Thierry Crouzet

727 road book

727 est destiné à être un perpétuel work in progress, parce que les chemins changent, certains se ferment, d’autres s’ouvrent, parce que j’en découvre d’autres ou que des explorateurs m’en font connaître des nouveaux. Ce texte tente de décrire le tour en son dernier état, pour que vous puissiez l’emprunter en connaissance de cause. Sauf exception, je n’évoque pas les points d’intérêt (points d’eau, boulangeries, épiceries, restaurants, camping…), puisqu’ils sont positionnés sur la carte.

Pays de Thau

Pour un plaisir maximum, et un final en beauté, il vaut mieux commencer le tour à Sète et le finir à Sète, d’où son nom. La trace part de la gare SNCF et y revient. Départ dans le sens horaire, celui recommandé.

On franchit le canal par le passage piéton sur le pont à bascule, reste sur le trottoir à droite, avant de passer sous la voie de chemin de fer par un petit tunnel. Je ne donnerai pas toujours autant de détails, c’est le seul secteur urbain, un peu compliqué. Autant commencer du bon pied.

Après le quartier de la Plagette, on rejoint la piste cyclable du bord de l’étang de Thau, traverse le quartier tortueux du Barrou, passe un portillon toujours ouvert, retrouve le single du bord de l’étang. Après un bout d’asphalte, on atteint le quartier tout aussi pittoresque du Pont-levis, ensuite commence le long single du lido, souvent joueur, parfois traître, parce que sableux. Ne pas trop se fier à sa platitude. On peut le faire à fond de train, mais il fait vite mal aux jambes, surtout par grand mistral. Aucune raison de puiser dans les réserves si tôt.

On quitte l’étang après 18 km pour rejoindre la piste cyclable du bord de mer. Elle amène gentiment à Marseillan Plage, puis au canal du Midi. Là, un single conduit jusqu’au cœur d’Agde. Les quais de l’Hérault mènent à La Tamarissière. On oblique alors dans une zone humide, zigzague entre quelques pins, avant de rejoindre la plage et un secteur où le pédalage est souvent impossible. Il faut en profiter pour regarder la mer, avec souvent le Canigou qui flotte droit vers le large. Ce coin sauvage au milieu d’une zone densément urbanisée est un petit miracle.

Barrou
Barrou
Single
Single
La digue à vélo
La digue à vélo
Levée
Levée
Canal du Midi
Canal du Midi
La Tamarissière
La Tamarissière
La Tamarissière
La Tamarissière

Biterrois

Après 35 km, on remonte la piste du canal du Clot. On peut éviter la courte zone parfois inondée en poussant/portant le vélo sur les rochers au bord du canal. On rejoint le single du canal du Midi, saute d’une rive à l’autre, franchit les superbes écluses du Libron, puis se dirige par petites routes et chemins vers l’ancienne embouchure de l’Orbe, la lagune de la Grande Maïre, une zone protégée qui pullule d’oiseaux.

À la hauteur d’une longue écluse, la piste est parfois inondée sur une centaine de mètres. Dans ce cas, je déconseille de tenter de passer à la pédale. Il vaut mieux porter le vélo, donc déchausser, mettre des nu-pieds (pour moi, des chaussettes à semelle de néoprène qui ne pèsent que 90 g et me servent aussi pour les douches dans les campings). Il est souvent plus simple de pousser le vélo en amont de l’écluse, le sol étant bétonné, et le niveau de l’eau moins profond, ce qui évite le portage.

Des chemins et des routes herbeuses amènent à Sérignan (53 km). On suit l’Orb, contourne la ville par le sud, puis par chemins et minuscules routes on débouche au-dessus de l’étang de Vendres, que l’on découvre bientôt depuis une pinède posée au sommet d’une petite falaise, accessible par le premier raidillon du parcours. On redescend vers le charmant village de Vendres, traverse des zones humides, des singles jouent à flanc des falaises de terre jaune.

Là une propriété est en cours de rénovation, avec l’installation d’un portail sur la trace. Après les travaux, le sentier passera par un champ où, pour le moment, il y a souvent des taureaux. Soit le portail est ouvert et on traverse la propriété en faisant patte blanche, le propriétaire est OK, sinon on prend la boucle d’évitement, qui amène d’ailleurs à un superbe point de vue.

Le single rejoint une route communale qui passe sous l’Autoroute A9, puis dévale vers Lespignan, avant un nouveau single à flanc de falaise, mais rien de vertigineux, un pur plaisir. Au kilomètre 75, on coupe la D162 menant à Nissan-Lez-Enserune et entre dans un massif boisé, paradis du VTT, escaladant le puech Pounchat et le puech Cabrio. Plus loin, les chasseurs ont piégé la plupart des singles. On reste donc sur les belles pistes, profite du point de vue sur les étangs, les marais, la mer au loin, le massif de Clape à l’ouest, puis les Pyrénées.

Une route communale conduit à l’étang de Capestang. On commence par suivre des roubines par des chemins verdoyants, puis débute un long secteur à travers les roseaux, avec des flottes d’oiseaux partout et au loin l’impressionnante Collégiale Saint-Étienne de Capestang. Ce secteur est interdit aux véhicules, mais les vélos y sont autorisés. S’il est inondé, il faut emprunter la trace d’évitement par l’ouest.

On remonte dans une zone agraire, puis rejoint le canal du midi et le suit jusqu’à Argeliers (102 km). Ne pas hésiter à faire un petit tour au cœur du village.

L'écluse
L'écluse
La Grande Maïre
La Grande Maïre
Sérignan
Sérignan
Vendres
Vendres
Vendres
Vendres
Vendres
Vendres
Nissan
Nissan
Capestang
Capestang
Capestang
Capestang
Canal du Midi
Canal du Midi

Minervois

On quitte Argeliers par une petite route puis une draille où il est parfois nécessaire de pousser. On entre dans l’Aude et attaque l’ascension du Pech de Bize, qui offre une vue imprenable sur les hauts cantons de l’Hérault, puis le village de Bize où on plonge par un sentier ancestral. Ne pas hésiter à traîner dans les ruelles.

Dès lors, la trace ne cessera de monter descendre jusqu’à Lunel, à l’autre bout du département. Singles et pistes font naviguer de colline en colline, de village en village, avec en arrière plan les contreforts de la Montagne Noire. Souvent les sentiers des vignes peuvent être très lourds après la pluie. J’ai évité bien des singles pour minimiser les risques d’embourbage. Reste que ce secteur est particulièrement sinueux et exigeant.

On entre dans une forêt d’immenses pins, en contrebas du sentier des marbres, la région étant réputée depuis l’antiquité pour ses marbres rouges. On rejoint la partie terminale de la Grande traversée de l’Hérault qui s’achève dans l’Aude, à Notre-Dame du Cros, chapelle qui se laisse peu à peu découvrir depuis les hauteurs. Il y a là, au kilomètre 150, une source, un torrent, une magnifique prairie où il est possible de camper, à condition de n’y laisser aucune trace.

Une petite route conduit à Caunes-Minervois (152 km), un des hauts lieux culturels du tour, une des capitales du pays cathare, avec son abbatiale, ses fontaines, ses ruelles.

Dans les bois
Dans les bois
Minervois
Minervois
Minervois
Minervois
Sous les pins
Sous les pins
Chapelle Notre-Dame du Cros
Chapelle Notre-Dame du Cros

Montagne noire

Il est temps de grimper et de changer de paysage. C’est désormais la montagne, avec beaucoup moins d’habitations. Des pistes forestières hésitent entre Aude et Hérault, avant d’entrer dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc, puis dans le département du Tarn. La descente vers Labastide Rouairoux est plus engagée, avec parfois un peu de poussage.

On remonte dans la montagne par un single pentu à travers les genets, traverse une forêt et le du plateau d’Anglès, puis plonge vers La Salvetat sur Agout (210 km), une petite ville avec de nombreux commerces. Ne pas manquer les charcuteries sèches d’Éric Grousset et les pâtisseries de Xavier Flipo, ainsi que de remplir les gourdes à la source en contrebas du village, dont l’eau est réputée pour sa pureté.

L’Espinouse

Après La Salveta, on entre dans la forêt domaniale du Somail, plantés de hêtres et de conifères, se maintenant à 1 000 mètres d’altitude. On contourne le sublime lac de Vézole (222 km), aux plages et sous-bois parfaits pour le camping sauvage et même la baignade en été. On rejoint alors la trace officielle de la Grande traversée de l’Hérault, ponctuée de refuges (voir POI sur la carte).

Après le col de Fonfroide (232 km), ligne de partage des eaux entre Atlantique et Méditerranée, la Piste des Crêtes conduit à la mi-parcours et au sommet du tour et de l’Hérault, à 1 074 m. Peu avant le lieu dit de Fagairolles (253 km), la ferme du Devès ouverte toute l’années vous servira de bons repas. Vous pourrez même y dormir, tout comme au gîte étapede Fagairolle. On peut y faire le plein plein d’eau, même y manger. Odile Alliès, la gérante, déclare : « Nous pouvons accueillir 19 personnes en dortoirs de 4 ou 6 places. Des sanitaires et une kitchenette sont aussi à la disposition des visiteurs pour 12 € la nuit. Comme le tarif est bas, les visiteurs ont peur de trouver des locaux vétustes, ils sont contents de la qualité quand ils découvrent la maison. Le relai est accessible toute l’année. »

On quitte aussi la grande traversée pour contempler les monts d’Orb, descent vers Serviès (275 km), puis remonte sur les hauteur d’Avène. Quelques passages exigent le poussage. Rester prudent dans le descente pierreuse vers Avène.

Monts d’Orb

Avène (283 km) est un village magnifique, célèbre pour sa station thermale ultra moderne, située en contre bas du village, mais désert quand les thermes sont fermés. Dans ce cas tout est fermé.

Après un bout de route, une piste longe somptueux lac de retenu du réservoir d’Avène. La trace évite la route souvent noyée au bord du lac, mais tentez de la suivre si les pieds des arbres de plongent pas dans l’eau. On atteint alors un bijou, le village de Ceilhes-et-Rocozels (293 km), où il y a une aire de camping au bord du plan d’eau du Bouloc, avec des sanitaires, ainsi qu’une épicerie et même un snack.

Une route grimpe au col de l’homme mort, d’où part une piste à travers une forêt de conifères et un immense champ d’éoliennes.

Après Roqueredonde et son temple bouddhiste, on entre dans la magique forêt domaniale de L’Escandorgue, rien que son nom ayant la puissance d’un sortilège, avant de continuer jusqu’au Caylar (325 km), où il a toujours à se ravitailler, au pire à l’aire d’autoroute.

Avène
Avène
Avène à VTT
Avène à VTT
Avène à VTT
Avène à VTT
Dans la forêt
Dans la forêt

Larzac

On quitte Le Caylar, croise quelques hameaux, quelques fermes, puis entre dans le désert, parfois battu par un vent rageur. Des pistes ondulées révèlent des paysages grandioses, d’une pureté qui désoriente, d’une âpreté qui inspire le respect. Au nord-est, le massif de l’Aigual, au sud-est la Séranne, au sud le mont Saint-Baudille. Bientôt on surplombe les gorges de la vis, le grand Canyon français, avant de trouver un single qui conduit à Saint-Maurice-Navacelles (352 km). Ne pas oublier de refermer les multiples portillons qui ponctuent le chemin.

Un single s’élève au-dessus du cirque de Navacelles, puis atteint les contreforts de la Séranne, avant de rejoindre une piste qui mène au sommet de la bucolique vallée de la Buèges où plonge une draille, à négocier avec la plus grande prudence.

Le Larzac
Le Larzac
Le Larzac
Le Larzac
Le Larzac
Le Larzac
Larzac
Larzac
Gorges de la Vis
Gorges de la Vis

Vallée de la Buèges

Une fois dans la vallée, 400 m plus bas, ce n’est qu’un enchantement, un paradis caché, protégé de tous les vents, où s’épanouissent les cultures. En contrebas du village perché de Pégairolles-de-Buèges, la résurgence de la Buèges est une merveille de transparence cobalt, qui invite à la baignade, malheureusement interdite. Il est possible de bivouaquer dans ce secteur.

Après l’incontournable Saint-Jean de Buèges, on suit la rivière par une piste, puis un single. Si le gué est impraticable, on peut rester sur la rive gauche, et rejoindre la trace à la hauteur du pont de Vareilles.

Après l’église Saint-André-de-Buèges, la peu fréquenté départementale D1 conduit à un single à travers champ, puis bois, qui rejoint une ancienne fabrique avec une belle cheminée de briques. Une petite route grimpe vers Brissac le Haut. On traverse le village, avant de plonger sur Brissac, vue imprenable sur le parc, où mène un beau single. Au cœur du village, un green arrosé par l’Avèze et une petite source invite à la sieste, d’autant que se cache un peu plus loin un charmant café-restaurant. On quitte le village, suit un single, rejoint l’Hérault, puis Saint-Bauzilles de Putois (390 km). Un jour d’orage j’ai dormi à l’a superbe auberge de la Filature, qui propose des gîtes pour 20 €/nuit. Les propriétaires son des bikepackers !

Vallée de la Buège
Vallée de la Buège
L'autoroute du Larzac
L'autoroute du Larzac
Pégairolles-de-Buèges
Pégairolles-de-Buèges
Résurgence de la Buèges
Résurgence de la Buèges
Saint-Jean-de-Buèges
Saint-Jean-de-Buèges
Saint-André-de-Buèges
Saint-André-de-Buèges
L'usine dans le trou
L'usine dans le trou
Brissac
Brissac
Brissac, le parc
Brissac, le parc

Le pays des garrigues

Après s’être ravitaillé, il est temps de s’élancer pour les deux dernières parties du tour, très constatées. Dès la sortie de Saint-Bauzilles, une piste pentue attaque les garrigues, puis rejoint la petite route de Ferrières-les-Verreries, très vite quittée pour une piste, puis un single, le plus vertigineux de tout le parcours, qui lèche une gorge abrupte à donner le vertige (407 km). Prudence donc. Secteur à éviter de nuit. Ce serait bien dommage, car la vue est superbe sur la vallée de Claret.

On rejoint un court bout d’asphalte avant de remonter un single à travers les chênes verts, puis une piste, puis un nouveau single, qui propulse au-dessus de Les Embruscalles, puis de Claret. La superbe piste court sur la crête, bascule dans le Gard et rejoint Crémal (417 km), un village situé à une encablure de Quissac, aperçu au loin, avec sa chapelle en surplomb au sommet de la falaise.

À travers les vignes, on rejoint Vacquières, puis une piste franchi un nouveau massif, avant de plonger sur Garrigues, rejoindre Galargues et Coursines. On est prudent à la traversée de la D34, effectuée un peu sauvagement, plutôt que de rejoindre le pont plus au sud. Un chemin conduit à proximité du Vidourle, frontière naturelle entre Gard et Hérault. On effectue une petite embardée dans un single en sous-bois, passage incontournable pour ne pas fâcher Patrick Lamarre, puis on côtoie une belle courbe du Vidourle, avec une falaise réputée pour sa via ferata. On grimpe au sommet du massif, rejoint les berges du Vidourle par une piste, puis un single. On passe à l’ouest du village se Villetelle, puis sous l’autoroute A9 et tombe sur le site d’Ambrussun, avec les vestiges de son pont Romain.

Au dessus de Claret
Au dessus de Claret
Saussinnes
Saussinnes
Saint Sériès
Saint Sériès
Le Vidourle
Le Vidourle
Vers Villetelle
Vers Villetelle
Ambrussum
Ambrussum

Le littoral

Direction la mer et les plages. Après Lunel (459 km), on longe le canal du même nom, sur une piste rapide, parfois bordée de cabanes de pêcheurs et chasseurs. On franchit le canal du Rhône à Sète, le longe un moment, suivant le bord de l’étang de l’Or. Plutôt que d’y rester accroché jusqu’à la destination finale, on le quitte pour le cœur de la Grande Motte. Après la traversée d’une pinède, un pont fait découvrir les pyramides à l’architecture typique des années 1970, qui reste selon moi une belle réussite.

On rejoint la plage, les cafés et les restaurants. La piste cyclable nous amène à Carnon où on s’amuse à suivre des lignes de désir urbaines avant de rejoindre le canal à la hauteur de l’étang de Pérols. On s’en écarte une seconde fois pour rejoindre l’abbaye de Maguelone et sa presqu’île, au sommet de sa petite butte cerclée de vignes.

Il est temps de suivre le bord de l’eau, de jouer avec les vagues et le sable, pourquoi pas de se baigner. On finit en douceur par le bois des Aresquiers et le single des anciens marais salants de Frontignan. On longe une dernière fois le canal du Rhône à Sète avant de regagner Sète et d’escalader le mont Sain Clair.

Canal de Lunel
Canal de Lunel
Maison du Méjan
Maison du Méjan
Palavas
Palavas
Les Aresquiers
Les Aresquiers

Pour plus d’informations, consultez la page générale de présentation avec cartes, GPX, conseils, liens…