Thierry Crouzet

Rayon sociologie !

Plusieurs amis m’ont dit qu’ils avaient trouvé Le peuple des connecteurs dans le rayon sociologie des librairies. Sociologie ! J’ai écrit tout sauf un livre de sociologie, je ne connais rien à la sociologie.

J’ai défini « connecteur » comme un mot à caractère sociologique puisqu’il concerne la société mais le livre n’a aucun rapport avec la sociologie. C’est plutôt un livre de politique générale ou un documentaire d’actualité sur l’état d’esprit de la génération qui est en train de changer le monde.

Mais pourquoi essayer de classifier ? De ranger tel livre dans tel ou tel rayon ? Je parle de science, d’art, de philosophie… J’explique dans mon troisième chapitre que les rayonnages n’ont plus aucun intérêt. Il semble toutefois que beaucoup de gens restent attachés aux classifications. Ils ont besoin d’ordonner le monde, de le rendre intelligible par un semblant d’ordre, puis ils se persuadent que cet ordre existe vraiment, au niveau supérieur, à celui des gouvernements puis à celui de Dieu. J’ai toujours essayé de m’opposer à cette forme d’idéalisme platonicien.

Pour moi, le monde est simple parce qu’il accumule une infinité de phénomènes simples, mais le résultat est complexe, non classifiable, impossible à schématiser. C’est une des raisons pour lesquelles les hommes politiques deviennent de plus en plus incompétents. Ils schématisent toujours, pour être mieux compris, ils simplifient arbitrairement car s’ils acceptaient la complexité ils seraient forcés d’admettre leur impuissance.

PS : On me dit que j’aurais dû publier le livre uniquement en ligne. Je vois à ce jour deux avantages au papier. (1) Faut pas se voiler la face : publier un livre, c’est aussi dans l’espoir de gagner un peu d’argent, donc de dégager du temps pour écrire un autre livre. (2) Passer par un éditeur, donc par le papier en attendant le livre électronique, c’est travailler avec une correctrice et un directeur de collection qui aident à perfectionner le manuscrit initial. Ce n’est pas négligeable. Cela dit, je n’en pense pas moins que le système actuel des droits d’auteur est obsolète.