Thierry Crouzet

Ça commence avec les nombres

Il est midi !

Midi, c’est douze heures.

Pourquoi la journée est-elle divisée en deux fois douze heures ?

Nous avons dix doigts, pas douze.

Hum !

Qu’est-ce qui peut bien faire douze dans l’univers ?

Il semblerait que les Sumériens comptaient comme ça ? Ils n’avaient pas douze doigts pourtant.

Ils étaient peut-être fous ou très compliqués.

Quoique douze est un chiffre intéressant. Divisible par un, deux, trois, quatre, six, il a plus de dénominateurs que dix, uniquement divisible par un, deux et cinq. Pour faire du business, pour marchander et négocier, plus on peut diviser, mieux c’est.

Mais que d’inconvénients pour compter.

Pas si sûr.

Avec le bout de votre pouce, touchez le bout de votre petit doigt. Un. Déplacez, votre pouce sur la seconde phalange du petit doigt. Deux. Puis sur la troisième phalange. Trois. Répétez l’exercice avec l’annulaire. Quatre. Cinq. Six. Avec le majeur. Sept. Huit. Neuf. Avec l’index. Dix. Onze. Douze.

Avec une seule main, on peut compter jusqu’à douze aussi facilement que jusqu’à dix avec deux mains. Nous avons dix doigts, mais douze phalanges sur quatre doigts.

Que faisaient les Sumériens de la main qui ne leur servait pas ? Elle comptait les douzaines. Un doigt par douzaine. Cinq doigts, cinq douzaines, ça donne soixante. C’est peut-être pour cette raison qu’il y a soixante secondes dans une minute et soixante minutes dans une heure. Tout est lié.

Les Sumériens ne comptaient pas en base dix comme nous, mais en base soixante, en sexagésimal. C’étaient autour de 3500 avant Jésus-Christ, en Mésopotamie. Pour avoir adopté un système aussi peu naturel, en tout cas à nos yeux, ils devaient avoir la bosse des maths.

À vrai dire, nous ne savons pas comment ils arrivèrent à cette étrange base soixante. Une autre théorie suppose que deux peuples, l’un comptant en base cinq, l’autre en base douze, fusionnèrent leurs systèmes numériques.

En tout cas, une chose est sûre, autour de 2300 avant Jésus-Christ, les Akkadiens envahirent les Sumériens. Peut-être déroutés par leur façon de compter, ils inventèrent l’abaque, forme primitive du boulier. Ils gravaient des rainures dans des tablettes d’argiles et y plaçaient des grains ou des pierres pour marquer les retenues. C’est ainsi qu’apparut dans l’histoire des hommes le premier outil d’aide au calcul.

De nombreuses civilisations le réinventeront. Les Égyptiens. Les Grecs. Les Zapotèques. Les Romains. Les Mayas. Les Chinois. L’histoire de l’informatique avait commencé.

Au fait, pourquoi il y a sept jours par semaines et non douze ? Les Sumériens, encore eux, ne connaissaient que sept corps célestes orbitant autour de la terre . Le soleil pour dimanche. La lune pour lundi. Mars pour mardi. Mercure pour mercredi. Jupiter pour jeudi. Vénus pour vendredi. Saturne pour samedi.

À cause de ces considérations, quelques millénaires plus tard, on s’est retrouvé avec le bug de l’an 2000. Mais c’est une autre histoire.

(historyofscience.com)
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