Thierry Crouzet

Les limites de Rosanvallon

Je vous conseille de lire cette lettre écrite par Hervé Chaygneaud-Dupuy, membre des Ateliers de la Citoyenneté. Il y fait une bonne critique du livre de Pierre Rosanvallon La contre-démocratie.

J’ai aussi lu le livre de Rosanvallon : ma critique est brève. Bravo pour la perspective historique (l’essentiel de son livre), haro pour la vision. Rosanvallon n’a pas vu l’émergence du cinquième pouvoir, de cette force citoyenne qui exerce un contre-pouvoir mais aussi exerce le pouvoir à côté des pouvoirs traditionnels, peut-être un jour à leur place. Rosanvallon passe à côté de cette possibilité, pas totalement utopique comme j’essaie de le montrer dans mon livre.

En novembre dernier, j’ai d’ailleurs envoyé un mail à Rosanvallon pour lui proposer de discuter avec lui, je l’aurais bien fait parler dans mon livre, mais il ne m’a pas répondu alors que ses assistantes au Collège de France avaient été très diligentes pour établir la connexion. On va dire que mon mail s’est perdu… Ça arrive. Il m’arrive aussi d’oublier de répondre. J’aurais dû insister. Je vais le faire tout de suite. Nous avons besoin d’un érudit comme Rosanvallon pour asseoir nos théories.

Pour un peu contredire Hervé Chaygneaud-Dupuy et aller dans le sens de Rosanvallon, je pense que le cinquième pouvoir se limite au local, je pense qu’il n’y a pas d’autre lieu politique possible… mais le global émerge de la juxtaposition de nombreuses actions locales, c’est la seule façon d’obtenir un global solide et qui a fait ses preuves avant de s’imposer à tous.