Après une quarantaine d’articles en faveur du revenu de base, suis-je en train de perdre la tête ? J’ai plutôt des scrupules, éveillés par quelques bruits, quelques impressions. Et je voudrais clarifier ma position avant l’université d’été du revenu de base.

Quand on a de belles idées et qu’elles restent entre les lignes, c’est sans conséquence. Qu’on les applique et le monde peut en être bouleversé.

Les exemples ne manquent pas. Le communisme. Tout un édifice théorique qui conduit à la barbarie. Certains disent que le vrai communisme n’a jamais été appliqué. Et donc prétendent qu’il faudrait encore une fois recommencer, pour le meilleur et pour le pire.

Idem avec les utopies socialistes du XIXe siècle. On ne peut pas dire que les phalanstères aient fait école, ni que les sociétaires s’y soient épanouis. Pas mieux du côté des utopies libertaires chères à Hakim Bay. Pas mieux en direction des ultralibéraux qui, sous prétexte de réduire les inégalités, ne font que les accroître (certains, là aussi, jurent que le véritable libéralisme n’a jamais été appliqué).

Qu’est-ce qui cloche avec ces belles idées ? Un ensemble de personnes les instaure a priori en principes inaltérables et quasi divins. Un dogme qui par nature ne peut être appliqué puisqu’il est pensé dans une sphère déconnectée du réel : un idéal.

Rien des faits de terrain, de la nature humaine, du contexte techno-économique, des retours d’expérience ne modifie les postulats. Nous ne sommes pas dans une logique évolutive, avec des essais, des erreurs, des correctifs, mais dans une forme de totalitarisme intellectuel qui ne connaît d’autre avenir que l’effondrement après de terribles catastrophes.

Tout a été pensé une fois pour toutes dans une tour d’ivoire et déroulé avec un rouleau compresseur. Un matin quelqu’un s’éveille et il est sûr d’avoir la solution pour tous les autres. Puis il n’en démord plus, il se bat pour elle quitte à lever une armée. Tester, expérimenter, mettre à l’épreuve ne le concerne pas. Il est sûr de lui jusqu’à l’aveuglement. Son idée est la bonne parce qu’elle paraît résoudre les maux du moment.

Je ne voudrais pas que mes enfants entendent dire « Le véritable revenu de base inconditionnel n’a jamais été appliqué. » Que l’idée soit détournée au profit de quelques-uns. Piège qui ne peut être évité que si l’idée est polymorphe, multiforme, variable, adaptable, non dogmatique, non-propriétaire.

Si je prétends aujourd’hui « Le revenu de base, c’est bon pour la société », je suis un totalitaire. Parce qu’en vérité, je n’en sais rien, je ne peux que l’espérer. C’est le jour où un revenu de base sera instauré quelque part, au-delà de quelques micro-expériences, guère étudiées, que nous pourrons dire voilà ce qui marche mieux, voilà ce qui marche moins bien. Rien ne sera blanc, rien ne sera noir. Certains aspects seront même très sombres, n’en doutons pas.

Écoutons-nous défenseurs du revenu de base. Combien de fois avons-nous parlé de ce monde meilleur dans lequel nous vivrions si notre utopie était active ? J’ai mauvaise conscience. De quel droit faire des promesses ? Sur quels fondements ? J’ai souvent voulu faire prendre mes espoirs pour des prévisions catégoriques.

Dans cette affaire, nous oublions souvent le pragmatisme. Un philosophe dirait que nous basculons vers l’idéalisme. Et je suis un matérialiste. Les idées n’ont aucune valeur en elles-mêmes. Qu’est-ce que je peux faire maintenant ? Comment puis-je changer ma vie maintenant ? Voici les seules questions qui devraient m’occuper.

Je serais heureux de vivre dans une société où chaque être humain toucherait un revenu de base, mais je ne sais pas comment passer de notre société à cette utopie (qui serait peut-être invivable comme nombre d’autres utopies). Les idées ne manquent pas, avec tous les dangers qu’elles comportent. Pourquoi en choisir une plutôt qu’une autre ?

Aucun argument théorique ne décidera pour l’une parmi toutes. Seul le terrain doit décider. Et pas le terrain idéologique de la lutte armée. Je suis contre un revenu de base, parce qu’il faut expérimenter des revenus de base. Dans des villes, des associations, des communautés, et aussi par des choix de vies, en se coupant, par exemple, de la nécessité d’un travail rémunéré dès que possible et alors simuler pour soi le revenu de base. C’est peut-être la première étape, une prémisse indispensable.

Si quelqu’un défend une idée qu’il n’a pas déjà mise en place dans sa vie, c’est une graine de dictateur. Surtout dès qu’il demande aux autres de faire ce que lui n’a pas encore jugé bon de faire. Son prétexte : il faut que les masses se joignent à lui, seul, il ne peut rien. Cette rhétorique ne vous effraie pas ? Moi, elle me terrifie.

Qu’est-ce qui est mis en jeu ? La liberté.

Nous sommes en guerre diront certains. Alors, amusons-nous à suivre La route de la servitude de Hayek, particulièrement la version illustrée de Look Magazine.

01

Nous sommes en guerre contre les banquiers faux-monnayeurs, contre la pauvreté, contre les inégalités, contre les bouleversements climatiques, contres les abus de pouvoir des politiciens… nous sommes en guerre pour l’instauration d’un revenu de base et, à ce titre, nous pouvons être tentés d’imposer notre idée géniale à tous, parce que nous sommes persuadés qu’elle sera bonne pour tous. Nous ne sommes pas des communistes mais nous défendons comme eux un principe supérieur auquel nous croyons dur comme fer. Partage de l’outil de production, revenu de base inconditionnel… slogans de même nature ontologique.

02

Si la méthode top-down utilisée durant la guerre pour imposer le revenu de base fait ses preuves, on estimera bonne pour les temps de paix.

03

Promesses. Le revenu de base entraînera moins de pauvreté, nous donnera le pouvoir de dire non aux mauvais jobs, il revalorisera les bas salaires, il permettra aux artistes de s’adonner à leur art, aux entrepreneurs de lancer de nouvelles entreprises, aux parents de s’occuper des enfants sans culpabiliser, aux femmes de s’émanciper davantage…

04

Mais une fois la guerre terminée, les utopistes commencent à se quereller. Comment continuer à financer le revenu de base ? Faut-il le donner aux étrangers ? Faut-il fermer les frontières ? N’est-il pas un facteur de croissance nocif pour la biosphère ?

05

Les citoyens aussi commencent à être en désaccord. Lui qui ne fait rien. Eux avec leurs cinq enfants. Cet étranger qui a autant de droits que nous. Ceux-là qu’on maintient en vie artificiellement. Plus personne pour nettoyer les chiottes, pour ramasser les ordures. Et ces riches toujours plus riches, ce revenu de base qui ne sert plus à rien. Et toujours plus de pauvres.

06

Les premiers défenseurs du revenu de base refusent d’imposer leur vision. Ils attendent un accord qui viendrait du peuple parce qu’ils ont d’abord pensé à lui.

07

Chaque école du revenu de base monte sa propagande.

08

Les citoyens les moins éduqués se laissent séduire par les meilleurs orateurs.

09

On commence à détester les utopistes de la première heure.

10

On donne le pouvoir aux hommes forts.

11

Un parti s’empare du pouvoir.

12

Tout ce qui peut nuire à l’unité du parti est combattu, notamment la culture et l’intelligence.

13

Le plan du leader est incontesté.

14

Ce plan s’applique à tous jusque dans les moindres détails.

15

Vous recevez votre revenu de base et vous vous en satisfaites.

Cette caricature montre que les meilleures intentions, nées en temps de guerre, et nous sommes en guerre, peuvent conduire aux pires cauchemars. Je suis donc pour des revenus de base et m’opposerai à ceux déjà innombrables qui pensent à Un revenu de base, persuadés qu’il sera bon pour nous tous.

Avec Isa, nous simulons un revenu de base. Nous avons renoncé à gagner plus pour vivre sur quelques économies, quelques revenus fonciers, nos droits d’auteurs. Nous en sommes plus heureux, plus libres, ce qui nous fait être optimistes quant à l’avenir d’une société à revenu de base. Une lectrice témoigne dans le même sens. Bien sûr, ce choix ne s’offre pas encore à tous. Il faut tenter d’autres expérimentations, obtenir d’autres signaux, d’autres encouragements. Et surtout ne rien faire tomber sur la société comme une chape de plomb.

Lors de l’université d’été du revenu de base, chaque fois qu’un théoricien fera une proposition, je lui poserai les mêmes questions. Qu’est-ce que tu as déjà fait dans ta vie pour aller vers ton modèle ? Où en es-tu de l’expérience ? Si tu ne peux rien faire à ton échelle, à celle de ta communauté proche, ta proposition est dangereuse. Tu en es au stade 1 de la route de la servitude. Tu uses d’une situation politique troublée pour lever un assentiment.

Certains ont des réponses. Par exemple, Stéphane Laborde participe à la création d’OpenUDC, un protocole qui permettra de gérer des monnaies libres reposant sur un revenu de base. Il tente de nous donner un outil pour expérimenter librement, chacun à son échelle, sans que personne n’impose rien à personne. Gérard Fouché parcourt la France pour expliquer les mécanismes monétaires, pour donner des armes intellectuelles qui seules permettrons de penser des alternatives.

Outils, formations, réflexions… C’est indispensable pour la mise en œuvre d’innombrables solutions pratiques, pour cesser de jouer aux idéologues et ne pas nous engager sur la route de la servitude.

Attention. Un revenu de base œcuménique qui voudrait plaire à tous sous prétexte de séduire les foules, celui qui unirait toutes les tendances dans un gloubi-boulga idéologique, celui qu’on pourrait vite accuser d’être populiste et qui nous ferait entrer sur la lutte politique traditionnelle est dangereux parce qu’il est trop vague pour entraîner une expérimentation concrète. Cette version nous projette directement au stade 4 de la route de la servitude. C’est une arme de propagande, de rassemblement, pas un projet de terrain. Il est trop tôt pour convaincre. Convaincre de quoi ? Où sont les résultats expérimentaux ? Partager ses rêves, c’est important. Mettre en œuvre des modèles, quitte à s’inventer des monnaies complémentaires, c’est indispensable pour aller plus loin.

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35 comments

  1. Brian Jacob says:

    Alors là, c’est une première : je suis entièrement d’accord avec toi. Par contre je signe, mais je ne m’indigne pas, qu’il n’y a jamais eu hors du sentier de la fiction, d’utopie libérale. Je m’explique. Les libéraux anglo-saxons, qu’ils soient utilitaristes ou qui proviennent des Lumières écossaise, n’étaient des utopistes doués d’un dogmatisme implacable, au contraire ils étaient soucieux d’un certain rationalisme éprouvé par des méthodes empiriques. On pourrait craindre et voir venir l’ingénierie sociale, mais ils n’ont jamais succombé aux tocsins des apôtres du positivisme et autres idéalismes convaincus qu’ils étaient de promouvoir le dialogue, la pluralité des débats et des convictions, ainsi que de la nécessité des réformes. En fait, si tradition libérale il y a, ce que je crois, elle est à chercher outre-Manche et non de l’autre côté de l’Atlantique. La France n’a jamais connu une révolution. La France était le pays des valeurs républicaines, tandis que les USA étaient le pays du capitalisme. C’est l’Angleterre le pays de la liberté, une tradition vieille de cinq siècles, bien que j’en perçois les origines dès le XIIe siècle.

    En fait, plus que jamais, c’est l’éclectisme qui prime sur les idéologies politiques. Le socialisme et le libéralisme sont des fossiles du passé. Michel Foucault fut l’un des premiers penseurs français à concevoir pleinement cet élan postmoderne. Je sais pas si tu as eu l’occasion de t’y intéresser, mais ses conférences sur le néolibéralisme étaient évocatrices de l’avancée des idées politiques et se trouvent être aujourd’hui plus actuelles que jamais. Hayek et Friedman, intellectuels que la gauche considère être les pères spirituels des ultralibéraux, étaient plus subtiles et subversifs qu’on ne le pense. La société n’a pas besoin d’idéaux, elle ne fonctionne pas aux idéaux. Ce sont les passions qui fonctionnent aux idéaux. Ce dont tout le monde a besoin, et nous n’en disconviendrons pas, c’est assez de place pour lui-même et assez de place pour les autres, assez de place pour s’épanouir sans nuire aux autres, assez de place au bonheur sans profiter du malheur des autres.

    Ce dont une société a besoin, c’est de prospérité… libres à nous de la définir…

  2. Julien Cart says:

    Mouais, la ritournelle habituelle quoi… Avoir une (pire, des) idée(s), au 21ème siècle, c’est être -déjà- totalitaire… Enfin, pendant que certains font la police des idées, en édictant qui a le droit de proposer telle ou telle idée, selon ce qu’il-elle a expérimenté déjà dans sa vie, d’autres se battent pour que les idées puissent ne serait-ce que naître dans la tête d’autres personnes (attention ! on risque de alors d’être nombreux à devenir totalitaires, à force d’avoir des idées… et oui… c’est le risque…).Bref… Oui c’est dangereux de penser et d’avoir des idées, si c’est la préoccupation. Mais ne dit-on pas qu’il s’agit de vivre dangereusement ? Et puis, ne pas avoir d’idée, c’est selon moi encore beaucoup plus dangereux. A méditer idéalement.

  3. C’est pas pour rien que j’ai écrit Ératosthène 🙂

  4. Avoir des idées et passer sa vie à en débattre, ça te paraît très utile ? Moi, il y a déjà trop de temps que je discute dans tous les sens du revenu de base et je ne vois pas grand chose de concret, que des utopies, des rêves… et je préfère la littérature en ce domaine.

  5. Julien Cart says:

    Et bien il faut venir en Suisse où le peuple d’ici 3-4 ans va devoir voter sur l’instauration d’UN revenue de base, et oui. Plus concret c’est quand même difficile de faire, nan 🙂 Reste à faire que la campagne pour la votation soit assez forte et pertinente pour qu’une majorité de personnes comprenne l’intérêt qu’il y a à instaurer un tel système. Et je ne pense pas que ce genre d’article aide en quoi que ce soit cet objectif, certes bien helvétique.

  6. Faites-le et on aura une expérience à se mettre sous la dent… mais vous feriez mieux de le faire d’abord dans un canton, voir ce que ça donne, puis l’étendre si ça marche.

  7. Brian Jacob says:

    Eh bien je te promets de l’acheter à la rentrée pour lire ce qu’il en est de plus près, avec les frais universitaires que je vais débourser ce mois-ci, cela risque d’être un tantinet trop juste 😉

  8. Julien Cart says:

    ah ben oui, y’a toujours une autre meilleure méthode que celle entreprise par les pionnières et pionniers. pathétique. pendant que vous êtes rempli d’amertume sur celles et ceux qui se bougent, ceux-ci ne s’arrêtent heureusement pas à vos considérations de bobo en manque d’idé(al) (c’est le cas de le dire).

  9. Brian Jacob says:

    Je n’aime pas le ton que vous prenez. Des bobos j’en connais, et si je ne connais pas personnellement Thierry Crouzet, je le lis depuis un moment pour savoir qu’il est loin de correspondre à l’archétype bobo. La Suisse est un beau pays, innovant en terme de démocratie, ce n’est pas pour cela qu’il faut se lancer dans une défense de bout de gras et s’attaquer ceux qui ne sont pas d’accord. Il y aura toujours des lanceurs d’idées, il y aura toujours des lanceurs d’alerte, c’est une chance : c’est vivre en démocratie.

  10. Julien Cart says:

    Il a néanmoins les moyens personnels matériels pour “expérimenter” le fait de se passer d’un salaire et de vivre selon l’utopie d’une société avec un revenu de base : et qui plus est, mais c’est bien lié, il a le temps de réfléchir et de s’énerver contre celles et ceux qui ont des idées, et notamment celle du revenu de base. Pendant que d’autres triment, jour et nuit, pour faire vivre leur famille, et peine à finir le mois, et n’ont pas le temps de réfléchir et d’avoir des idées.

    Je trouve dès lors quelque peut fort de s’en prendre à celles et ceux qui se battent avec des idées et des utopies plus ou moins concrètes (franchement arrêtons de jouer sur les mots) pour les transmettre au plus grand nombre, et pour que solidarité ne soit pas qu’un vain mot, et pour que toutes et tous aient la chance de M. Crouzet d’expérimenter un jour cette utopie qu’il a la chance si j’ai bien compris de déjà vivre quasiment…dans sa tour d’ivoire (celle-la même des utopistes qu’il critique, d’ailleurs…)… bref… je ne ferai pas de pub ni à ce personnage ni à son texte, donc je m’arrêterai là pour la critique d’un texte qui n’en vaut, d’après moi, pas même la peine.

  11. Comme si j’étais contre le revenu de base. J’ai même organisé une conférence sur le RdB à Genève en 2010!

  12. Tu es parfait dans l’illustration de ce que je dénonce… c’est un merveilleux cas d’école. Tu t’es enflammé pour une idée sans tenter d’en mesurer la validité. Si comme si soudain du décidait que tu pouvais sauter du dixième étage tout nu et pas te faire mal. Tu peux y croire, mais ça risque de faire mal.

  13. Julien Cart says:

    et oui au 21ème siècle on ne sait (ose) plus s’enflammer pour une idée. c’est bien ce que je dénonçais dès le début dans mon premier message sous cet article… Triste époque. Mais heureusement on est pas tous des vieux désillusionnés 🙂

  14. Ben c’est qu’on n’a pas trop oublié l’histoire du XXe… on sait où ça conduit de s’enflammer pour des idées qu’on n’a pas d’abord validées.

    Mais on sait s’enflammer pour des projets, regarde Internet, on s’est enflammé, ce n’est pas une idée, mais des millions qui se parlent et que se transforment tous les jours.

    Soit tu restes attachée à une pratique politique désastreuse, soit tu adoptes une approche plus organique.

    Le totalitarisme (une seule idée) ou la souplesse (une infinité d’idées).

  15. Julien Cart says:

    alors tant mieux. enflammons-nous, tandis que vous vous inquiétez qu’on soit totalitariste en voulant des utopies, je m’inquiète qu’on devienne attentiste par peur d’avoir (trop) d’idées… enfin, chacun-e ses préoccupations.

  16. Brian Jacob says:

    Je n’ai pas dit ça, je n’ai jamais dit que tu étais contre le revenu de base ; cela serait pour le moins ridicule et un sacré retournement de situation : George Orwell était un anar socialiste, cela ne l’a pas empêché d’alerter son époque contre les dangers et les excès d’une politique socialiste et/ou communiste et de critiquer la Fabian Society.

  17. C’est à Julien que j’ai précisé que je n’étais pas contre le revenu de base… Le billet me semblait clair… J’ai juste posé des questions. Quel revenu de base? Dans quelles conditions? Quelles modalité? Il suffit pas de dire instaurons un revenu de base à n’importe quel prix.

  18. Antoine says:

    Je m’autorise quelques commentaires qui seront surement tacler frontalement, mais c’est pas grave je me lance.

    1/ En traitant le mouvement de germe de totalitarisme tu passes pas loin d’un point goldin 😉 ce qui facilité le non débat et n’est donc pas propice à l’émergence d’idées nouvelles.

    2/ Comment pourrait-on mettre en place un revenu de base à son niveau tout seul? jusqu’ici on ne crée pas une monnaie seul, puisque – et je ne pense rien t’apprendre – une monnaie n’a de valeur que si une communauté lui en reconnait et accepte de l’utiliser comme moyen d’échange.

    3/ Par rapport à tes exemples sur les bonnes et mauvaises manière de faire.
    Tu sembles expérimenter Thierry, grâce à un montage à la “alaskienne” et donc une rente d’un produit financier. Tu appliques donc un modèle qui existe et qui “fonctionne” et que tu n’as pas inventé. Par contre ce modèle ne résout en rien les problèmes d’accumulations capitalistiques (que je t’ai déjà vu dénoncer) qui font que certains doivent payer/travailler pour que d’autres puissent vivre en paix. C’est d’ailleurs ce que Laborde reproche à la monnaie actuelle qui fait que plus on est prêt du canon à cash, plus on a de chances d’être épargné par les crises.

    Parlons donc de Stéphane Laborde avec Open UDC. Celui-ci a avant tout commencé par étudier et bâtir sa théorie relative de la monnaie. Théorie qui n’a d’ailleurs pas été étudiée/démontée dans les prestigieuses écoles d’économie. Ce qui lui donne un argument d’autorité sur quiconque lui oppose certaines réticences (j’en ai fait les frais). Argument d’autorité = belle arme de propagande pour couper court au débat.

    Tu cites également Gérard Foucher. Gérard a eu une approche que je trouve remarquable dans sa volonté de comprendre. Mais faire de l’évangélisme sur la création monétaire à la façon des missions jésuites en Amérique du sud, c’est ce qu’un petit Foucault qualifierait de néocolonialisme. En enseignant les mécanismes monétaires, il contraint la liberté des élèves en leurs faisant quitter la douce quiétude de leur vie sans problème. (Bon ok c’est l’argument le moins étayé)

    Pour finir par Stanislas (coordinateur du MFRB) qui cherche à fédérer autour de cette belle idée. Il porte justement ce mouvement sur des valeurs de pluralité de courant, avec comme objectif : l’émergence dans le débat public. J’ai du mal à voir en quoi cette posture est propice au totalitarisme.

    4/ Ce qui m’amène à mon dernier commentaire. Je pense, comme toi qu’il faut partir d’un principe de réalité car je ne crois pas au changement radicaux car souvent violent, et qui prennent la forme de >révolution< là où ce ne sont la plupart du temps que des coups d'états. Mais la réalité qui est le nôtre est un système politico-financio-médiatique qui ne laisse de place qu'aux mouvements structurés ou à ceux qui ont des moyens. Alors pourquoi faire fi de cette réalité? pourquoi prôner d'un coté l'expérimentation, comme tu le fais en utilisant un système financier (que tu trouves par ailleurs dégueux), et refuser que des idées puissent se structurer en un mouvement pour exister.

    Bref je trouve que ton discours a deux poids deux mesures, et que ta critique n'est pas vraiment justifier. Le MFRB est en train d'expérimenter une autre manière de faire vivre des idées en sortant de la logique partisane.

    Enfin je te dirai que, certes, tout seul (comme ta femme et toi) on va plus vite dans l'expérimentation, mais ensemble (comme tente de le faire Stan avec le MFRB) on va plus loin 😉

    Bonne journée
    Antoine

  19. 1/ C’est pas le mouvement que je critique, mais la tentation de croire que parce qu’une idée nous paraît bonne il faut l’appliquer, un peu coûte que coûte, sans n’avoir guère de retour d’expérience. Et surtout passer son temps soit à discuter cette idée, soit à persuader les gens qu’elle est bonne, jamais à la mettre en œuvre. Et je sais bien qu’on frôle le fameux point G. Avoir des idées, ce n’est jamais un problème. L’idée jaillit en deux secondes et après ? Et puis celle du RdB n’est pas neuve.

    2/ On peut simuler le RdB, ne serait-ce que par des monnaies complémentaires. Seul non, mais s’il faut attendre le grand soir ça bugue, et c’est là que je tire la soumette d’alarme. Une solution non autoritaire doit pouvoir booter à partir d’une petite base (et surtout d’une multitude de base). Faut regarder du côté de l’histoire d’Internet. Penser au Minitel par opposition. Si le revenu de base ne peut être mis en place que globalement, je dis non. Ce ‘serait aussi dangereux que le communisme. C’est le sujet de mon article.

    3/ Déjà, le problème des faux-monnayeurs n’est pas lié à celui du RdB pour tout le monde (pour moi oui, et c’est la première raison pour laquelle je suis en faveur d’un RdB). Ma simulation familiale montre le bénéfice bonheur qu’un RdB peut apporter, c’est déjà intéressant, c’est déjà de l’expérimentation… ça change des gens qui disent on va être plus heureux avec le RdB et qui sortent ça de leur chapeau. Il faut tester toutes les hypothèses. J’ai toujours parlé d’une simulation. Le RSA est une forme de simulation pour ceux qui tentent de vivre avec. Stan pourrait en parler.

    Le problème est monétaire. Tous ceux qui travaillent à l’expliquer nous aideront à le résoudre. Que le MFRB ne veuille pas l’entendre, parce que ça braquerait contre lui le système, c’est un problème, assez inquiétant j’avoue (même si je suis pour tout expérimenter, il y a des pistes évidemment logiquement impossibles).

    4/ User des armes de ses ennemis ne mène jamais bien loin, sinon à prendre leur place. Créer un mouvement puissant, c’est exactement la route de la servitude. C’est ça la réalité, enlever une engeance pour la remplacer par une autre. Nous voulons combattre ce qui ne tourne plus rond. Ce n’est pas en entrant dans leur jeu que nous y réussirons.

    D’ailleurs, les capitalistes seront les premiers à proposer un RdB. Je l’ai déjà écrit. Voilà pourquoi il faut savoir ce qu’on veut, vers où on va, et aussi vers où on ne veut pas aller.

  20. Julien Cart says:

    “Peu importe ce que les gens vous disent, les mots et les idées peuvent changer le monde”

    RIP Robin Williams

    Comme quoi ce n’est pas une question de générations 🙂

  21. Doudou63 says:

    Des personnes qui vont peut-être dans votre sens ?

    => http://civilisation2.org/le-travail-et-le-revenu-de-base/
    => http://www.cercledesvolontaires.fr/2013/04/29/a-propos-du-revenu-de-base/
    => http://surlegrill.wordpress.com/2014/02/05/14-points-rapides-contre-le-revenu-de-base-i/

    J’ai également personnellement l’impression que le(s) RDB sont devenues la petite doctrine personnelle, le petit Père du Peuple stalingradé…

  22. Aude says:

    Voilà donc qui correspond à votre demande, un retour d’expérience sur dix ans de chômage avec un revenu digne et des activités associatives. J’ai rédigé mon article samedi, peut-être en entendant les bruits s’intensifier sur la question…

    Un silence embarrassé – Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Un-silence-embarrasse

    L’été dernier j’ai publié deux textes, l’un après l’autre, sur le
    revenu garanti. Une critique anti-productiviste et anti-étatique, dans
    laquelle je m’inquiétais entre autres des effets de relégation que
    pourrait entraîner la possibilité de s’exclure de bon gré du marché du
    travail. La France tirant sa productivité élevée de l’exclusion des
    personnes les moins performantes, cette question ne me paraît pas
    secondaire. Elle me pose d’ailleurs souci à titre personnel, puisque je
    vais fêter cet automne mes dix ans de chômage. Dix ans de « malgré tout
    l’intérêt que présente votre candidature », dix ans de découragements,
    dix ans à ne plus voir le monde autour de moi qu’en considérant qu’il
    est peuplé de personnes qui exercent des métiers alors que moi-même je
    n’en ai pas (1). Et plus les années passent, plus le profil devient
    « atypique », moins il intéresse de potentiel-le-s recruteurs (y compris
    dans les partis politiques et les associations qui n’ont à la bouche
    que le mot « diversité »), plus l’image de soi se dégrade et le rapport
    aux autres parallèlement…

    L’engouement pour le revenu garanti,
    revenu à la mode après ce qui m’a semblé être une mini-traversée du
    désert, me fait chier me pose donc question.

  23. Antoine says:

    Je t’avais fait une longue réponse mais je pense qu’il me faut retourner cultiver mon jardin 😉

    Nous pourrons reparler des armes de l’ennemi. Je pense qu’au contraire, c’est une question d’hygiène que de gagner cette bataille des outils.
    Ensuite – et c’est peut être là le vrai fond du débat que nous semblons avoir – comment trouver des modèles d’organisation qui laissent vivre une véritable pluralité d’idée? Comment peut on s’unir sans idolâtrer un chef, omniscient et omnipotent, cet homme providentiel (un peu comme Sarkozy essaye de se positionner en ce moment)?
    Si tu ne crois pas que cela est possible c’est donc vis à vis de l’Homme que tu as des défiances.

    Nous ne pouvons nous unir que sur des idées. Et ce serait trop triste de ne pas pouvoir en discuter, les confronter les unes aux autres, les faire évoluer. Tout ça parce que nous sommes en train de mettre en œuvre notre idée personnelle. Il y a une sorte d’individualisme exacerbé qui me dérange un peu là dedans.
    Je crois qu’au contraire en confrontant ses idées aux autres ou en acceptant les idées d’autrui, on peut aussi se trahir (au sens de Gorz, à savoir aller là où je n’avais décidé d’aller).
    Les partis ont certes montré leur limite dans le débats d’idées et dans leur mécanisme de représentation du peuple, peut être, et j’espère, que le MFRB saura faire autrement.

    A bientôt

  24. Le Revenu de Base n’est qu’un filet de sécurité minimum évitant la misère.

    Devront s’en contentez ceux à qui la société n’a aucune opportunité meilleure à offrir.

    Les autres continueront de saisir les opportunités pour tenter d’améliorer leur sort.

    Présenter un tel minimum comme une “utopie” est une manière étrange d’abaisser ses ambitions.

    Ceci dit, une façon de torpiller le Revenu de Base, c’est effectivement de le présenter comme une mesure “révolutionnaire”, en braquant dès lors contre lui les conservateurs de tous bords.

    Pas glop et certainement pas ce que j’attends de Thierry Crouzet.

  25. Les idées doivent être confrontées sur le terrain, là où elles prouvent ou non leur efficacité, pas être gagnées par le champion de la rétorique.

  26. Bandini says:

    Je tiens d’abord à préciser que je n’ai pas encore eu le temps de lire
    ce qu’il s’écrit sur le Rdb, juste des articles, donc excusez moi
    d’avance si mes idées sont du déjà vu. Quant à mon implication
    la dedans, c’est faute de trouver quelque chose de solide la ou je
    vis. Mais de ce que j’ai pu observer, il y a quand même un énorme
    blanc théorique. Et le problème principal me semble provenir du
    fait que nous prenons le revenu de base pour fin la ou il est… bah
    une base. On va nous parler de libération du temps libre, d’une
    meilleure réappropriation du travail mais aussi de l’action.

    La réappropriation du travail a l’air d’aller de soi, comme-ci cela
    était facile à réaliser, comme-ci il suffisait d’avoir du temps
    libre. L’équation me semble beaucoup trop simpliste et si elle n’est
    pas développée, j’ai bien peur que le Rdb échoue. Le monde, avec
    Internet, est devenu beaucoup trop stimulant, beaucoup trop
    « divertissant » pour simplement croire que le temps
    libre amènera nécessairement à la réappropriation du travail.
    Enfin bref, y a tout un contrôle sur la volonté et l’attention
    qu’il s’agit de penser et de libérer. Les séries télé, d’autant
    plus pernicieuses qu’elles sont de bonnes qualités, et toute la
    culture du « zapping » me semble être des manifestations
    flagrantes d’un tel contrôle. On ne s’arrête plus, on ne contemple
    plus et on a une grande difficulté à se concentrer et à se
    maîtriser. Il me semble d’ailleurs que la ou le revenue de base a
    été testé, ce fut dans des pays ou cette grande stimulation par
    l’image est peu présente.

    Comment réussir à structurer ma journée quand je n’ai plus de structures
    extérieures (école, travail etc) pour lui donner forme ? Me
    semble être tout de même une question essentielle par rapport à un
    revenu de base.

    Normalement un tel problème devrait être résolu par l’éducation mais elle est
    bien loin de le faire faute d’avoir accorder sa place à la
    philosophie dans l’enseignement et à la disparition de la religion
    dans la sphère culturelle. [Je ne parle pas de la religion dans son
    versant dogmatique et socialisé, je crois juste qu’elle a quand même
    inventé de sacrés techniques de maîtrise de soi dans son versant
    mystique, et plus personnaliste, qui est regrettable d’avoir perdu].
    Je suis plutôt partisan pour la réintégration d’un véritable
    enseignement de la philosophie et la recherche d’autres méthodes de
    maîtrise et de formations à l’aide de l’informatique.
    Sans alternative a ce niveau, permettant à nouveau aux individus de
    véritablement se former, je crains que l’on se retrouve avec une
    inégalité entre ceux capable de maîtrise et les autres, tout aussi
    terrible que l’inégalité économique bien que différente dans ses
    modalités. Elle existe déjà, mais un monde ou le revenu de base
    est instauré la rendra beaucoup plus manifeste. Et je dois bien
    avouer qu’autant les inégalités économiques peuvent être
    facilement combattues sur le sol des idées, tenter de justifier que
    l’existence de forts et de faibles, ceux se maîtrisant et ceux ne se
    maîtrisant pas, relève d’une inégalité de formation est
    difficile.

    Je crois aussi qu’il faut sérieusement réfléchir aux changement des
    rapports (en fonction du revenu donné) entre action/politique et
    individu que le Rdb va instaurer mais je vais m’arrêter la.

    Votre texte, je le trouve très juste, bien que confus. La séparation
    entre Idée et action est bien trop radicale. Quand je lis cela
    « Qu’est-ce que tu as déjà fait dans ta vie pour aller
    vers ton modèle ? Où en es-tu de l’expérience ? Si tu ne peux
    rien faire à ton échelle, à celle de ta communauté proche, ta
    proposition est dangereuse. » j’ai juste envie de me taire.
    Sous peur de « totalitarisme intellectuelle » vous
    risquez de tomber dans un « totalitarisme pragmatique.» C’est
    négliger que toutes Idées, toutes actions n’est pas applicable à
    toutes « situations » ou « terrain » pour
    reprendre vos termes. Certains terrains sont plus propices que
    d’autres à la réalisation d’une multiplicité d’idée. Mais j’aime
    votre texte, parler d’une pluralité de revenue de base et donc de
    point de vue est important pour lui permettre de rester une idée
    souple et manifester toutes ses facettes qui je trouve, risque d’être
    obscurci par la place que prend l’écologie et la décroissance. Je
    n’ai rien contre ces deux valeurs, mais le revenu de base risque
    d’être perçu seulement en fonction d’elles, cachant ainsi d’autres
    problèmes ou solutions possibles. S’en éloigner ne serait-ce qu’un
    petit moment ne devrait pas faire grand mal. J’espère juste ne pas être hors sujet avec ma première partie, et dans ce cas alors prenez cela pour un autre retour d’expérience.

  27. Stanislas Jourdan says:

    Intéressante discussion, et je suis d’accord dans les grandes lignes : vouloir imposer UN modèle de revenu de base est une erreur. Il faut être pragmatique et non dogmatique, rassembleur et prendre notre mal en patience face à l’inertie de la société. Comme on le voit dans la BD, tout se jouera dans la dynamique, le mouvement que nous arriverons à créer (ou pas).

    Précisons au passage que si le MFRB s’appelle Mouvement Français pour UN revenu de base, ce n’est pas que nous voulions pousser un seul modèle de revenu de base, mais au contraire, nous pensions que nous appeler le mouvement pour LE (seul?) revenu de base serait une fallacie intellectuelle. Il n’y a pas UN revenu de base mais bien plusieurs revenu de base, même si le Mouvement compte bien parvenir à l’instauration d’UN revenu de base, puisqu’en instaurer plusieurs en même temps pourrait paraitre un peu trop ambitieux 😉

  28. flyingdust says:

    Excellent texte, ça m’a ému tant ça me parle, tant je m’y retrouve.
    Ce besoin de virevolter d’une idéologie à une autre (sans quoi on finit par s’y sentir à l’écart, par étouffer), d’en capter les essences et de les réunir en des points de convergences limpides et multiples.
    Tu as été touché par la grâce, cette fois ci!

  29. flyingdust says:

    *sentir à l’écart* Sentir à l’étroit plutôt

  30. flyingdust says:

    belle réponse à ce beau texte. Je plussoie sur toute la ligne. Ca fait du bien de lire des personnes mettrent aussi efficacement en mots se qu’on ressent en pensées plus disparates et confuses.
    Merci pour ces dons, le votre et celui de Thierry.

  31. Anne-Béatrice Duparc says:

    Réflexion très intéressante, merci! En Suisse, nous prenons le chemin de l’expérimentation, certes à grande échelle, même si entre le moment de la votation et celui de la mise en application, de l’eau va couler sous les ponts (le temps de réaliser des expérimentations locales?). En effet la votation à venir, d’ici 2016, ne portera que sur le principe et il faudra ensuite décider des modalités. L’introduction du revenu de base pourrait bien se faire de manière progressive…

    J’ai honnêtement de la difficulté à voir dans le revenu de base une possibilité de dérive totalitaire, car il ne définit pas un système économique dans son ensemble et ne régule pas la totalité des échanges. Il laisse au contraire une grande latitude, puisque chacun peut choisir comment il va vivre sa vie et son implication sociale. Par contre en effet s’il est introduit sur l’ensemble d’un territoire donné, il concerne tous ses habitants, et ses modalités de financement impliquent des mécanismes pour répartir la richesse produite par le pays. Cette “uniformisation” est-elle un totalitarisme? A mon sens pas si elle ne touche pas aux valeurs que doivent adopter les personnes et la manière dont ils doivent vivre (ce que faisait le système communiste). C’est déjà le cas aujourd’hui, beaucoup de systèmes de redistribution existent dans nos sociétés occidentales, alors ne peut-on déjà les considérer comme totalitaires, puisqu’ils ont été instaurés sans être testés au préalable…? Peut-on dire par exemple que le fait que les personnes touchent une rente de retraite ou des allocations familiales est totalitaire (à ma connaissance on ne les a pas testées avant de les instaurer)? Peut-on dire que l’Etat-Providence, né récemment au regard de l’histoire humaine, est totalitaire? Certains peuvent le penser.

    En fait, ce que vous entendez par totalitarisme est l’idée que l’on aurait a priori de quelle forme de revenu de base est la meilleure et comment la mettre en place? Quel montant, quelle modalité de financement? Mais qu’est-ce qui empêcherait au niveau d’un état
    d’adapter par pragmatisme un montant ou un mécanisme de répartition qui aurait été décidé (comme cela se fait en permanence) ?

    Ou peut-être que la question est : comment réagiront les hommes au fait d’avoir un revenu de base? Comment une société peut-elle s’organiser lorsque ses membres ne sont plus guidés par la nécessité de gagner leur vie? Pour essayer d’y répondre, vous proposez de tester différentes modalités. Pour voir lesquelles sont les plus favorables à une organisation sociale épanouissante et positive?

    Tout cela exprimé, j’aime votre proposition d’expérimentation, parce que l’expérimentation est humble et que son seul but est l’amélioration, l’évolution, et qu’elle permet de faire connaissance avec la réalité sans la tordre par nos théories. Dans ce sens je vous rejoins et me réjouis que des personnes, des groupes se mettent à expérimenter une vie avec un revenu de base et nous en rapportent leurs observations. Mais pour que cela ait une réelle valeur d’expérimentation et de “preuve”, il faut encore que toutes personnes, y compris les gens issus de couches socio-économiques défavorisées puissent participer à ces expérimentations. Or, cela ne peut être le cas qu’en cas de gain au loto ou d’expérimentations au niveau d’une communauté entière quelle qu’en soit la taille… C’est pour cela que je suis plus favorable à des expérimentations au niveau de communautés, même si elles sont plus difficiles à mettre en place et même si les expérimentations individuelles nous apportent aussi des éclairages indéniables sur la différence entre une vie avec la nécessité ou non de gagner sa vie. Les monnaies complémentaires (qui encouragent en même temps la relocalisation des activités et de l’économie) seraient en effet un magnifique outil pour lancer des expérimentations collectives. Dans le même temps, je suis aussi en faveur de l’activisme citoyen et politique qui permet au débat de prendre plus de place dans la société, même si toutes les personnes qui portent ce débat ne l’ont pas encore mis en application dans leur existence, sinon on aurait peu de chances de pouvoir instaurer des changements globaux…

    Avez-vous lu récemment l’article dans Vice de cet allemand qui vit depuis un an comme s’il avait un revenu de base? Son partage est très inspirant et il a lancé un Crowdfunding pour offrir la même chose à une personne tirée au sort pendant un an. Jolie démarche.

    Bonne soirée et merci pour votre article!

  32. > Qu’est-ce que tu as déjà fait dans ta vie pour aller vers ton modèle ?
    Où en es-tu de l’expérience ? Si tu ne peux rien faire à ton échelle, à
    celle de ta communauté proche, ta proposition est dangereuse.

    Je ne vois pas trop comment expérimenter cela à une petite échelle.
    Je ne peux pas autofinancer mon revenue de base… sinon ce n’est plus un revenue de base.

    Expérimenter à l’échelle d’une ville, d’une département… ok, mais de l’auto expérimentation ce n’est pas possible.

    @tcrouzet:disqus as tu des pistes pour expérimenter cela ?

    > Avec Isa, nous simulons un revenu de base. Nous avons renoncé à gagner
    plus pour vivre sur quelques économies, quelques revenus fonciers, nos
    droits d’auteurs.

    Dans ce que tu décris là, je ne vois pas trop le rapport avec un revenue de base.
    Ce que tu expérimentes, c’est vivre avec peu d’argent.
    Est-ce que j’ai mal compris ton exemple ?

  33. ion adrian says:

    Postulats pour les sciences économiques ou la Troisième Voie

    Nous allons vous proposer un article qui présente des considérations portant sur les fondements d’une science économique qui aurait à sa base des postulats en tant que principes aussi bien économiques que moraux. Nous affirmons que la Troisième Voie de développement économique et social de l’Humanité que même si elle est souhaitée par beaucoup N’EXISTE PAS (encore), mais elle s’impose comme une NECESSITE.
    Quelque chose qui s’impose donc comme une nécessité peut ne pas être reçu par ceux que ces questions concernent et parfois nous pensons même que nous sommes pas encore prêts pour cette Troisième Voie, plus précisément nous pensons que l’humanité n’est pas encore prête pour recevoir les axiomes que je propose, même si je suis convaincu que sans leur adoption elle va disparaître d’une façon ou d’une autre, pas forcement d’une manière totalemais très certainement en tant que civilisation, tel que c’est présenté dans des divers films fantastiques et apocalyptiques.
    J’ai préparé un court énoncé avec lequel je vais conclure, avec la présentation du desiderata social le plus profond, et ont peut prouver que c’est grâce à son application que le développement positif de notre civilisation à eu lieu.
    Ceci apparaît de manière plus explicite au cours du XVIIIe siècle au Etats-Unis chez ses pères fondateurs, qui comme Philip Mazzei ont affirmé « Tous les hommes sont créés égaux » pour mieux légiférer cette proposition dans l’introduction de la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amériques, écrite par Thomas Jefferson en 1776, qui dit textuellement :
    « Tous les hommes sont créés égaux; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur ».
    Par la suite les textes devient plus précis et plus proches d’une formulation juridique : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » et « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».
    Ces mots figurent au frontispice de deux plus grands textes de l’humanité, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 26 août 1789 et la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par l´Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution du 10 décembre 1948.
    Nous soutenons que même si ces mots restent au stade de desiderata, le développement positif de la civilisation a dépendu du degré d’application de ces principes et il est évident que cet état de fait à été maximal à l’endroit où ces idées ont vu le jours, c’est-à-dire au Etats-Unis et dans l’occident européen.
    Les sciences économiques n’ont pas réussi encore à fonder ces desideratas de la raison et du coeur des hommes, même si c’est tellement simple de les fonder de manière économique, ainsi tout devient à notre sens comme l’oeuf de Colomb.
    Donc, les axiomes qui doivent fonder de manière économique et juridique le desiderata exposé ci-dessus en posant les fondations du développement des sciences économiques, que nous allons appeler la Troisième Voie de développement de l’Humanité, sont :
    Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits car il naissent et restent jusqu’à leur mort, et ceci de manière inaliénable, propriétaires de leur force de travail et propriétaires à parts égales des ressources naturelles dans les composantes non touchés par l’exploitation et la transformation de l’homme.
    Bien entendu, c’est à la charge des spécialistes des sciences économiques d’appliquer de tels axiomes, s’ils les acceptent, car un axiome n’a pas besoin d’être démontré, il nous suffit de l’accepter et l’appliquer, en créant par la même occasion les bases théoriques d’implémentation sociale de la Troisième Voie, visage humain de la globalisation opposé au rictus mauvais de l’hypocrisie diabolique destructive.
    Dans les lignes qui vont suivre je vais faire une incursion dans l’histoire du développement de la civilisation en rapport avec le respect des axiomes que nous proposons.
    L’Âge de la pierre : la propriété de l’individu portait sur sa propre personne et ses outils, nous avons donc une liberté individuelle et une propriété commune des ressources naturelles qui étaient dans une relative abondance et dépendaient uniquement de la capacité technique de transformation à côté du marché libre et l’action de la loi de la valeur.
    L’Esclavage : pour l’homme libre, la propriété privée sur les facteurs de production, certaines ressources sur le régime privé d’autres en propriété commune et l’esclave tel une bête de somme donc dépourvu de toute forme de propriété, mais aussi le marché libre et la loi de la valeur.
    Le despotisme asiatique : l’esclavage est porté ici à la limite, les hommes ne sont pas propriétaires mais simplement les esclaves d’un « dieu » représenté par un chef, un marché libre pour la zone qui ne tombait pas dans le périmètre de l’intérêt de ce chef pour qu’il ne porte pas tous ces soucis relatifs à son organisation, et une loi de la valeur déformée par l’intervention même du despote.
    Le Capitalisme : dans lequel tous les hommes redeviennent libres comme dans l’âge de la pierre, les moyens de production (ressources naturelles, matières premières et les outils) sont propriété privé motif qui induit selon Marx l’exploitation de l’ouvrier ne possède que la force de travail par le capitaliste qui lui possède les moyens de production. Le marché est libre dans ce cadre théorique et a à sa base la loi de la valeur.
    Le Socialisme, avec son évolution obligatoire vers le communisme, dans lequel théoriquement le travail reste libre comme dans le capitalisme et les moyens de production deviennent propriété commune motif qui fait que le gouvernement a une tendance intrinsèque de devenir comme dans le despotisme asiatique et le travail rémunéré comme dans ce même système. Le marché inexistant, celle qui semble être, étant juste un simulacre basé par
    ailleurs sur des alignements purement formels par rapport aux marché libres existantes dans les économies capitalistes.
    La Troisième Voie : le travail libre soit la propriété privée de la force de travail, des moyens de productions et des matières premières (les objets du travail qui résultent d’un procès de travail), les ressources naturelles sont en principe sous le régime de la propriété commune (pour ajuster le modèle de marché et non pas pour un qui soit effectif) et le libre marché, le plus libre possible.
    Les effets de la tendance humaine de devenir propriétaire des ressources naturelles sont celles qui conduisent à la guerre de même que les tendances du propriétaire une fois établit de restreindre l’accès des autres aux ressources, de cette façon nous entrons dans la zone correctement décrite par von Mises quant il adressait la question de la propriété sur les ressources et quand dans son ouvre « Marxism Unmasked: From Delusion to Destruction » il écrit : « est-il juste qu’un pays qui possède des ressources dont elle n’a pas la capacité de les exploiter de priver celui qui peut les exploiter de faire ceci et de prétendre de lui respecter ce droit qui en définitive devient un droit qui concerne la paix ou la guerre, cas où nous emmène la ressource pétrole ? ». Il est évident que la réponse est non mai en même temps ni la réponse à ce comportement qui à été la création du système colonial et qui part de l’idée qu’un pays doit à tout prix conquérir certaines ressources pour disposer d’elle selon son bon vouloir, c’est-à-dire en devenant propriétaire de ces ressources, en les sortant de la propriété commune ou des autres, n’est pas correct.
    En effet nous voyons dans ces deux exemples la limite et le caractère
    problématique, en fait infertile, de la propriété privé ou de groupe sur les ressources qui fait que « homo homini lupus » et qui fait que des groupes humains, aujourd’hui des états, puissent recevoir ce même proverbe romain, reprit un peu plus proche de nous par Thomas Hobbes, ceci ne serait plus le cas si nous reconnaissions que les ressources naturelles sont un cadeau fait par la nature à l’homme et non pas à un homme seul ou à un groupe d’hommes, mais à tous les hommes qui sont tous propriétaire en indivision dès leurs naissance et jusqu’à leur mort, propriété qui ne peut être transmise par héritage mais revient à tous et chacun sut la base de la simple naissance.
    Si ce principe est d’une manière évidente juste et fertile il est inopérant sur le plan effectif car nous ne sommes pas à l’Âge de la pierre à l’époque des chasseurs nomades quand nous utilisions la ressource pour ensuite la laisser derrière.
    Aujourd’hui les ressources doivent être traitée sur le plan pratique comme juste qu’ici, c’est-à-dire en continuant à simuler la propriété, exactement comme si elles étaient sous la propriété privé, mais les relations de production doivent acceptent ce postulat de même que les calculs économiques dérivées, qui en réalisent la correction nécessaire.
    Prenons un exemple empirique. Si nous poursuivons donc le système économique capitaliste le plus développé, soit celui où nous soutenons qu’il enfreigne le moins les postulats proposés, nous voyons que c’est là où est introduite la plus grande indemnisation de chômage, de laquelle le fameux économiste américain John Galbraith disait qu’elle est l’un des pilons fondamentaux de l’économie capitaliste moderne car elle limite aussi bien l’exploitation que l’autoexploitation.
    Il n’a expliqué que par les conséquences cette grande importance car il est évident qu’un ouvrier qui a un minimum de moyens de subsistance est beaucoup plus libre presque réellement libre et égal quant à la liberté devant le travail, qui dévient ainsi vraiment un droit.

    Nous affirmons que le motif de cette nécessité de l’assurance chômage est qu’une personne sans travail vu qu’elle n’a pas accès par ce motif à sa côte part des ressources qui lui reviendrait théoriquement de la dote de l’humanité, est en droit d’exiger de la part de ceux qui la travaillent une redevance.
    Le montant de cette redevance doit être discuté et négocié dans le cadre d’une nouvelle science économique, mais le simple fait de son existence, même si les questions du montant et de la période dont on peut bénéficier et en tout cas la part reçue comme dans un système d’assurances pour lequel on cotise tant que on travaille, doit être regardé séparément par rapport à cette redevance.
    En conclusion nous croyons que nous avons tracé les jalons minimaux et nous ajoutons que c’est ni facile ni impossible qu’une nouvelle science économique soit possible dans le respect des postulats de la Troisième Voie et bien entendu que les économistes peuvent la développer.
    J’ajoute quelques exemples plus récents dans lesquels toujours de manière empirique on a essayé des mesures qui sont fondées sur le plan scientifique sur les postulats proposés ici, mais comme dans le cas de Galbraith étant inconnues elle apparaissent seulement comme intuitions ou desideratas remarquables.
    Ainsi, nous allons rappeler une proposition de Jean Marc Ferry qui dans son ouvrage « L’allocation universelle » (1995) propose, une « allocation universelle » de citoyenneté, qu’il définit comme un revenu social primaire distribué de manière égalitaire, non conditionnelle comme vrai revenu de citoyenneté. Si une telle initiative venait à être adoptée, selon, Ferry, le droit au travail cesserait d’être une hypocrisie.
    L’idée qui manque encore de fondement théorique est appréciée favorablement et a été reprise à l’échelle européenne en 2013 sous la forme d’un projet sous le nom de Revenu Minimum Garanti (UBI). Ceux qui ont initié le projet, sollicitent une loi européenne qui devrait stipuler que chaque personne, indépendamment son age, ancêtres, domicile ou lieu de résidence, profession etc., ait le droit à une allocation de manière inconditionnelle.
    Selon eux, ce revenu de base est un droit de l’homme qui ne doit pas dépendre d’aucune condition préalable quelle qu’elle soit. Ce revenu de base ne sera pas conditionné par d’autres revenus, économies ou propriétés.
    C’est exactement la conséquence de l’application sur le plan pratique des principes proposées qui visent la « liberté égale » par la reconnaissance du droit égal de propriété sur les ressources naturelles pour chaque être humain.
    Pour que cette proposition de projet puisse être prise en compte en commission au sein de l’union européenne (prise en compte et non encore adoptée) il faut requérir un million des signatures dans les pays de l’UE.
    Malheureusement, que trois-cent-mille signatures ont pu être totalisées, mais peut-être en réessayant ultérieurement en ajoutant un meilleur fondement théorique le projet recueillera d’avantage de signatures.
    C’est pour ceci que nous considérons que si ce projet venait à être fondé de manière scientifique sur le plan théorique, et non exclusivement sur des considérations de morale et d’altruisme social, mais bien sur une théorie comme celle décrite ci-dessus, pour être fondée scientifiquement et non pas seulement éthiquement ou égalitariste socialiste ,le projet augmentera ses chances de succès.

  34. Sophie Kada says:

    Bonjour à toute & à tous,
    Wouaoh… Merci à tous, je dois dire qu’il est rare que je prenne du temps pour lire…jusqu’au bout (J’ai commencé à partir de Brian Jacob ‘il y a 9 jours )

    Des idées se bousculent, s’interposent…Mais dans l’ensemble, pris bout à bout, il m’a été enrichissant, intéressant de vous lire tous, chacun dans le point de vue qui lui est propre. Et même si certains trouvent être en désaccord complet avec certains autres, je trouve que votre état d’esprit général cela converge dans la même direction.
    C’est même ça qui est super intéressant et qui change de tout ce charabia sans queue ni tête que l’on peut très souvent lire sur des forums.
    Mon point de vue…? : en me mettant dans le point de vue de chacun, je dirais que mon point de vue s’élargit encore d’avantage, une sorte de globalité qui a mon sens, devra poindre davantage afin qu’une mise en place pratique puisse naitre et croître au fil du temps.
    Et il n’y a pas un seul de vos point de vue, à mon goût, qui ne mérite d’être étudié, vérifié, expérimenté, pris en compte etc… Alors merci à vous.

    Thierry Crouzet nous partage un peu de son expérimentation de moins de revenus (qu’il aurait pu choisir de continuer à recevoir) et, en fonction de sa réalité à lui, ce qu’il en conclut. Apparemment, moins dans un sens à aboutit à plus en terme de liberté, faisabilité et mieux-être…Je suppose.

    Dans ma réalité à moi, voici un aperçu de mon expérimentation et, à ce jour, comment je verrais bien, pour moi, le RDB.

    Il y a 4 ans, décision, en couple, de démissionner du même travail (contraintes toujours grandissantent, avantages en perpétuel régression, stress grandissant, pouvoir d’achat en berne)
    Depuis, expérience d’un RDB ‘Pôle emploi’, qui nous a permis de nous pauser, réfléchir, expérimenter des possibilités d’exploitation de nos centres d’intérêts communs. Ce qui nous a mis le pied à l’étrier avec un choix limité à auto-entrepreneur.
    Bilan à ce jour : positif…: + de liberté, + de créativité, + de mieux être, + de temps pour etc…
    Négatif…: Difficultés à mettre en place un revenu régulier suffisant pour les besoins (déjà restreints), Stress de la fin de mois, stress de l’imprévu dont on ne pourrait faire face ou nous mettrait dans le rouge.

    Ce qui m’amène à concevoir, selon cette expérience vécue, la possibilité d’un RDB complèmentaire. Nous ne sommes plus “des chômeurs”. Nous nous chargeons nous mêmes…de nous mêmes, mais certains mois, il nous manque un + pour pouvoir profiter pleinement et être des acteurs/consommateurs/économique/participatifs/actifs, ce qui est extrêmement limite actuellement.

    Par exemple, il pourrait s’instaurer un système communal, départemental, où nous pourrions demander une somme selon besoin, en contre partie, se rendre disponible pour 1 / 2/ 3 journées par mois, par semaine (selon somme reçue) en faveur d’entreprises qui auraient des besoins de personnel et qui côtiseraient pour le fond de RDB, au service des Municipalités et même des particuliers.
    Quelque chose où chacun y trouverait son compte et y gagnerait à peu près équitablement sans se sentir redevable, profiteur ou en manque.
    Cette partie…pas encore expérimentée, désolée 🙂
    Bien cordialement à tous,
    Sophie

  35. Elegehesse says:

    Le revenu de base n’est pas une rente de rentier permettant de buller et loisirer comme un retraité précoce, mais une base pour traverser des périodes plus ou moins volontaires sans emploi et sans client.
    Bcp d’humains auront aussi besoin d’être accompagnés par des associations.
    La pire des choses serait l’abandon de millions de personnes sous prétexte qu’ils ont un revenu de base.

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