Thierry Crouzet

Le collectivisme est inconciliable avec l’écologie

Lorsque je discute avec des alters, des gens de gauche, des libéraux et des écologistes, nous arrivons toujours à nous mettre d’accord sur un point : la biosphère est en danger, nous devons nous efforcer de la préserver.

Je crois qu’il est fondamental de trouver des points communs. À partir de-là, nous pouvons essayer de faire taire nos divergences et de trouver un moyen de travailler ensemble.

Si donc la biosphère est en danger, nous avons collectivement, mais aussi individuellement, la responsabilité de la préserver (comme la responsabilité de l’avoir dégradée). Les libertés individuelles apparaissent alors fondamentales. À chaque instant, nous devons pouvoir effectuer les gestes qui aideront l’ensemble à aller dans le bon sens. Ces gestes ne sont pas écrits une fois pour toute, mais dépendent du contexte où nous nous trouvons, donc nous devons les initier nous-mêmes, librement.

Il peut certes exister des gestes types, comme économiser l’eau, mais nous n’aurons une réelle efficacité collective qui si chacun de nous est capable de trouver à son niveau des solutions originales.

Il me semble de fait que le collectivisme serait alors dangereux. Par collectivisme, j’entends cette idée de gauche que le groupe est plus important que l’individu, que l’individu doit se dissoudre dans le groupe…

Préserver la planète implique la responsabilité. Cette responsabilité ne peut pas être délayée dans une structure supérieure, étatique ou partisane. La responsabilité assumée, implique la liberté. Un écologiste ne peut pas être antilibéral. Il peut être contre la forme du libéralisme économique qui prévaut aujourd’hui mais il n’a pas le droit de se dire antilibéral, car l’antilibéralisme ne peut que conduire à la déresponsabilisation individuelle, donc à des désastres écologiques… C’est après tout ce qui s’est produit en Union Soviétique.

Cette argumentation qu’il faut nuancer de multiples façons pendant des heures réussit à mettre d’accord nombre de libéraux, d’alter et de gens de gauche avec qui j’ai pu débattre. Il nous faut maintenant essayer de voir si ce genre de débat peut être reproduit partout. Si chaque fois un accord était possible, ce serait le début d’une véritable alterpolitique alors que Bové ne nous propose qu’un succédané du communiste.