Dimanche 1er, Balaruc

Je vais sur Facebook, je vois des likes de Yal qui datent de quelques jours avant sa mort. C’est un peu comme s’il était encore là. Notre présence Web floute notre existence.


J’aime le service météo de Windows 10. Au-dessous des prévisions du jour, on découvre les records de froid ou de chaud pour la même date. Aujourd’hui, nous égalons le maximum de 1985.

En garrigue
En garrigue

Lundi 2, Balaruc

Je pense aux Souvenirs d’un Européen de Zweig. À cette attention à l’histoire en train de se jouer, ce qui vu d’aujourd’hui nous paraît si lucide. Moi-même, je n’arrive pas à m’intéresser aux évènements, absents le plus souvent de mes textes et même de ma pensée. Zweig est nostalgique, je n’ai même pas connu ce qu’il regrette. Ce que je devine de l’Histoire ne m’apparaît qu’un canular.

Mardi 2, Balaruc

Ce matin, 5:50, je monte dans un TGV gare de Sète pour aller prendre la correspondance de Bruxelles à Montpellier, dix minutes plus loin. Après avoir été bloqué à 100 mètres de la gare pendant plus d’une heure, je rate mon second train. Je ne serai pas avec mes amis pour dire au revoir à Yal. J’ai juste envie de pleurer. Contre la bêtise, contre l’absurdité. Cette mésaventure est à la mesure du dérisoire de la vie. Si la SNCF était capable d’estimer ses retards, et surtout d’être transparente avec ses clients, je serais allé en voiture à Montpellier. Des choses se refusent à nous. Elles nous révèlent notre impuissance fondamentale. C’est rageant.


À l’initiative de Lilian Bathelot, on se retrouve à Montpellier pour fêter Yal. Les amis, rien que les amis, tout le reste n’est que futilités passagères.


Un prof demande à ses élèves de concevoir une publicité. Une spécialiste de la pub, payée des millions, aide son fils à concevoir un message-choc. Leur note : 14. La plus mauvaise de la classe.

Mercredi 3, Balaruc

Et si l’EMDrive fonctionnait ? Les collapsologues ne doivent pas apprécier ce genre de news. Si soudain on devient capable de voyager dans le système solaire à faible coût, le problème des ressources s’évanouit pour quelques millénaires. C’est alors le moment de chercher les vraies raisons de notre effondrement possible : la connerie.


Le collapsologue nie la possibilité créatrice. Il nous croit prisonniers de l’entropie alors que le soleil nous maintient hors de sa force destructrice.


Oui, nous mourrons un jour. Nous ne pouvons pas passer notre vie à essayer d’éviter l’inévitable (pas plus qu’à le précipiter).


Nous faisons tous le même constat : c’est la merde. Je n’accepte pas l’idée selon laquelle plonger dans la fausse à purin serait inévitable. On peut rebondir avant de toucher le fond.

Dimanche 8, Balaruc

Internet se réduit à une injonction à la visibilité.


Je découvre dans l’annonce d’une conférence que je suis prospectiviste… Si c’est le cas, c’est de la chose advenue.


Je n’aime pas entendre des gens brandir la notion de « littérature », surtout s’ils s’en revendiquent. Mon ressentiment à leur égard est d’autant plus vif parce qu’il révèle ma position ambiguë. Si la littérature n’existait pas, son évocation ne devrait pas me déranger plus que celle de Dieu.

Lundi 9, Balaruc

« Non, la déconnexion ne renoue pas avec le réel. » Ou comment enfoncer une porte ouverte. Personne n’a jamais prétendu que la vie en ligne était irréelle (sinon, je ne suis plus réel depuis longtemps). Quand on parle d’IRL, ce n’est pas en référence au réel, mais pour opposer In Real Life à Life In Line et non à In False Life.

Quand je me suis déconnecté en 2011, ce n’était pas pour retrouver un réel hypothétique, mais pour me reposer d’une vie en ligne trop trépidante, et donc hyper réelle, et réfléchir à ce que ce mode de vie impliquait. Ma déconnexion était une césure assez ordinaire, une façon de faire le point avant de revenir.

J’ai tout de même découvert des plaisirs oubliés, voire négligés, et surtout j’ai pris conscience que la vie hyperconnectée interdisait les expériences optimales (un truc un peu barré, quasi mystique, et donc pas trop réel pour le coup, même si tous les philosophes en parlent).

C’est sûr que si tu passes tout ton temps à faire une chose, tu en sacrifies d’autres. Ça vaut pour l’activité en ligne, elle peut te prendre du temps qu’avant tu passais à lire des romans ou à pêcher au bord de la mer. Il n’est toujours pas question de réel, mais de savoir ce qui nous éclate le plus dans la vie.

Mardi 10, Balaruc

Un novembre qui ressemble à un octobre. Chaque année l’hiver tarde un peu plus. C’est cool comme est cool la cigarette de plus qui approche chaque jour davantage le fumeur du cancer.


Ma tendance à l’épicurisme est de plus en plus forte. Tous les engagements me paraissent dérisoires, surtout quand je vois les meilleures intentions détournées au profit des pires atrocités. Zweig était dans son siècle, je me sors du mien.


Je lis une lettre à mes enfants avec beaucoup d’amusement. Résumé : les jeunes ne vous focalisez par sur le codage, mais plutôt sur les humanités, car demain des robots coderont pour vous. Malheureusement, si demain les robots sont capables d’écrire du code (et ils le sont déjà), ils seront aussi capables d’écrire de la littérature (ils sont encore maladroits). Coder, c’est créer. Écrire, c’est créer. Reste à savoir si une machine peut avoir du génie ? Si oui, alors aucun domaine ne lui sera interdit, sinon mes enfants vous devrez continuer à coder, à écrire, à créer…


Sur le Net, les opérateurs de presse ne cachent plus leur désespoir : ils interdisent les bloqueurs de pubs, ils veulent nous forcer à charger leurs apps ou à nous abonner à leur flux après avoir lu deux ou trois de leurs articles. Ils n’ont pas compris qu’on se fiche bien de lire une news chez eux ou ailleurs. Vous n’avez aucune valeur ajoutée.

Les soirs se suivent…
Les soirs se suivent…

Mercredi 11, Balaruc

Je boucle aujourd’hui One minute, disons que j’écris la 365ème minute. J’en ajouterai sans doute de nouvelles pour répondre aux questions de lecteurs.

Vendredi, 13, Balaruc

Nous n’avons jamais autant écrit, jamais autant publié et des gens s’inquiéteraient de la disparition des auteurs. Faut-il rire ou pleurer de cette bêtise ? C’est plutôt une certaine forme de la littérature qui meurt et une autre qui émerge, avec l’obligation pour les auteurs de s’adapter. Que des gens vivent ou non de leur plume n’a aucune importance tant que la création est vivante.

Samedi, 14, Balaruc

En allant faire une course en voiture, je découvre la terrible série d’attentats à Paris. J’en tremble. C’est si simple de fermer les yeux sur la barbarie jusqu’à ce qu’elle frappe à nos portes, peut-être nos amis, nos proches. « Nous sommes en guerre », déclare un ancien militaire à la radio. Nous n’avons jamais cessé de l’être, parce que nous appartenons à un monde global, et que la guerre en un de ses points est une guerre chez nous (il s’agit alors d’une insurrection ou d’une révolution). Accepter la violence là-bas, c’est l’accepter chez nous. Nous payons notre laxisme, nous payons notre modèle politique, nous payons d’ignorer que seule la beauté peut réunir les hommes. Au contraire, nous allons encore envoyer des bombes, dresser des barrières, construire des avions de chasse. Ça ne servira à rien : la violence entraîne la violence. Quand on accepte l’ultime pauvreté, on accepte que des gens n’aient plus rien à perdre et s’illusionnent d’un idéal dangereux. Autant que la religion, le capitaliste est une machine à fabriquer le terrorisme, parce qu’il se nourrit des déséquilibres. En tant qu’artiste, je ne vois qu’un engagement possible : ajouter un peu de beauté, faire qu’elle recouvre tout.


Je sors de ma réserve sur Twitter. « Allez-vous encore une fois descendre dans la rue pour défendre ceux qui encouragent la violence par leurs méthodes politiques ? » « Contre la violence que peut-on faire sinon donner à manger… du pain et de la beauté ? Les autres réponses seront toujours déplacées. »


Pourquoi la crise climatique est terrible ? Parce que nous ne savons pas dire pacifiquement à des gens dont les territoires seraient désertifiés ou recouverts par les eaux de venir chez nous. La peur du changement climatique masque la peur de l’autre et exprime la volonté que rien ne change, que les anciennes frontières restent à leur place.

Dimanche 15, Balaruc

Pendant ce temps, les robots promotionnels continuent de nous bombarder de publicité. Aucun opérateur n’a la décence d’interrompre ce flux nauséabond en temps de deuil. Ils poursuivent même les morts.


« La France, la France, la France… » Nos hommes politiques n’ont que ce mot à la bouche. La France en devient une chose en soi, plutôt qu’un simple territoire avec une histoire et des habitants. La France idéalisée s’oppose à une autre idée, celle du paradis aux quarante vierges. Deux idéaux ne peuvent dialoguer, ils sont inconciliables, sur deux plans de transcendance distincts.

Il serait plus sage de tenir des discours matérialistes, de les ancrer dans les choses, dans le concret, ce qui nous forcerait à envisager des solutions possibles plutôt que de courir droit à la confrontation.

L’idéalisme engendre la violence depuis trop longtemps.


El veut nous ramener au moyen-âge, ma réponse littéraire est la SF, pour nous amener vers l’avenir.

Lundi 16, Balaruc

Si El était un état traditionnel, il chercherait à maintenir son territoire, voire à l’étendre, il ne courrait pas le risque d’attaquer les empires éloignés, selon une stratégie apparemment inconséquente, à moins que son objectif soit le chaos, et pas n’importe lequel, un chaos qui porte le nom d’Apocalypse. Oui, la fin du monde et le retour des prophètes avant le jugement dernier. Ça paraît fou, mais aucune autre explication ne justifie les mouvements de El. Le plus effrayant : des partisans de la même doctrine occupent le camp adverse. J’en ai rencontré aux États-Unis. Je me suis amusée de leurs idées dans La quatrième Théorie.


Les problèmes induits par le fondamentalisme religieux se régleront le jour où l’énergie sera abondante et gratuite. Le retour en arrière ne peut séduire que si l’avenir se referme (que si on nous promet la fin du monde).


Je passe plus de temps que d’habitude sur les réseaux sociaux. Je me retiens de hurler, surtout après avoir entendu le discours de Hollande alors que j’allais chercher les enfants à l’école. Le pacifiste en moi est doublement blessé, par la barbarie, par la réponse de barbare à cette barbarie. Notre Président ne sait qu’opposer la force à la force, en un engrenage qui ne peut avoir de fin que par davantage de morts. Des nains nous gouvernent. Les grands hommes et les grandes femmes d’aujourd’hui ont renoncé à la prétention d’en imposer aux autres.


Je ne peux me retenir de twitter. « La dictature est en marche, pas à pas, au nom de notre bien, notez-le… et nous sommes si peu nombreux à protester. » « Après Charlie, j’ai perdu des amis, je vais en perdre d’autres, juste parce que je vois l’ombre brune dans mon propre pays. »


Tuer, c’est réduire toute liberté. Réduire les libertés de tous pour empêcher de tuer, c’est un peu tuer tout le monde. Reste à trouver le bon compromis, c’est la mission de la démocratie par opposition à l’État policier ou à la dictature.

Mardi 17, Balaruc

En ces moments douloureux, alors que sous le coup de l’émotion notre gouvernement promulgue des lois d’exception sans trop réfléchir, alors que je dénonce cet empressement, on me dit que j’exagère, on se moque de moi, seules quelques voix chaleureuses se joignent à moi, mais nous sommes seuls, face à un engrenage terrifiant qui nous mènera à plus de terreur. Chaque loi anodine s’ajoute à une autre loi anodine et le glissement vers moins de liberté pour plus de sécurité s’accentue, alors que la seule réponse à la terreur est toujours plus de créativité, d’insolence, de subversion. J’ai vu une femme dévoiler sa poitrine pour répondre aux terroristes. C’est une réponse plus appropriée que les missiles. C’est en libérant les esprits des vieux carcans idéologiques, à commencer par l’idée même de la Nation, que nous construirons un monde de paix. Je suis triste, je pense à mes deux garçons qui à ce rythme seront en âge d’être enrôlés de force dans vos armées à l’échéance de vos politiques d’un autre âge.

Nos politiciens se réveillent dans les épreuves. Ils endossent le seul habit qui leur convient : celui de chef de guerre. Ils ne sont pas nés pour notre monde complexe, interdépendant, peuplé d’hommes et de femmes libres. Ils se sont toujours rêvé comme Alexandre. Ils ne peuvent plus mentir en temps de crise. Les voilà sur leurs chevaux à la tête de leurs armées. Je les déteste. J’ai pitié pour eux. Ils ne veulent pas du monde que nous construisons. Ils n’y ont pas leur place et nous ramènent en arrière, avec la même obstination que Daesh. Simplement, ils n’en sont même pas conscients.

La vie continue
La vie continue

Mercredi 18, Balaruc

Depuis des années, je loue un serveur dédié pour mon blog et mes bidouilles numériques. J’héberge quelques autres blogs que le mien. Ça devient de plus en plus difficile, nos blogs étant attaqué, et je n’ai pas envie de passer mon temps à faire la police. Nos sites ont besoin de nous, de notre attention constante, sinon les mauvaises herbes y poussent. Nos données en ligne n’ont aucune pérennité. Voilà pourquoi le Web ne se substituera pas au livre (papier comme électronique). Il est trop peu fiable.

Vendredi 20, Balaruc

J’ai One Minute en main, je dois décider qu’en faire. Je contacte les amis, les relations. Comme je change de genre à chaque livre, je dois aussi changer d’éditeur. L’un d’eux me demande une version papier, c’est amusant.

Lundi 23, Balaruc

Je suis dans l’après-coup de One Minute (et peut-être aussi de l’ombre brune). Encore incapable d’embrayer. J’ai pourtant une commande qui m’occupera pour un an : la suite du Geste qui sauve, une façon d’agir concrètement, de participer à un changement minuscule…

Mercredi 25, Balaruc

Dans un article passionnant comme souvent, mon ami Hubert Guillaud attribue la paternité du concept de Digital Labor à Trebor Scholz (son bouquin sur le sujet date de 2012). Scholz a sans doute contribué à populariser cette dénomination, mais je me souviens de discussions très animées à ce sujet dès 2006. Dans un billet intitulé Esclavage 2.0, la problématique est déjà résumée. J’étais juste encore trop optimiste quant à notre intelligence collective face à celle du capitalisme (point de vue définitivement révisé un an plus tard, puis creusé article après article bien avant que l’ubérisation devienne à la mode). Tout ça pour dire que l’attribution des paternités m’exaspère, surtout quand je leur connais de nombreux grands-pères et même trisaïeuls (et ce n’est pas par orgueil, mon article de 2006 n’était qu’une réaction à un autre plus lucide rétrospectivement de Karl Dubost, suivi par un autre d’Hubert Guillaud lui-même).

L’ironie dans cette histoire, c’est de voir comment des personnes populaires détournent le travail des véritables novateurs (et Karl Dubost en est un à coup sûr, sur un spectre infiniment plus large que le médiatique Trebor Scholz). C’est une variante du digital labor, on pourrait l’appeler « reputation labor », un truc dans le genre. Sur le fond, le même mécanisme est à l’œuvre. Des gens travaillent, d’autres, moins nombreux, centralisent ce travail pour leur seul bénéfice. C’est le danger avec toutes les figures médiatiques qui défendent le collectif, elles le mettent presque toujours à leur service. Se battre contre le digital labor et pratiquer le reputation labor est en ce sens presque inévitable.


Pour entrer dans l’annexe de l’université Paul Valéry à Montpellier, il faut franchir un portique et montrer un papier d’identité au vigile. Je n’en ai pas sur moi. H’affiche sur mon téléphone ma fiche Wikipedia avec ma photo, ça le fait.

Je retrouve à l’intérieur le truculent Jean-Yves Fréchette, maître du tweet poétique. Durant tout l’après-midi, il nous raconte son parcours d’expérimentateur littéraire. C’est un enchantement. En 1982 avec Plis sous pli, il a sans conscience anticipé l’écriture sociale. Profitant du voyage de son ami Pierre-André Arcand vers la France, il lui met entre les mains une enveloppe contenant d’autres enveloppes, chacune à ouvrir à trente minutes d’intervalle lors du vol transatlantique, chacune avec une proposition d’écriture à rédiger sur l’enveloppe même. Bientôt, la voisine de Pierre-André ajoute ses propres commentaires. Plus tard, un fac-similé de Plis sous pli est édité, d’autres personnes se prêtent au jeu, ajoutent leurs propres commentaires. L’œuvre devient collective et interactive.

Les artistes anticipent souvent les possibilités techniques, un peu comme quand Kerouac simule le traitement de texte avec le rouleau de sa machine à écrire.

Fréchette nous présente Plis sous pli
Fréchette nous présente Plis sous pli

Jean-Yves Fréchette a légendé avec ses tweets d’exactement 140 caractères des photographies de Patrick St-Hilaire. Il nous demande de l’imiter. Nous choisissons une image. En dix secondes, je ponds une phrase exactement calibrée : « Ils arrivent, tu les vois pas ? Moi, je les sens, je leur parle, tu ne les comprendras jamais et je t’échapperai toujours, tu es trop vieux. » Impossible pour moi de ne pas penser au sujet de One Minute. Notez que le côté purement poétique m’intéresse moins que la narration. Voici le tweet original de Jean-Yves : « Un sérieux revers. En prenant d’assaut le campement des étoiles, tu as tout de même dû infliger un sérieux revers aux mélodies des mémoires. »

Photo de Patrick St-Hilaire
Photo de Patrick St-Hilaire

Jeudi 25, Montpellier

Journée d’étude consacrée aux formes brèves dans la littérature web organisée par Marie-Ève Thérenty et Florence Thérond. Oriane Deseilligny décortique One Minute.

Vendredi 26, Balaruc

« Il n’y a pas d’identité française heureuse dans une société multiculturelle. » Une déclaration affligeante de Nicolas Sarkozy. Il croit peut-être que j’ai la même culture que lui. Ça crève les yeux qu’il n’aspire qu’au pouvoir, qu’il laboure les pires idéologies susceptibles de lui amener des voix.

Dimanche 29, Balaruc

Entre deux séances de bricolage, je découvre un nouveau genre littéraire : le dino-sex. Où une sorte d’amazone fait l’amour avec un dinosaure. Fantasme ultime. À midi, avec des amis, nous imaginons une histoire que je transformerais bien en nouvelle : « C’est la fin du monde, le capitalisme a épuisé la planète, alors on envoie dans le passé quelques femmes et quelques hommes pour recréer l’espèce humaine. Ils doivent se retrouver et faire des petits pour que la croissance redémarre au plus vite. »


Fin novembre, un redoux nous amène parfois des incandescences sublimes. Les enfants jouent au bord de l’eau pendant que dans leur dos le ciel s’embrase.

Mes enfants et leurs amis
Mes enfants et leurs amis

Lundi 30, Paris

Ils diront : « Pour sauver la planète des gaz à effet de serre, les puissants d’alors se réunissaient par dizaine de milliers en un seul point du globe, incapables de s’appliquer à eux-mêmes les règles qu’ils entendaient imposer à tous. »