Thierry Crouzet

Je suis furieux contre Komoot, aussi contre Garmin. Parfois j’ai l’impression que Big Brother entre dans mon vélo pour m’empêcher de pédaler comme je le veux et où je le veux. Récit d’une mésaventure qui me pousse à renoncer à Komoot pour le partage de traces.

Je remets les choses dans l’ordre. Je trace avec Garmin BaseCamp, logiciel gratuit, auquel on peut associer diverses cartographies. Disons que BaseCamp est mon éditeur, dans lequel je copie-colle-modifie. Parfois je crée un bout de trace sur Google Earth, d’autres fois sur iPhiGéNie, Komoot ou autre. Au final, ma trace est assemblée sur BaseCamp, parfois comme pour le 727 à partir de centaines de morceaux d’origines différentes, depuis lequel je l’envoie à mon GPS Garmin, en ce moment un Edge 530.

Plusieurs fois, j’ai constaté que le GPS interprétait mal la trace créée par BaseCamp, remplaçant des secteurs de plusieurs kilomètres par des lignes droites. Il y a donc un bug dans Base Camp ou les GPS Garmin, mais dont je ne prends conscience qu’une fois sur le terrain. Pour éviter cette déconvenue, j’uploade mes traces sur Komoot à fin de les télécharger en cas de pépin grâce à un plugin installé sur le 530.

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Avant de m’élancer dans mon dernier 727, j’ai aussi uploadé la trace sur UtagawavVTT et OpenRunner pour la rendre accessible à mes compagnons de route. Certains m’ont dit que la trace Komoot ne fonctionnait pas, contrairement à l’OpenRunner. Étrange cette histoire, parce qu’il s’agit de la même trace, du même fichier XML.

J’ai un peu tiqué, et par acquit de conscience, j’ai aussi uploadé ma trace sur Garmin Connect pour la renvoyer à mon GPS depuis mon téléphone, au cas où. Sauf que Garmin m’a annoncé que ma trace était défectueuse, la trace elle-même générée par un logiciel Garmin ! La trace téléchargée depuis Komoot ne fonctionnait pas davantage, contrairement à la trace téléchargée depuis OpenRunner, et aussi pour les partager avec tous ceux qui veulent suivre mes traces.

Je rappelle qu’il s’agissait toujours de la même trace. Ce comportement n’était pas fait pour me rassurer. Une fois sur le terrain, mon Garmin a tiré des bouts de droits. Qu’à cela ne tienne, j’ai téléchargé la trace Komoot, qui semblait mieux fonctionner, sauf que, par moment, elle ne suivait pas ma trace, m’en faisant dévier, un moment m’envoyant dans un cul-de-sac, tout comme Logane qui suivait la trace Komoot depuis son Wahoo. Nos compagnons n’avaient aucun problème avec la trace OpenRunner.

J’ai dû renvoyer la trace OpenRunner depuis mon téléphone pour que tout rentre dans l’ordre. Deux conclusions. 1/ BaseCamp est bugué. 2/ Komoot prend des libertés avec la trace, la modifiant selon sa cartographie, souvent fautive. Ces deux problèmes sont indépedants.

Une option qui ne fonctionne pas sur Komoot
Une option qui ne fonctionne pas sur Komoot

Quand j’importe dans Komoot, je prends pourtant soin de toujours cocher l’option « Suivre l’itinéraire initial », mais Komoot prend des libertés inacceptables, croyant bien faire en nous simplifiant la vie. Dans les images ci-dessous, en rouge ma trace, en vert celle modifiée par Komoot. Si dans certains cas, les altérations n’ont pas de conséquences, c’est tout simplement problématique comme dans la seconde image.

Komoot interprète la trace
Komoot interprète la trace
L'interprétation peut aller loin
L'interprétation peut aller loin

Le pire, Komoot change souvent son algorithme parce qu’à une semaine d’intervalle il ne prend pas les mêmes libertés. Première image, montre comment Komoot a interprété ma trace la semaine dernière. Cherchant à tout prix à rester fidèle à sa cartographie fautive plutôt que me faire confiance.

Importation la semaine dernière
Importation la semaine dernière

Quand à l’instant, je réimporte ma trace, il l’interprète différemment et de façon moins fautive, mais en prenant toujours quelques libertés.

Importation aujourd'hui
Importation aujourd'hui

Ma conclusion est simple : je ne peux plus faire confiance à Komoot pour le partage de traces, d’autant que ce problème n’est pas nouveau, et qu’il ressurgit aléatoirement. Heureusement, il existe bien d’autres services de partage, plus fiables comme OpenRunner ou UtagawavVTT.

Pour couronner mes déboires électroniques, alors que nous dormions dans un gîte, que j’avais rechargé mon GPS à 100 %, puis l’avait éteint pour la nuit, il a refusé de redémarrer au matin. En plus de proposer des logiciels bugués, Garmin commercialise des appareils peu fiables. Si j’avais été seul sur le 727, j’aurais dû utiliser mon téléphone pour me guider. Trois jours après avoir adressé un mail au service client de Garmin je n’ai reçu aucune réponse, pas plus que d’Alltricks chez qui j’ai acheté mon 530 en octobre.

Si je me passerais de mon 530 avec difficulté, pas envie d’acheter un nouveau GPS là tout de suite, je ne suis en rien lié avec Komoot et ne compte plus l’utiliser à l’avenir, à moins que ses promoteurs nous certifient avoir réglé ce problème, définitivement. Restera toujours un petit doute, pour moi sans doute rédhibitoire.

PS1 : À l’avenir, je testerai les traces générées par BaseCamp en les uploadant sur Garmin Connect qui semble posséder un moteur de contrôle assez exigeant. Ou comment se compliquer la vie.

PS2 : Ce billet ne parle pas d’autre chose que du partage de traces. Oui, Komoot permet ne tracer aussi, j’ai déjà discuté de cette fonction dans un autre billet.