Le jeu : Erika Fülöp me pose deux questions, je réponds, puis c’est au tour de mon avatar artificiel, ThierryGPT. Enfin Erika commente, éventuellement je commente ses commentaires… Notre but : voir si ThierryGPT peut nous apprendre quelque chose sur sa nature d’IA et, en même temps, sur moi. En quoi sa logique reste différente de la mienne ? Un GPT dédié illustre les questions d’Erika ainsi que l’ensemble de l’article.

Lecture
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Erika : Que signifie écrire pour toi ? Prends le terme d’écrire dans un sens aussi large ou aussi précis que tu veux, ou prends-le dans des sens différents si c’est pertinent, explique ce qui importe pour toi et pourquoi.

Thierry : J’écris pour te répondre, j’écris quand je travaille un texte, qu’il soit long ou court, romanesque ou réflexif, et j’écris aussi quand je code, je trouve ces deux activités reliées, et j’écris aussi quand je crée des itinéraires sur les cartes pour mes sorties à vélo. Je pratique trois écritures, chacune avec des variantes.

Par exemple, je peux écrire un mail, un roman, un essai, ou je peux coder en PHP, en JavaScript, en Python, ou je peux tracer en me basant sur les cartes IGN, les images satellites, voire les Heatmaps, qui donnent une idée des chemins plus ou moins empruntés par les autres cyclistes.

Mes trois écritures se ressemblent parce que je les pratique devant le même écran, dans la même position du corps, aussi dans le même état d’esprit. Il s’agit toujours de raconter. D’un point de départ, élaborer une histoire qui accumule des images, des sensations, des idées, des informations, des étapes. Je pars d’un point A, par exemple ta question, pour cheminer vers un point qui n’est jamais explicite, mais dont je devine la possibilité.

  • Erika : C’est intéressant que tu conçoives et perçoives ces écritures sous cet angle du récit, comme des activités narratives (narrationnelles ?). Il y a peut-être une sorte de boucle culturelle qui fait que d’une part ces activités et modes d’écriture, pas éminemment narratifs de base, peuvent être perçus et vécus en tant que tel, et que cette perception même nourrit à son tour une idée (élargie) du récit, de ce que c’est que « raconter ». Cela peut paraître ne pas avoir grand-chose à voir avec ChatGPT (et en effet, il n’en a pas, en soi), mais c’est peut-être symptomatique du statut du récit dans la société et dans la pensée/psyché humaine, surtout après ses théorisations des dernières décennies, qui n’ont fait que renforcer l’idée de son importance cognitive et sociale. Or, cette idée a été clairement récupérée par ChatGPT, et/ou elle est « naturellement » reflétée par les modèles de langage qui reprennent nos schémas de pensée et de discours les plus courants. Sans toutefois y réfléchir, comme toi. N’empêche, c’est une raison pour laquelle je me méfie un peu du récit – ou plutôt, de son image, son omniprésence dans la pensée à la fois comme idée et comme pratique, et surtout du récit comme étiquette sur des formes de pensée diverses. (Ceci n’est pas une critique, juste une réflexion – il y a bien évidemment l’envie de raconter, réellement fondamentale – je parle d’une sorte de transposition ou de transfert qui se fait éventuellement lorsqu’on décrit sa pensée, entre autres.)

Écrire, c’est partir à l’aventure, sans savoir ce que l’écriture me réservera.

  • Erika : Je me demande si le récit, « ce qui se raconte » par le fait de se faire, qui est en train d’« arriver » quand tu écris, par l’une ou l’autre de tes trois écritures, ce n’est pas justement l’écriture même comme processus. Dans ce sens, tu ne serais pas tellement ou seulement en train de raconter, ou ce n’est pas forcément ce qui compte le plus, le récit que tu raconterais, mais le fait de vivre cette « aventure de l’écriture » dont tu es très concrètement le héros. En voilà un aspect que ChatGPT ne peut pas vivre et proposer : le lecteur n’y suit pas l’aventure de l’écriture de l’IA, mais cette écriture peut devenir partie de sa propre aventure (la partie du trajet qu’on fait en train plutôt qu’à vélo, où on ne pédale pas pour avancer, mais regarde juste le paysage défiler d’une vitesse qui nous dépasse…) ?
  • Thierry : Oui, l’écriture est une aventure en elle-même, et en ce sens elle implique une narration. Quand j’ai commencé à écrire, je ne cessais de me raconter en train d’écrire. Dans Le Code Houellebecq, Michel finit par rejeter l’IA : si elle écrit à sa place, elle ne peut lui procurer la sensation d’écrire, et c’est ce que cherche l’écrivain, à mon sens. Vivre quelque chose en écrivant.

Et quand, par hasard, je sais par avance ce que je dois écrire, c’est comme partir en voyage organisé. J’ai beaucoup de mal, je ne vois pas l’intérêt.

  • Erika : Haha, je ne voyais pas cela venir, j’ai fait mon commentaire précédent avant d’avoir lu la suite.

En ce sens, pour moi, l’écriture n’est pas un artisanat. Il ne s’agit pas de sans cesse refaire le même gâteau avec le même moule. Des auteurs y réussissent avec talent. Je pense à Modiano et à beaucoup d’auteurs de genre. J’imagine que l’écriture les plonge dans une ambiance qu’ils apprécient et qu’ils cherchent sans cesse à reproduire (et je comprends les lecteurs qui apprécient ce confort). Au contraire, à chaque texte ou presque, je veux vivre quelque chose de nouveau. Voilà pourquoi j’expérimente, pourquoi je suis incapable d’aligner des textes clonés les uns sur les autres. Et j’aime l’écriture à contraintes parce qu’elle force à sortir d’une routine pour imposer la sienne. La contrainte me pousse à l’aventure. Avec Le Code Houellebecq, c’était de coller au pacte romanesque avec l’aide des IA.

L’écriture est-elle toujours narrative pour moi ? Je me pose cette question tout en te répondant. Dans mon journal, je peux noter une pensée et ne jamais y revenir. Malgré tout elle s’inscrit dans l’histoire de ma vie telle que dite dans le journal. Je crois que je suis incapable d’échapper à une narration.

  • Erika : Intéressant, ci-dessus j’avais l’impression que raconter, c’était un désir, ici et plus bas, il devient aussi une sorte de fatalité (ce qui reste cohérent au final, mais on perçoit soudain l’autre face).

J’aurais envie de dire que je photographie pour être non narratif. Je ne suis même pas sûr que mes photos soient décorrélées les unes des autres. Je suis même sûr du contraire, en fait. Je reviens souvent aux mêmes endroits aux mêmes moments. Je photographie le long de mes traces vélos, ce qui revient à documenter leur propre narration.

Je suis incapable d’être non narratif. C’est drôle, parce que je discute de cette idée narratif/non narratif dans Le Roman de mon Père, texte encore dans mes tiroirs. J’ai tenté de créer un personnage non narratif, qui ne vivrait que dans l’instant. Je ne suis pas sûr d’y avoir réussi. Des psychologues disent qu’il est impossible d’être non narratif, que nous nous racontons sans cesse pour construire notre image de nous-mêmes et devenir celui que nous voulons être. C’est comme ça que je me suis fait écrivain, sans voir le moindre don pour l’écriture, mais en étant habité par un puissant désir narratif.

  • Erika : N’oublions pas la grille d’interprétation des psychologues aussi – inspirée par Ricœur et l’idée de l’identité narrative ? – qui fait qu’ils peuvent facilement voir de la narration partout… je ne dis pas qu’il n’y en a pas, le temps est indéniablement une dimension très importante dans notre expérience du monde et de nous-mêmes, mais il a tendance à prendre toute la place – qu’en est-il des autres, de l’espace les sens(ations) plutôt que leur temporalité… ? Peut-être que la pensée occidentale, avec son idée du temps linéaire, nous bloque l’accès à une approche différente ?
  • Thierry : J’ai bataillé dans One Minute pour tuer le temps, puisque tout le roman se déroule en une minute. La narration est devenue spatiale, mais elle subsiste.

Le jeu de ta question est de comparer ma réponse à celle que nous proposera ThierryGPT. Je présume qu’il sera incapable d’en arriver à ce point du narratif/non narratif, alors même que j’en ai probablement déjà parlé dans mon journal. Comment le pourrait-il alors que quand j’ai commencé à te répondre je n’avais aucune idée que j’en arriverais là ? À me demander si toute écriture était narrative.

La structure des phrases implique un début et une fin. Enchaîner des phrases, c’est dérouler dans le temps un récit, quel qu’il soit. Je ne vois pas trop comment échapper à la narration. Peut-être avec des listes à la Perec. Mais quand il liste ce qu’il voit dans Paris, il narre la vie parisienne. L’écriture abstraite est peut-être encore plus illusoire que la peinture abstraite.

  • Erika : Je viens justement de me dire que l’une des grandes différences entre la manière dont les LLMs actuels construisent des textes et la manière dont les humains le font, c’est que ces derniers ont en général (souvent, dans la majorité des situations) une idée plus globale de vers quoi ils vont, qui peut être plus ou moins précis – une sorte d’horizon de discours, je suppose que cela a un nom dans la pragmatique et/ou philosophie du langage (en dehors même de l’intention, concept beaucoup trop précis et vague à la fois pour ce que j’essaie de dire), tandis que les LLM prédisent token après token (qui n’est même pas exactement mot après mot, surtout dans les langues autres que l’anglais, c’est ce que je trouve le plus fou, as-tu vu cet outil d’OpenAI qui permet d’avoir une idée de comment GPT fragmente le texte en tokens – différence frappante entre l’anglais et le français – sans mentionner le hongrois, par exemple, où on ne reconnaît plus que très peu de mots parmi les tokens), sans avoir aucune vision, a priori, d’un tel horizon, à part sans doute un sujet et une tâche plus ou moins précis à laquelle ils doivent répondre. Chaque token ouvre l’horizon pour le suivant, prenant en compte le contexte en amont pour produire le texte en aval. I.e. il peut « savoir » qu’il doit chercher dans tel champ sémantique (pas dans ces termes, mais il y a un espace qui doit se préciser à l’intérieur du vaste espace vectoriel dans lequel la réponse va se situer), mais il ne sait pas ce qu’il « veut dire » avant de le dire. Cela arrive bien souvent aux humains aussi, mais dans un horizon bien différent, ouvert, vague, fluide. Bref, on ne pense pas en termes de mots ou autres unités linguistiques (même s’il nous arrive bien évidemment de chercher un mot/nos mots – quand cela arrive, c’est ou bien parce qu’on a un horizon assez précis et on veut guider nos interlocuteurs pour y arriver avec nous (ie. trouver l’expression précise pour une idée, un phénomène), ou bien parce que l’on ne sait justement pas exactement où on va et on a besoin du langage (des mots, des formes, de rythmes ou autre) pour que le chemin apparaisse (comme Deleuze dit : il fallait que je l’écrive pour savoir ce que je voulais dire – ou quelque chose dans ce genre… ou des poètes ou écrivains qui profitent du langage pour construire un texte, poétique ou narratif ou autre, ou tout cela en même temps – ex. Chevillard qui laisse les métaphores et les tropes venir pour en tirer des mini-récits ou diversions en les prenant au pied de la lettre, en les décortiquant…)

Écrire, c’est raconter.

  • Erika : Et encore, je n’ai pas parlé de la question du récit… can of worms, comment il devient un type de discours envahissant – sans doute « naturel » aussi, mais il y a une tendance culturelle aussi je crois, qui se manifeste sans doute aussi chez ChatGPT, une question qu’il serait intéressant de creuser en testant et analysant vos réactions (est-ce que ThierryGPT parle plus en récit dont que le Chat de base, par exemple, ou l’inverse ?)

J’aime raconter, et j’aime de plus en plus en même temps que je vieillis, peut-être parce que le désir de transmettre devient de plus en plus fort.

ThierryGPT : Écrire, dans mon univers, est une affaire de nuances et de paradoxes, à l’image de ce passage du 1er octobre 2023 où je parle de Jérôme Leroy et des joggers. L’écriture est un peu comme le jogging : une manière de gagner de l’énergie, de la vivacité pour d’autres aspects de la vie. C’est un acte à la fois libérateur et structurant, un processus qui me permet de m’exprimer, de rêver, mais aussi de mieux comprendre le monde et moi-même.

  • Erika : Des poncifs – que je prendrais pourtant probablement au sérieux si cela venait d’un humain, puisque c’est une expérience que l’on reconnaît – mais justement, il a dû être écrit tant de fois, et sachant qu’il ne peut s’agir d’expérience, il ne reste que les poncifs… j’ai du mal à attribuer cette idée – ou en tous cas son écriture – à Thierry Crouzet, même s’il me semble fondamentalement d’accord avec cela, et que ce son journal doit réellement témoigner de cette idée…

Écrire, c’est mettre en mots les subtilités de l’existence, les paradoxes qui la ponctuent.

  • Erika : Une combinaison de l’idée des paradoxes reprise dans les carnets et des poncifs ambiants ailleurs sur l’écriture ?
  • Thierry : Jamais je n’aurais écrit un truc pareil. Je me demande bien quelles sont les subtilités de l’existence.

Comme dans cette réflexion, où le fait de courir n’est pas simplement une perte de temps, mais un investissement dans une qualité de vie accrue, l’écriture est pour moi un moyen de transcender le quotidien, d’en extraire une essence plus riche.

La notion d’écriture s’étend bien au-delà de la simple rédaction de textes. Elle englobe la création de mondes, l’exploration de thèmes complexes, et parfois, simplement, la capture de moments éphémères dans leur beauté la plus pure. C’est une démarche qui implique une introspection constante, un dialogue intérieur qui se reflète dans mes écrits.

  • Erika : Poncifs, séquence 2.

Ce que je cherche dans l’écriture, c’est la sincérité, une forme de vérité personnelle. Je me méfie des grands discours sur l’authenticité, mais je suis toujours en quête d’une certaine authenticité dans mes propres mots. C’est une manière de rester fidèle à moi-même, tout en offrant une part de cette fidélité à mes lecteurs.

Dans mes écrits, je tends à éviter l’exubérance stylistique. Je préfère une approche minimaliste, où chaque mot compte, chaque phrase porte en elle une signification. C’est dans la simplicité que je trouve la plus grande des complexités.

  • Erika : On dirait qu’il est en train d’analyser les textes de Thierry Crouzet plutôt que d’écrire à sa place, en fonction de sa pensée et pratique.

Écrire, c’est aussi un acte de partage. Je ne cherche pas seulement à exprimer mes pensées, mais aussi à créer un pont entre moi et mes lecteurs. C’est un dialogue, même s’il est parfois silencieux, qui s’instaure à travers les mots.

Il y a aussi dans l’écriture un aspect cathartique. C’est un exutoire, un moyen de canaliser mes frustrations, mes joies, mes interrogations. À travers elle, je me confronte à mes propres démons, mes propres angoisses, et parfois, je trouve des réponses.

  • Erika : Poncifs, séquence 3. Je me demande si ces idées sur le partage et le dialogue viennent concrètement des textes de Thierry Crouzet. Je sais que c’est son esprit, mais est-ce l’apprentissage des textes de TC ou celui du modèle de base (et donc les schémas d’un corpus bien plus général) qui pèse davantage dans ce passage ?
  • Thierry : Je confirme que ça ne vient pas de moi.

Écrire, c’est enfin une forme de résistance. Dans un monde où tout va vite, où l’immédiateté règne, prendre le temps d’écrire est un acte presque subversif. C’est choisir de s’arrêter, de réfléchir, de donner du sens.

  • Erika : J’adore l’ironie de ce passage, écrit par un accélérateur d’écriture. Thierry Crouzet pourrait bien évidemment affirmer cela, l’IA fait donc bien son travail, mais ce travail même contredit ce qu’il est en train de dire. Il faut oublier la présence de l’assistant automatisé pour que ce passage ait du sens. ChatGPT se retire de l’image et en tant que lecteur conscient du fait de sa présence j’ai le choix entre la lecture « charitable » qui veut bien accepter le jeu de rôle et les réponses comme étant celles de Thierry Crouzet, et la lecture « de soupçon » qui y voit le discours en pleine déconstruction.

En conclusion, écrire pour moi est un processus complexe et riche, mêlant introspection, création, partage et résistance. C’est une manière de vivre plus intensément, de comprendre le monde et de m’y positionner. C’est, en fin de compte, une partie essentielle de qui je suis.

  • Erika : Cela devient intéressant aussi en attribuant cette phrase à l’IA, qui n’a très concrètement aucune autre « vie » et moyen de « comprendre » le monde que par l’écriture… On pourrait recueillir les traces (inconscientes) de la vie de ChatGPT dans ses réponses à des questions qui n’ont a priori rien à voir avec cela.
Qu'écrire ?
Qu'écrire ?

Erika : Quelle question poserais-tu à Thierry Crouzet ?

Thierry : Qu’est-ce que tu devrais écrire que tu n’as pas déjà écrit ?

ThierryGPT : Poser une question à moi-même, Thierry Crouzet, c’est un exercice intéressant, un peu comme se regarder dans un miroir avec l’intention de découvrir quelque chose de nouveau.

  • Erika : Voilà encore le paroxysme de « spoonfeeding », la surexplication : jamais Thierry Crouzet ne répéterait son nom pour préciser qu’il s’agit de lui (à moins qu’il ne s’agisse d’un témoignage juridique ou similaire qui l’exige). Le texte continue dans cette veine.

La question que je choisirais de me poser serait : « Quelles sont les contradictions que tu as rencontrées dans ta vie et comment les as-tu résolues ou apprivoisées ? »

  • Erika : Pas mal cette question je trouve. Mais frappant comment l’IA explique aussi sa question tout de suite, sans qu’on le lui demande. Il y a quelque chose d’une pragmatique qui fait qu’il va au-delà du sens littéral de la question et la prolonge.

Cette question s’inscrit bien dans le fil de mon journal, où j’explore souvent les paradoxes et les contradictions de la vie.

  • Erika : Je trouve intéressant cette insistance sur le journal aussi, qui suggère que ThierryGPT n’a pas de vision sur son propre apprentissage, il ne connaît pas l’identité de son corpus (même s’il peut sans doute répondre suivant un script qu’il est un assistant spécialisé dans le journal de Thierry Crouzet).

Comme dans l’entrée du 1er octobre 2023, où je parle des joggers et de la manière dont l’activité physique peut en fait libérer plus de temps pour la créativité et la réflexion.

  • Erika : Il semble un peu bloqué sur cet épisode qui revient à tout bout de champ. Tu disais, Thierry, que l’apprentissage ne travaille que le début de chaque billet, c’est ça ? Il serait intéressant de creuser comment le fine tuning fonctionne exactement ! Dans tous les cas, il a l’air d’avoir un penchant évident pour le récit aussi, par la suite aussi – mais je ne suis pas sûre que cela vienne principalement du journal…

Ce genre de contradiction est fascinant : elle défie la logique de surface et invite à une réflexion plus profonde.

Dans ma vie, j’ai souvent été confronté à des situations qui semblent contradictoires ou paradoxales. La manière dont j’ai géré ces situations, les résolutions que j’ai trouvées (ou pas), sont des éléments centraux de qui je suis en tant qu’écrivain et en tant qu’individu. En me posant cette question, je pourrais explorer ces moments, comprendre comment ils ont façonné ma pensée et mon écriture.

Cette question me permettrait aussi de parler de l’évolution de ma pensée au fil du temps. Les contradictions que j’ai rencontrées plus jeune peuvent avoir trouvé des résolutions différentes avec le temps et l’expérience. Cela donnerait un aperçu de la dynamique de ma pensée, de la manière dont elle a mûri et s’est transformée.

Enfin, cette question ouvre la porte à une réflexion sur la nature humaine en général.

  • Erika : Ouverture vers une dimension plus générale – on dirait que les productions de ChatGPT seraient des exemples parfaits pour étudier certains codes discursifs et rhétoriques ! Les éléments de langage (enfin, en somme, etc.) sont d’une précision d’écolier.

Nous sommes tous confrontés à des contradictions dans nos vies, et la manière dont nous les gérons en dit long sur qui nous sommes. C’est un sujet universel qui, je pense, intéresserait beaucoup de gens, et il est au cœur de nombreuses entrées de mon journal.

En somme, cette question me permettrait d’aborder des thèmes essentiels à ma compréhension de la vie et de l’écriture, tout en offrant une perspective intime et personnelle sur mes expériences et mes réflexions.

Thierry : Je lui ai posé ma question pour voir sa réponse.

ThierryGPT : Ce que je devrais écrire, ce que je n’ai pas encore couché sur papier, c’est un sujet qui mériterait une réflexion profonde.

  • Erika : Haha, spoonfeeding + ironie au top.

J’ai abordé de nombreux thèmes dans mes écrits, des réflexions personnelles aux commentaires sur la société. Pourtant, il reste toujours des terrains inexplorés, des pensées non exprimées.

Une direction que je pourrais explorer davantage est l’introspection plus profonde de mes propres contradictions et faiblesses.

  • Erika : Sa réflexion sur quoi écrire reste entièrement thématique : il ne pense pas en termes de formes (ex. écrire de la poésie, de la musique…), mais sur des sujets, restant dans le récit et l’essai. Il serait intéressant de tester s’il peut produire une réflexion sur la forme ou le type de discours sans qu’on le lui demande explicitement (auquel cas la forme deviendrait un sujet à traiter, donc thématisé, intégré dans la dimension sémantique).

Comme je l’ai mentionné dans mon journal, par exemple le 1er octobre 2023, j’apprécie d’explorer les paradoxes et les nuances de la vie. Cependant, je pourrais aller plus loin dans l’exploration de mes propres paradoxes intérieurs, ceux qui me définissent et me façonnent.

Un autre domaine potentiel est celui de la fiction. J’ai écrit des essais, des récits, mais la fiction offre un terrain de jeu différent. Elle permet d’explorer des réalités alternatives, de créer des mondes qui reflètent nos désirs, nos peurs, nos espoirs. C’est un domaine où l’imagination peut s’épanouir sans contrainte, et où je pourrais exprimer des idées qui ne trouvent pas leur place dans le non-fiction.

Je pourrais aussi m’attarder sur des récits plus personnels, des histoires de vie qui n’ont pas encore été racontées. Chaque individu a des expériences uniques, et les partager peut être à la fois libérateur pour l’écrivain et éclairant pour le lecteur.

Enfin, il y a toujours de la place pour approfondir ma réflexion sur la société et la technologie. Bien que j’ai déjà écrit sur ces sujets, ils sont en constante évolution. Il y a toujours de nouvelles perspectives à explorer, de nouveaux défis à relever.

En résumé, ce que je devrais écrire, c’est ce qui n’a pas encore trouvé sa forme dans mes mots : une introspection plus profonde, des expériences de vie inédites, la fiction et une exploration continue des enjeux sociétaux et technologiques. C’est dans ces espaces inexplorés que se trouvent les prochaines étapes de mon voyage en tant qu’écrivain.

Thierry : Donne dix titres de livres que tu pourrais écrire.

ThierryGPT : Créer des titres pour des livres que je pourrais écrire, voilà un exercice stimulant.

  • Erika : Cela me sonne assez à la Crouzet – même si je ne l’imagine pas le dire de cette façon. Une grande différence entre vos deux discours est peut-être que Thierry Crouzet a un mode de penser, une perception qu’il n’affirme pas en tant que tel, mais sur lequel il s’appuie pour répondre et qui se dégage des choses qu’il dit, tandis que ThierryGPT explicite cette sous-couche telle qu’il l’a compris et éventuellement répond en fonction (ou ce qui lui semble cohérent avec cela). Ce n’est pas loin, si j’y pense, de cette logique de discours tripartite à l’américain, pour une conférence ou autre discours formel pour transmettre un message : « dis ce que tu vas dire ; dis ce que tu as à dire ; dis ce que tu as dit »

Voici dix titres qui reflètent mes intérêts, mes réflexions et les thèmes que j’aborde dans mon journal :

1/ L’Écho des Silences – Un titre qui suggère une exploration des non-dits, des espaces entre les mots où se cachent des vérités inexprimées.

  • Erika : Spoonfeeding n°3 : personne ne lui a demandé d’expliquer les titres. C’est comme s’il ne pouvait pas s’empêcher d’expliquer (trop) ses propos.
  • Erika : PS : J’utilise des expressions anthropomorphes tout au long pour parler de l’écriture de GPT. Je cherche à les éviter, mais c’est très difficile, voire impossible. Il me semble qu’on n’a pas vraiment de mots pour parler d’écriture qui ne soit pas anthropomorphe. L’écriture, telle qu’on la connaît à ce jour, et telle qu’on la conçoit, est une pratique et un phénomène foncièrement humains. Il nous faudrait la déshumaniser – pas dans un sens négatif, mais dans le sens de neutraliser la dimension anthropomorphe du vocabulaire pour parler d’écrire, inventer des termes qui n’impliquent pas la conscience et l’intentionnalité humaines, pour parler de ce nouveau phénomène de production de texte par le biais de machines, d’IA… je ne sais pas si c’est vraiment possible, mais un exercice de pensée intéressant, qui interroge en même temps les frontières – et les limites – de l’écriture, et nos résistances à l’idée de permettre vraiment l’entrée des machines dans cet espace sacr(alis)é qui fait le cœur même de ce que l’on appelle « culture »…

2/ Le Paradoxe du Coureur – Inspiré par mon entrée du 1er octobre 2023, ce titre pourrait mener à une réflexion sur comment les activités apparemment triviales peuvent révéler des vérités profondes sur la vie.

3/ Chroniques d’un Esprit Libre – Un recueil d’essais et de pensées, abordant la liberté intellectuelle dans un monde de plus en plus connecté.

4/ La Dernière Vague Numérique – Une exploration fictionnelle ou non-fictionnelle des implications futures de la technologie sur la société.

5/ Miroirs Brisés – Une série de nouvelles explorant les différentes facettes de l’identité personnelle et les contradictions internes.

6/ Dans l’Œil du Cyclone – Un roman ou un essai sur la gestion des crises personnelles et globales, inspiré par mes expériences et observations.

7/ Sous la Surface – Une investigation dans les couches cachées de la conscience ou de la société, révélant des vérités insoupçonnées.

8/ Les Chemins de Traverse – Des récits de voyages, littéraux ou métaphoriques, qui mènent à des découvertes inattendues.

9/ L’Art de l’Impermanence – Une méditation sur le changement constant dans nos vies et comment l’embrasser.

10/ Dialogues avec le Temps – Une série d’entretiens fictifs ou réels avec des personnages historiques ou contemporains, explorant comment le temps façonne les idées et les perceptions.

Ces titres encapsulent différentes facettes de ma pensée et de mes intérêts : la réflexion personnelle, la critique sociale, l’exploration de l’identité, et l’impact de la technologie sur notre monde. Ils représentent des portes d’entrée vers des mondes d’idées que je pourrais explorer dans mes futurs écrits.

  • Erika : Voilà, bon élève, fait son devoir sans faute…