nous râlons surtout sur ce que l’être humain -nous, donc- avons fait de FB?). C’est toi qui, bien à propos, nous répètes que la toile est beaucoup plus que FB, qu’elle attend notre créativité et notre combativité pour continuer d’en faire un outil de liberté, d’Horizontalité, de Nomadisme. Tu travailles /réfléchis sur des formes plus “libres” d’ePubs. Je pense que c’est une bonne piste. Nous en trouverons d’autres.

    TVB – fini la déclaration ( retraités, très vite fait !!! 😉 )
    POD ? CCOP,? livres courts? Se Changer ?
    😉

  26. Lectrice says:

    Je vous remercie pour votre billet car je n’avais jamais vu le blog comme “un don qui n’a que pour but d’ouvrir un échange sur un plan non monétaire, donc en l’occurrence social”.

    Vous dites que “beaucoup d’internautes oublient cette common decency”, mais moi, personnellement (j’ai la vingtaine), personne ne me l’a jamais appris ! Et du coup jamais je n’aurais imaginé que lire votre blog plusieurs fois par semaine sans participer pourrait être pris pour de l'”indécence”.

    De plus, je ne tiens pas en haute estime mon esprit critique, donc je ne pense pas qu’un de mes commentaires puisse faire avancer la conversation et intéresser l’auteur du blog ou les autres internautes.

    Les rares commentaires que je poste sont vraiment pour des articles qui me marquent, pour remercier l’auteur.
    Donc je vous remercie de m’avoir fait prendre conscience de cette notion d’échange, car je suis la première à reconnaître que sur Internet, j’ai pris l’habitude de recevoir sans donner.

  27. Il s’agit pas de toujours commenter mais de participer de temps à autre à une espèce de circulation sanguine numérique, comme tu viens de le faire.

    J’aime cette dimension échange du Net qui nous éloigne de la simple logique “je consomme”. C’est en cela que le Net se différencie des anciens médias.

    Tout le reste, on l’a déjà vu.

    Merci, pour ton commentaire 🙂

  28. Geneviève says:

    Je viens après la bataille, mais comme abonnée “muette” à ton blog que j’apprécie vraiment beaucoup, je me suis sentie interpellée !
    1) La notion de “don” n’implique-t-elle pas qu’il n’y a pas d’attente d’un retour ?
    Il me semble que c’est le privilège (?) de l’artiste (de l’écrivain) de donner à tous et à chacun son angle de vue, et point barre. Ce qui se passe ensuite ne le regarde plus… Non ?
    2) Je dois dire que je ne commente et échange qu’avec des personnes que je connais “physiquement”. C’est peut-être une question d’âge (45 ans) ou une incompréhension de la vie numérique…
    Au prochain billet qui me fera sortir de mon mutisme !

  29. C’est pas une question d’âge… je frôle les 50 🙂

    Je crois pas à la théorie de l’art pour l’art… pour ma part j’ai besoin des échanges, ils me nourrissent, ils me stimulent…

    Je demande pas nécessairement des longs commentaires mais des signes de temps en temps 🙂

  30. Joneskind says:

    Bonjour,

    Je suis arrivé ici par le biais d’un autre blog que je suis, davidbosman.fr, et c’est donc ma première visite. Mais j’aime le dialogue et la confrontation d’idées, même si je crains d’être parfois un peu borné.

    J’apprends donc ici que la définition du blog est “espace d’échange d’idées numérique” mais que malheureusement d’après vous cette machine ne fonctionne pas.

    C’est étrange parce que c’est la première fois que je lis cette définition. En réalité je dois admettre que si on m’avait demandé de définir le “blog” je me serai contenté d’un laconique “espace internet personnel”, chacun étant parfaitement libre d’y exposer ses idées politiques, les photos du petit dernier ou les plans de la dernière machine à donuts imprimable.

    Il me semble donc qu’il ne tient qu’à vous de faire de votre blog un espace de dialogue, peut-être en le définissant comme tel, en étant simplement clair sur vos attentes. En invitant vos lecteurs à dialoguer.

    Changez donc votre en-tête de blog !

    Par ailleurs, Internet est un espace qu’on occupe de différentes manières, qui s’architecture. Comme une place de marché où de nombreuses personnes se réunissent mais échangent peu, et des salons où peu de personnes se réunissent mais échangent beaucoup. En ce sens, Facebook fait mieux que la place publique parce qu’il donne à tous un porte-voix. Reste que la qualité de l’information échangée entre le marchand de légumes et l’ami n’intéressera pas forcément grand monde. Le blog lui, fait mieux que le salon parce que c’est un salon qui a une porte ouverte à tous. N’oubliez pas que l’outil n’est pas ce qu’on en fait, il n’est qu’un moyen de faire. Internet n’est qu’une feuille de papier qui a le don d’ubiquité.

  31. 1/ Je crois pas avoir défini le blog comme ça… je n’aime pas définir d’ailleurs, c’est une position philosophique.

    2/ Pour moi le blog est un espace de publication, pas forcément d’idées, mais avec possibilité d’interaction.

    3/ Tu parles d’espace internet personnel. Non, cette définition ne convient pas. Les sites persos correspondaient à ta défétition, et ils n’étaient pas des blogs. Donc ta définition est bien trop générale.

    4/ Même si on n’aime pas définir, on peut tenter de trouver ce qui serait propre à une pratique de publication… et c’est d’autant plus vital quand on pratique le blog comme un art, comme littérature, comme esthétique… si tu sais pas ce que ta forme a en propre, tu risques bien vite de faire avec elle ce qui a déjà été fait mille fois ailleurs, ce qui n’a pas grand intérêt. Donc cette réflexion me paraît avoir tout son sens. Et elle est loin d’être terminée.

    5/ Non, internet n’est pas un outil… c’est une affirmation qui m’exaspère… Dernière piqûre de rappel : http://blog.tcrouzet.com/2013/05/23/facebook-et-twitter-secrouleront-comme-un-chateau-de-cartes/

    6/ Une des choses propres au blog, les billets s’enchaînent se répondent… les billets ne vont pas seuls comme des articles de journaux.

  32. joneskind says:

    1/ Tu ne l’as pas défini mais tu as formulé ce que tu en attendais. Il me semble que ça en revient au même.

    2/ Pardonne-moi, j’ai tendance à penser que tout ce qui sort de l’esprit est une idée, et donc a fortiori un texte qui est un bout de langage est une idée.

    3/ Je connais des blogs qui ont fermé leurs commentaires, des blogs qui n’ont que quelques articles, des blogs qui ne traitent que d’un seul sujet. Il faudrait alors préciser ta définition. Une chose est certaine, le dialogue ne fait pas partie des conditions sine qua non de la définition du blog.

    5/ Je suis allé lire l’article. Il me semble justement qu’il ne voit Facebook que comme un phénomène et pas comme un outil et c’est bien le problème de ton analyse. Je suis venu à Facebook assez tard. C’est un outil qui me sert à garder le contact avec de la famille et des amis qui vivent à l’autre bout du monde. J’y partage des articles, des avis, des idées politiques et j’y débats beaucoup. C’est d’ailleurs un excellent moyen d’être en contact avec des gens qui ne font pas partie de ma famille politique par exemple, et c’est l’occasion de confronter son point de vue, parfois violemment. Pour rien au monde je ne quitterai Facebook pour un autre réseau social pour la simple et bonne raison que j’y ai les traces de ce que j’étais. C’est une empreinte historique aussi précieuse que des mémoires. Je ne suis d’ailleurs absolument pas favorable à la fermeture d’un compte Facebook en cas de décès. C’est un formidable lieu de souvenir, sans doute plus qu’un album photo. Facebook n’est pas Twitter.

    6/ Ça ne tient qu’à son rédacteur. Un des principes de base des blogs c’est le tag. Il permet d’associer les articles par thèmes. Et on peut très bien avoir envie de parler de cuisine ou de cinéma sans qu’il existe la moindre trace de connexion entre les sujets.

    Tu as une définition très personnelle et exclusive du blog. C’est assez paradoxal pour quelqu’un qui n’aime pas définir.

  33. Il y a des blogs photos, des blogs BD, des blogs poétiques, des blogs romanesques, des blogs témoignages… si tout ça c’est des idées tu es la réincarnation de Platon.

    Un blog sans commentaire c’est plus un blog, c’est un site web, un site perso, un journal… tout ce que tu veux. Et c’est assez banal. Je suis pas réducteur, je cherche ce qui est propre au blog et qui mérite qu’on le travaille.

  34. joneskind says:

    Durant mes études d’architecture on m’a expliqué que derrière toute oeuvre il y a une idée. donc oui, derrière une photo, une BD, une poésie, un roman il y a une idée.

    Mais j’ai l’impression de m’attarder sur le contenu alors que tu parles du blog lui-même non ? en tant que figure artistique ? Et que donc un blog de photo ne soutien pas une idée originale en soi même si c’est Doisneau lui-même qui les fait.

    Ok pour l’idée, mais ça veut dire qu’un livre non plus n’est pas une idée tant que l’auteur ne cherche pas à en renouveler la forme. Je ne suis pas d’accord avec cette idée. C’est le même débat stérile que de savoir si le cinema est un art ou un artisanat, ou si le monochrome de Whiteman vaut mieux que le dessin de fleur de ma nièce de trois ans. C’est confondre la forme du contenant avec la forme du contenu. Un vin rouge n’est pas meilleur parce que ça bouteille a une forme originale, et j’ai tendance à préférer le Bordeaux au Bourgogne.

    Pour le blog sans commentaires, je répéterai que ça doit dépendre de ce qu’on entend par blog. Avant de déterminer ce que devrait être un objet il me semble qu’il serait judicieux d’en connaitre la définition et l’étymologie.

    Voilà donc ce que dit Wikipedia, l’encyclopédie du peuple:

    Un blog est un type de site web – ou une partie d’un site web – utilisé pour la publication périodique et régulière de nouveaux articles?, généralement succincts, et rendant compte d’une actualité autour d’un sujet donné ou d’une profession. À la manière d’un journal de bord, ces articles ou « billets » sont typiquement datés, signés et se succèdent dans un ordre antéchronologique, c’est-à-dire du plus récent au plus ancien. Les appellations blogue ou cybercarnet sont également utilisées, notamment au Québec.

    Blog est issu de l’aphérèse d’un mot composé, né de la contraction de « Web log » ; en anglais, log peut signifier registre ou journal. La francophonie tente de trouver des équivalences ou des alternatives à cet anglicisme, bien que le franglais soit fréquent sur la Toile, notamment parmi ses techniciens, qui rendent souvent compte de la nouveauté par le biais d’anglicismes et de néologismes.

    Blog

    Je crois que tu ne tiens pas un blog mais quelque chose d’autre et de mieux qui reste à inventer.

  35. Wikipedia ne me semble pas définir le blog mais la version électronique du journnal (diary). Cette définition étant très large, elle me paraît guère intéressante, et surtout ne convenir qu’à ce qu’étaient les blogs au tout début de leur histoire, avant qu’on développe la technologie.

    Ce qui m’intéresse c’est pousser la forme pour qu’elle nous pousse à créer avec elle des chose neuves. Si elle se contente de mimer l’ancien en numérique, ça n’a guère d’attrait…

    Comme j’ai pratiqué diverses formes d’écriture, le diary, l’essai, le roman et le blog… je tente justement de voir en chacune ce qui me motive… et j’utilise le blog, non pas juste parce que je n’ai pas d’autres moyens de publier, mais parce qu’il ajoute une dimension interactive. J’ai notamment théorisé ça dans La Stragégie du Cyborg.

    PS : Cette idée de l’idée derrière l’oeuvre ne reflète qu’un courant philosophique… celui des essentialistes… et surtout pas celui des matérialistes avec lequel je suis plus chez moi.

    Ta digression sur art vs artisanat me paraît déplacée.

  36. Joneskind says:

    Wikipédia donne la définition d’un objet tel qu’il a été créé. Un Web Log ou Blog c’est ça. Un Blog qui se complète d’une interaction sociale c’est autre chose. C’est comme la scie et la scie circulaire. Ça sert globalement à la même chose mais c’est différent. Personne n’aurai l’idée de prétendre qu’une scie doit être une scie circulaire et qu’une scie sans moteur n’est pas une scie. La définition, même si tu ne l’aimes pas, est un outil qui sert à faciliter la communication, pas la compliquer. Si on utilise le même mot mais qu’on y met des significations différentes on est pas prêt de se comprendre.

    Je ne sais pas ce qu’est un matérialiste ou un essentialiste. Je n’ai jamais vraiment cherché à savoir de quel bord philosophique je me trouvais. Sans doute parce que c’est clivant de dire “moi je suis biduliste, et que je préfère la confrontation d’idée sans a priori. Ça me fait réaliser que j’ai moins de mal à définir les choses qu’à définir les gens.

    Pour ma digression sur art Vs artisanat, je te prie de m’excuser. Ce n’était qu’une illustration maladroite du niveau sur lequel je mettais la réflexion. Par ailleurs je parlais précisément de la position du cinéma, et pas du débat conceptuel de l’art Vs artisanat en particuliers.

  37. joneskind says:

    Puisque ton souci est de recréer de l’intime et de la communication sur internet, j’aimerai de soumettre quelques propositions formelles.

    La première serai d’introduire directement la conversation dans tes articles, par exemple en ne mettant qu’un titre et les commentaires ouverts. Tu pourrais alors écrire ton texte dans un champ de commentaire, ou même laisser tes visiteurs ouvrir le débat.

    Une autre proposition, inspirée de la fabrication de la nouvelle constitution Islandaise serai de proposer un texte que chacun peut éditer, et qui se construirai au fur et à mesure de la discussion, en sus des commentaires qui aideraient à la direction de l’article. Ça permettrai d’introduire des notions de projet commun, de création commune, donc de communauté et de lien social.

  38. CedricA says:

    @joneskind tu proposes la technologie du wiki, ou du framapad. Elle fonctionne très bien pour les propos ayant une finalité, pour le débat ouvert, je ne suis pas certain que ce soit adapté, car au fur et à mesure des évolutions du texte, on perd le cheminement, les évolutions, contrairement aux commentaires.

  39. joneskind says:

    @CedricA

    C’est une hypothèse de travail.

    Rien n’empêche de conserver l’article final et les commentaires qui seront la trace archéologique de l’article. Rien n’empêche non plus de garder le versionning mais je trouve alors qu’il y a une sorte d’échec avoué derrière l’idée – je n’aime pas l’idée de faire machine arrière et j’aime les ratures.

    Par ailleurs, est-il important de connaitre le cheminement et les évolutions d’un texte ? Quand on achète un livre, on achète pas les brouillons.

  40. @ Joneskind: ce que tu ne vois pas c’est le principe de réciprocité dans le flux. Le blog devient ainsi naturellement un lieu dialogique avec l’avantage de nous préserver des structures hiérarchiques.

  41. joneskind says:

    @Damien Fayolle

    À quel moment je ne vois pas le principe de réciprocité dans le flux?

    Par ailleurs le dialogue n’a absolument rien de naturel dans le blog. Le dialogue ne coule pas de source et maintenant parlez, il se met en scène. C’est d’ailleurs tout le problème de trouver la forme adéquate, puisqu’il semble évident que le modèle amphithéatrale du blog ne fonctionne pas.

  42. Tu oublies la notion de blogosphère consubstantielle du blog… qui est la généralisation de la république des livres.

    Un blog est un flux qui s’entrecroisent avec d’autres. Et l’auteur d’un blog en reste l’auteur, ses commentateurs direct ou indirect ses stimulateurs… cf encore une fois La stratégie du Cyborg. L’oeuvre collective est la blogosphère, pas chacun de ses atomes.

    C’est ça qui est excitant dans cette écriture, pas juste de d’écrire… c’est une excitation propre au blog, nouvelle.

  43. c’est parfaitement exacte, mais il ne faut pas que cette écriture devienne totalisante, elle doit cohabiter avec d’autres écritures plus proches de l’écosystème du livre, qui ne s’oppose pas à celui du blog, bien au contraire.

  44. J’essaie de pratiquer plusieurs formes en même temps, au moins cette forme du blog, et celle de textes plus longs… Une n’est pas supérieure à l’autre, elles se croisent.

  45. Joneskind says:

    Je comprends mieux, enfin je crois ^_^

    Donc d’après toi c’est entre les blogs eux-mêmes qu’il n’y a pas assez de rebonds ? La pensée d’un blogueur ne voyage pas assez ? Je comprends mieux ta haine des Facebook et Twitter alors, qui devraient jouer ce rôle de communication, de partage et de confrontation mais qui en est globalement réduit à un échange de vidéos de lolcats… J’essaierai de te rassurer en te disant que je débats des articles que je partage le plus souvent possible (quand je trouve quelqu’un avec qui débattre). Par contre, je suis considéré comme un troll, bien que je ne lance pratiquement jamais de débat gratuitement polémique (la dernière fois c’était lors d’un repas où je soupçonnais d’y voir des opposants au mariage universel – je les ai fait sortir du bois). C’est à dire que la société civil perçoit ses débateurs du net comme des agitateurs, et non comme des éléments constructifs. Un peu comme les intellectuels finalement…

    Je reste persuadé que rien dans le blog ne sous-entend de près ou de loin ce phénomène d’échange qui demande un effort. Or on sait que l’homme est avare de mouvement et qu’il ne s’épuise que pour ce qui est important à ses yeux le pognon. Quand la société récompensera plus les contributeurs à la pensée globale que les banquiers, les hommes se pencheront sûrement plus spontanément sur la question.

    PS: il me semble que Tumblr, dans son fonctionnement, a une chance de proposer un début de solution technique au problème.

  46. Le problème de Tumblr, c’est centralisé… plus facile de commenter, de consolider les commentaires, mais pas satisfaisant de mon point de vue politique. Guère différent au fond de Facebook Twitter même si le format blog est plus riche.

    On devient troll quand on répète toujours la même chose sans entendre les arguments des réponses. Tu le fais un peu quand tu dis que rien… blabla. Je t’ai déjà répondu, mais tu as pas répondu sur ce point. Oui la conversation exige un effort, mais elle peut procurer un plaisir qui le fait oublier.

    Je résume : le blog comme toute forme a des particularités qui lui son propre, celles qu’on retrouve en de multiple endroits ailleurs sont moins intéressantes à creuser pour un auteur. Et je me place dans cette perspective. Celui qui ne s’intéresse qu’à la politique se fiche bien de creuser une forme, son combat est ailleurs.

  47. Joneskind says:

    A t-on fini par se comprendre alors ?

  48. Des écritures qui se croisent et des auteurs aussi, je suis bibliophile, voir bibliomane et la blogosphère m’enchante quand elle est libératrice d’énergie en respectant l’intimité et le devenir des formes.

  49. Joneskind says:

    Qu’entends tu par centralisé ? Tu veux dire que tes données sont sur un serveur qui ne t’appartient pas ? Il me semble qu’il est possible de lier un compte Tumblr à un compte personnel et qu’il est aussi possible de publier sur Tumblr en envoyant ton article à une adresse mail précise, de sorte que tu scriptes facilement une publication automatique. Si ça t’aide un peu…

  50. Tumblr appartient à tumblr, donc c’est centralisé, par opposition aux blogs comme le mien…

  51. Joneskind says:

    La dimension “sociale” de Tumblr ne t’intéresse pas ? C’est pratique et intéressant d’être mis en relation avec des blogs dont on aurait sans nul doute ignoré l’existence si un algorithme ne nous y avait pas emmené. Mais c’est sûrement aussi bon de se laisser à la serendipité naturelle de la vie…

    En tout cas merci de m’avoir proposé une vision particulière du blog. J’ai très envie de me pencher sur la question moi aussi, maintenant que tu lui as ouvert une nouvelle dimension (en tout cas à mes yeux)

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