J’ai un travail, je cherche un revenu de base

Les musiciens, les écrivains, les peintres, les développeurs de logiciels libres, les parents qui restent à la maison pour s’occuper de la famille, les bénévoles dans une multitude d’associations, les élus municipaux… tous ont un travail, ils n’en cherchent pas. Nous sommes de plus en plus nombreux à nous vouer à des tâches non rémunérées (qui représenteraient 70 % du travail total effectivement fourni). C’est en même temps une envie, née d’un plus haut degré d’éducation et des nouvelles opportunités offertes par le numérique, et une nécessité économique, les machines et les algorithmes prennent notre place, les coûts de production tendent vers zéro et les revenus avec.

Cette double tendance nourrie par l’envie et la nécessité se développe, entraînant un flux du « travail rémunéré » vers le « travail volontaire ». Quand on dit que le chômage augmente dans les pays industrialisés, on stigmatise ceux qui pourraient s’épanouir dans l’économie contributive.

Sans changements de notre organisation économique, seuls les propriétaires des robots et des algorithmes, et quelques artistes vedettes et fonctionnaires réussiront à gagner leur vie. Tendance déjà manifeste quand on voit se creuser l’écart entre les pauvres et les riches. Pour nous sortir de cette impasse, nous devons bannir l’usage du mot chômage et instaurer un revenu de base inconditionnel.

Nous serons alors libres de ne pas travailler pour un salaire et coopérerons, créerons et innoverons davantage, motivés par nos désirs profonds et non par les seules contraintes du marché. Les plus défavorisés refuseront les métiers indignes ou exigeront de plus hautes rémunérations. Ce renversement s’imposera comme la conséquence de l’automatisation des processus physiques et cognitifs. Nous n’allons pas vers une société d’oisifs, mais une société de travailleurs indépendants.

PS : Texte écrit pour lancer le débat sur RSLN, sur une idée originale d’Olivier Auber.

Basic Income Demonstration in Berlin par stanjourdan.

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9 comments

  1. S.deCampou says:

    D’où l’importance pour renouveler les grilles de lecture de
    renouveler le vocabulaire ; par exemple ici différencier et expliciter
    la différence entre travail, métier et boulot.Le dernier étant avec son corollaire de rimes (metro/dodo) de loin le plus “fordiste” amha

  2. J’aime “travail” en référence à la physique… dépense d’énergie… peu importe pour quoi faire, tout le reste est jugement.

  3. S.deCampou says:

    Comme j’aime métier en référence à l’artisan, la marge laissée à l’apprentissage, le perfectionnement, qui propose en filigrane la transmission, le lien entre les anciens et les modernes

  4. Novy says:

    Si tout le monde se suffit avec ce revenu de base inconditionnel, n’y aurait-il pas un gros problème ? Qui finance ce revenu ? Qui produit pour un minimum de consommation de tout ce monde ?

  5. Personne ne finance le revenu, pas plus que personne ne finance la l’argent créé par les banques. Le revenu est généré par création monétaire. Faut voir le film “Le revenu de base” pour commencer à comprendre tout ce mécanisme.

  6. Flo says:

    (quelques Lapsus clavis qui n’aident peut-être pas à présenter au mieux une idée déjà en mal de considération)

  7. Flots Riants says:

    Sauf que cette création monétaire est créatrice à terme d’inflation et que cette inflation se répercute sur le niveau de vie. L’inflation (hors énergie) étant inversement proportionnelle (Okun, NAIRU..) à la quantité de chômeurs (comprendre de bas revenus, qui n’aident manifestement pas à constituer une dynamique haussière des prix dû à la faible demande que leurs bas revenus justement leur imposent)…ce système obligerait de fournir un revenu de base très faible par rapport aux autres revenus accolés aux emplois et au capital qui profiteraient alors de fait de cet avantage de façon accrue ou n’auraient en réalité aucune réalité (et comment justifier un travail plus harassant pour un salaire supérieur qui n’aurait aucune réalité ?!)…Changer un seul des terme de l’équation ‘libéralisme’ est vouée à l’échec si les lois de l’offre et de la demande demeure…je crains que les solutions “non extrêmistes” ne soient que des leurres.

  8. Quand on voit des fautes, on propose des corrections… ça s’appelle la nétiquette 🙂

  9. Galuel says:

    L’inflation a été réfutée par la TRM avec des vidéos dans le post “le Quantitatif et le Relatif” (10 mn) ainsi que dans les vidéos Light Speed & R&Q visibles dans “tout comprendre sur la monnaie”.

    Apparemment il commence à y avoir quelques ingénieurs qui démontrent avoir compris ce mécanisme, puisque dans le post “La TRM en couleur” il nous est démontré que David Chazalviel a parfaitement compris que le fait de passer en monnaie relative, en nombre de Dividendes, fait apparaître une totale absence de création monétaire. D’où viendrait alors une quelconque “inflation” de quoi que ce soit ?

    Les prix des anciens biens diminuent, tandis que les prix des nouveaux biens, inconnus, montent, mais il ne peut pas y avoir d’inflation globale en comptabilité relative. Chacun étant libre de produire toute chose, ce sont les actes des hommes qui déterminent ce qui est disponible et ce qui n’est pas, ce qui s’échange ou pas.

    Ces arguments d’inflation ou de déflation, sont donc, comme l’a démontré la TRM des arguments fallacieux masquant la création monétaire arbitrairement distribuée des monnaies non-libres, qui créent, elles, un différentiel de pouvoir d’achat entre les bénéficiaires et les lésés d’une monnaie non-libre.

    Il n’est pourtant pas difficile de cesser de parler des unités quantitatives, et d’au lieu de chiffrer le prix d’une maison à 500 000 €, chiffrer 1000 DU (DU = Dividende Universel = Revenu de Base).

    A partir de là, d’où viendrait quelque “inflation que ce soit” puisqu’il y a toujours une masse monétaire M/N = 1/c DU en unités relatives ? C’est impossible bien entendu.

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