La guerre ou quand les États s’amusent à la récréation

À un journaliste qui lui demande pourquoi nous avons une vision romantique des sociétés tribales, Jared Diamond répond « There is a feeling among the general public—and some anthropologists—that traditional people are peaceful. But the reality is that the great majotity are not. To have peace requires a central governement. »

Cette théorie « Pour vivre en paix, il faut un gouvernement central. » est largement partagée. Je voudrais la discuter. Les arguments de Diamond :

  1. Dans un groupe réduit, disons moins de cent personnes, on peut prendre les décisions démocratiquement, face à face. Pas besoin d’un gouvernement.
  2. Mais lorsque deux tributs se rencontrent. Si cents personnes sont d’accord pour faire la paix, il existera toujours quelques têtes brûlées qui désireront se venger et briseront l’armistice. Et la guerre reprendra.
  3. Contrôler les agitateurs exige une force centralisée. Les sociétés tribales sans leader puissant ne peuvent maintenir la paix. C’est pourquoi les sociétés-états se sont développées et pourquoi les fermiers ont toléré les parasites gouvernementaux.
  4. Quand nous avons un accident de voiture, nous n’exigeons pas réparation de l’autre conducteur. L’État prend pacifiquement en charge le litige [avec l’aide des assureurs qu’il nous impose]. C’est pourquoi les gens des sociétés traditionnelles basculent peu à peu vers les sociétés-états. Ils en reconnaissent les bénéfices.

Je suis dans les grandes lignes d’accord avec ce raisonnement. L’État est nécessaire dès que la population augmente. Voilà pourquoi je ne suis pas vraiment anarchiste, ni libéral au sens économique. Mais pourquoi l’État devrait-il être centralisé ?

D’abord les conséquences de cette centralisation. Plus l’État se centralise, plus il devient système. Le système finit par avoir une identité propre, indépendamment des gens qui le composent. Le système devient une entité méta-individuelle qui vit dans un monde de méta-individus. Les têtes brûlées réapparaissent qui vont alors s’entredéchirer. La société tribale se réinvente.

Ce phénomène est d’autant plus vif en temps de crise. Le méta-individu étant bien dans l’embarras pour rassurer ses atomes individuels tente une sortie vers l’extérieur. Plutôt que de se tourner en lui-même, il se donne des prérogatives qu’il n’a jamais eux. Il devient va-t’en-guerre.

À l’échelle individuelle, les enseignants, surtout du primaire, observent quotidiennement ce phénomène. Les élèves les moins mûrs, les moins doués avec les mots et les concepts, en viennent vite aux mains. Les méta-individus que sont nos gouvernements ne font que jouer bêtement dans une cour d’école, avec à la clé des morts innombrables.

L’État centralisé n’est donc une solution acceptable qu’en temps de paix entre les États centralisés, une situation qui dans la pratique est toujours provisoire. Pour sortir de ce dilemme, je vois deux possibilités.

  1. La création d’un gouvernement mondial. Son rôle : remettre à leur place les méta-individus. Ce serait l’escalade du système répressif, avec toutes ses conséquences néfastes.
  2. L’invention des États décentralisés, des États non tentés par la systémisation, non tentés par la méta-indivualisation, des États dont les présidents ne se prendraient plus pour les rois omnipotents de la cour d’école planétaire.

Jared Diamond écarte cette possibilité un peu vite parce qu’elle n’est jamais advenue à grande échelle au cours de l’histoire. Pour cause, l’État décentralisé a besoin de technologies décentralisées pour opérer. Il se trouve que nous disposons de ces technologies.

Nous avons par exemple créé un Internet en grande part décentralisé. Et rien techniquement, sinon les États centralisés, ne nous empêcherait de le décentraliser totalement.

Quand allons-nous passer du primaire au secondaire ?

PS : Deux États décentralisés qui se rencontrent, faute de centre, sont peut-être condamnés à fusionner. Et on en arrive, non à un gouvernement planétaire, mais à un État planétaire.

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22 comments

  1. stef says:

    La création d’un gouvernement mondial
    L’Europe est actuellement ce qui se rapproche le plus de cette solution. Et on constate d’un bout à l’autre de l’échelle :
    – le régionalisme ( Ecosse, Pays Basque, Flamands vs Wallons, Catalogne, etc…)
    – le rejet partiel de Bruxelles par les populations
    – le “bouc-émissairisme” (c’est à cause de l’Europe) pratiqué par les états
    etc.
    Toute tentative de centralisation déclenche des forces contraires qui s’exercent depuis sa périphérie. Il arrive un moment où la tension du système provoque sa paralysie puis sa dislocation.
    Reste donc le point 2.

  2. Antoine BARRAL says:

    Bonjour,

    Oui, mais j’ajouterais bien quelques précisions:

    – ne pas confondre démembrement des grands états décentralisés et prolifération de micro-états centralisés, c’est à dire balkanisation, ou dérive identitaire de type catalaniste…

    – donc, oui a la décentralisation régionaliste et fédéraliste, où les territoires ont des limites administratives et non des frontières de souveraineté…

    – mais surtout, je défends le concept de multi-fédéralisme et multi-appartenance pour les entités politiques locales, communes, ou régions, qui doivent rester libre d’appartenir simultanément à plusieurs, réseaux, ou fédérations, ou syndicats, afin d’éviter la formation de blocs territoriaux potentiellement antagonistes…

    exemple: une commune située à l’embouchure d’un fleuve, peut de fédérer avec d’autres communes du même littoral, pour défendre leurs intérêts communs, et se fédérer aussi avec des communes de la même vallée en ce qui concerne la gestion du fleuve, et aussi se fédérer avec des ports situés bien plus loin dans une fédération de villes portuaires. Des critères culturels peuvent aussi justifier l’adhésion à d’autres fédération…

    Ainsi les structures politiques reflètent la complexité des relations économiques, écologiques, culturelles, des alliances, réseaux et des appartenances multiples, et chaque fédération possède des éléments communs avec d’autres fédérations, ce qui permettrait de limiter les affrontements entre blocs…

    A l’opposé d’un état actuel, même fédéral, qui exige de ses membres une loyauté à sens unique, une appartenance qui est de fait une soumission…

  3. narvic says:

    J’ai bien peur, Thierry, que LA “société tribale” dont tu parles n’existe pas. Les ethnologues et anthropologues sont nombreux depuis un siècle à s’être intéressés à ce que certains (les structuralistes et les marxistes) désignent comme des “sociétés sans Etat”. Le résultat des recherches est de montrer la très grande variété des formules d’organisation des groupes “inventées” par ces différentes communautés “premières”.

    Par exemple, il est faux, car beaucoup trop généraliste, de dire “Les sociétés tribales sans leader puissant ne peuvent maintenir la paix.” Certaines de ces “tribus” vivent en paix de façon permanente et d’autre sont organisées sur le principe de guerres incessantes…

    Une approche intéressante, celle de l’ethnologue français Pierre Clastres (https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Clastres) :

    “On retiendra sa thèse principale : les sociétés premières ne sont pas des sociétés qui n’auraient pas encore découvert le pouvoir et l’État, mais au contraire des sociétés construites pour éviter que l’État n’apparaisse. Dans Archéologie de la violence, Clastres s’oppose ainsi aux interprétations structuralistes et marxistes de la guerre dans les sociétés amazoniennes. Selon lui, la guerre entre tribus est une façon de repousser la fusion politique, et donc empêcher la menace d’une délégation de pouvoir menant aux dérives intrinsèquement liées à la trop grande taille d’une société.”

    Une thèse, tu vois, très différente de celle que tu défends dans ce billet… 😉

  4. narvic says:

    Pour aller plus loin dans la pensée originale de Pierre Clastres: un (très) long entretien où il aborde les questions évoquées ci-dessus (état et société, le chef, l’obéissance, la guerre dans les société primitives de l’Amazonie…)

    http://1libertaire.free.fr/Clastres01.html

  5. Je ne défends qu’une thèse: un état non centralisé peut exister. Oui, il existe des sociétés sans états et des sociétés pacifistes.

    Diamond aussi le sait… il parle de la majorité des sociétés et il parle aussi des sociétés non trop peuplées. à ma connaissance les sociétés populeuses et en interaction avec d’autres sociétés populeuse ont bien rarement été pacifistes, et bien rarement n’ont pas eu de gouvernement (ou un gouvernement décentralisé).

    Me faut lire le livre de Diamond… qui a passé sa vie à crapahuter avec les survivants des sociétés “tribales”.

  6. narvic says:

    Clastres, lui aussi, à passé sa vie chez les “tout nus” en Amazonie. 😉

    S’intéresser à ces sociétés primitives, ça peut apporter, peut-être, quelques idées sur la généalogie des phénomènes qu’on observe aujourd’hui. Mais je ne crois pas du tout que ce sera suffisant pour comprendre ce qui se passe. Car il s’agit de sociétés toutes petites, dispersées et très peu denses. Tout le contraire de nos problèmes d’aujourd’hui !

    Au fond, c’est exactement ça la question à creuser, et elle est quasiment ignorée par la philosophie politique en général depuis des siècles: la question de la densité de population des hommes.

    Il s’agit pourtant de la donnée anthropologique majeure de l’humanité (et désormais, par contre-coup, c’est aussi la question majeure pour la planète entière): les hommes sont de plus en plus nombreux à vivre dans des espaces de plus en plus concentrés.

    Ce n’est pas seulement la question de l’augmentation exponentielle de la population, c’est aussi (en plus) celle de sa concentration dans des villes de plus en plus grandes (les mégalopoles). Les deux phénomènes se conjuguent pour sur-multiplier l’augmentation de la densité de peuplement à un niveau de densité jamais vu auparavant.

    Tout ça conduit à ce phénomène très intéressant que certains géographes désignent sous le concept nouveau de “métropolisation” : ces métropoles mondiales (une centaine en tout) tendent à s’organiser ENTRE ELLES, sous forme de réseaux (des réseaux “physiques”, matériels: réseaux de circulation des hommes, par les hubs aéroportuaires, de circulation des marchandises par les hubs portuaires, réseaux de communication d’information, par les backbones d’internet, etc.), en même temps qu’elles tendent à se détacher de leur ancrage territorial.

    Cette métropolisation crée un chapelet de mégalopoles de plus en plus hors-sol et ultra denses, qui s’autonomisent des territoires, et s’homogénisent entre elles. [La mondialisation est un phénomène exclusivement urbain, qui continue à vider massivement les campagnes (sauf en Europe, où les campagnes sont déjà vides). Le concept de “métropolisation” est donc bien plus opérationnel, et précis, que celui de “mondialisation”, pour désigner le même phénomène.]

    Ça ne peut que bouleverser très en profondeur les formes d’organisation et de distribution du pouvoir dans la société. Et ça ne peut déboucher que sur des formes nouvelles, tellement le changement d’échelle est énorme.

    Une de ces évolutions a déjà été aperçue, et elle ne va pas du tout dans le sens de la décentralisation du pouvoir. Au contraire! C’est le concept de “biopouvoir”, forgé par le philosophe français Michel Foucault. Le pouvoir, à travers l’Etat, s’étend depuis le 18e siècle à de nouveaux domaines d’intervention (dont il ne se préoccupait pas du tout auparavant), qui concernent le gouvernement de la vie des gens (la vie au sens le plus basiquement biologique). Les gouvernements ont ainsi désormais des politiques de santé publique, d’alimentation, et même des politiques de démographie (nataliste pour les uns: France, anti-nataliste pour les autres: Chine). Et ce pouvoir s’exprime sous une forme statistique, qui ne porte plus sur “les hommes” ou “la société”, mais sur “la population” (qui est un concept socio-politique nouveau).

    Le développement de ces politiques témoignent de l’émergence de ce “biopouvoir”, qui n’a pas été vu et n’est donc pas du tout expliqué par les théories politiques “classiques” (et j’intègre le marxisme dans les “théories classiques”). Et il est, selon moi (car ça Foucault ne le voit pas bien), une conséquence directe de l’accroissement dément de la densité de population.

  7. Si les mégalopoles se détachent du territoire, elles deviennent des états dans l’état en quelque sorte, elles peuvent même lui échapper… ou en tout cas prendre leur indépendance, ce qui conduit à ma décentralisation de l’état d’une certaine façon…

    La décentralisation ne pouvait pas être là techniquement jusqu’à aujourd’hui dans les sociétés très peuplées. La seule solution était le renforcement du pouvoir central. Mais plus rien techniquement (sauf l’homme lui-même) n’empêche qu’elle advienne dans les mégalopoles hyperdenses. ça fait beaucoup de peut-être. Et comme j’ai peu d’influence sur ce processus, je l’observe de loin… et je vois en effet beaucoup de centralisation, ce qui me pousse à m’en désintéresser encore plus…

  8. narvic says:

    Le problème, c’est que l’Etat, il reste là où la population se trouve. Et s’il doit choisir, il préfèrera se désengager du territoire (ce que l’on voit déjà poindre dans les campagnes européennes dont l’Etat se retire).

    L’opportunité est là d’ailleurs: c’est dans les campagnes (à la marge, dans les interstices…) que se dégagent des possibilités… Tu sais bien, puisque tu as choisi de vivre à la campagne et que moi aussi, je ne rêve que de ça 🙂

    Pour ce qui est de la ville, l’accroissement de sa densité ça revient tout bonnement à une gigantesque centralisation de la population. Ça ne va faire qu’accroître ses problèmes de gestion, de circulation, d’approvisionnement, et ses problèmes sanitaires. Et on ne peut pas gérer de manière décentralisée une population ultra-centralisée.

    Je crois que Casabaldi défendait déjà une thèse de ce genre il y a quelques années: décentraliser le pouvoir et retrouver un équilibre écologique ne peut se faire qu’en décentralisant la population. Il a d’ailleurs commencé par se décentralisé lui-même 😉 mais le reste de l’humanité prend le chemin inverse. 😉

  9. narvic says:

    Un géographe est justement en train de parler de tout ça sur France Inter à l’instant ! (10h20) Comme quoi ça commence à se diffuser…

    Il précise et ajuste mon propos au sujet de la métropolisation de la France: il y a dissociation entre trois espaces concentriques autour de la métropole.

    1/ les métropoles elles-mêmes (une dimi douzaine à une dizaine en France), qui regroupent 40% de la population, mais qui centralisent les deux-tiers du PIB ! C’est là et uniquement là que se produit toute la richesse désormais, que se concentrent l’emplois qualifié et la recherche.

    2/ le premier cercle périphérique de la métropole (peri-urbain et villes petites et moyennes) regroupe 40 % de la population et concentre les classes moyennes et populaires, ainsi que leurs jeunes et leurs retraités. Ils sont de plus mis hors course du jeu économique. Ils sont marginalisés, et ce sont eux qui votent pour le Front national.

    3/ le rural profond: les 20% de population restant occupent les 2/3 du territoire avec une densité très faible, peu d’activité (agriculture et un peu de tourisme) et sont de plus dépendants de la ville pour les services publics et tous les services nouveaux à haute valeur ajoutée.

  10. L’opposition centralisé/décentralisé est caduc, l’explosion démographique cause du biopouvoir est le vecteur d’ un capitalisme naturel qui se développe, même sur une île déserte et défiscalisée. Le problème n’est donc plus la centralisation dont les poètes d’outremer se sont affranchis avec brio, mais toujours la concentration capitalistique qui sert de relais ou de propulseur dans la communication interindividuelle.
    Si on reviens à la source on peut créer une pensée originale ce qui implique de détenir un pouvoir antérieur au capital.

  11. fourminus says:

    Ces métropoles posent aussi de nouvelles questions militaires. Cf. la Syrie. Imaginez un instant ce scénario noir :

    . Imaginons qu’aux prochaines élections, dans un contexte de forte abstention suite à l’écœurement des électorats PS et UMP pour les leaders respectifs, Marine Le Pen soit élue.

    . L’extrême droite a pour habitude de rassembler la nation autour d’un ennemi commun. Cette fois c’est la figure du délinquant immigré qui pourrait être utilisée. On peut imaginer une intensification de la répression dans les banlieues (certains parlent de militarisation de la gestion des banlieues). Si la crise s’aggrave en même temps, ça pourrait avoir pour conséquence le désespoir de ces populations, la radicalisation d’une partie de sa jeunesse et si tout est géré au plus mal : des émeutes.

    . Il pourrait alors se trouver, comme pour la Syrie, la Libye, le Mali, etc., des intérêts qui pourraient trouver utile de distribuer des armes de guerre aux plus radicaux de ces émeutiers. Comme en Libye, Syrie, etc. on peut imaginer que des mercenaires pourraient être envoyés pour les encadrer. (ça n’est pas de la science fiction, c’est la stratégie éprouvée des “contras”.)

    . L’armée française serait alors contrainte d’attaquer les banlieues pour en reprendre le contrôle, massacrant ainsi la population civile, tandis que les contras auraient disparu à son arrivée pour mieux reprendre les attaques dans une autre zone urbaine.
    Il semble qu’il n’existe aujourd’hui pas de stratégie militaire efficace face à cela…

    Le pire n’est jamais sûr, c’est la perspective la plus sombre, pas du tout la plus probable. Mais avant de soutenir le bombardement de la Syrie et plus précisément sa déstabilisation par des mercenaires, il me semble utile d’y réfléchir…

  12. narvic says:

    @ Damien Fayolle

    Vous posez mal le problème du capital. Du capital, comme travail “mis en conserve” pour permettre une production future, il y en a toujours eu. Ce qui est nouveau avec le capitalisme, ce n’est pas la formation du capital en vue de la production, c’est l’utilisation de ce capital en vue de produire… du capital (et de l’accumuler, en vue de produire… encore plus de capital).

    Il peut donc y avoir du capital sans capitalisme, mais comme le dit excellemment Fernand Braudel, il n’y a pas de capitalisme sans capitaliste.

    Toujours selon l’analyse de Braudel, il faut absolument distinguer l’économie de marché et le capitalisme. Si les capitalistes dominent le marché, le capitalisme ne recouvre pas entièrement l’économie de marché, qui est beaucoup plus massive, plus vaste et plus profonde. De même que l’économie de marché ne recouvre pas toute l’économie, car toute l’économie n’a pas encore été marchandisée (il reste l’autoproduction, le bricolage, le do it yourself, les solidarités familiales et amicales, le don, le bénévolat, les coups de main, etc.).

    Je pense que le développement du biopouvoir est parallèle mais qu’il n’est pas inféodé à celui de capitalisme. Ils sont l’un et l’autre dans un rapport complexe fait à la fois d’interdépendance et de franches contradictions. Mais je crois aussi que le biopouvoir peut vivre sans le capitalisme et que d’ailleurs, il lui survivra.

  13. Et j’aime l’idée d’un revenue de base parce qu’il rémunérerait ce qui n’est pas encore marchandisé… C’est peut-être la meilleure stratégie pour sortir du capitalisme.

    Et je pense au biopouvoir… l’homme qui lave les mains… ont est dans les stratégies de santé publique… mais avec une mise en oeuvre qui ne peut qu’être décentralisée.

  14. @ Narvic
    peut-être aussi que tu n’as pas compris, le plus étrange c’est que tu ne me demande pas quel est ce “pouvoir” mais bon le train est passé…merci France Inter.

  15. Benoit says:

    Vive la Démocratie, la vraie, où les peuples écrivent et votent ses lois dans des Assemblées locales. Une “fédération de commune” permet d’unifier sans la centralisation du pouvoir. Voir : Le tirage au sort comme bombe politiquement durable contre l’oligarchie (soit la centralisation du pouvoir) http://www.youtube.com/watch?v=EV60aqBD6H4

    Merci pour ce billet,

    Cordialement,

    Benoît

  16. bigben says:

    Bonjour,

    Merci pour votre blog.
    Merci pour cette note, bien intéressante.
    Merci aux commentaires de Narvic, passionnants aussi !
    Je découvre cette notion de métropolisation, notamment !
    Pouvez-vous nous indiquer des liens pour poursuivre la refelxion sur ce sujet ?

    Merci d’avance !

    Bigben

  17. bigben says:

    Re-bonjour,

    Suite de mon comm précédent, voici un lien vers un article très intéressant sur les civilisations (en très bref).
    http://benoit.remael.over-blog.fr/article-17904500.html

    Voici un (très très) bref résumé :
    Pourquoi l’industrie
    moderne a-t-elle été
    inventée en Europe,
    pas en Inde ou en Chine?

    CLE NUMERO 1
    L’Europe a eu la chance
    d’être faite
    d’Etats à la fois
    prospères et rivaux

    CLE NUMÉRO 2
    L’Europe a des côtes
    maritimes
    hyper-découpées
    comme des fractales…

    POUR L’AVENIR
    L’Europe aurait besoin
    de nouveaux ennemis.
    Pas de problème,
    l’affaire est en route!

    Du coup, comment intégrer les métropoles dont vous parlez dans ce schéma ?
    a+
    Bigben

  18. narvic says:

    @ bigben

    Ce qui me gêne dès le début de la lecture que vous mettez en lien, c’est qu’il s’agit d’un gars qui n’est pas historien. Il s’y met sur le tard après une carrière de physicien, et il méconnait, du coup, tout ce que les historiens ont déjà pu écrire auparavant sur le sujet qu’il découvre. Il peut, ainsi, sans vergogne, écrire que “Pendant des siècles, l’éclatant succès européen est resté un mystère enveloppé d’une énigme, pour reprendre l’expression de Churchill.” (SIC)

    Pourtant, cet “éclatant succès” n’est pour les historiens ni un “mystère”, ni une “énigme”. Et ils proposent à ce sujet depuis des décennies une foultitudes de théories qui prétendent toutes expliquer tout ça.

    Le grand avantage de ces théories d’historiens sur “notre” théorie de physicien à propos de l’histoire, c’est que les historiens ne s’appuient pas sur des analogies avec les mathématiques pour construire dans le vide, mais qu’ils utilisent les mathématiques pour faire de l’histoire à partir de faits concrets.

    Ainsi les historiens ont-ils reconstruits des courbes mathématiques de la croissance économique à travers les derniers siècles, à partir des données historiques dont ils disposent. C’est exactement à partir de telles données que Fernand Braudel, par exemple, aboutit aux réflexions dont je fais état plus haut.

    Comparativement, “votre” physicien ne fait que des analogies (si je veux être gentil: des métaphores), ce qui est une méthode fort peu scientifique…

  19. narvic says:

    @ Bigben

    Je vous recommande un petit livre en français très synthétique et abordable sur le sujet précis de “l’éclatant succès européen”, écrit par un “vrai” historien scientifique de l’économie, un américain “héritier” de Braudel: Immanuel Wallerstein, “Le capitalisme historique”, 1985, La Découverte.

    Au sujet d’Immanuel Wallerstein : https://fr.wikipedia.org/wiki/Immanuel_Wallerstein

  20. narvic says:

    … et – sur le sujet – je ne vous pas encore parlé de Joseph Schumpeter !

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Schumpeter

  21. Damien Fayolle says:

    Le petit singe a arrêté sa masturbation!
    Si on crée une puissance harmonieuse, on peut espérer se servir des grandes structures capitalistiques. Le plus important c’est le point de départ et l’énergie présente en ce point. Pour que l’entropie ne soit pas trop rapide la qualité de la fusion doit être sans faille. Ainsi le capitalisme n’est pas mal en soi car il présuppose l’innovation perpétuelle pour perdurer. Internet ou Apple sur ce point vont dans le bon sens, c’est l’utilisation de ces relais par un esprit audacieux qui compte. Il nous faut donc encourager la création mathématique, philosophique et poétique car tout bouleversement véritable viendra de là. Il est déjà en cours et c’est ce qui est merveilleux. Tout est dans l’ambition du manuscrit!

  22. bigben says:

    Au fait, j’ai oublié de vous remercier, Narvic pour votre référence (mon anniversaire approche, justement !)

    “Ainsi les historiens ont-ils reconstruits des courbes mathématiques de la croissance économique à travers les derniers siècles, à partir des données historiques dont ils disposent” : c’est accessible de manière vulgarsée, ça ?

    Pour Cosandey, je reconnais volontiers ses limites et surtout son souhait de tout expliquer à partir d’une seule hypothèse.

    Mais en le lisant, j’avais découvert de nouveaux horizons en histoire !
    Après, j’ai voulu lire Braudel et n’ai pas réussi (!).

    Il m’a plu ausi parce que j’aime bcp les maths et l’histoire : son truc répondait aux deux de manière bien élégante …
    (et j’ai beaucoup aimé la “psychohistoire” d’Isaac Asimov dans sa série des “Fondation”.

    a+
    Bigben

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