Bitcoin et le 2.0 en général, l’asymétrie finance la croissance

J’espère me tromper. Une idée déplaisante m’est venue en vélo au milieu d’une pente sévère. Je me suis dit : « Hors de question que cette pente s’efface pour ceux qui pédalent derrière moi, ce serait même mieux si elle devenait de plus en plus difficile en même temps qu’ils rajeunissent. »

Un système monétaire asymétrique avantage les premiers entrants. Par exemple, nos monnaies traditionnelles avantagent les vieux sur les jeunes qui naissent avec la dette des États à rembourser (la dette des vieux). Ça paraît inacceptable, insupportable, et pourtant personne ne se révolte (encore).

Une autre possibilité existe : une monnaie avec un revenu de base qui respecterait la TRM, garantissant la symétrie. Résumé : « Peu importe quand tu rentres dans le système, tu n’es pas désavantagé. »

Si un tel système peut théoriquement fonctionner, est-il compatible avec la nature humaine ? Impossible de ne pas se poser cette question à laquelle les maths ne répondront pas.

On peut interroger la raison du succès de Bitcoin, et d’une manière générale de presque tous les services 2.0, notamment les réseaux sociaux. L’asymétrie favorise les premiers entrants parce que, plus le temps passe, plus le coût d’acquisition des followers croît.

J’ai envie de postuler que cette asymétrie est une condition nécessaire du succès. Si en tant que premier entrant je suis avantagé, j’ai tout intérêt à vanter le service. Plus il se développera, plus j’en tirerai profit. Et les suivants réagiront comme moi. La perspective de croissance génère son propre marketing de recrutement. L’asymétrie finance la croissance.

Un service ou une monnaie symétrique peut-il se développer ? Les premiers entrants ne doivent compter que sur leurs convictions. Ils n’ont rien d’autre à gagner qu’une satisfaction éthique. Comme dans nombre d’associations, ils risquent assez vite de se fatiguer. L’asymétrie dresse une armée de combattants quand la symétrie les décourage.

Quid pour le revenu de base ?

Si je vois des gens qui s’échinent à le mettre en place à partir de monnaies alternatives, j’ai tout intérêt à les laisser faire en me disant que je les rejoindrai quand ça marchera. Beaucoup d’entreprises jouent à ce petit jeu, entrant a posteriori sur des marchés ouverts par d’autres.

Le problème : pour créer une nouvelle monnaie symétrique, il faut beaucoup de volontaires, peut-être trop pour que le boot se produisent sans un coup de booster comme la prime aux premiers entrants.

Si le boot est impossible, il ne reste plus qu’à espérer dans l’approche top-down : qu’un politicien éveillé impose le revenu de base. Il me semble que cette option n’a qu’une faible chance de se produire, mais peut-être est-ce la dernière ? Une chance qui alors risque d’être conquise par la force, quand l’asymétrie deviendra insupportable.

Sommes-nous capables de vivre avec la symétrie, tant bien même elle introduit plus de justice ? N’est-elle pas contraire à notre biologie ? Nous grimpons une montagne, puis la dévalons. Rarement à la vitesse où nous l’avons escaladée.

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19 comments

  1. Cédric Moreau says:

    Dans la mesure où un système monétaire asymétrique favorise une minorité au détriment d’une majorité, il fait peu de doutes (de mon point de vue) que si cette majorité se voit proposer un système beaucoup plus juste elle, alors elle l’adoptera : pas en vue d’un bénéfice sur le dos de la majorité, mais en vue d’un recouvrement d’une liberté dont elle s’est vue privée.

    Une sorte de retour à la stabilité du système.

  2. Galuel says:

    Il y a plusieurs aspects à méditer :

    1°) tout d’abord une monnaie symétrique ne signifie pas une économie symétrique. La monnaie est le zéro des valeurs, tout comme la vitesse de la lumière partout la même, n’empêche en rien toutes les autres vitesses d’exister. C’est justement parce qu’elle joue un rôle central que la monnaie ne peut in fine qu’avoir une dimension symétrique, avec guerre ou sans guerre, révolution ou sans révolution ,cette symétrie générationnelle n’est pas un choix, elle s’applique. Disons que si la monnaie l’intégrait dans sa racine conceptuelle, alors on éviterait les apocalypses économiques cycliques.

    2°) La TRM explique la chose suivante : le bitcoin est une valeur mais en tant que monnaie c’est alors une monnaie non-libre. L’asymétrie des vitesses a pour condition fondamentale la symétrie de c; l’asymétrie des valeurs, la possibilité d’une monnaie libre. Le bitcoin est plus proche d’une action, possédée par ses créateurs, comme les actions d’une entreprises. Confondre les valeurs et la monnaie adoptée est une erreur conceptuelle qui consiste à croire que la monnaie pourrait être une valeur. Or ceci est réfuté historiquement en tant que non-nuisance, puisque les apocalypses économiques cycliques se produisent à cause de cette erreur.

    3°) Enfin des bases de symétrie permettent les créations asymétriques de valeurs. L’exemple le plus proche d’un écrivain, serait bien entendu le langage. Le langage n’est pas propriété, et tout entrant dans le langage peut arriver à se l’approprier tout autant que les anciens et sans leur nuire. Sur cette base symétrique, des écrivains produisent des oeuvres asymétriques, de valeurs relatives différentes, et de valeurs économiques variées.

    Donc bien plus fondamentalement c’est toujours sur une base symétrique que l’asymétrie se produit avec d’autant plus de variété et de richesse.

    De la même façon, la symétrie de la Gravitation Universelle ou de la Relativité Générale, valables en tout point de l’Univers, est la condition même de l’apparition de toutes les possibilités gravitationnelles diverses et asymétriques qui composent l’Univers.

    La symétrie des liens d’interdépendance du TOUT est la condition de l’existence de l’asymétrie de l’existence locale.

  3. Galuel says:

    Enfin un dernier point que j’ai omis bien sûr :

    4°) Il a fallu 30 ans pour que le projet GNU initial profondément symétrique parvienne à se faire comprendre d’un grand nombre, à force de développement, de travail, d’efforts et d’adoptions progressives, des plus initiés, aux plus éloignés.

    Alors qu’il a fallu une décennie à peine pour que des projets non-symétriques tels MS/Windows ou Mac/OS s’imposent rapidement dans l’économie.

    Et alors ? Qui a gagné la course au final ? Le lièvre ou la tortue ? Et lequel des deux in-fine peut véritablement affirmer qu’il ait gagné quelque course que ce soit ?

    Ils ne procèdent pas de la même intention, du même fondement, et se déploient donc selon l’intention et les fondements de ceux qui les écoutent. Voilà ce qui est.

    Devant les siècles à venir toute conclusion définitive s’avérera profondément inexacte. Ceci est parfaitement exact et non démontrable.

  4. Va savoir pourquoi tes commentaires partent toujours en modération…

    Bon…

    J’ai jamais dit que monnaie symétrique implique économie symétrique… Rien n’empêche que des gens soient plus riches que d’autres.

    Je parle dans ce billet de l’implémentation d’un système monétaire et uniquement de ça. Comment des gens peuvent le créer et le rejoindre. C’est la transition et uniquement ça qui m’intéresse aujourd’hui, ce que au mieux j’ai une chance de vivre, le reste étant de la fiction.

    Je parle des gens!!!

    1/ Top-Down pour un RDB. Peu probable que un gouvernement centralisé décide de renoncer à une grande partie de son pouvoir en décentralisant la création monétaire.

    2/ Bottom-up. Peu probable parce que les premiers entrants n’ont aucun avantage à être les premiers (et là la symétrie joue). Ils n’ont en fait que les désavantages d’essuyer des plâtres.

    PS: exemple de GNU est mauvais car son développement s’est fait sur le dos de l’ancien système monétaire (sans lui-même être un système monétaire)… et GNU est loin d’avoir gagné quoi que ce soit, malheureusement (sinon dans le monde invisible des serveurs, et c’est déjà pas mal).

    On a de quoi discuter pour cet ap…

  5. Galuel says:

    “PS: exemple de GNU est mauvais car son développement s’est fait sur le dos de l’ancien système monétaire (sans lui-même être un système monétaire)…”

    Non il faut comparer ce qui est comparable. GNU s’est développé en regard des logiciels privateurs. C’est très différent. Il ne s’agit pas de monnaie ici. Faut pas croire une seconde que GNU ait gagné de la monnaie privatrice, mais qu’il s’est réalisé malgré ce point qui n’est pas le point de comparaison valide.

    “et GNU est loin d’avoir gagné quoi que ce soit”

    C’est bien là la preuve de sa grandeur. Malgré ce fait il s’est réalisé et l’internet s’est déployé grâce à cela. Pas en trois jours.

    “2/ Bottom-up. Peu probable parce que les premiers entrants n’ont aucun avantage à être les premiers (et là la symétrie joue). Ils n’ont en fait que les désavantages d’essuyer des plâtres.”

    Si cet argument avait quelque pertinence que ce soit, alors le projet GNU n’aurait pas été réalisé pour la même raison, et l’internet ne serait pas ce qu’il est.

    Donc ça ne tient pas.

    C’est comme dire que Léonard de Vinci avait peu de probabilité de créer le concept de l’hélicoptère parce qu’il n’aurait eu aucun avantage à mettre au point un concept qui ne serait réalisé que 400 ans après sa mort.

    En fait c’est l’analyse faussée de cette économie de monnaie dette, qui prétend que ne devrait se faire que ce qui apporte à l’individu un prétendu avantage immédiat à réaliser un système non pas pour sa valeur ou nécessité fondamentale, mais pour un bénéfice personnel.

    Si cette affirmation était véridique il n’y aurait en effet aucune espèce de possibilité que quelque chose qui n’avantage personne et bénéficie à tous voie le jour.

    Or justement c’est le paradigme libre qui réfute ce point. L’existence de ce paradigme de la liberté et de ses réalisations par les hommes morts ou vivants qui l’ont mis en oeuvre, est la réfutation de ce point de vue.

    Ce point de vue existe lui-aussi, mais il représente un monde qui n’est pas le mien. Libre à l’homme d’agir en conformité avec l’un ou avec l’autre.

  6. GNU a été développé par des gens qui étaient payés par ailleurs, à commencé par Stallman. Des privilégiés. Plus facile de dire je donne ma création quand je suis fonctionnaire (ou fonctionnarisé). Non? Tous les chercheurs ou presque font ça depuis longtemps.

    C’est le cas pour le web, pour linux… Faut arrêter avec la vision idéaliste de cette histoire. C’est ça la réalité. Ce qui est formidable, c’est qu’ils auraient pu faire comme les autres, privatiser, ils ne l’ont pas fait. Comme Didier Pittet avec le gel antibactérien.

    Mais ils n’ont jamais vécu dans un monde libre et symétrique dont ils font l’éloge. Ils vivent toujours dans le monde asymétrique, et ils ne peuvent oeuvrer que grâce à cette asymétrie… si foisonnante qu’elle crée une classe de privilégiés capables de donner leurs créations.

    C’est pas neuf, des artistes font ça depuis longtemps.

    Le monde symétrique du libre n’existe qu’en rêve.

  7. Galuel says:

    Ce dernier point est juste. Il est véridique que jusqu’à aujourd’hui encore, et depuis des temps immémoriaux, aucune économie n’existe qui ait été bâtie sur une monnaie libre.

    Dès lors il n’existe dans le passé que des expériences limitées qui éclairent les possibilités d’une monnaie libre (BIG Namibie, Monnaie M, etc…).

    Cela n’invalide en rien la pertinence d’une économie basée sur une monnaie libre. Par ailleurs la possibilité d’une monnaie libre est démontrée par la TRM. Donc bien que non-exemplifié c’est possible. Cela ne signifie pas “sans effort”.

    Prétendre le contraire c’est comme si Newton affirmant qu’il est possible qu’une fois lâchée une pomme ne tombe pas, un autre lui dise, mais non c’est impossible, j’ai fait tout le tour de la terre, et toutes les pommes tombent.

    Pourtant, répond Newton, fabriquant une fusée, l’homme envoie cette fusée hors du champ de gravitation, et y lâche la pomme, elle ne tombera pas. L’autre homme lui répond, “mais c’est impossible, et tous ceux qui s’y sont essayé n’y sont jamais arrivé, on ne peut aller plus loin que quelques mètres au dessus du sol”, donc c’est faux.

    Des hommes pouvaient pourtant réaliser cette expérience et vérifier ce fait véridique. Ils l’ont réalisé.

    Ils ne l’ont pas réalisé par contre en attendant de voir un jour où cela pourrait être vérifié. Des hommes avisés ont réalisé des efforts importants en vue d’envoyer des objets dans l’espace, ils étaient confiants dans la théorie de Newton, parce qu’ils y avaient profondément réfléchi, et bien qu’ils n’avaient jamais réalisé cette expérience avant, ils était sûrs qu’une fois dans l’espace l’objet lâché ne retomberait pas sur la terre.

    Ils avaient raison, et à force de confiance et d’efforts ils ont réalisé ce qu’ils savaient possible en leur for intérieur.

  8. Mais je prétend pas le contraire, je dit pas que ça ne peut pas exister… je me demande comment on peut y aller… qu’est-ce qui va nous motiver? Ici et maintenant. J’adopte le point de vu pragmatique. J’en ai rien à faire de l’idéalisme (je ne cesse de combattre cette vieille lubie philosophique).

    Léonard est motivé par son propre génie… cette motivation, qui te pousse toi à créer la RTM, ne pousse pas les foules. Que dans 500 ans une monnaie libre existe, je ne fais que l’espérer. Mais cet espoir ne me contente pas aujourd’hui.

  9. Galuel says:

    Je crois que tu as donné la réponse ! C’est bien le propre génie des informaticiens de talent qui les guide dans la réalisation d’une monnaie libre.

    Pour comprendre leur motivation, tu peux donc écouter les interviews de Mérome (Monnaie M) ou de jbar (Monnaie Libre n°12), caner, linkmauve, klein, lukc, mtparet, rev22… (OpenUDC) sur Monnaie Libre.

    On comprend qu’il y a l’indignation suite à la compréhension d’un système monétaire profondément asymétrique, puis la capacité technique et le talent qui leur permettent d’imaginer et de comprendre comment mettre en oeuvre un système informatique permettant la réalisation d’une monnaie libre.

  10. Un génie seul n’a jamais changé le monde… il faut des propagateurs, des connecteurs, des commerciaux… Relire l’histoire de la lutte contre l’esclavage. Il ne suffisait pas de réfuter sa nécessité. Il fallait convaincre, montrer la faisabilité… et c’est pas encore gagné.

    Penser un monde sans esclaves n’était pas le plus difficile. C’est le construire qui est difficile.

  11. Galuel says:

    “Penser un monde sans esclaves n’était pas le plus difficile. C’est le construire qui est difficile.”

    C’est un point de vue relatif sur l’effort et la valeur parfaitement valide pour tout point de vue relatif.

    De mon point de vue, je pose axiomatiquement que l’esprit est premier. Puis vient le nom, le concept, puis l’intention, puis la sensation, et enfin seulement la forme extérieure.

    De sorte que la causalité qui est la mienne précise qu’il n’y a de construit que ce qui a été préalablement pensé. Le reste n’étant que subséquent.

    Il existe des points de vue qui prétendent que l’esprit serait déterminé dans une causalité inverse qui est que la forme détermine les sensations, puis l’intention, puis le concept et enfin seulement la conscience, qui serait alors déterminée et entièrement causale.

    Le deuxième point de vue n’impliquant aucun effort intérieur puisque tout est déterminé, il implique qu’il n’y a rien à faire puisque rien à penser.

    Le premier point implique que la forme étant entièrement déterminée par l’esprit il convient avant tout de comprendre avant de réaliser, et qu’il y a donc quelque chose à faire, ce quelque chose étant l’effort qui consiste à chercher, écouter, créer et comprendre le concept avant toute chose.

    De sorte que celui qui pense selon ce premier point de vue explique en quoi la création asymétrique est illégitime, puis donne la solution d’une monnaie symétrique. Ceci étant compris, il devient alors clair qu’il existe la possibilité d’une monnaie libre.

  12. C’est un point de vue religieux… Qui n’a pas grand chose à faire dans notre histoire. Un point de vue que je ne partage pas du tout.

  13. Galuel says:

    “C’est un point de vue… que je ne partage pas du tout.”

    Quand tu dis que tu ne le partages pas du tout, le dis-tu :

    1°) de façon conditionnée, parce que ton cerveau conditionné par la causalité s’agite pour émettre des signaux qui font que tu l’écris ?

    2°) de façon consciente parce que tu as décidé de façon consciente que ta conscience est déterminée par autre chose qu’elle même ?

    Dans le cas n°1, pourquoi donc un être conscient continuerait de discuter avec toi, plutôt que de façon équivalente estimer qu’il n’est qu’en face d’un test de turing ? A quoi bon alors discuter sur le sens plutôt que de considérer que ce n’est qu’un test machinal ?

    Dans le cas n°2 il est contradictoire pour une conscience qu’elle s’estime libre de décider quoi que ce soit tout en affirmant qu’elle ne décide de rien puisqu’elle est entièrement conditionnée. De sorte que le discours est incohérent. Or si le discours est incohérent il ne sert là non plus à rien de discuter parce qu’un paradigme incohérent permet d’affirmer et de démontrer tout et son contraire.

  14. Tu oublies que 1 et 2 peuvent être possibles en même temps. Je peux parfois être libre, d’autres fois pas. Et même si je crois que je peux décider, parfois, je ne sais jamais quand je décide vraiment. Ta cohérence devient totale incohérence. Tu bugues quand tu applique une logique booléenne à l’humain.

    Je suis pas d’accord avec ton hypothèse que tout commence avec l’esprit. C’est vrai pour moi, ma vie, mais pas pour le monde.

    Tu bascules très vite dans le solipsiste, point de vue qui n’a guère d’intérêt, parce que le monde disparaît avec toi. Donc se préoccuper de l’avenir après sa propre mort est totalement absurde pour un solipsiste. Toi aussi tu es incohérent 🙂

    La conscience peut apparaître a posteriori dans l’univers. C’est une possibilité au moins aussi grande que celle que tu défends comme Platon et bien d’autres avant toi d’ailleurs.

    Tu ne peux pas introduire ce point dans une discussion sur le RdB. C’est la meilleure façon de faire peur aux gens. De discréditer tout ce que tu construis par ailleurs.

  15. Galuel says:

    Ni les deux ni l’absence des deux.

    Le flux implique que les deux possibilités existent. De sorte que ni 1°) ni 2°) ni les deux ni l’absence des deux a pour résultante un flux.

    On peut donc être conscient à chaque instant, tout en étant déterminé par la causalité, parce que les deux ne sont que des projections.

    Ce qui implique qu’il n’y aucune contradiction à agir selon 1°) ou selon 2°), ni nécessité de début, ni nécessité de fin.

    Pour autant il est certain qu’on ne peut pas espérer en la réalisation d’un concept conscient en supposant qu’il se fera de façon inconsciente. Soit il se fait de façon consciente, et alors c’est bien de la compréhension de ce qu’il faut éviter et ce qu’il faut adopter qui procède de son mécanisme, soit il se réalise de façon inconsciente parce que c’est le résultat forcé d’une causalité déterminée.

    Mais quant à croire que l’un ou l’autre représente quelque vérité que ce soit, c’est rester dans le dualisme.

  16. Le monisme n’est pas supérieur au dualisme lui-même pas supérieur à des isme supérieurs… C’est encore un point de vue d’ordre religieux/iédéologique de préférer un sur l’autre, un point de vue qui peut-être bloque la physique fondamentale obsédé par la Loi universelle. Rien ne prouve qu’une telle chose existe.

    Je peux décider consciemment que le RdB serait un bon modèle, je peux même travailler à sa mise en place… mais si je manque de motivation, de récompense, ma volonté risque vite d’être ébranlé.

    Ce n’est donc pas uniquement un problème de conscience, ni de liberté de choisir d’y aller à un moment donné, mais de répéter tous les jours ce choix en regard de mille contraintes.

    Ératosthène a mesuré la terre, Archimède a construit un bateau géant, ils auraient pu découvrir l’Amérique, ils ne l’ont pas fait. Il ne suffit de pas de démontrer qu’une chose est possible pour qu’elle advienne. Et, rien pas plus, qu’elle n’arrive nécessairement. Bien des utopies ne sont jamais advenue.

    Le RdB n’est pas une nécessité. Si personne ne se bat pour lui, il n’adviendra pas par miracle…

    ça renvoie aux jardins d’Eden. Est-ce qu’il existe un chemin jusqu’au RdB? Je ne fais que poser cette question, chercher ce qui pourrait limiter.

  17. Galuel says:

    “Est-ce qu’il existe un chemin jusqu’au RdB? Je ne fais que poser cette question, chercher ce qui pourrait limiter.”

    Oui un tel chemin existe bel et bien. Des individus avisés ont déjà commencé à le parcourir. On peut le réaliser en l’empruntant soi-même, en rejoignant les équipes qui développent des systèmes de monnaies libres, dont certains fonctionnent déjà et d’autres sont en développement.

    Une autre voie est de prêcher la conversion du système monétaire officiel, que d’autres encore ont choisi. Il existe donc même plusieurs chemins.

    Ce sera le thème de notre émission “monnaie libre” ! 🙂 Et en effet on peut se poser la question de la motivation, et peut-être que la motivation dépend de chaque individu, les uns éprouvant leur propre génie, les autres voulant éviter le système en place décrié, les autres voulant simplement échanger des biens et des services avec des services non-contraignants et attractifs par le RdB qu’ils proposent, ou encore d’autres individus trouvant d’autres motivations.

    Peut-être que c’est la motivation unique qui n’existe pas.

  18. Charles says:

    Belle conclusion 😉

    “Peut-être que c’est la motivation unique qui n’existe pas.”

  19. adrien says:

    bonjour à tous, plusieurs mois après cet article.
    j’ai un projet de création d’un réseau d’association autonome vitrine d’un micro-systeme décentralisé politiquement et économiquement.

    L’expérience se déroulera sur différents terrains agricoles, et profitera en premier lieux à ses acteurs, puis aux locaux. En lui-même conçu pour permettre de répéter l’expérience solidaire d’achat et de partage de nouvelles terres agricoles, le réseau est expansionniste. Chaque terre agricole prévoit l’accueil et la formation des nouveaux acteurs indispensables à l’autonomie et à la survie des groupes. L’argent collecté permettra aux nouveaux groupes constitués d’essaimer vers la region ou le pays de leur choix, mais restant toujours liés à notre économie globale.

    Pour être qualifié de système décentralisé, ce réseau d’association surf sur 3 révolutions majeures :

    • L’autonomie alimentaire et potentiellement énergétique (potentiellement car en dependance de notre niveau de technologie : imprimante 3D – open source – et avancée des travaux sur l’énergie libre)
    • Pour commercer, ce réseau utilise un système P2P décentralisé et open source nommé NXT. C’est système monétaire révolutionnaire basé sur un nouveau code après le succès de Bitcoin. C’est un système informatique sur lequel pratiquement tout peut se bâtir.

    Chaque acteur du réseau NXT sécurise le réseau par sa simple présence.
    Les banques n’ont plus d’intérêt à être. Les comptes sont instantanément accessibles et sont liés à un très long code d’accès.
    Tous les comptes sont transparents, tout le monde peut observer les mouvements d’actifs à tout moment et gratuitement.
    C’est une nouvelle façon de concevoir l’échange monétaire.
    Ce système permet à n’importe qui, la création virtuelle de monnaie locale et transparente soutenu par le réseau. Comme toute monnaie virtuelle, rien ne nous empêche de traduire cette monnaie physiquement. Mais l’utilisation peut rester virtuelle.
    Cela nous permet d’adapter à chaque village ou commune ou région, une monnaie purement locale mais tout de même échangeable par le biais de technologie portative et sans passer par des banques.
    Le choix de cette cryptomonnaie est discutable, car j’observe aussi les cryptomonnaies symétriques que vous expliquez ici. Seulement une cryptomonnaie asymétrique me permet le financement de départ. Serait-ce possible autrement?

    • Enfin, pour s’entendre, ce réseau d’association fonctionne avec la démocratie à tirage au sort parmi les volontaires avec contrôle et révocabilité des élus, dont leur seul but est d’appliquer la volonté des citoyens, ainsi offrant un niveau citoyen de base maximal avec la possibilité pour chacun de proposer des referendums par le biais d’une technologie portative genre application smartphone. Ce type de démocratie permet de nous prémunir à tout moment de toute corruption et d’écarter immédiatement, temporairement ou définitivement, les membres fautifs. En les interdisant de faire parti du réseau, en leur enlevant leur droit politique, ou en les migrant sur d’autres régions / pays s’ils le souhaitent.

    j’aimerais avoir des retours, j’ai besoin de soutien, vous êtes deja de beau reseau, j’aimerais qu’on voye ça ensemble.

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