Thierry Crouzet

Quand on ne dispose que d’une trace numérique, surtout quand nous venons de la dessiner, il est important de connaître sa distance et son dénivelé positif cumulé (D+). Comme de nombreux outils proposent d’analyser des fichiers GPX, j’ai décidé de les tester avec la trace de la GTH 2020.

Si à quelques exceptions près ces services s’entendent sur la distance à parcourir, environ 500 km, il n’en va pas de même pour le D+, tout simplement parce que ces services utilisent différents jeux de données pour leurs calculs, aboutissant à des résultats pouvant aller du simple au triple. Pas facile de savoir à quoi on s’engage quand on est un peu aventurier, surtout si c’est pour plusieurs jours en bikepacking. Voici un petit comparatif non exhaustif.

Note Tracé à la main, mon GPX comporte moins de 10 000 points. Ma trace est donc moins précise que si un GPS l’avait relevée. Pour un long périple, nous n’avons pas besoin d’une trace millimétrique, il nous suffit qu’elle nous indique où tourner. Elle peut par exemple éviter de traquer le moindre méandre d’un single. Pour le test, j’ai importé la trace dans OpenRunner qui l’a horodatée et lui a ajouté les informations altimétriques, avant de la réexporter.

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gpxviz, 499 km, 10 129 D+

gpxviz
gpxviz

gpxviz se contente d’analyser les données altimétriques du fichier GPX. Si on modifie ces données, on fait varier le D+ résultant, ce qui suffit à démontrer qu’une estimation du D+ sera toujours approximative (reste à trouver la meilleure approximation).

Utagawavtt, 503 km, 9 500D+

Utagawavtt
Utagawavtt

Utagawavtt n’est pas réellement un service utilisable à la volée, mais il calcule le D+ des traces partagées.

TrackReport, 503 km, 8 965 D+

TrackReport
TrackReport

TrackReport interprète les données du GPX et propose des courbes colorées en fonction des pourcentages. On y découvre qu’au kilomètre 230 il y a une côte à plus de 18 %, ça va faire mal.

OpenRunner, 503 km, 8 363 D+

OpenRunner
OpenRunner

Avec OpenRunner, l’estimation devient réaliste (basée sur les données IGN). On peut analyser la trace dans le détail et découvrir les sommets à franchir.

MapMyRide, 505 km, 8 357 D+

MapMyRide
MapMyRide

MapMyRide propose un estimation sans fioriture.

Strava, 520 km, 8 168 D+

Strava
Strava

Par expérience, lors de mes sorties, Strava surestime de 10 % environ mon D+ par rapport à mon GPS Garmin, ce qui nous ramène presque exactement à l’estimation de Komoot, celle que j’ai annoncée pour la GTH, prenant un peu de marge en disant 7 500 m. Bien sûr, mon Garmin peut se tromper, son baromètre peut être déréglé, peut-être nous risquons d’escalader 8 000 m ou 8 300 m, mais je doute que ce soit beaucoup plus.

Astuce Pour importer une trace GPX dans Strava, il faut d’abord l’horodater, par exemple avec OpenRunner ou GPS visualizer.

Attention Strava se permet de modifier la trace quand il croit qu’elle est erronée. Voilà pourquoi il ajoute une vingtaine de kilomètres à la GTH. Par exemple, dès le départ, il introduit un détour, alors qu’il existe un passage à vélo que je prends presque à chacune de mes sorties. Avantage toutefois, Strava ajoute de nombreux points, la trace colle aux chemins, donc est plus précise, ce qui à se traduit par une meilleure estimation du D+. Si je réinjecte la trace GPX téléchargée depuis Strava dans gpxviz, j’obtiens un D+ de 8 552 m, presque 2 000 m inférieur à celui calculé à partir de la trace version OpenRunner. Réinjectée dans Trackreport, on obtient 8 328 m, soit 600 m de moins qu’avec la trace initiale (mais beaucoup plus de sections noires). Ce petit jeu démontre que la précision de la trace influence la précision du D+, ce qui est logique.

Trace Strava via Trackreport
Trace Strava via Trackreport

Komoot, 509 km, 7 440 D+

Komoot
Komoot

Komoot, en plus d’être précis, permet d’analyser la trace tronçon par tronçon tout en obtenant leur D+. Idéal pour calculer la longueur des étapes et leur difficulté. Avec l’option d’importation coller à la trace initiale, Komoot ne modifie pas le GPX, donc n’y ajoute pas de point. L’estimation du D+ est alors peut-être moins bonne que celle de Strava (reste qu’avec le GPX Strava, Komoot trouve toujours le même D+).

Google Earth, 433 km, 6886 D+

Google  Earth
Google Earth

C’est un peu comme si Google Earth perdait un morceau de la trace, sous-estimant la distance et donc le D+.

Garmin, 503 km, 6 646 D+

Garmin Connect
Garmin Connect

La solution Garmin sous-estime le D+.

Bikemap, 416 km, 5 590 D+

Bikemap
Bikemap

Bikemap réussit même à se planter sur le kilométrage.

Maplorer, 503 km, 4 814 D+.

Maplorer
Maplorer

Maplorer sous-estime gravement le D+, calculé à partir des données Google, mais, intéressant, colore sur la carte les sections en fonction de leur altitude.

RideWithGPS, 503 km, 4 436 D+

RideWithGPS
RideWithGPS

Autant je trouvais RideWithGPS excellent aux US, autant il est catastrophique par chez nous (le profil affiché est plus qu’approximatif). Reste que son interface est sans doute la plus aboutie. Comme avec Komoot, on peut calculer dynamiquement le D+ des zones sélectionnées.

MountPass, 503 km, 3 448 D+

MountPass
MountPass

MountPass est à côté de la plaque.

Tracedetrail

Tracedetrail ne sait pas calculer le profil de longues traces comme celle de la GTH.

Bonus

Voici un mini comparatif sur une sortie familière, assez facile à étalonner. Départ au bord de l’eau, retour au même endroit, et des escalades régulières pour 800 de D+ (Komoot très proche de mon GPS).

Comparatif
Comparatif

Conclusion : nous ne pouvons pas connaître le D+ exact, mais obtenir une fourchette d’estimations réalistes à l’aide de sites comme OpenRunner, Strava et Komoot. Les D+ ne peut qu’être indicatif.

Profil du mini comparatif
Profil du mini comparatif