Thierry Crouzet

Entre mars 2019 et mai 2019, entre ma seconde HuRaCan 300 qui s’est déroulée sur quatre jours, et ma future Mountain 420 prévue pour six ou sept jours, peut-être huit, j’ai peu à peu fait évoluer mon matériel. Je partirai plus léger tout en étant prêt à affronter un climat plus difficile.

J’ai déjà évoqué comment j’ai réduit de 23 % le poids de mon équipement électrique, je me suis livré au même travail sur de nombreux postes. Le poids de base de mon équipement de bikepacking est passé de 7 kg à 5,8 kg, soit une baisse de 17 %.

MON NOUVEAU ROMAN

NE MANQUEZ AUCUN ARTICLE

Ma config pour sept jours
Ma config pour sept jours

Cote sacs

Pour mes deux HuRaCan, j’étais équipé d’un sac de guidon, de cadre et de selle. En mars, j’ai bien tenté d’éliminer ce dernier (350 g), mais j’avais abouti à un sac de guidon trop lourdement chargé (un Apidura Expédition de 14L, 295 g). Avec l’éclairage et le GPS, ma direction se retrouvait encombrée de près de 3,5 kg, ce qui rendait le pilotage désagréable.

Après cette mauvaise expérience, je me suis mis à regarder étrangement les bikepackers qui accrochent des trucs énormes à leur fourche. Pourquoi surcharger la direction alors que nous pouvons nous débrouiller autrement ? Chacun son truc, mais pour moi il est clair qu’un avant surchargé implique un vélo moins maniable (ce qui me parait en contraction avec le bikepacking considéré comme cyclotourisme agile).

Ces mêmes bikepackers n’utilisent souvent pas de sac de cadre, alors que le bikepacking est né avec le sac de cadre. Leur choix n’est pas logique (c’est l’ingénieur en moi qui parle) : le sac de cadre centre la charge au centre de gravité du vélo, n’en perturbe donc pas la stabilité et n’entraîne pas plus de prise au vent qu’un sac de selle ou des sacoches accrochées à la fourche.

Autre avantage du sac de cadre : on peut y loger une poche à eau de 3L, voire davantage (196 g CamelBak, 154 g Hydrapack, 110 g Platypus, mais cette dernière est moins pratique que les deux autres : petit bouchon, pas de prise automatique pour l’embout). En comparaison, une seule bouteille plastique Zéfal 1L et son support, c’est en gros 150 g. Le calcul est vite fait, surtout quand on tente de caser les bouteilles dans le cadre, où elles entraînent une grande perte de place. Je suis donc fan du sac de cadre. Si je fais un jour du bikepacking avec un VTT tout suspendu, je me ferai coudre un sac sur mesure.

OK, je sais que certains n’aiment pas boire dans le plastique, moi aussi je n’aime pas, mais j’aime encore moins surcharger mon vélo, surtout qu’en je m’apprête à escalader 15 000 m avec mon VTT.

The Mountain 420
The Mountain 420

Pour alléger mon sac de guidon, j’ai notamment changé de tente et déplacé les piquets et sardines dans le sac de cadre. Pour libérer de la place dans le sac de cadre, j’ai déplacé les composants électriques et d’autres babioles dans un nouveau top tube pack d’Apidura de 1 litre (94 g). Les outils eux finissent dans un Wolf Tooth B-Rad Roll Top Bag, également de 1 litre, que je peux attacher sous la selle ou sous le cadre (sac de seulement 86 g alors que ma trousse à outils CamelBak pesait à elle seule 55 g).

Mes trois sacs et ma trousse à outils pesaient 1086 g. Mes quatre sacs ne pèsent plus que 861 g, soit un gain 20,7 %. Je ne reviendrai au sac de selle que si je dois effectuer des randonnées en hiver, nécessitant davantage de vêtements, ou si je randonne loin de tout point de ravitaillement, ou encore si je renonce au sac de guidon (j’ai pas testé cette configuration).

Mes outils
Mes outils

Cote outils

Outre le nouveau sac Wolf Tooth, je n’ai effectué qu’un seul changement par rapport à ma précédente configuration : j’ai troqué une chambre à air classique de 209 g pour une Turbolito de 101 g, qui a l’avantage d’être très compacte. Gain : 11,2 %. La place gagnée m’a permis de glisser dans le sac mon kit de secours (78 g).

Cote fringues

Autant les HuRaCan se jouaient dans la plate Floride au climat printanier, autant The Mountain 420 se déroulera dans les Appalaches, en moyenne montagne, avec des risques d’orage et des nuits froides. Bien qu’en mai et sous une latitude clémente, les températures risquent de descendre sous les dix degrés (à quelques jours du départ les prévisions sont plutôt favorables, mais les locaux précisent qu’il faut s’attendre à tout).

Quelques changements se sont imposés. J’ai hésité à emporter un merinos manches longues (159 g) avant de me limiter à mon t-shirt thermique manches courtes Décathlon (97 g). Mon fidèle coupe-vent Mavic H2O est très bien (91 g), mais il n’a pas de capuche, c’est un mono couche, il ne protège pas du froid et pas longtemps d’une pluie torrentielle. J’ai donc investi dans la Rolls-Royce de l’imper de randonnée, le Zpacks Vertice, respirant, capuche ajustable, ventilation sous les bras, triples couches, compact, le tout pour 160 g. Il complétera une doudoune Montbell EX Light Anorak, disposant elle aussi d’une capuche (188 g). Plutôt qu’un seul blouson, je préfère cette solution multicouche, qui en théorie me permet d’affronter des températures proches de zéro, ce dont était incapable ma Doudoudoune manches courtes Décathlon sans capuche d’un poids presque équivalent (300 g). Je n’emporterai pas de bonnet vu que je disposerai de deux capuches.

Je porterai un maillot Ornot Merino Field Jersey (167 g), mon cuissard Assos (196 g), mes chaussettes Giro Hightower (65 g) aussi en mérinos. Le mérinos évacue la transpiration été comme hiver, il ne prend pas les odeurs, il se lave facilement au besoin. Comme rechange, je n’emporte qu’une paire de Giro Hightower.

Comme il risque de faire très chaud les après-midi, j’emporte un short de jogging, en cas de farniente ou de baignade (82 g), on peut toujours rêver. Pour la nuit, j’ai mon collant de compression (177 g), qu’éventuellement je peux porter à vélo s’il fait froid en montagne. Pour me détendre les orteils, traverser les rivières ou prendre des douches, j’ai troqué mes nues pieds d’eau (294 g) pour des Vincere Sand Socks (91 g), à tester.

Mes fringues atterrissent dans un sac (12 g). Cette nouvelle configuration pèse 1001 g contre 1168 g pour la précédente tout en étant plus polyvalente. Gain : 14,3 %.

Sac de guidon
Sac de guidon

Guidon

Sur mon guidon outre mon Garmin 820 (105 g avec son support), j’accroche mon sac de guidon Apidura Expedition 14 litres (295 g) dans lequel je range mes fringues, ma tente Plexamid V Beta Zpacks (386 g, moins lourde qu’un bivy doublé d’un tarp), mon matelas Therm-a-Rest NeoAir XLite (340 g) et mon quilt Western Mountaineering NanoLite 3°C (377 g), autant d’éléments compressibles. Poids total du sac et de son contenu 2,1 Kg, soit 200 g de plus que lors de mon précédent voyage, mais cette fois je n’aurai pas de lampe accrochée au guidon, donc finalement la charge avant sera légèrement inférieure.

Mon imperméable ira tantôt dans la poche arrière de mon maillot, tantôt dans le sac de cadre ou dans le sac de guidon, si son usage s’avère inutile. J’utilise la sangle du sac de guidon pour accrocher les sacs de provisions quand je me ravitaille.

Top tube bag
Top tube bag

Top tube bag

Dans mon Apidura Expedition top tube de 1 litre (94 g), outre le matériel électrique (mon téléphone, mon cash et ma CB vont dans la poche arrière de mon maillot, glissés dans une pochette étanche), je range un petit pot de Chamois Crème Assos (avec laquelle je me pommade aussi souvent que possible), un second petit pot avec la crème réparatrice Assos (que j’utilise lors des poses longues), un petite bouteille de solution hydroalcoolique et de l’ambre solaire. Un câble USB relie ma batterie de secours à mon GPS. Poids : 740 g. Ce sera la première fois que j’utiliserai un tel sac, mais j’en ai senti la nécessité dès ma première HuRaCan. Il m’est tout de suite apparu important de séparer mon électronique du sac de cadre où je range ma poche à eau.

Sac de cadre
Sac de cadre

Sac de cadre

Dans la petite poche de gauche, je glisse deux paquets de mouchoirs (44 g), trois gels énergétiques de 200 calories (33 g l’unité), que je réserve en cas de coups de mou (je ne les ai pas utilisés lors de la seconde HuRaCan), trois barres de ProBar de 370 calories (88 g l’unité) et une barre protéiné RXBAR de 200 calories (52 g). Je range trois autres barres dans la poche arrière de mon maillot, tentant de partir le matin avec plus de 2 000 calories. Sur The Moutain, je croiserai au minimum un point de ravitaillement par jour, où je referai le plein (tentant d’avoir toujours à disposition environ 2 000 calories).

Dans la grande poche de droite, tout au fond, je place un paquet de lingettes biodégradables, que j’utilise le soir au camp pour me débarbouiller, par dessus s’appuie la poche à eau CamelBak. J’ai troqué un étui à lunettes classique pour une boîte en plastique rigide et légère (une boîte de condiments), dans laquelle outre mes lunettes de vues, mes filtres, quelques mouchoirs, je glisse un peu de cash. Dans un petit sac, j’emporte des Gu Energy Chews (56 g, 12 bombons de 50 calories). J’essaie de manger un bombon de temps à autre, je pars avec de quoi tenir une semaine.

Il me reste de la place pour mon sac de toilettes, dans lequel je glisse une petite bouteille de Hi-Lyte, un électrolyte que je dilue dans mon CamelBack. Il a l’avantage de ne pas avoir de goût et d’être hyperconcentré, avec un flacon de 75 g je peux booster plus de 20 litres d’eau. J’emporte aussi une bouteille Platypus de 0,5 litres (22 g) que j’utilise au camp ou avec mon système de filtration Sawyer. Mes deux antivols Hiplok Z Lok sont des plus discrets. Quant à elles, mes chaussettes d’eau se promèneront dans les environs du sac de cadre (dedans ou arrimées à la sangle au-dessus, que j’utilise parfois pour coincer ma bouteille Platyrus quand elle est pleine). Quand je ne transporterai pas plus de 2 litres d’eau, il me restera encore un peu de place pour mon imperméable ou de la nourriture supplémentaire.

Le velo

Je roulerai avec mon Salsa Timberjack. Par rapport à sa configuration d’origine, il a pas mal évolué, approchant d’un poids acceptable de 12,7 kg pour un cadre alu 29+ doté d’une fourche de 130 mm (il ferait 11 kg, ce serait mieux). J’ai changé le guidon, adoptant un Salsa Rustler en carbone, avec des grips 711 de SQ-Lab et des cornes également SQ-Lab, j’ai un tube de selle Canyon S25 VCLS 2.0 CF (moins amortissant à l’usage que le CG-R de Specialized auquel j’ai dû renoncer depuis mon bikefitting, il avait trop d’offset). Je roule avec une selle Specialized Power, des pédales Shimano XTR, une cassette et un dérailleur Sram GX, des roues carbone Ibis 942 Logo, qui ont révolutionné la tenue de route dans les descentes techniques, tout en me donnant plus de vélocité en montée. Ces jantes de 35 mm intérieur offrent un confort impressionnant. À 20 PSI, j’ai l’impression d’être trop gonflé avec mes Maxxis Rekon de 2,6 pouces.

Mon poids de base vélo compris a baissé de presque 9,4 % pour atteindre 18,5 kg. Reste à tester cette configuration dans les longues montées des Appalaches. Je n’ai aucune idée de comment mon corps réagira à un périple de près de 700 km avec 15 000 mètres de dénivelé.

Histoire à suivre après l’épreuve du feu.