Thierry Crouzet

Randos VTT ou autres : comment créer une trace GPX

Cuisine 2/57

Les lecteurs de mes carnets de routes savent que je roule pas mal en VTT, sans que je m’étende sur cette activité qui me prend pourtant une dizaine d’heures par semaine. Depuis quelques mois, fatigué de suivre toujours les mêmes sentiers, et aussi en prévision d’un long week-end avec des copains, j’ai commencé à tracer mes propres parcours. J’avoue que j’ai pas mal pataté au début, malgré les nombreux conseils prodigués en ligne. Maintenant que je maîtrise cet art, je peux partager mes trucs (et vous épargner mes longues errances).

Tout d’abord, quand je roule, cours ou même marche, je demande à ma montre Garmin d’enregistrer le parcours. Elle m’indique aussi mon rythme cardiaque, ce qui m’est utile dans les longues montées, pour m’éviter de rester trop longtemps dans le rouge et d’être cassé pour la suite de la sortie.

Une fois de retour, ma montre se synchronise avec l’application Garmin Connect, elle-même synchronisée avec Strava, le réseau social des sportifs, le seul réseau social qui m’intéresse encore, parce qu’il me rend des services qui me semblent valoir le prix des données que j’y partage gratuitement.

Une remarque : je n’utilise pas Stava sur mon téléphone, car la batterie ne tient pas la charge quand on part pour des heures (et j’ai besoin d’un téléphone opérationnel en cas de pépin).

Sur Strava, une fois de retour, je peux suivre les sorties des copains et discuter avec eux, je peux surtout récupérer mes propres traces au format GPX (le plus classique format de traces GPS). Je peux aussi télécharger des traces depuis de nombreux autres sites comme GPSies, Utagawavtt, OpenRunner, TraceGPS, VTTour, TraceDeTrail, VisuGPX, VisoRando, la-trace, ViewRanger… Parfois je tombe sur des traces parfaites, le plus souvent elles ne font que me donner des idées de nouvelles sorties. Je dois donc être capable de les bidouiller, voire d’en créer de nouvelles.

Mes traces autour de Balaruc
Mes traces autour de Balaruc

J’ai pris l’habitude de charger toutes ces traces sur Google Map, qui offre la possibilité de créer ses propres cartes (depuis le menu Adresses, onglet Cartes). Quand on ouvre un nouveau calque, on peut y importer des fichiers GPX ou KML (format comparable créé par Google). Dans les calques, avec l’outil Tracer de ligne, je commence alors par créer mes propres parcours, en passant parfois par mes traces, souvent par celles des autres, ainsi je réussis à découvrir de nouveaux chemins, oser des itinéraires plus longs, qui sans l’aide d’un GPS pourraient nous entraîner dans de grosses galères (ce dont ne nous protègent pas totalement les GPS, surtout quand j’improvise des traces avec la seule aide des images satellites).

Astuce : Google Map ne permet pas d’éditer les traces qui comportent plus de 1000 points, ce qui est presque toujours le cas quand on enregistre un tracé avec un GPS. Avant l’import dans Google Map, j’utilise GPSvisualizer pour simplifier mes traces, les limitant en général à 500 points, ce qui est suffisant pour rester fidèle.

Trace de Trail
Trace de Trail

Une fois un parcours créé, il faut le tester. Depuis Google Map, je l’exporte au format KML que je réimporte tout de suite dans TraceDeTrail ou dans ViewRanger qui a l’usage me paraît plus fiable. Ces service, outre la possibilité de partager les traces en public, calculent leur profil et permettent de télécharger les traces en GPX. En théorie, comme sur presque tous les autres services comparables, on peut aussi tracer ses parcours, mais aucun de ces outils en ligne n’est aussi réactif et puissant que Google Map, selon moi.

Pour ma première sortie GPS, j’ai voulu utiliser mon téléphone comme système de suivi de trace. Nouvelle galère : trouver une application capable d’effectuer le guidage. Après de nombreux tests, j’ai arrêté mon choix à TwoNav, un app iOs et Android.

Même si cette application est très bien, j’ai vite été fatigué de sans cesse sortir mon téléphone de ma poche et j’ai fini par m’acheter un GPS Garmin que j’ai attaché à la potence de mon vélo. J’ai choisi l’Edge 820, à mon avis l’idéal pour la pratique du VTT.

Remarque : les GPS type Garmin, ont généralement des puces GPS plus performantes que les téléphones, mais une vitesse de calcul bien plus faible. Leurs principaux atouts sont leur faible poids et leur autonomie, raison de plus pour ne pas acheter des modèles hauts de gamme, surtout quand on a un smartphone en backup dans le sac.

Une fois équipé d’un GPS, de nouvelles difficultés sont vite apparues (et je comprends pourquoi la plupart de mes amis non-geeks se contentent de suivre mes traces).

Il faut transférer les fichiers GPX au GPS. Pour Garmin, j’ai trouvé quatre méthodes équivalentes.

J’ai commencé par installer sur le GPS l’application routeCourse. Depuis le site Web associé, on peut uploader ses traces et les visualiser. Sur le GPS, depuis le menu IQ, on peut accéder à routeCourse et télécharger les traces (si le GPS est lié au téléphone). Il reste plus qu’à partir en balade.

On peut également convertir les fichiers GPX en fichiers FIT, le format équivalent utilisé par Garmin. Il faut alors copier ces fichiers FIT dans le dossier Courses du GPS (quand celui-ci est connecté à un ordinateur).

Les deux autres solutions imposent d’installer des logiciels, soit baseCamp de Garmin, gratuit, soit Land, le logiciel associé à TwoNav, dont il existe une version gratuite. Une fois une trace chargée sur ces logiciels, on peut les envoyer au GPS (Garmin uniquement pour baseCamp).

Land avec carte IGN
Land avec carte IGN
baseCamp avec carte IGN
baseCamp avec carte IGN
baseCamp carte OSM
baseCamp carte OSM

Par défaut, les deux logiciels ne disposent d’aucune carte. Pour baseCamp, j’ai télécharger l’intégralité de la carte OSM (Open Street Map) France, formatée pour Garmin. On peut aussi télécharger cette carte secteur par secteur. J’ai placé cette carte sur le GPS, car elle est plus précise que la carte OSM Europe installée par défaut.

Tant que j’y étais avec les cartes, j’ai découvert que l’on pouvait acheter des dalles IGN, que j’ai aussi placées sur mon GPS. Quand je le branche à mon ordinateur, baseCamp le reconnaît et me donne désormais le choix entre la carte OSM ou IGN, passer de l’une à l’autre est souvent utile, l’IGN étant généralement plus complète, mais pas toujours.

Land est un logiciel bien plus puissant que baseCamp, plus souvent mis à jour, une sorte de couteau suisse cartographique, connecté aux principaux sites de partage de traces. Il suffit de sélectionner une région et des centaines de traces peuvent être découvertes. Je l’utilise notamment pour envoyer mes cartes IGN vers l’application TwoNav de mon téléphone. Même déconnecté, je peux ainsi disposer de cartes au 1/25 000 des secteurs où je me promène.

C’est plus qu’utile quand au détour d’un chemin nous découvrons que les broussailles envahissent un sentier et qu’il faut trouver une nouvelle trajectoire. Le téléphone est alors indispensable. Soit j’utilise TwoNav où j’ai installé des cartes IGN, soit une autre application, beaucoup plus agréable est performante, MapOut, où je peux directement télécharger les cartes OSM dont j’ai besoin ainsi que mes traces.

Je résume :

  1. Sur Google Map, je superpose les traces que je trouve, puis je crée de nouvelles traces. Disposer de la vision satellite est très important à ce stade, parce que j’arrive à dénicher des chemins invisibles sur les cartes les plus précises.
  2. Je charge ma trace dans baseCamp. Je peux la couper et la relier à d’autres pour monter de nouvelles ballades à partir de celles existantes. Fonction très utile : je peux inverser le sens d’une trace, sans avoir besoin d’un site tiers.
  3. J’envoie la trace sur mon GPS et sur MapOut et TwoNav, ces deux app me servant de système de secours.
  4. Une fois de retour, je charge sur Google Map le tracé enregistré lors de la balade, j’ajuste et corrige mon tracé initial, puis je partage le tracé sur TraceDeTrail et aussi sur mon Google Map qui est en accès public.

J’ai des amis, installés à la campagne, qui construisent une commune libre décentralisée, dans une région relativement vaste. Ils ont l’idée d’ainsi relier toutes les maisons des membres de la commune par des chemins, en évitant le plus possible les routes asphaltées comme nous le faisons en VTT. La technologie peut nous aider à nous réapproprier le territoire, à sortir des sentiers battus, à mieux connaître notre pays. Je ne cesse de m’émerveiller des paysages que nous découvrons quand nous roulons, alors que parfois nous sommes à moins de trente kilomètres de chez nous.