Après mon coup de gueule, on me dit que suis un ignorant, que tous les intermittents connaissent le revenu de base, en parlent dans leurs réunions, même dans leurs comptes rendus. Je trouve ça très bien, mais alors ce n’est vraiment pas efficace, et ça n’arrive pas à mes oreilles. Et pas étonnant.

Intermittents vs Revenu de base
Intermittents vs Revenu de base

Ce graphique Google trends montre que les intermittents font parler d’eux, beaucoup plus que le revenu de base (et même inversement).

trends2
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Et quand on zoome sur les 90 derniers jours, on ne relève aucun bruit autour du revenu de base. Je vous promets que s’il était une revendication des intermittents pour rénover leur statut ce serait le cas. Et ce n’est pas la faute des médias, qui emploient presque tous des intermittents, c’est tout simplement parce que si des choses se disent dans l’intimité, elles n’ont jamais été communiquées ni vers le grand public ni vers l’underground via le Net. Les défenseurs du revenu de base devraient donc lancer une campagne d’information à destination des intermittents.

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4 comments

  1. Intermittents says:

    Sur 5000 contacts Facebook, je dois avoir près de 4000 intermittents. Quelques-uns parlent du revenu de base, mais c’est une minorité, et ça viralise très peu.
    La réalité c’est que, partout, les gens sont majoritairement conservateurs. Ils s’accrochent à ce qu’ils connaissent et ce qu’ils ont, et ont peur du changement ou n’y croient pas.

  2. Je fais le même constat. Difficulté à généraliser les positions. L’interlitence n’est qu’un RdB limité. Pourquoi mon boulanger n’aurait pas le même droit?

  3. Intermittents says:

    L’intermittence n’est pas une sorte de revenu de base limité à certaines catégories d’artistes : car il faut faire ses heures, et tout de même beaucoup d’heures, pour obtenir chaque année le statut, la plupart n’ont le nombre d’heures qu’en acceptant plein de rôles idiots, et passent leur vie à enchaîner des trucs idiots.
    Tandis que le grand intérêt du concept de revenu de base, c’est de n’obliger à aucune heure de travail idiot : on est totalement libre de son temps, on n’a pas de compte à rendre, on peut le consacrer au plus créatif sans suivre les moutons.
    On est détaché du travail alimentaire, il reste le travail épanouissement.
    Ce concept plus intéressant du revenu de base est aussi beaucoup plus difficile à rendre “réaliste” que le simple statut d’intermittence. C’est un saut dans l’inconnu qui paraît fou à la plupart.
    (Il y a bien aussi le RMI ou le RSA, mais c’est une rente précaire et honteuse qui je pense doit plutôt briser les ailes des assistés que leur donner de la liberté pour entreprendre quelque chose d’intéressant. Le Revenu de base est sûrement plus libérateur d’énergies nouvelles, comme concept, qu’un truc stigmatisant comme RMI ou RSA.)

  4. Louis Boël says:

    Cette critique du statut d’intermittent du spectacle, et surtout le dernier paragraphe sur les “rentes honteuses et précaires”, me semblent exprimés avec clarté et sans l’usuelle agressivité qui trahit chez certains la crainte de la nouveauté et donc la préférence pour le conservatisme. Si j’avais lu ce commentaire avant (août 2012) d’écrire le chapitre sur le sujet dans l’ouvrage collectif “Sortir de la Crise par le Haut”, j’aurais certainement demandé à “Intermittents” sa (leur?) collaboration. Il n’est d’ailleurs ni trop tard ni trop tôt pour partager et progresser au niveau concepts…

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